Le de fusiliers marins () est une unité des Forces françaises libres, rattaché à l'Armée de terre. Il est formé de fusiliers marins des forces navales françaises libres.

Créé sous le nom de de fusiliers marins (), il devient ensuite le régiment de reconnaissance de la française libre pendant la campagne d'Italie, puis celle de la libération de la France. Il a été fait compagnon de la Libération par décret du .

Le de fusiliers marins gauche|vignette|Marins du avec des soldats australiens en Palestine en 1941. Le bataillon est créé à l'été 1940 en Grande-Bretagne, avec 400 marins ralliés à Charles de Gaulle. Il fait partie de la de légion française repoussée devant Dakar par les Vichystes en puis de la brigade française d'Orient envoyé en en Érythrée.

Début 1941, il est transformé en unité de lutte antiaérienne. Il est rattaché à la de la légère française libre, engagée en Syrie en .

Rattaché à partir de la fin 1941 à la française libre indépendante, le bataillon combat lors de la bataille de Bir Hakeim, repoussant les assauts aériens germano-italiens.

Le redevient ensuite en l'unité antiaérienne de la française libre reconstituée.

Création du de fusiliers marins

Le , le de fusiliers marins ayant augmenté ses effectifs avec des volontaires provenant de la marine d'Afrique du Nord (en particulier radios et mécaniciens), devient le de fusiliers marins (), unité blindée de reconnaissance de la . Le commandement est confié au capitaine de corvette Hubert Amyot d'Inville, chef du ; son adjoint, le lieutenant de vaisseau Philippe Le Bourgeois, à ses côtés depuis , rejoint alors un embarquement reporté depuis trois ans. Le est équipé de matériel américain : chars légers Stuart M3 A3, obusiers automoteurs M8 Scott, véhicules de reconnaissance M3, halftracks M5 et jeeps Willys MB.

Campagnes du (-)

Italie Après un entraînement soutenu, le débarque à Naples au sein de la , le . Il s'insère dans le plan de bataille qui va entreprendre de rompre le front allemand qui barre toute l'Italie au sud de Rome, dès le . Après les violents combats sur le Garigliano, le RFM (qui est en avant-garde de la division sur trois axes) combat brillamment à Montefiascone et Radicofani. Il compte dont Amyot d'Inville et .

Provence En , il est débarqué en Provence, à Cavalaire-sur-Mer, sous le commandement du capitaine de corvette Pierre de Morsier.

L'unité combat pour la libération de Toulon et d'Hyères, puis remonte la vallée du Rhône, pénètre dans Lyon évacuée par les troupes allemandes, puis atteint Autun ; l'escadron Savary y entre après un dur accrochage au cours duquel cinq hommes sont tués et quatre blessés. Savary fait à ce moment en Côte-d'Or, la liaison avec des unités de la (Leclerc) débarquée en Normandie. Le RFM poursuit son avance en direction des Vosges.

Vallée du Rhône thumb|upright=0.5|Monument à Trévoux dans l'Ain, hommage au de fusiliers marins libérant la ville le . Il fait le parallèle avec une des premières batailles de la guerre des Gaules, opposant les Tigurins aux troupes de César. Il fait la jonction avec le de spahis (débarqué en Normandie avec la ) à Châtillon-sur-Seine le , 35. Ce fait est considéré comme une des jonctions entre les troupes alliées de Normandie et celles de Provence (voir aussi Nod-sur-Seine et son Monument de la Jonction).

Haute-Saône Le , l'escadron de chars mène l'attaque sur Clairegoutte avant de prendre Ronchamp le , puis Vescemont, Rougegoutte, Romagny et Rougemont-le-Château le mois suivant. Se distinguent particulièrement dans ces opérations : l'enseigne de vaisseau Bokanowski, l'aspirant Vasseur et, aux côtés des marins, les hommes du Cuir-Vercors qui ont été mis sous les ordres du .

Combats de la poche de Royan Après la campagne Vosges, la est envoyée sur le front de l'Atlantique pour réduire la poche de Royan, mais est rappelée d'urgence sur le front de l'Est. En effet, von Rundstedt déclenche une offensive en et il faut faire face.

Alsace En , les fusiliers marins se distinguent à nouveau en Alsace, à Herbsheim et Rossfeld, avant de poursuivre leur marche en avant victorieuse vers le Rhin.

Alpes Retirée du front d'Alsace, la division est affectée au détachement de l'armée des Alpes en , dans le massif de l'Authion où le se distingue, perdant dans l'offensive cinq officiers sur six et près de 50 % des effectifs engagés.

Honneurs et distinctions

Pertes au combat Entre et , l'ensemble / a perdu 195 hommes dont 12 officiers parmi lesquels deux de ses commandants.

Décorations Ont été décernés à ces hommes : 200 croix de guerre, 70 médailles militaires, 32 Légion d'honneur, 31 croix de la Libération. Le drapeau du compte cinq citations à l'ordre de l'armée obtenues pour 1939-1945 avec attribution de la croix de la Libération, de la médaille de la Résistance française et de la croix de guerre.

En , le est remis à la disposition des autorités navales.

Ordre de la Libération Le de fusiliers marins est, avec le sous-marin Rubis et la corvette Aconit, compagnon de la Libération par décret du .

Le matelot mécanicien Georges Brières, tué à Giromagny, repose dans le caveau de la crypte du Mémorial de la France combattante au mont Valérien. Il représente le sacrifice de tous les marins morts pour la Libération de la France.

Cette décoration valut à un détachement du régiment d'être présent le à Colombey-les-Deux-Églises pour prendre part aux obsèques du général de Gaulle, honneur partagé avec deux autres unités de l'armée seulement : le de chars de combat (Rambouillet) et le Régiment de chasse 2/30 Normandie-Niémen (Reims)Unités qui, toutes les trois, étaient Compagnon de la Libération. D'après « Aux obsèques du général de Gaulle », article paru dans : ..

Insigne vignette|L'insigne du (imprimé sur un foulard). L'insigne du régiment, dessiné en 1943, présente un écu d'azur à la croix de Lorraine encadré par deux hippocampes, le tout sur une ancre. La croix de Lorraine rappelle les Forces françaises libres, les hippocampes font référence au caractère marin de l'unité de cavalerie blindée que va à l'époque devenir le et l'ancre est le symbole de la Marine nationale.

Traditions Le drapeau, la mémoire et la tradition du de fusiliers marins sont aujourd'hui confiés à l'École des fusiliers de Lorient.

De 1988 à 1990, les militaires de l'école des fusiliers marins et des compagnies de fusiliers marins reçoivent un insigne de béret dérivé de celui du , le principal changement étant le remplacement de la croix de Lorraine par un sabre et un pistolet d'abordage. Le port de cet insigne est officiellement abandonné dès 1990.

Personnalités ayant servi au régiment 32 membres du régiment ont été faits compagnons de la Libération à titre individuel. Huit d'entre eux sont morts pour la France.

Compagnons morts pour la France Hubert Amyot d'Inville (1909-1944), mort pour la France le à Montefiascone (Italie) Lucien Bernier (1914-1944), mort pour la France le à Champagney Robert Détroyat (1911-1941), mort pour la France le en Syrie Joseph Domenget (1908-1944), mort pour la France le au Ballon d'Alsace Pierre Le Goffic (1912-1944), mort pour la France le à Hyères Yves Nonen (1916-1944), mort pour la France le au Ballon d'Alsace Julien Roger (1919-1945), mort pour la France le à Breil-sur-Roya Henri Silvy (1920-1944), mort pour la France le sur l'aéroport de Guidonia (Italie)

Autres compagnons de la Libération Roger Barberot (1915-2002), ambassadeur de France Jacques Bauche (1914-1982), Jean Brasseur-Kermadec (1914-1992), amiral, préfet maritime de Toulon Jean Cadéac d'Arbaud (1917-2003), directeur de compagnies aériennes (Air Afrique, UTA) Constant Colmay (1903-1965), conservateur du Musée du Mont-Faron Bernard Demolins (1918-2012), fonctionnaire de l'ONU Joseph Duhautoy-Schuffenecker (1909-1995), lieutenant aumônier, missionnaire d'Afrique Marcel Guaffi (1918-1997) Pierre Iehlé (1914-1984), amiral, inspecteur général de la Marine Jules de Koenigswarter (1904-1995), ambassadeur de France Georges Le Sant (1914-2000) Alexandre Lofi (1917-1992) Stanislas Mangin (1917-1986), conseiller d'État Michel Maurice-Bokanowski (1912-2005), député, maire d'Asnières-sur-Seine René Millet (1910-1978), ambassadeur de France André Morel (1916-1979) Pierre de Morsier (1908-1991), deuxième commandant du régiment Jean des Moutis (1911-1965), attaché à l'état-major de l'OTAN Édouard Przybylski (1920-1993) Louis Rubaud (1917-1990) Alain Savary (1918-1988), député, ancien ministre Roland Terrier (1917-1976), inspecteur de la navigation au Havre François Tilly (1910-1983), maire de Jumilhac-le-Grand Elie France Touchaleaume (1914-2010)

Notes et références

Annexes

Bibliographie

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Articles connexes Commandos Kieffer (France libre) Régiment blindé de fusiliers-marins

Liens externes Histoire du sur le site de l'Ordre de la Libération

Regiment Regiment Catégorie:Unité blindée Catégorie:Unité des troupes de marine française dissoute Catégorie:Unité militaire décorée de la médaille de la Résistance française Catégorie:Régiment de l'armée française