vignette|upright=1.0|Matériel traditionnel européen et produit de la pêche en eau douce, peints par Johannes Fabritius. vignette|upright=1.0|Pêcheur amateur néerlandais, lançant sa ligne.
La pêche est l'activité consistant à capturer des animaux aquatiques munis de branchies (poissons, crustacés, mollusques bivalves, céphalopodes et gastéropodes) dans leur biotope (océans, mers, cours d'eau, étangs, lacs, mares). La définition exclut les animaux pulmonés, même aquatiques, pour lesquels on parlera de , telle que la chasse à la baleine, la chasse à la tortue, la chasse aux canards ou la chasse aux phoques.
Elle est pratiquée par les pêcheurs, profession (pêche commerciale), comme loisir (pêche récréative ou pêche sportive) ou pour assurer une autosuffisance alimentaire (pêche de subsistance).
Les techniques et engins de pêche sont nombreux, dépendant de l'espèce recherchée, du milieu, ou encore du bateau ou de l'outil utilisé. Pêche à pied, pêche sous-marine, pêche au bord de mer ou en mer, ces activités sont le plus souvent encadrées par une réglementation qui tend à se renforcer afin de protéger au mieux la biodiversité., l'environnement et les ressources halieutiques (terme qui désigne la connaissance de la biologie et de l'exploitation des ressources de la pêche).
L’halieutique (du grec , « l'art halieutique, la pêche »), est l'ensemble des disciplines scientifiques ayant trait à l'exploitation et la gestion des ressources vivantes des milieux aquatiques.
L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), estime en 2005, qu'environ 48 millions de pêcheurs et d'aquaculteurs fournissaient dans le monde des emplois directs et indirects à environ 300 millions de personnes. En 2022, le secteur primaire des pêches de capture et de l'aquaculture employait environ 61,8 millions de personnes selon les estimations de la FAO, dont 54 % dans les pêches et 36 % dans l'aquaculture, principalement dans des activités à petite échelle. Les données ventilées par sexe indiquent que les femmes représentent 24 % des pêcheurs et des pisciculteurs et 62 % des travailleurs dans le secteur de la transformation.
En 2014, selon la FAO, chaque humain consomme en moyenne plus de de poisson.. Cette augmentation de la consommation qui était de l'ordre de en 1950 et de en 1980, est en grande partie due à la forte croissance de l’aquaculture, qui fournit désormais la moitié du poisson destiné à la consommation humaine.
Scientifiques et prospectivistes alertent sur le fait que depuis quelques décennies, l'exploitation excessive des ressources halieutiques (surpêche) entraîne une diminution préoccupante du stock de poissons dans le monde, mettant de nombreuses espèces en danger, malgré le développement de l'aquaculture et de méthodes plus durables de pêche, avec notamment l'utilisation de labels environnementaux, l'appropriation de l'enjeu de développement durable par les pêcheurs et les consommateurs, et des encouragements à une approche écosystémique des pêches. 15 (7)., certains auteurs plaidant pour une . Revue Vertigo, Regards / Terrain, 2011..
Histoire Préhistoire vignette|Village de pêcheurs palafittique de l'âge du bronze, reconstitué au nord-ouest du lac de Constance. L'histoire de la pêche remonte à la Préhistoire et au moins au Paléolithique ( environ).. En témoignent les restes d'arêtes, ossements ou écailles trouvés dans les campements, en bordure de mer ou de zones humides et autour des foyers dans les fouilles préhistoriques (ces indices archéopaléontologiques permettent de reconstituer la taille des poissons préférés par les populations qui les ont laissés, voire l'âge de certains poissons (par différentes méthodes développées par l'archéo-ichthyologie., par exemple si des otolithes en bon état peuvent être retrouvés)..
Pour déterminer les espèces existant à une certaine ère, la période de capture de ces espèces ou bien le climat qui régnait lors de cette ère, les historiens utilisent les restes ichtyologiques (restes de poissons et animaux marins). Il existe d'autres témoignages prouvant l'existence de la pêche à la préhistoire comme les outils ou l'iconographie. Par exemple, la découverte de fragments de nasses sur des sites mésolithiques témoigne de la maîtrise de cette technique à cette époque. La présence d'hameçons doubles reste basée sur une hypothèse car jusqu' aucune preuve n'a permis de confirmer leur existence..
L'analyse isotopique des ossements de l'homme de Tianyuan (lignée humaine moderne qui vivait il y a en Asie orientale), révèle qu'il consommait régulièrement du poisson (d'eau douce dans ce cas)... D'autres indices sont les poissons sculptés ou gravés retrouvés presque partout dans le monde, et parfois de manière très réaliste ... À titre d'exemple ; dans le sud-ouest de la France, pour la période magdalénienne, et d'après les découvertes archéologiques du , ce sont les salmoninés qui ont été le plus souvent et le plus clairement figurés (58 figures de saumons (Salmo salar) et 6 truites dont 2 truites de mer (Salmo trutta trutta), devant les cyprinidés, le Brochet (Esox lucius) et l'Anguille européenne (Anguilla anguilla), mais beaucoup d'autres formes de poissons ont été retrouvées, peintes ou gravées, sans qu'on puisse clairement identifier le genre ou l'espèce (pour 160 poissons gravés ou peints par les magdaléniens dans le sud de la France, l'identification des taxons n'a pu être faite dans 31 % des cas, 19 % ayant pu n'être déterminés qu'au niveau de la famille ou du genre et 50 % au niveau de l'espèce).. Le fait que les poissons migrateurs soient plus souvent présent (saumon, truite de mer, et anguille) pourrait aussi ne pas être associé à des préférences alimentaires, mais au fait qu'ils soient plus facile à pêcher, ou associé à des références symboliques (cycle des saisons). Avec d'importantes variations selon les époques, populations et civilisations, le poisson semble avoir été et une ressource économique importante pour les territoires littoraux (avec notamment le poisson conservé par séchage et/ou salage). Les témoignages archéopaléontologiques montrent que le saumon, aux époques épipaléolithique et mésolithique était aussi pêché dans les cours d'eau se jetant dans la Méditerranée..
Des populations préhistoriques vivant sur les littoraux de différentes parties du monde laissent des quantités très importantes de restes de poissons et plus encore de coquilles (amas coquilliers de plusieurs mètres d'épaisseur parfois)., et certaines peintures rupestres préhistoriques montrent que les animaux marins sont importants pour les chasseurs-cueilleurs notamment lorsqu'ils commencent à se sédentariser, dans des premières colonies plus ou moins permanentes comme à Lepenski Vir. Les fouilles y trouvent presque toujours des preuves de pratique de la pêche comme une source importante de nourriture.
Antiquité vignette|redresse=1.5|Éléments commerciaux de base pour l'Antiquité méditerranéenne, les produits de la pêche sont alors considérés comme des ressources inépuisables. Mosaïque romaine du musée archéologique de Sousse représentant une scène de pêche et des ressources marines (poissons, crustacés, poulpes). Le poisson était l'un des « dons du Nil » qui., frais ou séché, était un aliment de base pour une grande partie de la population. Différents modes de pêche et piégeage mis en œuvre par les égyptiens sont illustrés dans des scènes peintes dans les tombeaux ainsi que sur des papyrus. Certaines représentations semblent même faire allusion à une pêche conçue comme un loisir. En Inde, la dynastie Pandyas (royaume dravidien du Tamil) était connue pour la pêche perlière (au moins 100 ans , et dans des eaux assez profondes). Les (ou Parathavar ou Paradavar), caste tamoule de la région de Tuticorin se sont aussi enrichis du commerce de la pêche de poissons et des perles.
Les scènes de pêche sont rares dans les traces laissées par l'Antiquité grecque, reflétant peut-être un faible statut social pour les pêcheurs, mais l'auteur grec Oppien Corycos laisse un traité majeur sur la pêche en mer (dit Halieulica ou Halieutika, composé entre 177 et 180 ; le plus ancien ayant survécu jusqu'à nos jours). Les preuves picturales des pratiques romaines de la pêche sont rares, mais on en trouve dans les mosaïquesReprésentation d'activité de pêche dans la mosaïque romaine. Le trident de Neptune est a priori un engin de pêche, qui plus est le plus facile à utiliser là où le poisson est très abondant. Outre-Atlantique, les Amérindiens Moche du Pérou antique ont dépeint des pêcheurs sur leurs céramiques..
Moyen Âge Le commerce de la morue séchée perdure dans la région de l'archipel des îles Lofoten, en Norvège, jusque vers le sud de l'Europe, l'Italie, l'Espagne et le Portugal depuis la période Viking voire avant. En dépit du déclin des morues, il reste important.
Époque moderne
La pêche comme activité de subsistance laisse progressivement la place à une activité commerciale et une activité de loisir (comme l'atteste la publication en 1653 du traité Le Parfait Pêcheur à la ligne de l'auteur anglais Izaac Walton, qui bénéficie de centaines de rééditions) au point de devoir être réglementée dès le . Colbert rédige ainsi en France une ordonnance en 1669 réglementant les activités halieutiques autour des cours d'eau pour préserver leurs ressources..
thumb|Pêcheurs vénitiens au (Photo de Carlo Naya).
Au en Angleterre puis en France, les pêcheurs sportifs élitistes (pêche à la mouche de « poissons nobles » comme la truite, le saumon) se distinguent des pêcheurs dits de gens de peu (pêche plus statique avec amorces constituées de déchets de table). La démocratisation de la pêche à la ligne se développe avec l'avènement des chemins de fer.. Des sociétés de pêche à la ligne se mettent en place à la fin du pour lutter contre le braconnage, la pollution et organiser des concours de pêche, se regroupant progressivement en fédérations puis en regroupements nationaux et internationaux.. En juillet 1941, le régime de Vichy impose à tout pêcheur de s'affilier et cotiser à une association agréée de pêche et de pisciculture ainsi qu'à payer une taxe annuelle destinée à la police de la pêche et la mise en valeur du domaine piscicole, cette taxe étant le précurseur du permis de pêche. Depuis les années 1950 se développe la pêche sportive, les baby boomers découvrant la pêche à la mouche par des films tels que celui de Robert Redford Et au milieu coule une rivière et grâce à des émissions télévisées.
Types On distingue la pêche maritime de la pêche fluviale généralement sur un critère de salinité de l'eau, distinction qui entraîne notamment une réglementation différente. En France, on parle de la « limite de salure des eaux » qui conditionne le régime juridique entre ces deux types de pêche. Cette limite, purement administrative, découle du décret du sur l'exercice de la pêche et
Pêche professionnelle Dans le monde, on trouve des types de pêche professionnelle très différents, avec des méthodes allant des plus artisanales et extensives, aux plus industrielles et intensives. Ils correspondent à des fonctions et métiers différents (novice, matelot, mécanicien, patron…), plus ou moins dangereux et difficiles selon les types de pêche et les zones géographiques. Des pathologies particulières peuvent être associées à ce métier en raison de l'exposition aux UV et à l'eau salée notamment.. L'alcoolisme est un facteur de risque supplémentaire important (sur 600 pêcheurs de Boulogne-sur-Mer suivis, 50 % des alcooliques avaient subi un accident du travail entraînant une invalidité permanente partielle (IPP), contre 20 % chez les non-alcooliques).
Pêche alimentaire ou de subsistance