Jean-Charles Krafft (Johann Karl Krafft) est un architecte français d'origine germanique. Il est né le à Brunnerfeld (Vorarlberg, Autriche) et mort le à Paris. Confusion des noms L'identité des noms a pu faire croire qu’il est né à Brunnerfeld, dans le ressort de Dingolfing, au sud de la Bavière. Son origine bavaroise est évoquée dans le catalogue de Donald A. Heald : An accomplished draftsman and architect, Jean Charles Krafft was born in Brunnerfield, Germany in 1764.. L'orthographe « Brunnerfield » est un anglicisme erroné.

Le Dictionnaire encyclopédique Larousse , 1863, mentionne :

L'origine autrichienne de Jean Charles Krafft (Johann Karl Krafft) est connue de ses héritiers : ils la tiennent de sa petite-fille, Marie Krafft. Ils détiennent le masque mortuaire de Jean Charles Krafft.

En Allemagne, son prénom ne comporte pas de trait d'union (Karl Johann Friedrich Wilhelm), contrairement à ce qu'on peut lire sur la médaille de son masque mortuaire.

Biographie Dans ses Notes sur les publications de Jean-Charles Krafft, l'éditeur Phénix Éditions mentionne que Jean-Charles Krafft est né le à Brunnerfeld, en Autriche. Il serait entré en France dans un régiment suisse basé à RouenSuite à la journée du 10 août 1792, l’Assemblée législative française décide de dissoudre, le , les douze régiments de gardes suisses : elle leur propose d'intégrer les troupes nationales ; ils conservent leur grade et leurs soldes (300 livres pour un sergent, 200 pour un caporal, 150 pour un tambour et un soldat). Six ans plus tard, en , à nouveau, la Suisse devra lever six demi-brigades (selon leur nouvelle désignation dans la terminologie révolutionnaire) pour le compte de la France..

Jean Charles Krafftparfois orthographié Kraft, ce qui est erroné fut architecteLouis Hautecœur, 1953, le dit « graveur », « Index des noms cités, à la fin du et au début du . Il exerce à Paris, rue de Bourgogne 1463, faubourg Saint-Germain.

Il aurait assisté aux cérémonies du sacre de Napoléon qu’il appelle « Napoléon-le-Grand »Jean-Charles Krafft, Recueil d’architecture civile, contenant les plans, coupes et élévations des châteaux, habitations et habitations rurales, de l’imprimerie de Crapelet, 1812 (), puis à celles du second mariage de l'empereur en 1810 : il leur consacra deux ouvrages. Il est naturalisé français.

Vie privée Il a eu deux fils.

Le premier, Léon Louis Charles Krafft, chimiste, est né en 1818. Il épouse Désirée Victoire Lecot. De ce mariage naissent trois filles : le , Marie-Louise Félicie Krafft, « au domicile de ses frères et mère », 2bis rue de l’Église à Neuilly-sur-Seine ; le père a 52 ans ; et ses sœurs Charlotte et Laurence Krafft.

Le second fils, Félix Edmond Krafft, est né en 1821. Il a 49 ans lorsque naît sa nièce en 1870 ; il est sous-chef à la Caisse des Dépôts et demeure à Paris, 129 boulevard des Italiens.

Ses ouvrages Jean-Charles Krafft a écrit plusieurs ouvrages décrivant principalement de belles maisons, de beaux jardins de Paris et des environs, ainsi qu'un Traité d'architecture. Ils sont illustrés de planches gravées sur cuivre, qu'il réalisa lui-même.

Certains ont eu plusieurs éditions. Le succès de ses publications tient en partie aux planches gravées, alliant efficacité et lisibilité du trait, soin de la distinction des matériaux et pittoresque de l'élévation et de la mise en scène de l'architecture avec des éléments naturels évoquant le jardin. L'unité visuelle tient à la fidélité de l'auteur à une même équipe de graveurs. Les annotations contiennent des erreurs d'attributions, des coquilles dans l'orthographe des noms ; elles rendent difficile leur usage pour les historiens de l'art..

Ces ouvrages intéressent particulièrement l'amoureux du vieux Paris, curieux de connaître ce que fut le décor dans lequel ont vécu les familles aisées dans le premier tiers du , et plus particulièrement au cours de la première décennie de ce siècle.

Jean-Charles Krafft aurait publié ses ouvrages, en livraisons et par « abonnement », comme d’autres auteurs de cette époque, Charles Normand, Cointeraux et VielD’après Jean-Philippe Garric, « Le néoclassicisme n’est pas un classicisme. Une mutation dans les livres d’architecture ».

Le graveur Charles Ransonnette Jean-Charles Krafft travailla parfois en association avec Charles Ransonnette, graveur et dessinateurPierre Charles Ransonnette, avec lequel Jean-Charles Krafft réalise plusieurs ouvrages, demeure à Paris, rue du Figuier 43, quartier Saint-Paul. Le frontispice de Plans, coupes, élévations des plus belles maisons et hôtels construits à Paris et dans les environs mentionne qu'ils sont « deux associés ».. Millon et Associés indiquent dans leur catalogue () que : . Ce catalogue, dans son iconographie et ses notes, évoque J.-C. Krafft : .

Emil Kaufmann, cite abondamment les publications de J.-C. Krafft et Pierre Nicolas Ransonette dans son ouvrage Trois architectes révolutionnaires - Boullée - Ledoux - Lequeu (1952).

Plans, coupes et élévations... L'ouvrage réalisé avec son associé Charles Ransonnette, Plans, coupes et élévations des plus belles maisons et hôtels construits à Paris et dans les environs, est, dès l'origine, trilingue ; le texte est édité sur trois colonnes en français, allemand et anglais. L' « avertissement » précise l'intention des auteurs :

Les indications fournies par Krafft et Ransonnette dans leurs gravures, nous montrent les ensembles qui subsistent de l’Ancien Régime, vers 1790, des couleurs assez tendres, lilas, verts et bleu clair, mauve, roses, jaunes, blancs, relevés çà et là par des accents plus ternes, une porte ou un lambris d’acajou, un motif de bronze ou de cuivre doré, telle la description de l’hôtel de l’Intendant des Ponts et Chaussées, par Henry, 1788, présentée dans Plans, coupes et élévations des plus belles maisons et hôtels construits à Paris et dans les environs (L. Hautecœur, 382).

Traité sur l'art de la Charpente... Il serait le premier architecte à avoir utilisé le fer dans la construction des immeubles. Mais son Traité sur l'art de la Charpente théorique et pratique, publié en 1819 puis en 1822, ne traite que d’ouvrages ayant une charpente en boisÀ cette époque, la charpente n’est pas seulement utilisée pour soutenir la couverture des immeubles, mais également pour le coffrage des dômes en cours de construction, pour la réalisation de ponts, de machines de levage, de « cages à écureuils » de grand diamètre, grâce auxquelles le poids de plusieurs hommes entraîne un treuil développant une force considérable. Pour le Dictionnaire encyclopédique Larousse (1863), cet ouvrage important est encore « utile aux praticiens » malgré les progrès qui ont modifié si profondément l’art de l’architecture. La même année 1863, le Dictionnaire de biographie d’histoire de géographie mentionne au contraire que «cet ouvrage a joui pendant longtemps d’une haute estime parmi les praticiens, mais il est arriéré aujourd’hui surtout depuis la substitution ou le mélange du fer au bois dans la construction des planchers et combles » ; cette appréciation est reprise par A. Dantes (1866). L'avènement de la machine à vapeur, puis du moteur à explosion, ont enlevé tout intérêt pratique à la part de l'ouvrage décrivant les engins de levage..

Recueil d'architecture civile... Dans Recueil d'architecture civile, contenant les plans coupes et élévations des châteaux, maisons de campagne, et habitations rurales, jardins anglais, temples, chaumières, kiosques, ponts, etc. situés aux environs de Paris, Jean Charles Krafft et Charles Ransonnette exécutent un ensemble de planches gravées montrant les intérieurs et les extérieurs de plusieurs châteaux, villas champêtres, et édifices embellissant des jardins, situés aux environs de Paris. Un grand nombre de constructions décrites et dessinées par Jean-Charles Krafft sont conçues par des architectes contemporains réputés inspirés de styles variés, tels que ceux initiés par Claude Nicolas Ledoux, Julien-David LeRoy, et François-Joseph Belanger.

Les plus belles maisons et hôtels... Une notice d'époque précise à propos du livre Les plus belles maisons et hôtels construits à Paris et dans les environs, (Éditions UHL - 1812) :

La sortie de cet ouvrage a donc débuté le .

Recueil des maisons de campagne Dans le Recueil des maisons de campagne, J.-C. Krafft montre des modèles de bâtiments ruraux en pans de bois, une ferme à la westphalienne.

La chambre de Récamier, dessinée par Berthault en 1798, nous est connue par les gravures de Krafft et Ransonnetteainsi que par des descriptions comme celle de Reichardt (L. Hautecœur, 378)..

Les nombreux recueils de Krafft et Ransonnette contribuent à répandre des formes d’édifices faciles à multiplier et dont les combinaisons obéissent à des lois géométriques (principalement des maisons de campagne).

Publications . La première édition, selon WordCat daterait de 1801 sur plusieurs années. Jean-Charles Krafft, Plans, coupes et élévations de diverses productions de l'art de la charpente exécutées tant en France que dans les pays étrangers, 1805 (Lire en ligne) Jean-Charles Krafft, Recueil des plus jolies maisons de Paris et de ses environs comprenant les élévations intérieures et extérieures, 1809, in-4°, avec 96 pl. (Mr Thiollet a donné une suite à cet ouvrage) . . Jean-Charles Krafft, Productions de plusieurs artistes français et étrangers relatives aux jardins pittoresques, 1810, in-4° Jean-Charles Krafft, Description des fêtes à l’occasion du mariage de Napoléon, 1810 Jean-Charles Krafft, Recueil des plus beaux monuments anciens et modernes, 1812 et suiv. (cet ouvrage devait être composé de 12 livraisons contenant chacune 30 pl, la première seule a paru) Jean-Charles Krafft, Plan général de la fondation de la Serre chaude au Jardin de St. James, et Coupe prise sur EF, et les détails des fourneaux, Paris : Crapelet for Bance Sr., 1812 Jean-Charles Krafft, No. 1 Chaumière construite à Ville d'Avrai dans le Jardin de Mr. Thierry. No. 2 Chaumière construite dans le Jardin de Mr. Belanger Architecte, à Sangeny, Paris : Crapelet for Bance Sr., 1812

Jean-Charles Krafft, Traité sur l'art de la Charpente théorique et pratique, édit. 1819, 6 vol, in-fol. ; Paris - Mannheim 1822 .

Sources bibliographiques Hoefer (sous la direction du) Nouvelle biographie générale, Firmin Didot frères, Paris, 1859 Dictionnaire encyclopédique Larousse , Paris, 1863 Dictionnaire de biographie d’histoire de géographie, 1863, Éditions Dezobry, Paris (rue des Écoles) A. Dantes, Table des sciences des lettres et des arts des hommes les plus connus en tous pays, Paris, 1866 Berthelot (sous la direction de), La grande encyclopédie – Inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts, tome 21, H. Lamirault et , Paris, 1885-1902 Emil Kaufmann, Trois architectes révolutionnaires - Boullée - Ledoux - Lequeu, The American Philosophical Society, Philadelphia, 1952, traduit de l'anglais par Françoise Revers, édition française de la SADG, Paris. Louis Hautecœur, Histoire de l’architecture classique en France, tome V « Révolution et empire 1792-1815 », J. Picard et , Paris, 1953 Jean-Philippe Garric, « Le néoclassicisme n’est pas un classicisme. Une mutation dans les livres d’architecture », in Repenser les limites : l'architecture à travers l'espace, le temps et les disciplines, Paris, INHA (« Actes de colloques »), 2005.

Notes et références Notes

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