La direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), parfois appelée Sécurité intérieure (SI), est le principal service de renseignement intérieur français, fondé par décret le Décret du relatif aux missions et à l'organisation de la direction générale de la sécurité intérieure, JORF, , , texte , NOR INTX1406891D..

Elle détient une compétence générale en matière de renseignement afin de prévenir toute activité menaçant les intérêts fondamentaux de la Nation et la sécurité nationale. Ses missions principales incluent la lutte contre le terrorisme, le contre-espionnage, la prévention des ingérences étrangères, la protection du patrimoine économique et scientifique, la cybersécurité ainsi que la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive.

La DGSI fait partie des dix services de renseignement faisant partie de la communauté nationale du renseignement. C'est l'un des quatre services de renseignement du ministère de l'Intérieur avec la direction nationale du renseignement territorial (DNRT), la direction du Renseignement de la préfecture de police de Paris (DRPP) et la Sous-direction de l'anticipation opérationnelle (SDAO).

Ses activités sont encadrées depuis par l'inspection des services de renseignement et depuis par la délégation parlementaire au renseignement. Le directeur de la DGSI est nommé par le président de la République ; la titulaire du poste est actuellement Céline Berthon nommée par décret en , effectif depuis .

Sa devise serait . qui exprime l'impératif de la raison d'État.

Historique Direction de la Surveillance du territoire (DST)

Fondée en , la direction de la Surveillance du territoire était chargée du contre-espionnage.

Cet organisme a été créé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale dans le but de rechercher et de neutraliser les restes idéologiques de l'occupation..

Une fois la paix revenue et sa mission principale terminée, la DST a centralisé ses efforts sur le contre-espionnage notamment dans un contexte de guerre froide.

Direction centrale des Renseignements généraux (RG)

La direction centrale des Renseignements généraux était chargée de la recherche et de la centralisation du renseignement destiné à informer le Gouvernement ; elle participait à la défense des intérêts fondamentaux de l'État ; elle concourait à la mission générale de sécurité intérieure.

Depuis , elle était compétente en matière de surveillance des établissements de jeux et des champs de courses et de la circulation des personnes aux frontières.

Direction centrale du Renseignement intérieur (DCRI) alt=|vignette|150x150px|Ancien logo de la DCRI, devenue depuis la DGSI.

La fusion des RG et de la DST est une question en suspens depuis plusieurs années lorsqu'en , le ministre de l'Intérieur Charles Pasqua commande à la DST un rapport sur l'état des services de renseignement français. Le rapport écrit contient deux préconisations : le rapprochement de 80 % des activités des deux services, ainsi qu'un meilleur contrôle parlementaire.. Le projet n'aboutit pas, et il faut attendre la volonté affichée par Nicolas Sarkozy lorsqu'il est ministre de l'Intérieur puis candidat à l'Élysée pour que la question réémerge. Le « chantier » est lancé officiellement par le Conseil des ministres du , peu après l'élection de Nicolas Sarkozy. La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie, pourtant réputée être réticente à cette fusion, charge le directeur général de la police nationale, Frédéric Péchenard, d'une étude sur le dossier..

La fusion entre RG et DST est effective au Décret du relatif aux missions et à l'organisation de la direction centrale du renseignement intérieur, JORF, , , texte , NOR IOCX0811987D..

Une partie des anciens fonctionnaires des Renseignements généraux intègre par ailleurs la sous-direction de l'Information générale (SDIG) au sein de la direction centrale de la Sécurité publique, représentée dans les départements de métropole et d'outre-mer par les services départementaux de l'Information générale, au sein des directions départementales de la Sécurité publique.. En , le SDIG devient le service central du renseignement territorial (SCRT). Il est chargé de la surveillance des mouvements sociaux, des dérives sectaires, des violences urbaines ainsi que des mouvements ultras de droite comme de gauche..

Une des premières apparitions dans les médias de la nouvelle DCRI fut l'arrestation de Julien Coupat dans le cadre de l'affaire de Tarnac.

En , le siège de la DCRI fait l'objet d'un projet d'attentat orchestré par un homme de la région parisienne..

Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) À la suite du changement de majorité politique au printemps , les pouvoirs exécutif et législatif souhaitent réévaluer le rôle de la DCRI. En , un rapport parlementaire sur les services de renseignement est présenté par le député PS Jean-Jacques Urvoas et son collègue UMP Patrice Verchère.. Le rapport critique le fonctionnement de la DCRI et en particulier le traitement des attentats de . Le , le ministre de l'Intérieur Manuel Valls annonce une réforme du renseignement intérieur. Cette réforme est officialisée par le décret du , qui entre en vigueur le . La DCRI devient la direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), et n'est plus placée sous la tutelle de la direction générale de la Police nationale mais directement sous celle du ministre de l'Intérieur, avec plus d'autonomie. En devenant une direction générale, la DGSI obtient une autonomie de gestion ainsi qu'une augmentation de ses moyens humains et financiers. La DGSI conserve l'intégralité de ses effectifs, auxquels s'ajoutent des contractuels (ingénieurs, programmeurs et linguistes)... Patrick Calvar est confirmé dans ses fonctions.

En , la loi relative au renseignement étend les pouvoirs de la DGSI en donnant une base légale aux écoutes des locaux et des domiciles, aux logiciels espions ou aux IMSI-catchers et ouvre de nouvelles techniques de recueil de renseignement.

L'action de la DGSI est contrôlée et encadrée juridiquement. par différentes instances :

contrôle interne administratif et hiérarchique par l'inspection générale de la sécurité intérieure et le ministre de l'Intérieur ; contrôle par l'inspection des services de renseignement instaurée par le décret du Décret du du relatif à l'inspection des services de renseignement, JORF, , , texte , NOR PRMX1411565D. et placée auprès du Premier ministre ; contrôle effectué par des autorités administratives indépendantes : la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR), créée par la loi relative au renseignement du , vérifie la légalité des demandes des techniques de renseignement sollicitées par les services et émet un avis avant l'autorisation du Premier ministre ; la Commission du secret de la défense nationaleArticle L. 2312-1 et suivants du Code de la Défense. (CSDN) contrôle les demandes de déclassification d'informations protégées par le secret de la défense nationale ; la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) veille à la protection des données personnelles qui peuvent être collectées par la DGSI ; contrôle parlementaire par la délégation parlementaire au renseignement (DPR) dont les prérogatives ont été élargies par la loi du et qui contrôle l'action du Gouvernement en matière de renseignement.

Au lendemain des attentats de la DGSI s'appuie sur les solutions de Palantir Technologies pour analyser ses données. Un partenariat qui s'est poursuivi dans le temps au point d'être renouvelé en ..

Missions Au titre de l'article 2 du décret du , la direction générale de la Sécurité intérieure : assure la prévention et concourt à la répression de toute forme d'ingérence étrangère (contre-espionnage) ; concourt à la prévention et à la répression des actes de terrorisme ou portant atteinte à la sûreté de l'État, à l'intégrité du territoire ou à la permanence des institutions françaises ; participe à la surveillance des individus et groupes d'inspiration radicale susceptibles de recourir à la violence et de porter atteinte à la Sécurité nationale ; concourt à la prévention et à la répression des actes portant atteinte au secret de la défense nationale ou à ceux portant atteinte au potentiel économique, industriel ou scientifique du pays ; concourt à la prévention et à la répression des activités liées à l'acquisition ou à la fabrication d'armes de destruction massive ; concourt à la surveillance des activités menées par des organisations criminelles internationales et susceptibles d'affecter la Sécurité nationale ; concourt à la prévention et à la répression de la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication. Certaines des missions des RG n'ont pas été reprises par la DGSI. Elles ont été transférées au service central du renseignement territorial.

Organisation Son siège est situé dans un immeuble, sécurisé, inauguré en , rue de Villiers, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).. Pour pouvoir accueillir davantage d'agents, la construction d'un nouveau site débute en , sur l'avenue Michelet, à Saint-Ouen-sur-Seine (Seine-Saint-Denis). Le déménagement dans ce nouveau siège est prévu pour ..

Identité Décret de nomination Photo Directeurs centraux du Renseignement intérieur Bernard Squarcini Décret du , JORF, , , texte , NOR IOCC0815244D. Patrick Calvar Décret du , JORF, , , texte , NOR INTA1406390D. 75px Directeurs généraux de la Sécurité intérieure Patrick Calvar Décret du , JORF, , , texte , NOR INTA1406390DJORF. Laurent Nuñez Décret du , JORF, , , texte , NOR INTA1717659D. Nicolas Lerner Décret du , JORF, , , texte , NOR INTA1827424D. Céline Berthon Décret du , JORF, , , texte , NOR IOMA2335139D. 75px

Structure Les activités et l'organisation de la direction générale de la Sécurité intérieure sont en partie secrètes.

La DGSI est composée d'une direction du renseignement et des opérations, d'une direction technique, d'un service de l'administration générale et d'une inspection générale.. Alex Jordanov évoque pour sa part les principales divisions au sein du service : Divisions thématiques : T1 (T pour Terrorisme) : Basques ; T2 : Corses ; T3 : islam radical ; T4 : extrême gauche ; T5 : extrême droite ; Divisions analyse : H2 : pays asiatiques (dont 95 % des saisies concernent la Chine) ; H3 : pays africains (Angola, Rwanda, Afrique du Sud, Soudan, Égypte, le reste des pays étant pris en charge par les divisions T) ; H4 : Russie ; Divisions filature : L1, L2 et L3 (L2 et L3 ont fusionné en S4, tandis que L1 est devenue S1) ; Divisions contre-espionnage : les divisions K sont dédiées au contre-espionnage classique, à la prolifération nucléaire, aux armes de destruction massive, et au contre-espionnage industriel ; Autres : M : ressources humaines ; R : interceptions communications, numérique, affaires réservées ; J : judiciaire ; Z : sécurité, habilitation, audit interne.. Elle dispose également d'un vaste réseau territorial.

Depuis , la DGSI est cheffe de file de la lutte anti-terroriste..

Dès , une cellule inter-services « ALLAT » (nommée ainsi en référence à une idole de la période antéislamique) axée sur la lutte contre le terrorisme sunnite est créée au sein de la DGSI.. Parallèlement, a été installé un état-major permanent inter-services (EMaP) qui réunit du premier et du second cercle du renseignement ainsi que des services de Police judiciaire. Sa création a été annoncée en .

L'EMaP est l'échelon central et l'interlocuteur des GED (groupes d'évaluation départementaux) qui réunissent autour du préfet les services compétents dans le suivi des personnes radicalisées..

Depuis le , l'unité de coordination de la lutte anti-terroriste (UCLAT), précédemment rattachée à la DGPN, est rattachée à la DGSI.

La DGSI dispose d'un groupe d'intervention propre appelé le groupe d'appui opérationnel (GAO) et composé de . Il permet de procéder aux interpellations et aux effractions de porte.