Addis-Abeba (Prononciation en français standard retranscrite selon la norme API. ; en amharique : , , , « Nouvelle fleur » ; en oromo : , « Source naturelle ») est la capitale de l'Éthiopie. Cette ville d'une superficie de , peuplée de plus de trois millions d'habitants, accueille, depuis 1963, le siège de l'Union africaine.
Addis-Abeba est située au centre du pays, sur un plateau à une altitude comprise entre , ce qui lui vaut d'être la capitale la plus élevée d'Afrique et la cinquième au niveau mondialAddis-Abeba est la cinquième capitale la plus élevée au monde, après La Paz (), Quito (), Thimphou (), et Bogota (). Voir la Liste des capitales par altitude..
Histoire Avant la fondation La région dans laquelle a été fondée Addis-Abeba est appelée Finfinnee par la population locale : les Oromos GoullelésFasil Giorghis, Æthiopia, Peuples d'Éthiopie - Addis-Abeba, l'histoire du développement urbain, éditions Musée Tervuren, 1996, .. La zone bénéficie d'une faune et d'une flore particulièrement richesFasil Giorghis, Æthiopia, Peuples d'Éthiopie - Addis-Abeba, l'histoire du développement urbain, éditions Musée Tervuren, 1996, .. Au sud-ouest se dresse le mont Wechacha, tandis qu’au nord s’élèvent les collines d’Entoto. Celles-ci constituent, avant la fondation d'Addis-Abeba, le lieu où Menelik II et son épouse Taytu Betul se sont installés. Ce lieu porte alors le nom de Fell-Wa. Menelik choisit le nom d'Adhis-Ababa (Addis-Abeba) le Jules Borelli, Éthiopie méridionale, 1890, .. Le choix du déplacement vers l'actuelle Addis-Abeba s'explique par la rudesse du climat d'Entoto, froid et venteux. En effet, le couple impérial a pris l'habitude de séjourner aux sources thermales de Filoha, situées à une altitude moins élevée.
En 1886, alors que Taytu admire le paysage, elle aperçoit une fleur d'une rare beauté. Enchantée par le climat tendre, elle demande à son époux la possibilité de construire une maison dans la zoneRoman Adrian Cybriwsky, Capital Cities around the World: An Encyclopedia of Geography, History, and Culture, ABC-CLIO, USA, 2013, .. Favorable à cette idée, Menelik II prépare le début des travaux et promet à Taytu de lui offrir le terrain de la future résidence. La sélection de l'emplacement précis de la fondation d'Addis-Abeba fait suite à une prophétie du grand-père de Menelik II, Sahle Selassié, negus du Choa de 1813 à 1847. À cette époque, durant une partie d'échecs, il déclare : .
C'est à l'endroit précis où son grand-père a pratiqué l'escrime que Menelik II décide de fonder la ville. Le nom est un choix de Taytu. Celle-ci, restée frappée par une fleur qu'elle n'a jamais aperçue auparavant, décide de baptiser la ville Addis Abeba, la « Nouvelle fleur » en amharique.
Début du développement vignette|L'empereur Ménélik II (assis au centre de l'image) avec sa suite observant des essais de dynamite près d'Addis-Abeba au début des années 1890. Taytu Betul ordonna rapidement le début des constructions qu'elle observait depuis Entoto. Addis-Abeba devint véritablement une ville et se développa avec l'implantation de la souveraine, de dignitaires et de soldats. Toujours en 1886, Menelik II ordonna la construction d'un palais à Addis-Abeba. À cette époque, la ville était principalement occupée et administrée par des militaires. À la suite de la famine de 1889-1892 et à la bataille d'Adoua en 1896, beaucoup de gens s’installèrent à Addis-Abeba, notamment des citoyens étrangers. Progressivement, la ville fut administrée de manière civile. Les terres appartenaient à Menelik qui accorda d'importants espaces à des nobles et à diverses églises, des résidences y furent construites à l'intérieur des sefer (sorte de domaines) qui étaient administrés par les nobles à leur tête.
vignette|Le palais de Ménélik en 1902. Le palais du Negusse negest était le plus vaste et organisé des sefers de la capitale, il se trouvait au nord-est de la source thermale ; à la suite d'un incendie en 1892, Menelik décida d'y bâtir un palais encore plus vaste entouré par une cinquantaine d'habitations et équipé d'un système d'approvisionnement en eau élaboré par Alfred Ilg, un ingénieur suisse ; plusieurs menuisiers indiens participèrent également à la construction. Peu à peu, de nouvelles populations venant de toutes les provinces éthiopiennes s'installèrent à proximité du palais. En 1893, Ilg conseilla à Menelik, sur la suggestion d'un fonctionnaire égyptien, de bâtir une mosquée pour les Éthiopiens musulmans, car il n'y avait dans la capitale aucune mosquée, ni aucun cimetière musulman. Le souverain accepta la construction de la mosquée Al-Nour (derrière l'ancienne poste) et d'un cimetière.
Au début du , Addis-Abeba se développait autour de deux centres principaux : le palais impérial, le centre politique, et la cathédrale Saint-Georges avec le quartier Arada formaient le centre religieux et commercial. L'Arada était un vaste marché au sud de l'église, la majorité des établissements commerciaux appartenaient à des étrangers, le quartier devenait le principal centre commercial national. Les activités commerçantes se déplaceront durant l'occupation italienne vers le quartier Mercato, l'Arade demeura un centre commercial et culturel.
La bataille d'Adoua avait contribué à renforcer la position d'Addis-Abeba en tant que capitale de l'empire d'Éthiopie, quelques années plus tard, en raison du développement de la ville, les besoins en bois pour la construction et le chauffage augmentaient et la capitale connut une pénurie de bois.
Après avoir envisagé le déplacement de la capitale à Addis-Alem, Menelik abandonna l'idée à la suite des protestations des légations et à l'arrivée de l'eucalyptus, arbre à la croissance rapide ; par ailleurs, les tentes de toile blanche furent ainsi remplacées par des bâtiments en dur, dont certains sont encore visibles aujourd'hui (voir photo ci-contre de l'hôtel Taytu).
Une modernisation impulsée par le pouvoir impérial gauche|vignette|234x234px|Empereur Haïlé Sélassié et dignitaires et notables de l'Empire éthiopien Par ailleurs, un nouveau palais était déjà en construction sur place ainsi qu'une route en direction de la capitale.
Enfin, une charte foncière fut adoptée en 1907 et avec la fin de la construction du chemin de fer franco-éthiopien, Addis-Abeba sortit définitivement d'une situation de perpétuelle précarité et entra dans une nouvelle phase de développement. vignette|Soldats à Addis-Abeba écoutant la proclamation annonçant le retour à la capitale de l'empereur Haïlé Sélassié (). En 1903, les tôles ondulées, désormais visibles dans toute la capitale, arrivèrent à Addis-Abeba et remplacèrent progressivement les toitures de chaume.
Le début du siècle vit l'arrivée de nombreux constructeurs européens et asiatiques ainsi que des matériaux de l'extérieur.
Alfred Ilg joua un rôle important dans la construction puisque la capitale lui doit son premier pont métallique de dimensions moyennes tout comme le premier système de canalisation d'eau.
Les résidences privées construites étaient de style divers, de forme ovale comme celle du ras Mengesha Attikem, de forme rectangulaire telle que la résidence Ras Birru Wolde Gebriel ou encore du « style Addis-Abeba » : deux bâtiments distincts reliés par un pont et un étage supérieur reposant sur des colonnes et solives apparentes.
Divers bâtiments publics marqués par l'influence européenne furent construits durant la même période : l'hôtel Taytu et la banque d'Abyssinie, construits en 1907, l'école Menelik II (1908), l'hôpital Menelik II (1910) et l'imprimerie nationale (1911).
Après les Indiens et les Arabes, des architectes italiens et grecs arrivèrent à Addis-Abeba, dont Sebastiano Castagna, constructeur de la cathédrale Saint-Georges.
En 1906, l'architecte Rudolph Härtel arriva d'Allemagne et fut responsable de la conception de l'école Menelik II et du mausolée de ce dernier.
Addis-Abeba accueille également des architectes français dont Paul Barrias qui construit la gare ferroviaire, achevée en 1929.
Les différentes célébrations impériales prirent place dans la capitale en 1917 et 1928 ainsi que l'important couronnement de Haïlé Sélassié le .
Ce dernier évènement, auquel de nombreux souverains étrangers assistèrent, fit définitivement d'Addis-Abeba une ville internationalement connue.
vignette|Vue aérienne de la ville en 1934. En 1934, le Parlement conçu par l'Allemand Kametz, fut construit. Après l'éclatement de la guerre avec l'Italie, les Arbegnoch incendièrent d'importants bâtiments afin de les soustraire aux fascistes. L'occupation de la capitale débuta le , l'armée italienne dut faire face à un problème de logement.
En raison de la difficulté de transport due au relief de la ville, certains dignitaires italiens demandèrent le déplacement de la capitale vers Dessie ou un autre ville sur la route de Mojo mais Benito Mussolini s'y opposa.
Une proclamation du demanda la réparation des édifices existants et la construction de nouveaux bâtiments.
Dès le début de l'Occupation, à la suite d'un ordre de Mussolini, certains monuments de la capitale furent retirés dont le monument du Lion de Judah et la statue équestre de Menelik II, symbole de la bataille d'Adoua.
Les Italiens rebaptisèrent des rues importantes du nom des membres de la famille royale et du gouvernement, des inscriptions en italien apparurent sur les panneaux publics tout comme des portraits de Mussolini et des haut-parleurs mis en place diffusèrent la propagande fasciste.
Addis-Abeba fut le théâtre de tragiques évènements : assassinat d'Aboune Pétros en 1937 ou encore massacre d'une douzaine de patriotes ayant résisté contre l'occupant (1938 ?).
Une métropole africaine vignette|La route Churchill dans les années 1960. vignette|Un camion militaire passant par Abyot adäbabay durant la période communiste. Capitale de l'Afrique à partir des années 1960, Addis fut également le lieu de la révolution menée en 1974-1975 par des militaires marxistes-léninistes. La « place de la Révolution » (Abyot adäbabay), haut lieu des manifestations du régime du dictateur Mengistu, a été rebaptisée « place de la Croix » Mesqel adebabay. Cette imposante esplanade a accueilli le un concert en l'honneur du soixantième anniversaire de la naissance de Bob Marley (Africa Unite) qui a rassemblé environ personnes venues du monde entier.
Depuis la chute de la dictature, la ville a connu des investissements importants dans les infrastructures, notamment dans les transports. L’inauguration du métro léger en 2015 a constitué une première en Afrique subsaharienne et symbolise l’effort de modernisation des services publics dans la ville. Par ailleurs, des routes, des échangeurs, des voies rapides ont été développés pour répondre aux besoins d’une ville en croissances rapides autant démographique qu'économique.
Sur le plan économique, Addis-Abeba s’est affirmée comme le principal centre administratif, commercial et diplomatique du pays, mais aussi du continent africain, notamment en raison de la présence de l’Union africaine et d’organisations internationales. La ville a donc attiré des investissements étrangers, des sièges d’ONG et une main-d’œuvre qualifiée, tout en concentrant les inégalités sociales entre un centre modernisé et des quartiers marginaux.
Géographie Climat vignette|150px|Températures et précipitations mensuelles moyennes. Située dans la zone tropicale sèche, Addis-Abeba échappe aux chaudes températures de Djibouti, à l'est, ou du Soudan, à l'ouest, grâce à l'altitude qui permet des températures relativement agréables toute l'année (voir graphique ombro-climatique ci-contre). La principale saison des pluies (krämt) a lieu de juin à septembre, et rend les rues non goudronnées difficilement praticables quoique moins poussiéreuses.
La réverbération est forte et la population s'en protègeEn complément, pour l'historique de l'élévation solaire et de l'azimut à Addis Abeba, voir Weatherspark : .