Marcel Émile HaegelenSes fiches sur le site Mémoire des Hommes ne mentionnent aucunement le prénom de Claude qui lui est souvent accolé. Toutefois, sa tombe porte bien l'inscription « Marcel Claude »., né le à Belfort et mort le à Paris, est un as de l'aviation français de la Première Guerre mondiale puis pilote de chasse pendant la Seconde Guerre mondiale, sans toutefois devenir as, et un pilote d'essai réputé pour ses performances aériennes.
Avec Lionel de Marmier, il est l'un des rares pilotes à avoir obtenu des victoires aériennes durant les deux guerres mondiales.
Biographie As de la Première Guerre mondiale Né le à Belfort, ce fils d'un militaire de carrière (capitaine de l'Armée de terre) : Alfred Haegelen et de Marguerite Marie Chapuis, s'engage le au d'infanterie. Sa conduite au front lui vaut le grade de caporal et trois citations. Il est évacué le pour fièvre typhoïde.
Passé dans l'aviation le , Marcel Haegelen suit une formation à Dijon, puis à Avord le . Il reçoit son brevet de pilote militaire sous le le . Affecté au Groupe des divisions d'entraînement (GDE) du Plessis-Belleville le , il est nommé caporal le 20. Pilote dans un premier temps à l'escadrille F8 du au , il est promu au grade de sergent le . Il vole en Nieuport dans l'escadrille SPA 103 du groupe de combat de l'escadrille des Cigognes. Le , il remporte sa première victoire aérienne homologuée, au-dessus de Nauroy. Le lendemain, il récidive en abattant un avion ennemi au-dessus de Chenay. Il est blessé à la tête et à la poitrine lors d'un combat aérien où son avion touché fait une chute le .
Il est nommé adjudant le .
Le , il est promu sous-lieutenant à titre temporaire, et du au il est pilote de l'. Il pilote désormais un Spad XIII. Haegelen devra attendre le mois de pour connaitre à nouveau la victoire. Le , il remporte un doublé en abattant deux Albatros D.V en compagnie de deux autres as français, Jean Chaput et Auguste Lahoulle.
Le , il devient as à son tour en abattant un ballon d'observation ennemi au-dessus de Le Charmel. Haegelen entame alors une série de dix-sept victoires en l'espace de quatre mois. En juin, il remporte trois nouvelles victoires, et le 28 du même mois il est nommé sous-lieutenant à titre définitif. En juillet, il remporte quatre victoires supplémentaires dont deux contre des ballons d'observation. En août, il abat deux nouveaux ballons et porte son nombre de victoires à quatorze. Le mois de septembre est celui des records, il remporte six nouvelles victoires, dont un doublé le . Ce jour-là, il abat un premier ballon d'observation à au-dessus de Chatel-Chéhéry, puis un second à au-dessus de Brieulles-sur-Meuse. Il remporte ses trois dernières victoires au mois d'.
Il passe à l'escadrille SPA 89 du au et à la , escadre de combat , dans l'escadrille SPA 48 du au . Pilote de l'escadrille SPA 162 du au de la , escadre de combat . Dans cette escadrille il est affecté à l'aviation polonaise le . Il est nommé instructeur à l'école d'aviation de Varsovie. Il est rayé des contrôles du d'infanterie, le il est affecté au d'infanterie classé hors cadres aéronautique au d'aviation, il est de retour en France le . Il prend alors un congé de trois années sans solde.
À la fin de la guerre, le sous-lieutenant Haegelen totalise vingt-trois victoires homologuées et trois probables, se classant ainsi au onzième rang des as français.
Pilote d'essai durant l'entre-deux-guerres Le , il est pilote de la Compagnie de la navigation aérienne franco-roumaine. Il est affecté au d'aviation de chasse qui s'installe à Châteauroux, au lieu-dit La Martinerie. Cette unité a un effectif de , sous-officiers et militaires du rang. Elle met en œuvre des SPAD, Caudron, Nieuport et Hanriot. Elle possède dix avions et est articulée en deux groupes de trois patrouilles.
Reconverti dans l'aviation civile, il fonde l’Aéro-club de la Côte-d’Or en 1923 à Longvic, près de Dijon. Puis il effectue une période d'entraînement au Centre d'études de l'aéronautique (service des avions) à Versailles du au .
Il obtient le son brevet d'observateur en avion. Il est affecté au d'aviation, volontaire pour le Maroc le . Il embarque à Bordeaux sur le vapeur Missouri à destination de Casablanca. Il est aussitôt affecté à la du Maroc du au . Une nouvelle affectation l'envoie au d'aviation du au . Il effectue un stage de tir à la base aérienne 120 de Cazaux du 6 au . Il démissionne de l'armée d'active le , puis est promu lieutenant de réserve le .
Engagé comme pilote formateur et pilote d'essai par la firme d'aviation Hanriot, il implante en 1928 l'école de pilotage de sa société à Bourges, où elle est directement à l'origine de l'ouverture de l'aéroport, puis de l'implantation d'une usine d'avions dont Haegelen devient le pilote d'essai.
Il remporte la Coupe Michelin Internationale en 1931 et en 1932 aux commandes d'un monoplace Lorraine Hanriot LH.41/2. Il s'adjuge, la seconde fois, le record mondial de vitesse sur sans charge à .
Il échoue à remporter la Coupe Michelin en 1930. En effet, le , tandis qu’il participait à la célèbre épreuve, l’aviateur a capoté à l’atterrissage sur le terrain d’aviation militaire de Courcy. Victime d’une commotion cérébrale, l’as de guerre a aussitôt été transporté à l’hôpital de Reims. Quelques jours plus tard, Marcel Haegelen reçut la presse et lui fit part de la satisfaction qu’il éprouvait à pouvoir remuer normalement l’index et le médium droit et de constater qu’il avait recouvré leur sensibilité normale. De nombreux témoignages de sympathie parvinrent à l’infortuné pilote. Charles Magny, préfet de la Marne, accompagné de son chef de cabinet, lui rendit visite le . Michel Détroyat, pilote d’essais chez Morane-Saulnier et vainqueur malgré lui de la compétition, adressa un télégramme à son concurrent malheureux : Marcel Haegelen reçut également, en provenance de Villacoublay, un télégramme expédié par les mécaniciens du constructeur Hanriot. Entre autres personnalités, Dieudonné Costes, Maurice Bellonte et Jean Vanlaere lui rendirent visite, ainsi que plusieurs officiers et sous-officiers du régiment d’aviation de bombardement de Reims venus l’assurer de leur amitiéD'après « Premier accident aérien civil sur l'aérodrome », article paru dans : ..
Seconde Guerre mondiale et Résistance thumb|redresse|Tombe de Marcel Haegelen au cimetière de Ris-Orangis. Redevenu pilote de chasse au début de la Seconde Guerre mondiale, le lieutenant-colonel de réserve Marcel Haegelen, est placé à la tête de l'escadrille de défense de la Base aérienne de Bourges, composée de pilotes polonais. À bord d'un Curtiss H.75 Hawk, il abat un bombardier allemand le , devenant l'un des rares pilotes ayant obtenu des victoires aériennes durant les deux guerres mondiales. Il est blessé au bras durant le combat.
Entré dans la Résistance, il appartient au réseau Roy. Il est arrêté en 1943 et incarcéré à Bourges à la prison du Bordiot, où sa captivité est adoucie par Aloïs Stanke..
Marcel Haegelen est franc-maçon..
Il meurt le à l'hôpital du Val-de-Grâce dans le et est inhumé au cimetière de Ris-Orangis (Essonne).
Appareils pilotés Voisin III LA Breguet-Michelin 2 BM.2 Nieuport 11 Caudron R.4 Farman F.40 Curtiss H.75 Hawk
Distinctions (décret du ) ; commandeur à titre civil du , officier du , chevalier du . le . avec 18 citations, 14 palmes, deux étoiles. .
(une blessure de guerre le ).
Hommage Un verger nouvellement créé en pleine ville à Belfort à l'emplacement de l'ancien Institut de formation en soins infirmiers, rue Jean Rostand, et portant le nom de Marcel Haegelen a été inauguré en 2022Parcs, jardins et squares de Belfort..
À Bourges, une avenue porte son nom.
Notes et références
Annexes Iconographie Studio Harcourt, Portait photographique du Colonel Marcel Haegelen en grand uniforme, photographie de la collection de Philippe Bentresque, reproduite sur le site de l'escadrille 103.
Liens externes
Tableau de chasse détaillé et profils couleurs de ses appareils. École de pilotage d'Avord. GDE de Le Plessis-Belleville. Escadrille F 8. Escadrille 103. Escadrille 89.
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