Le parvis Notre-Dame - place Jean-Paul- est une place de Paris située en face de la cathédrale Notre-Dame, sur son parvis, qui a pris le nom du pape et saint en 2006.

Situation et accès Située sur l'île de la Cité, la place s'étend sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame. Une crypte archéologique y est également présente, ainsi que plusieurs statues, dont celle de Charlemagne (Charlemagne et ses Leudes).

Origine du nom La place rend hommage au pape (1920-2005).

Historique Du au milieu du vignette|L'extrait du plan de Bâle, montrant l'île de la Cité, 1553. Depuis l'époque de la construction de Notre-Dame jusqu'au milieu du , la parvis n'est qu'une placette de de large au cœur d'un quartier très dense. Jusqu'au , le parvis est occupé par la cathédrale Saint-Étienne. Au nord de la cathédrale se trouvait une petite place entre le chevet de l'église Saint-Christophe et l'église Saint-Jean-le-Rond. À l'ouest, entre la rue Saint-Christophe et la rue Neuve-Notre-Dame, se trouve la rue de la Huchette.

En 1160, décision est prise de raser la cathédrale Saint-Étienne, afin d'agrandir la cathédrale Notre-Dame. La façade de cette dernière est reculée de vers l'est par rapport à celle du . Le parvis Notre-Dame est mentionné pour la première fois dans un texte en 1163-1164. Il est agrandi au Moyen Âge, en vertu du prestige acquis par la cathédrale de Paris, devenu capitale du royaume de France. Ce parvis est probablement limité dès le , par des bornes à l'est, vers Notre-Dame, et par un petit mur dit « ceinture du Parvis » au Nord et à l'Ouest. Jusqu'au milieu du , ce muret délimite le parvis qui relève de la justice du chapitre cathédral. Son sol est alors plus bas que celui des voies adjacentes et l'on y descend par des marches. Selon l’historien Jacques Hillairet, le parvis, de niveau avec la cathédrale, domine les environs immédiats et on y accède par quelques marches. Un muret servant d’appui le cerne. Afin de prévenir les inondations, les rues voisines ont été exhaussées. Lors de l’agrandissement du parvis, en 1748, il a été constaté que les caves des maisons du pourtour étaient d’anciens rez-de-chaussée.

À partir de 1611, est mentionnée une statue représentant un homme debout, dont l'origine est inconnue et appelée Monsieur Legris ou Le Jeûneur. Elle se trouvait sur l'enceinte du parvis, face à l'entrée de l'Hôtel-Dieu ; vers 1750, cette statue disparaît. Entre 1624 et 1628, la fontaine du Parvis Notre-Dame, adossée à l'enceinte, est construite sur le parvis. Elle est remplacée dix ans plus tard par une nouvelle fontaine construite par Christophe Gamard.

Au , des échoppes viennent s'adosser à l'enceinte du parvis. En 1702, cette place, qui fait partie du quartier de la Cité, possède quatre maisons et cinq lanternesJean de la Caille, Description de la ville de Paris..

Le parvis est, alors, un espace cérémoniel de premier plan : point de passage et de convergence des processions religieuses et profanes, lieu des célébrations des jubilés, des naissances princières, des guérisons royales ou des victoires militaires. Il est la frontière tangible entre la ville et l’église, la zone de transition et de purification renforcée par la présence de la fontaine dévolue à cet effet.

Du milieu du au milieu du Le premier élargissement du parvis, lié à des grands projets d'aménagements et la décision de construire un nouvel hôpital des Enfants-Trouvés, intervient au milieu du . De 1746 à 1749, des maisons situées entre les rues Saint-Christophe, de Venise, Neuve Notre-Dame et l'impasse de Jérusalem sont achetées puis démolies afin de construire l'hôpital. Entre 1745 et 1757, les bâtiments compris dans l'îlot délimité par les rues Saint-Christophe, de la Huchette, Neuve-Notre-Dame et de Venise, y compris l'église Saint-Christophe, sont rasés pour dégager l'hôpital et agrandir le parvisFélix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, édition de 1844, .. L'enceinte entourant le parvis, les échoppes adossées, la fontaine de Gamard et la statue du jeûneur sont détruites et la rue de la Huchette est incorporée au parvis. Un important travail de nivellement est mené : le sol du parvis est rehaussé, tandis que celui des rues adjacentes est abaissé.

En 1802, la place est à nouveau agrandie mais au sud-est cette fois. La chapelle de l'Hôtel-Dieu est démolie et Clavareau reconstruit une nouvelle entrée sous la forme d'un portique à colonnes doriques. L'hôpital, agrandi vers l'ouest dans les années 1780, est occupé après la Révolution française par l'administration de l'Assistance publique. Sur ce bâtiment est rajouté deux fontaines en 1806.

Du milieu du à la Première Guerre mondiale La place a pris sa physionomie actuelle dans les années 1860-1870 dans le cadre des transformations de Paris sous le Second Empire. Le , la reconstruction de l'Hôtel-Dieu sur son site actuel (au nord de la place et non plus au sud) est déclarée d'utilité publique.. L'ensemble de rues situé au nord du parvis, entre la Seine, la rue de la Cité et la rue d'Arcole est rasé entre 1865 et 1867 et les nouveaux bâtiments de l'Hôtel-Dieu sont érigés à son emplacement« La Belle Jardinière, c. 1866 », vergue.com.. Le bâtiment de l'Assistance publique, qui se trouvait entre le parvis, la rue de la Cité, la rue Saint-Christophe et la rue Neuve-Notre-Dame est démoli à son tour en « Administration de l’Assistance publique, c. 1867 », vergue.com.Le Monde illustré, , 6 juin 1874 .. Les anciens bâtiments de l'Hôtel-Dieu, situés le long de la Seine, sont démolis en 1877-1878« Hôtel-Dieu de Paris, c. 1867 », vergue.com. et remplacés par un square, où est installée la statue Charlemagne et ses Leudes en 1882..

À noter que les vestiges de la crypte de la cathédrale Saint-Étienne sont au fouillés puis remblayés.

Depuis le début du , l’idée s’épanouit de dégager une perspective sur la cathédrale depuis l’autre rive du fleuve et depuis les ponts. Une première amorce est réalisée par la création du square de l’Archevêché, en 1837. L’ouverture complète advient sous le Second Empire.

Le parvis s'étend désormais entre la cathédrale, seul bâtiment antérieur à 1860 ayant subsisté en élévation, et la rue de la Cité (caserne de la Cité, actuellement préfecture de police). La superficie de la place passe d'environ Analyse diachronique de l'espace urbain parisien : approche géomatique (ALPAGE) à environ (en incluant la portion de la rue de la Cité qui traverse la place à l'ouest). Cette superficie favorisant les exercices militaires, le parvis est transformé en place d'armes de la caserne, devenue Préfecture de police.

Ce triplement de la surface du parvis rompant avec le Paris architectural de l'Ancien Régime est alors l'objet de critiques de nombreux défenseurs du patrimoine, par exemple le conservateur du musée Carnavalet Georges Cain qui le compare en 1905 à une . L'illustrateur et auteur Albert Robida déplore la même année : . Et Lucien Lambeau, secrétaire général de la Commission du Vieux Paris, de regretter que le parvis soit désormais .

En , lors de travaux pour édifier un terre-plein central sur le parvis, sont mises au jour les fondations de l'ancienne église Saint-Pierre-aux-Bœufs. Présenté comme un « refuge », ce terre-plein vise à offrir une sécurité aux piétons face aux risques d'accidents automobiles, alors que la circulation s'accroît . Les débats précédant cet aménagement avaient duré une trentaine d'années avant d'aboutir, ses opposants estimant qu'il dénaturait l'esprit des lieux, notamment du point de vue de son éclairage, gâchant selon eux la perspective donnant sur la cathédrale. Au début des années 1910, un projet refusé prévoyait d'installer sur le parvis un jardin à la française.

Le 11 octobre 1914, durant la Première Guerre mondiale, la cathédrale Notre-Dame de Paris est touchée lors d'un raid effectué par des avions allemandsExelsior du 8 janvier 1919 : Carte et liste officielles des bombes d'avions et de zeppelins lancées sur Paris et la banlieue et numérotées suivant leur ordre et leur date de chute..

Seconde moitié du

Durant les Trente Glorieuses, à l'heure du tout-voiture, le terre-plein central se trouve encerclé de places de stationnement automobile, ce qui suscite dès la fin des années 1950 des critiques en matière patrimoniale et interroge l'avenir du parvis. Divers projets plus ou moins réalistes sont proposés : planter des arbres à l'emplacement des anciennes limites de la place (Yvan Christ), y installer un miroir d'eau en renvoyant la circulation en sous-sol (Paul Maymont) ou encore y construire des bâtiments contemporains de faible hauteur (Atelier d'urbanisme de la Ville de Paris, l'Apur actuel). En 1962, le conseil municipal décide d'aménager un parking en sous-sol. Deux ans plus tard, des fouilles préventives sont menées sous l'autorité de l'archéologue Michel Fleury afin d'exhumer de potentiels vestiges. Elle durent jusqu'en 1975 et sont fructueuses : . Leur importance conduit en 1967 à adopter le principe de préserver ces ruines sous forme d'une crypte muséale mais les atermoiements quant à l'avenir du parvis en lui-même (y construire ? aménager une voie souterraine ? déplacer le parking ?) conduisent à laisser le site en chantier durant plusieurs années, au grand dam des élus parisiens. La circulation automobile au pied de la cathédrale qui vient d'être ravalée est par ailleurs dénoncée pour la pollution qu'elle génère.

À l'aube de 1970, un projet définitif est arrêté : la circulation automobile est renvoyée à l'ouest du parvis, du côté de la préfecture de police, de même que l'accès au futur parking de 200 places sur deux niveaux, dont l'accès sera caché par une rangée d'arbres, à côté de celle de la crypte, d'un style contemporain discret. Le projet de creuser un tunnel routier pour remplacer la voie au pied de la cathédrale, là où se trouvent les vestiges souterrains de l'ancienne cathédrale Saint-Étienne, est abandonné quelques années plus tard. Les architectes André Hermant et Jean-Pierre Jouve sont chargés des travaux. Le parking ouvre en 1971 et le parvis, voulu comme un forum par ses concepteurs (l'historien de l'art Yvan Christ parle de l'), semble désormais approprié par la population comme le note Le Monde en 1975 au sujet des jeunes qui s'y retrouvent le soir. Les contours du parcellaire médiéval sont aujourd'hui matérialisés par des pavés de couleurs claires.. De même figure le tracé des anciennes voies et les limites des bâtiments (cathédrale Saint-Étienne, église Sainte-Geneviève-des-Ardents) qui structuraient autrefois l'espace urbain désormais occupé par le parvis. La crypte est inaugurée en 1980 mais des fouilles souterraines se poursuivent jusqu'en 1988, l'archéologue Venceslas Kruta exhumant ainsi les restes d'un quai du port de Lutèce. Afin de permettre l'aménagement de la crypte, le parvis est en partie surélevé. Pour le public, en surface, des banquettes en pierre sont installées, tandis que divers niveaux sont aménagés, délimités par quelques îlots de verdure. Désormais minéralisé et dévolu aux piétons, le parvis a renvoyé la circulation automobile à son pourtour.

: changement de nom et projet de réaménagement

En 2000, une fontaine Millénaire est installée au croisement du parvis avec la rue d'Arcole.