Saint Véran est un saint de l'Église catholique. Originaire de BarjacGrand livre des saints culte et iconographie en Occident, Jacques Baudoin, disponible sur Google Books ou LanuéjolsLaissez-vous conter Mende & Lot en Gévaudan - ses hommes illustres ou à connaître, édité par le pays d'art et d'histoire de Mende & Lot en Gévaudan, p.6 en Gévaudan, il fut évêque de Cavaillon au . Il est aussi connu sous le nom de WrainWrain est considéré comme un prénom d'origine burgonde. latinisé en Veranus ou Uranus par confusion du v et du u Forme nominale donnée par le Trésor de Chronologie..

Biographie Sa vie

Les rares faits connus de son existence suffisent pourtant à dresser un rapide portrait. Contemporain de Grégoire de Tours, il fut ordonné prêtre en 540. Retiré dans son ermitage de Vaucluse, il entreprit un pèlerinage à Rome en passant par Embrun, Briançon, Ravenne, Milan, et en retournant par Albenga et Cassis. Sigebert I, qui afin de frayer un passage pour ses États vers la Méditerranée avait ouvert le couloir austrasien en ProvenceSigebert régna entre 568 et 575. Pour l'ouverture du couloir austrasien en Provence, cf. E. H. Duprat, Le couloir austrasien du VI siècle et la pénétration austrasienne (561-593), Mémoire de l'Institut historique de Provence, 1946., le choisit comme évêque de CavaillonEt non de Chalon-sur-Saône selon la confusion faite entre Caballionensis (Cavaillon) et Cabilonensis (Chalon-sur-Saône). en 568 ainsi que nous l'apprend le « Manuscrit d'Orléans »Manuscrit 319 de la Bibliothèque municipale d'Orléans, Vita Sancti Verani Cavallicensis episcopi.. Il siégea au second concile de Mâcon en 585 avec seize évêques provençaux ( dans la version en allemand).. L'année suivante, Frédégonde ayant fait assassiner Prétextat, l’archevêque de Rouen, au cours d’un office dominical, Véran, apostropha la reine pour lui reprocher ce meurtre. Ce qui lui valut d'être le parrain de Thierry II, fils de Childebert II. Le baptême eut lieu à Orléans, capitale de Gontran, roi de Bourgogne, en 587. Il trépassa à Arles de la peste deux ans aprèsC’est le dernier évêque connu de Cavaillon pour le . Après lui, il n’y aura plus aucun prélat pendant 199 ans..

Ses miracles thumb|left|200px|Le Coulobre statufié à la porte de l'église de Saint-Véran. thumb|160px|Saint Véran sur le retable de l’église Sainte-Marie-Madeleine de Contes. C'est à Fontaine-de-Vaucluse qu'il fit son plus célèbre miracle en débarrassant la Sorgue d'un horrible drac ou dragonGuillaume Oudaer, avec la collaboration de Dominique Hollard, Bernard Sergent – Les Dragons. Mythes, rites et légendes (compte rendu), nouvellemythologiecomparee.hautetfort.com, 30 octobre 2019 que l'on nomme encore Coulobre Le drac est en effet une divinité ligure des eaux tumultueuses et le coulobre doit son nom à deux racines celto-ligires : KAL : pierre et BRIGA : colline (Charles Rostaing). C'est la falaise dominant la fontaine où se trouve encore la Vache d'Or qui devait être le lieu d'un antique culte pastoral célébrant la force et la forme de l'eau et de la pierre.. Selon la légende, il chassa cette immonde bête dans les Alpes où elle s'en fut mourir. Le village de Saint-Véran aurait été son lieu de chute. Il est à signaler qu'en remontant le sentier qui mène vers la source, on croise encore le « Traou dou Couloubre ».

Un autre miracle semble plus lié à des considérations matérialistes. Au , Raymond IV de Toulouse, marquis de Provence, avant de partir chasser dans le Luberon, avait ordonné à Benoît, évêque de Cavaillon, de l'attendre pour l'office. Il ne le fit point et cela lui valut ce qu'il faut bien appeler un bon coup de pied au derrière. Le membre coupable du marquis ayant séché immédiatement, il dut partir clopin-clopant implorer saint Véran à Vaucluse. Pour son pardon, l'oracle du défunt ermite exigea toute une série de privilèges pour l'évêque Benoît dont la moitié du fief de Vaucluse. Raymond obtempéra et fut guéri ipso-facto.

Ses reliques

Pétrarque nous apprend qu'il fut enterré à Vallis Clausa dans un temple petit, mais orné et solide que Véran avait consacré à la Vierge. Détruit pendant les Grandes invasions, il fut remplacé en 979 par le prieuré Notre-Dame et Saint-Véran dont l'actuelle église paroissiale de Fontaine-de-Vaucluse marque l'emplacement.

Au début du , une grande partie de ses reliques fut transportée dans l'Orléanais où, sous le nom de saint Vrain, il devint patron du chapitre de l'église collégiale de Jargeau, au diocèse d'Orléans.

Au , on s'avisa que les restes de l'illustre prélat seraient mieux au cœur de son diocèse et, en 1321, Pons Augier de Lagnes, évêque de Cavaillon, fit transporter ses dernières reliques de Vaucluse à Cavaillon et les fit inhumer en la cathédrale. Au moment où elles allaient traverser la Sorgue, ô miracle, ses eaux s'ouvrirent pour laisser passer le cortège.

Le Morvelous Le bas-relief des Taillades dut être sculpté dans le front de taille de la carrière vers cette époque. Cette étonnante sculpture représentant un évêque surmontant deux écussons, portant crosse et pectoral orné d'une croix, s'efface au cours du temps. Bien que les Tailladois aient donné à ce bas-relief le nom peu flatteur de Morvelous - entendez le Morveux - les spécialistes s'entendent pour reconnaître en lui saint Véran.

Les lieux associés Les Taillades Saint-Véran (Hautes-Alpes)Histoire de la commune de Saint-Véran, Les Amis de Saint-Véran.

Notes et références Notes

Références

Annexes Bibliographie Acta Sanctorum, octobre, VIII, 452. Grégoire de Tours, Histoire des Francs, Lib. III, cap. LX, De miraculis sancti Martini, Éd. Belles lettres, coll. « Classiques de l'Histoire », Paris, 1980 François Mathieu (chanoine), La vie admirable du bienheureux saint Véran, évêque de Cavaillon et patron de la ville et du diocèse, Avignon, 1665. Abbé J.F. André, Histoire de Saint Véran, anachorète à Vaucluse, évêque de Cavaillon, ambassadeur du roi Gontran, Éd. Pringuet, Paris, 1858. Gustave Bayle, Le dragon de saint Véran, Bulletin historique et archéologique de Vaucluse, 1881. Lucette Besson, Véran de Cavaillon, le saint, la source et le dragon, Les Cahiers de L'Académie, n° 2, Beaumes-de-Venise, 1994. Bernard Sergent, Les Dragons. Mythes, rites et légendes, 2018, Fouesnant, Yoran Embanner, 400 p.

Article connexe Saints sauroctones

Liens externes

Véran, l'évêque de Cavaillon, diocèse d'Avignon, Archives historiques La légende de Saint-Véran et du Dragon, Simon Giraud, Chroniques Épiques TV

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