La collégiale Saint-Vincent de Berne (Berner Münster) à Berne est le plus grand édifice religieux de la fin du Moyen Âge en Suisse, avec une tour de qui est également la plus haute de Suisse, depuis la construction et l'achèvement de son couronnement en 1889-1893. De style gothique, elle fut construite à partir de 1421 et ne sera achevée qu'en 1893. Au Moyen Âge, elle était placée sous le vocable de Vincent de Saragosse, martyr du .
Elle est un lieu de culte protestant depuis l'introduction de la Réforme en 1528. La paroisse est membre des Églises réformées Berne-Jura-Soleure, membre de l'Église évangélique réformée de Suisse.
Construction Les travaux débutent le sous la protection de saint Vincent de Saragosse. Sur le lieu de la construction existait précédemment déjà une église, la Leutkirche, dont les deux bâtiments successifs remontent à la fondation de Berne par les Zähringen (vers 1191).
La construction est lancée par l’État de Berne et l’ordre Teutonique. Une partie du financement est assurée par de riches familles et les contributions des corporations professionnelles bernoises.
Le premier maître d'ouvrage est le Souabe Mathieu Ensinger. S'inspirant en partie de l'église principale d'Ulm, de la cathédrale Notre-Dame de Fribourg en Allemagne et de la cathédrale Saint-Nicolas de Fribourg en Suisse, Ensinger apporte une innovation avec la base externe de la tour comportant trois voûtes aux portails richement décorés au lieu d'une seule. Entre 1460 et 1480, le sculpteur sur pierre réalise le portail et les décorations du grand vestibule. Le célèbre peintre Niklaus Manuel est aussi étroitement associé au chantier : en 1517, il collabore à la réalisation du jubé (disparu) et de la voûte du chœur, et il apparaît en 1522 comme expert pour la confection des stalles..
En 1521, la construction de la tour est interrompue à environ du sol en raison d'une faiblesse dans les fondations. Les nombreux évènements politiques et économiques ralentissent ou bloquent la suite des travaux. La tour ne sera terminée qu'en 1893, avec une seconde moitié dans un style néo-gothique et une hauteur finale de .
La voûte du chœur (1517) L'extraordinaire voûte d'ogives du chœur, à liernes et tiercerons, a été achevée en 1517 sous la direction du maître d’œuvre Peter Pfister. Au centre, dans une rosace, figurent les armoiries de Berne, tandis que 86 clefs de voûte sculptées illustrent les principaux représentants du Royaume des Cieux. Si l'on ignore quel artiste a conçu et dirigé cet ouvrage important (dont la réalisation a été confiée à une demi-douzaine de sculpteurs exécutants), on sait que le peintre Niklaus Manuel et son atelier se sont vu confier la polychromie des clefs et l'ornementation des voûtains au moyen de grotesques.
Éléments remarquables Le grand orgue a été construit au début du . Après bien des modifications et interventions, il a été finalement reconstruit par la Manufacture suisse d'Orgues Kuhn , en 1999, avec réutilisation toutefois de parties anciennes du buffet baroque, notamment des sculptures virtuoses de Michael Langhans et de Johann August Nahl.. L'orgue de chœur est une réalisation de la manufacture suisse d'orgues Metzler de DietikonManufacture suisse d'orgues Metzler de Dietikon. Il a été réalisé en nid d'hirondelle, dans l'esprit des instruments de la toute fin du . Autel-majeur en calcaire noir de Saint-Triphon provenant de la cathédrale Notre-Dame de Lausanne. Le portail principal de la façade ouest est une exceptionnelle réalisation de la sculpture de la fin du et du début du , en Europe. Il représente le Jugement Dernier et comporte 294 personnages. Il est en outre polychrome. Les vitraux du chœur de la collégiale de Berne comporte certaines verrières absolument remarquables, datant du . Ces vitraux (voir les photos ci-dessous dans la galerie) représentent un trésor exceptionnel de l'Art du vitrail de la fin du Moyen Âge en Suisse, mais aussi du . Le clocher de la collégiale de Berne possède la plus lourde sonnerie de cloches de Suissela plus lourde sonnerie de cloches de Suisse (masse totale : ). Le grand bourdon, coulé en 1611 par Abraham Zender de Berne et Peter Füssli de Zurich, donne la note mi2 et pèse .
Antiphonaires Un antiphonaire en trois volumes (chacun en deux exemplaires) a été réalisé pour célébrer la liturgie du Chapitre collégial Saint-Vincent, fondé en 1484-1485. Ces manuscrits enluminés, qui renvoient au rite du diocèse de Lausanne, datent des années 1489-1490 et sont attribués au copiste Conrad Blochinger. Après l’introduction de la Réforme en 1528, ils ont été dispersés en 1530 : quatre ont été vendus à la Ville d’Estavayer-le-Lac, qui les a utilisés pour la liturgie de sa propre Collégiale Saint-Laurent, tandis que les deux autres sont parvenus en 1897, par des détours encore inexpliqués, à Veveye-Codices, Bibliothèque virtuelle des manuscrits en Suisse., où ils sont conservés au musée historique de cette ville.
Galerie de photos
Bibliographie
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Articles connexes Liste des églises les plus hautes
Références
Liens externes
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