Angelica Catherina Kauffmann, née le à Coire et morte le à Rome, est une artiste peintre autrichienne.

Elle est l'une des femmes peintres et portraitistes les plus célèbres du .. Son style est à mi-chemin entre le néoclassicisme et l’Empfindsamkeit. Connue pour ses portraits et ses autoportraits, Kauffmann se spécialise également dans la représentation de thèmes historiques et mythologiques tels que Zeuxis et Pygmalion.. C'est également une des premières et rares femmes peintres à avoir connu un succès international, de son vivant, et l'une des plus éminentes représentantes de l'autoportrait féminin en peinture.

Biographie Angelica Kauffmann est la fille du peintre autrichien Joseph Johann Kauffmann (1707–1782). Originaire du Voralberg, il était installé à Coire, en tant que peintre de la cour de l'évêque de Coire. Elle s'exerce fort jeune à la peinture. En 1752, sa famille s'installe à Côme, où le père devient peintre du comte de Salis, noble famille d'origine suisse.

Formation Elle développe ses talents d'enfant prodige et apprend son art au bord du lac de Côme et à Milan, où elle se spécialise dans les portraits et s'instruit en musique. Son père se charge de son éducation et sa mère de l'allemand, de l'italien et plus tard du français. Elle peint son premier autoportrait en 1753, à douze ans. De 1754 à 1757, la famille voyage en Italie et s'arrête à Milan chez un gouverneur-général autrichienMilan appartenait alors à l'empire d'Autriche., et au palais du duc de Modène d'Este. Habilement promue par son père, celui-ci la présente aux mécènes nobles, artistes et touristes de prestige, d’Italie.

Lorsque sa mère meurt, à Milan, le , la jeune fille s'installe au pays natal paternel dans la forêt de Brégence, où son père décore tout l'intérieur de l'église, endommagée après un incendie. De cette époque datent plusieurs tableaux de jeunesse de l'artiste. Son père la charge également de peindre, à l'église, les personnages des apôtres , d'après Piazzetta..

Cette tâche accomplie, elle part entre 1757 et 1759 pour Meersburg et Tettnang, afin, entre autres portraits, de peindre ceux du prince-évêque de Constance, le cardinal von Rodt, et des membres de la famille du comte de Montfort. Elle retourne en Italie avec son père en 1760 pour étudier les antiques et l'art de la Renaissance. Ils séjournent à Milan, Modène et Parme, et le arrivent à Florence. Le , elle est nommée membre d'honneur de l'Académie des beaux-arts de Bologne et, cinq jours, plus tard, obtient le diplôme de l'Accademia di Disegno (elle a 21 ans). De à 1766, le père et sa fille se fixent à Rome. Elle y fait de nombreux portraits dont celui du fameux Johann Joachim Winckelmann qui habitait alors à Rome. Entretemps, elle entreprend un voyage à Naples et à Ischia entre le et le . Elle peint plusieurs copies au palais Capodimonte et remercie le roi de Naples, encore enfant, par un portrait. Elle est lancée à Naples par les nombreux Anglais qui s'y trouvent. Elle exécute le portrait de l'acteur David Garrick en séjour à Naples, qui est tellement satisfait du tableau qu'il permet au père d'Angelica de l'envoyer à Londres à l'exposition de la Society of Artists. Ce tableau fit le début de sa renommée à Londres.

vignette|redresse|Autoportrait (entre 1780 et 1785), , Saint-Pétersbourg, musée de l'Ermitage.

Le , elle est acceptée comme membre de l'Accademia di San Luca de Rome. Le , elle se rend à Venise en passant par Bologne.

À Londres vignette|gauche|redresse=0.75|Antonio Pietro Zucchi, Angelica Kauffmann, collection privéeCatalogue Christie's. À l'invitation de Lady Wentworth, son père et elle se rendent à Londres.. Arrivés le , ils disposent d'un appartement donnant sur Suffolk Street à Charing Cross. À Londres, où elle fonde un atelier, elle est rapidement acclamée par la meilleure société, au point de susciter une véritable « Angelicamanie ».

Elle rend visite à Reynolds à son atelier, le suivant. Les deux artistes se feront mutuellement leurs portraits par la suite. Elle acquiert une grande réputation comme portraitiste. En 1767, elle rencontre un aventurier du nom de Brandt, mais qui prenait le titre de comte de Horn, dont il était le valet. Tous deux étant catholiques, Angelica l’épouse secrètement, en novembre de la même année. Face aux incessantes demandes d’argent de son mari, Angelica avoue tout à son père, qui découvre l’identité réelle de Brandt, et surtout qu’il est déjà marié. En , le mariage est annulé, non sans qu’Angelica lui ait encore payé 300 livres, pour prix de son départ, afin d’éviter le scandale..

Reynolds a été au nombre de ceux qui ont aidé Angelica à traverser cette crise : il l’a même fait nommer, en 1768, à la nouvelle Royal Academy, dont elle est un des membres fondateurs Notice sur le site de la Royal Academy of Arts.. Lors de ses débuts à Londres, elle a bénéficié du patronage de plusieurs femmes pour lesquelles elle réalise des portraits dont Anne Seymour Conway, qui deviendra plus tard sculptrice. Parmi ses commanditaires d'influence se démarquent également des membres de la famille royale tels que la princesse Augusta Charlotte de Hanovre, mère de George III, ainsi que la reine Charlotte de Mecklembourg-Strelitz qui l’aide à établir sa réputation..

À Londres, elle épouse en le peintre vénitien Antonio Zucchi qui, comme elle, a connu le succès en Angleterre avant de se retirer dans les États pontificaux. Elle repasse, après son mariage, à Schwarzenberg, dans les Flandres, à Padoue, à Vérone et à Venise, et confirme sa réputation en Italie avec plusieurs ouvrages très remarqués. Son père meurt en .

vignette|redresse|Stèle commémorative, Schwarzenberg, église paroissiale de la Sainte-Trinité.

Installation à Rome En , elle et son mari achètent un atelier à Rome, près de la Trinité-des-Monts. L'ancienne maison du peintre Anton Raphael Mengs au 72 de la Via Sistina devient le lieu de rencontre des artistes de la Ville éternelle et également celui de leurs commanditaires issus de la haute aristocratie.. Elle est une des personnes exceptionnelles à Rome à la fin du avec ses relations internationales étendues et un grand cercle d'amis. L'empereur Joseph II est venu en invité d'honneur, ainsi que le prince héritier de Bavière, la duchesse de Saxe-Weimar, l'un des esprits les plus éclairés de son temps. L'autoportrait de Munich a été commandé en 1784 par le comte de Salzbourg pour sa collection de portraits d'artistes au palais Leopoldskron, dissoute après sa mort en 1786Autoportrait de Munich. Goethe en 1787, ou encore Herder en 1788 et 1789, lui rendent visite. Ce dernier qualifie Angelica Kauffmann de Une amitié étroite la lie jusqu'à la mort avec (1719-1793), acheteur d'art pour les grands collectionneurs.

En 1794, elle présente un autoportrait magistral où elle se représente à la croisée des chemins entre les allégories de la Musique et la Peinture.. Cette œuvre représente un point tournant de la vie de l’artiste, lorsqu'elle choisit de mettre en avant sa carrière de peintre au détriment de ses talents musicaux. Son mari Antonio Zucchi meurt en 1795. Par la suite, elle vit retirée, peignant de plus en plus de toiles à sujets religieux. Gravement malade depuis 1802, elle meurt le . Elle est enterrée à Rome à l'église Sant'Andrea delle Frate.

Postérité Un musée porte son nom à SchwarzenbergMusée Angelica Kauffmann.

Œuvres

vignette|droite|Sappho inspirée par l'Amour, 1775, huile sur toile, Sarasota, musée d'Art John-et-Mable-Ringling. Portrait de Winckelmann, 1764, huile sur toile, Zurich, Kunsthaus de Zurich. Cléopâtre ornant le tombeau de Marc Antoine, 1770, huile sur toile, The Burghley House, Stamford. Amusement du matin, 1773, huile sur toile, Moscou, musée des Beaux-Arts Pouchkine. Portrait d'une dame en vestale (dernier quart du siècle), huile sur toile, , Dresde, Gemäldegalerie. Ariane abandonnée par Thésée, 1774, huile sur toile, Houston, musée des Beaux-Arts de Houston. Mary, Duchess of Richmond, 1775, huile sur toile, Goodwood Collection. Hector appelant Pâris au combat, 1775, huile sur toile, Saint-Pétersbourg, musée de l'Ermitage. Léonard de Vinci expirant dans les bras de François I, 1778, acheté à Venise en 1781 par le grand-duc Paul de RussieEncyclopédie Larousse. . Les trois Grâces, œuvre interprétée en gravure par Charles-François-Adrien Macret. La Couleur, 1778-1780, huile sur toile, Royal Academy of Arts. . La Beauté guidée par la Prudence et couronnée par la Perfection, 1780, , Tallinn, musée d'art d'Estonie. Autoportrait, 1780-1785, huile sur toile, , Saint-Pétersbourg, musée de l'Ermitage. La Séparation d'Abélard et d'Héloïse (1780), huile sur toile, Saint-Pétersbourg, musée de l'Ermitage. Ariane abandonnée par Thésée, avant 1782, huile sur toile, , Dresde, Gemäldegalerie. Télémaque et les nymphes de Calypso, 1782, huile sur toile, , New York, Metropolitan Museum of Art. Le Chagrin de Télémaque, 1783, huile sur toile, New York, Metropolitan Museum of Art. Portrait de la famille de Ferdinand IV, 1783, huile sur toile, , Naples, musée national de Capodimonte. Autoportrait, 1784, huile sur toile, Munich, Neue Pinakothek, Inv. Nr. 1056. Portrait de la baronne de Krüdener, 1786, huile sur toile, Paris, musée du Louvre. . Virgile lisant l'Énéide à Auguste et Octavie (1788), huile sur toile, Saint-Pétersbourg, musée de l'Ermitage. Portrait de la duchesse de Saxe-Weimar-Eisenach, 1789, huile sur toile, Weimar, Klassik Stiftung. Vénus persuadant Hélène d'aimer Pâris, 1790, huile sur toile, , Saint-Pétersbourg, musée de l'Ermitage. Autoportrait (1792), huile sur toile, Moscou, musée des Beaux-Arts Pouchkine. Jésus et la Samaritaine au puits de Jacob, 1796, huile sur toile, , Munich, Neue Pinakothek. Le Général Augustin de Lespinasse, 1798, Paris, musée de l'Armée. Allégorie chrétienne, 1798, huile sur toile, , musée des Beaux-Arts de Brest.. La Pompe funèbre de Pallas, d'après l'Énéide.

Exposition « Retrospektive Angelika Kauffmann », Düsseldorf, Kunstmuseum, - ; Munich, Haus der Kunst, - ; Coire, Bündner Kunstmuseum, -. Verrückt nach Angelica Kauffmann, Düsseldorf, Kunstpalast, au Angelica Kauffmann, Royal Academy of Arts, Londres, au

Notes et références

Notes

Références

Bibliographie . . Bettina Baumgärtel, Angelica Kauffmann Research Project, [catalogue raisonné]. . . Angelica Kauffmann Research Project.

Liens Articles connexes Liste de tableaux d'Angelica Kauffmann

Liens externes

Timbre émis lors de l'exposition de 1968 à Bregenz (Vorarlberg)

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