La grotte de Font-de-Gaume est une grotte ornée située dans l'ancienne commune des Eyzies-de-Tayac (commune nouvelle des Eyzies), en Dordogne, en France. Elle abrite plus de et peintures pariétales du Magdalénien et de l'Azilien. La grotte de Font-de-Gaume est l'une des dernières grottes ornées majeures de France présentant des œuvres polychromes qui soit ouverte au public. Les figures sont très variées mais leur état de conservation est inégal. La grotte est l'un des quinze « sites préhistoriques et grottes ornées de la vallée de la Vézère » inscrits au Patrimoine mondial de l'UNESCO en 1979.
Historique Les figures pariétales ont été découvertes le par Denis Peyrony, Louis Capitan et son élève Henri Breuil, quatre jours seulement après celles de sa proche voisine, la grotte des Combarelles. Le fouilleur Armand Pomarel accompagnant les préhistoriens lors de la découverte de la grotte des Combarelles leur signala l'intérêt de cette nouvelle grotte. La grotte était toutefois déjà connue par les habitants de la région et servait de terrain de jeu aux enfants, d'où la présence de graffitis sur quelques peintures. Dès l'année suivante, en 1902, la grotte a été classée au titre des monuments historiques.
Des fouilles y ont été entreprises par Denis Peyrony et Henri Breuil, puis par François Prat de 1958 à 1964 et en 1967. Les vestiges lithiques mis au jour renvoient essentiellement au Châtelperronien et à l'Aurignacien, plus rarement au Moustérien, au Solutréen et au Magdalénien.
Géologie Font-de-Gaume est creusée à la périphérie d'un massif calcaire datant du Coniacien ou du Santonien (Crétacé supérieur). La morphologie en haute diaclase est formée dans des calcaires gréseux où se trouvent des concrétions. C'est l'écoulement des eaux souterraines qui a peu à peu creusé la grotte. De nos jours, la grotte est considérée comme sèche, même si se voient quelques écoulements sur certaines parois.
Description La grotte s'ouvre à mi-hauteur d'une falaise de calcaire. Elle se présente comme un couloir relativement étroit de de long pour deux à trois mètres de large et jusqu'à huit mètres de haut. Les premières figures apparaissent à une soixantaine de mètres de l'entrée, après une étroiture surnommée le Rubicon. Celle-ci a probablement contribué à leur conservation en limitant les circulations d'air, bien que la cavité ait toujours été accessible et ouverte. D'autres œuvres étaient peut-être présentes entre l'entrée et l'étroiture, mais elles ont été effacées au fil du temps, à l'exception de quelques traces de gravures.
Art pariétal La grotte compte plus de et peintures pariétales, dont certaines sont polychromes. Il s'agit de signes géométriques (tectiformes, quadrilatères, signes en X), d'animaux (aurochs, bisons, mammouths, chevaux, mais aussi lion et loup) et de quelques figures anthropomorphes (vulves, silhouette). Les couleurs noires et rouges sont obtenues à partir de pigments naturels, appliqués par tamponnage et par soufflage.
Le renne est bien représenté, avec notamment deux individus « affrontés » au centre de la paroi gauche (voir dessin ci-dessous). Dans une composition associant gravure et peinture, deux individus se font face : celui de gauche, debout, a de grands bois brun et semble lécher le front de celui de droite, agenouillé et doté de petits bois rouges. Cette scène a fait l'objet de nombreuses interprétations contradictoires mais pourrait représenter une parade sexuelle.
En l'absence de datation absolue, les œuvres de Font-de-Gaume avaient été attribuées au Magdalénien, sur la base de comparaisons stylistiques, et avaient été datées entre environ avant le présent (AP)« En Dordogne, des peintures paléolithiques datées grâce au carbone », Sud Ouest édition Dordogne, , . Une étude de 2026 révèle que des datations directes ont pu être effectuées sur deux dessins réalisés avec du carbone, probablement du charbon de bois, permettant de préciser que le bison aurait été peint entre calAP et les lèvres du masque entre calAP, ces deux figures ayant donc été peintes à deux périodes séparées de près de (Magdalénien récent puis Azilien).
Galerie
Protection Depuis 1979, le site est inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO, parmi les quinze gisements archéologiques et grottes ornées de la région listés sous le nom de « Sites préhistoriques et grottes ornées de la vallée de la Vézère ».
Visites Le site est géré par le Centre des monuments nationaux. La grotte de Font-de-Gaume est ouverte au public. Si le nombre de visiteurs a pu atteindre par le passé par jour, il a été réduit à 340 dans les années 1990 et est limité depuis 2013 à 78 par jour. Les œuvres sont dans un état de conservation stable grâce à cette limitation car, comme l'indique son conservateur : Adrien Vergnolle, « Pouvoir vivre cette émotion est un vrai privilège », « Font-de-Gaume ne s'efface pas », Sud Ouest édition Dordogne, 22 août 2015, . La visite s'effectue par groupes de treize personnes, à raison d'un groupe par heure.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Articles connexes Liste des monuments historiques des Eyzies Sites préhistoriques et grottes ornées de la vallée de la Vézère
Liens externes
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