Chambéry est une commune française, préfecture du département de la Savoie en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Installée dans les Préalpes du Nord entre les massifs des Bauges et de la Chartreuse, aux confluents de la Leysse et de l'Albanne puis de l'Hyères, la ville est le siège actuel de la préfecture de la Savoie, d'une cour d'appel et d'un archevêché. D’après le recensement de l’INSEE, la population municipale est de en 2022.
La ville est surnommée la « Cité des ducs » lorsqu'elle est acquise par la maison de Savoie en 1232. Elle devient la capitale politique des comtes de Savoie en 1295 lors de l'achat du château et de l'établissement officiel du Conseil RésidentRéjane Brondy, Bernard Demotz, Jean-Pierre Leguay, Histoire de la Savoie, tome II : La Savoie de l'an mil à la Réforme, Ouest-France Université, Rennes, 1984, page 158., puis du duché de Savoie de 1416 jusqu'à son transfert à Turin en 1562Roger Devos, Bernard Grosperrin, Histoire de la Savoie, tome III : La Savoie de la Réforme à la Révolution française, Ouest-France Université, Rennes, 1985, page 48.. Chambéry demeure toutefois la capitale historique des États de Savoie. Grâce à la maîtrise des grands cols alpins et de la route d'Italie, qui leur a valu le surnom de Portiers des Alpes, les comtes, devenus ducs de Savoie en 1416, puis rois de Sardaigne en 1718, ont exercé une influence certaine en Europe, notamment en instaurant un véritable laboratoire de l'« absolutisme éclairé ». De 1792 à 1815 et depuis 1860, la ville fait partie de la France.
Marquée par une industrialisation tardive, l'économie de la ville a longtemps reposé sur la présence des administrations et de l'armée. Son centre historique a été partiellement détruit lors des bombardements de mai 1944. Depuis sa fusion avec deux communes rurales et la création de nouveaux quartiers et zones industrielles dans les années 1950 et 1960, Chambéry connaît un fort accroissement démographique. La présence de l'université Savoie-Mont-Blanc, implantée en 1979, a également apporté à Chambéry une importante population universitaire.
Géographie Localisation La ville de Chambéry se situe dans le quart sud-est de la France à environ au sud-est de Paris, au nord-est de Marseille, au nord-ouest de Turin, à l'est-sud-est de Lyon et à au sud de Genève, ce qui lui vaut le qualificatif de « carrefour naturel européen » et explique son essor historique. Elle fait partie du sillon alpin (qui s'étend de Valence à Genève) et se situe pratiquement à mi-chemin entre Grenoble () et Annecy ().
vignette|droite|redresse=1.4|La presque totalité de la commune de Chambéry devant la chaîne de Belledonne encore enneigée.
Son centre est enserré au niveau de la partie la plus étroite de la cluse de Chambéry. séparant la trouée des Marches au sud du bassin du lac du Bourget au nord. Le site est entouré à l'est par le massif des Bauges (dominé par le Nivolet et la croix du Nivolet), au sud par le mont Granier (Chartreuse) et la chaîne de Belledonne, à l'ouest par la chaîne de l'Épine (montagne la plus méridionale du Jura) et au nord par le lac du Bourget.
vignette|droite|Carte topographique.
Avant la fondation de la ville à l'époque romaine, de vastes marais résultant des dernières glaciations s'étendaient à cet emplacement. Une partie de la commune se situe en terrain plat mais Chambéry est marquée par plusieurs côtes et collines : Les Monts, Montjay, la Boisse, Bellevue ou Chamoux, auxquelles s'ajoute le plateau de la Croix-Rouge sur les Hauts-de-Chambéry (ou Chambéry-le-Haut, sa dénomination d'origine) et Chambéry-le-Vieux. Le reste du paysage se compose de moyennes montagnes des massifs alentour. Chacune des côtes, qu'il s'agisse des Monts du côté des Bauges, ou de Bellevue du côté de la Chartreuse, débute à quelques centaines de mètres du centre-ville de la commune, à proximité de la gare pour la première et du château pour la seconde. Chambéry compte également le vallon des Charmettes au pied de la Chartreuse, et un petit vallon moins marqué entre les Monts et le plateau de la Croix-Rouge au nord de la commune.
Enfin, d'un point de vue géologique, la ville actuelle de Chambéry se trouve dans une cuvette naturelle occupée autrefois par des zones humides (marais), laissées par le retrait du lac du Bourget. La raison de cet établissement en ce lieu étant la présence de rivières (l'Albanne et la Leysse) constituant un rempart naturel contre les invasions, et l'emplacement, stratégique car situé sur des axes économiques de l'époque. La cité s'est développée et a pris forme autour des établissements administratifs pendant l'époque féodale. Les rues et les boulevards se sont développés à partir du château et du sénat (le cœur administratif et judiciaire du duché de Savoie).
Communes limitrophes
vignette|Carte de Chambéry et ses communes limitrophes.
Climat vignette|redresse=0.8|Bien que rarement abondantes et durables, des chutes de neige surviennent durant la plupart des hivers à Chambéry.
Le climat à Chambéry est en partie montagnard en raison de la présence proche de la chaîne de l'Épine (Jura) et des massifs des Bauges, de la Chartreuse et de Belledonne (Alpes)...
Pour autant, son climat demeure relativement tempéré et se caractérise par des étés souvent secs et chauds mais ponctués d'orages assez réguliers. Les automnes sont généralement pluvieux, bien que de belles arrière-saisons y soient aussi fréquentes. Les hivers se présentent avec peu de gel ou alors de manière faible à modérée... La neige bien que peu abondante, survient durant la plupart des hivers à Chambéry. Les printemps sont agréablement doux et moins pluvieux.
L'ensoleillement est bon et le brouillard est peu fréquent (bien que certaines zones humides y soient soumises plus régulièrement). Les températures quant à elles sont fluctuantes, pouvant se montrer caniculaires l'été.
Le 24 août 2023, la température de l'air a atteint constituant un record absolu pour la commune.
La pluviométrie annuelle moyenne est de / an avec un cumul total de . Cependant, ces données varient grandement en fonction des épisodes de canicules et de sécheresse, plus extrêmes ces dernières années..
Malgré ces moyennes, des écarts existent entre les années. Ainsi le mois de juillet 2014 a été marqué par un record de précipitations avec près de d'eau tombée., tandis qu'à l'inverse, dès le milieu du mois de juillet 2015 ont été mises en place des mesures de restriction d'eau en raison de l'absence prolongée de précipitations significatives pendant plus d'un mois..
Ville Ensoleillement Pluie Neige Orage Brouillard Paris Nice Strasbourg ChambérySources des données INSEE - Climat Moyenne nationale
Hydrographie Le territoire de la commune de Chambéry est baignée par la Leysse, l'Albanne et l'Hyères Fiche de débit caractéristique de la Leysse, Direction régionale de l'Environnement de Auvergne-Rhône-Alpes., rivières alimentant le lac du Bourget. Les zones péri-urbaines de la commune sont également arrosées par quelques menus cours d'eau tels le ruisseau des Charmettes, la fontaine Saint-Martin ou le Merderet sous la colline de Chamoux. En outre, le ruisseau de l’Eau Blanche, considéré comme la source du Tillet, prend sa source près du col de Saint-Saturnin, au niveau des limites communales de Chambéry et de Sonnaz. Enfin s'ajoute également à Chambéry la présence d'une fontaine souterraine d'eau ferrugineuse au pied de la colline de la Boisse.
Voies de communication et transports Chambéry est un carrefour français, et dans une moindre mesure européen, des voies de communication alpines (« Carrefour alpin de l'Europe », peut-on lire à l'approche de la ville !), avec un fort trafic de transit à destination des vallées. Déjà évoquée dans les années 1970, l'idée de création d'un contournement autoroutier a été de nouveau envisagée dans les années 2000 avant d'être de nouveau abandonnée en 2014..
Chambéry est une agglomération dotée d'un réseau dense de bus, et au point de convergence de plusieurs lignes ferroviaires.
Voies routières vignette|droite|VRU au nord du tunnel des Monts.
Chambéry est traversée du nord au sud par une voie rapide urbaine (VRU)La communauté d'agglomération Chambéry métropole - 1978-1995 : le SIAC, la route nationale 201 (ou E712). Elle débute à la sortie des autoroutes A43 et A41Le site officiel Autoroute A41 Nord venant de Lyon et d'Annecy/Genève au niveau de la zone des Landiers et de l'Érier. Elle s'étend sur douze kilomètres, avant de rejoindre l'A43 aux alentours de Saint-Baldoph, en direction d'Albertville, de Grenoble, de Turin et de Bourg-Saint-Maurice. Cette VRU traverse la colline de Lémenc et des Monts au travers du tunnel des Monts, inauguré en 1982. L'échangeur de la Boisse permet la desserte du centre-ville depuis le nord.
Depuis les années 1990, un projet de contournement de Chambéry est souhaité par des élusArticle paru dans le magazine Le Point, Chambéry-Circulation : Contourner ou pas ?, le 16 décembre 2004, . et par les services de l'équipement, mais le projet est finalement abandonné en 2014.. Alors que le trafic sur la VRU augmentait sans cesse, il a décru dans les années 2000 (la réouverture du tunnel du Mont-Blanc ayant détourné une partie du trafic du tunnel du Fréjus transitant par Chambéry). Si l'élargissement de l'Union européenne fait basculer son centre de gravité vers l'est, en augmentant l'importance de l'axe routier et ferroviaire franco-italien, la création d'un contournement routier n'aurait pas d'impact sur le trafic local, qui représente 80 % du trafic.
La ville est également traversée par l'ancienne route nationale 6 de Lyon à l'Italie par le col du Mont-Cenis. Aujourd'hui déclassée sur cette portion en Route départementale 1006, la route ne traverse plus Chambéry de part en part : arrivant à Chambéry par Cognin après la traversée de l'Hyères, la route longe le cours d'eau à l'ouest du centre-ville jusqu'à l'échangeur de la Boisse. La RD 1006 reprend à l’échangeur de Chambéry-Centre au niveau de Barberaz.
Sur un axe nord-sud, Chambéry est traversée par l'ancienne route nationale 512 (aujourd'hui route départementale 912) venant de Grenoble par la Chartreuse et rejoignant les Bauges. C'est également à Chambéry que commence l'ancienne route nationale 491 (actuelle RD 991) reliant le département du Jura en passant par Aix-les-Bains et Bellegarde-sur-Valserine.
Transport ferroviaire vignette|alt=Vue de la rotonde ferroviaire de Chambéry|Le bâtiment circulaire de la Rotonde qui abrite les locomotives. vignette|alt=Vue des voies desservant la zone industrielle de Bissy|Desserte de la zone industrielle de Bissy.
La gare de Chambéry - Challes-les-Eaux, inaugurée en 1856., est le siège de la région SNCF « Alpes » (Ain, Isère, Savoie et Haute-Savoie) et sert de dépôt aux locomotives, au sein de la rotonde construite en 1906, un bâtiment circulaire unique, classée aux monuments historiques. En matière de desserte voyageurs, la gare a enregistré plus de de voyages en origine et destination (grandes lignes, trains et autocars TER Auvergne-Rhône-Alpes) en 2011 (en augmentation de 10.8 % en ), et montées et descentes quotidiennes les mardis et jeudis ouvrables en 2012.. En 2020, la SNCF a enregistré une fréquentation totale de , une légère baisse expliquée par le COVID..
Cette gare gère également le système de ferroutage Modalohr, soit l'autoroute ferroviaire alpine, qui permet de désengorger la vallée de la Maurienne d'une partie des poids-lourds entre Aiton (aux portes de la Maurienne) et Orbassano (dans la vallée de Suse en Italie).
La gare est desservie par la ligne de Culoz à Modane (frontière) (dite « ligne de la Maurienne ») et par la ligne de Saint-André-le-Gaz à Chambéry. De nos jours la gare de Chambéry relie : avec l'axe Dijon-Modane : les villes de Paris au nord (gare de Lyon), de Turin et de Milan en Italie à l'est, et de Marseille au sud, par TGV ;