Le , PzKpfW , ou Panzer , est un char moyen allemand utilisé lors de la Seconde Guerre mondiale.

Conçu comme char d'appui-feu armé d'un canon de court KwK 37 L/24 (destiné aux tirs anti-infanterie, pour les Panzer Ausf. A / B / C / D / E / F), il est réarmé avec un canon long antichar KwK 40 L/43 à partir de (Panzer Ausf. F2 et G, puis canon 40L/48 pour les versions Ausf. H et J).

Le PzKpfW fut le char le plus utilisé par la Panzerwaffe avec produits. Son châssis fut utilisé pour plusieurs véhicules spéciaux et chasseurs de chars. Ses équivalents alliés furent le M4 Sherman américain produit à , et le T-34 soviétique produit à .

Dénomination Le véhicule a d’abord reçu le nom de code , « véhicule d’escorte », afin de dissimuler sa nature à un moment où l’Allemagne essaie encore d’afficher son respect du traité de Versailles, qui lui interdit de développer des chars. Il reçoit ensuite brièvement le nom de dans les inventaires, avant de prendre la désignation définitive de .

Développement

Contexte Après sa défaite en 1918, l’Allemagne se voit imposer par le traité de Versailles d’importantes restrictions sur ses forces armées. Il lui est notamment interdit de posséder des chars. Les Allemands se lancent pourtant en secret dès dans un programme de développement nommé , qui aboutit en 1928 au . La conception d’un autre véhicule, le , rebaptisé ultérieurement Neubaufahrzeug, débute en . Ce dernier a la particularité d’être envisagé comme un véhicule universel dont l’armement, un canon de calibre et un obusier de calibre , lui permet de remplir à la fois le rôle de lutte contre les chars et de soutien à l’infanterie.

Aucun des deux véhicules précédents n’est produit en série, leur conception n’étant pas satisfaisante. La principale difficulté provient de la motorisation : des moteurs d’avion sont utilisés afin de disposer de suffisamment de puissance, mais ceux-ci ont l’inconvénient de produire un couple élevé, même à basse vitesse, ce qui fragilise la transmission et requiert l’emploi de composants renforcés plus lourds. Ce point pose un problème, car la plupart des ponts ne peuvent pas supporter une charge élevée et il est donc nécessaire de réduire la masse du char pour éviter que chaque rivière devienne un obstacle. Ce même point impose également de réduire l’armement et de renoncer au concept de char universel en faveur de deux véhicules spécialisés respectivement dans le support de l’infanterie et le combat contre les autres chars.

Développement initial À l'origine les spécifications du futur Panzer furent émises par Heinz Guderian en 1930. Ce char devait avec le Panzer constituer l'élément principal des Panzerdivisions rejetant le Panzer à un rôle d'entraînement et le Panzer à un rôle de reconnaissance. Le rôle original de ce char était la suppression des armes antichars adverses hors de portée des autres modèles allemands. Pour réaliser cette tache il devait être armé de l'obusier de calibre L/24. Il s'agit donc à l'origine d'un char de support. Le développement de ce char moyen (classe des 20 tonnes) débuta sous la dénomination de « tracteur agricole moyen » en raison de l'interdiction faite à l'Allemagne de construire des chars par les vainqueurs de 14-18 (Traité de Versailles). Cependant dès l'accession de Hitler à la tête du pays, l'armée allemande se lance en 1934 dans un vaste et très secret programme de réarmement.

La réflexion sur les caractéristiques du véhicule de soutien, appelé B.W. pour '', « véhicule d’escorte », sont fixées le par le Wa Prüf 6, département du Heereswaffenamt destiné au développement des chars. Le B.W. doit être équipé d’un canon de gros calibre lui permettant d’affronter les cibles pour lesquelles l’armement du Zugführerwagen (Z.W.), le pendant du B.W. destiné à la lutte contre les chars est inadapté, par exemple contre les fortifications. Outre ce canon, il doit également disposer d’une mitrailleuse en tourelle, ainsi que d’une autre en proue, et être en mesure de résister à des chars légers.

La Wa Prüf 6 reçoit l’autorisation de poursuivre le développement du B.W. le . Conformément aux habitudes allemandes, c’est le Wa Prüf 6 qui mène ensuite le plus gros du travail de développement, en définissant quels sont les composants à utiliser et leurs caractéristiques précises (dimensions, masse, composition, etc.). Ce n’est que dans un deuxième temps qu’il est fait appel à des entreprises privées, dont le rôle n’est que de traduire ces spécifications, avec une marge de manœuvre qui est donc assez limitée. Dans le cas du B.W., les deux entreprises mises en concurrence sont Kruup-Gruson et Rheinmetall-Borsig.

Rheinmetall-Borsig, qui présente dès 1934 un prototype en acier ordinaire, le VK 2001, est rapidement écarté au profit de Krupp qui, jusqu’alors, ne s’occupait que de la tourelle et de son armement. Krupp propose dès le un char de , avec une conception archaïque à plusieurs tourelles. Pour la tourelle principale, Krupp s’inspire de celle à 3 hommes (un chef de char, un pointeur et un chargeur) du char lourd français FCM 2C de 1918, armé d’un calibre . Sur la maquette en bois du modèle initial, on trouve le « tourelleau stroboscopique » (périscope ou épiscope) caractéristique de la société FCM (Forges et chantiers de la Méditerranée) assurant au chef de char une vision panoramique..

Rheinmetall reçoit en un contrat pour concevoir un châssis propulsé par le nouveau moteur HL100 TR de Maybach développant , qui se distingue de ses prédécesseurs en étant le premier à être spécialement conçu pour les chars. Autre nouveauté, la transmission finale est située à l'avant, et donc les barbotins, et le moteur à l’arrière, ce qui nécessite de transférer la puissance par un arbre traversant le véhicule, mais évite certains problèmes qui s’étaient présentés sur le Neubaufahrzeug, notamment la propension à perdre les chenilles dans les virages. Il reprend en revanche certaines parties de son prédécesseur, comme la suspension à ressorts. Rheinmetall produit un prototype fonctionnel en acier doux livré à la fin de l’année 1935 et enfin une tourelle en . Le premier châssis Krupp est terminé le . Les deux châssis se distinguent principalement par un train de roulement différent, le second ayant trois paires de grands galets de roulement de chaque côté, tandis que le premier dispose de quatre paires de petits galets. Le prototype Rheinmetall est toutefois rejeté dès le début des essais, mettant fin au contrat. Le châssis Krupp est celui qui est finalement retenu pour la production.

Le prototype de Krupp fit son apparition sous la désignation de (donnée par le Département des véhicules blindés du ) mais fut baptisé par son concepteur ..

Production Une commande de trente-cinq véhicules issus du premier prototype est passée à Krupp en . Les deux premiers exemplaires ne sont toutefois livrés qu’en du fait de nombreux changements de conception des composants individuels, dont seulement sept ne sont pas modifiés par rapport au prototype. Alors que les prototypes sont produits au siège de Krupp à Essen, la production de masse se déroule chez Krupp-Grusonwerk, à Magdebourg.

La production de cette première série, adoptée pour le service dans la Wehrmacht sous le nom de Panzerkampfwagen Ausführung A, s’achève en .

Le projet fut relativement gelé au début de la production. On était loin d'atteindre les commandées destinées à équiper . La fabrication à grande échelle ne débuta qu'à partir du PzKpfW Ausf. D et ne cessa de croître ensuite, pour atteindre son maximum avec le PzKpfW Ausf. H qui fut produit à (presque la moitié de la production totale). Une cadence de production de par mois fut prévue pour 1941 et une de 57 pour 1942. Ces cadences furent dépassées et les manquants furent produits avant la fin de 1942. Au départ l'usine Gruson était responsable du montage final du alors que les usines Krupp d'Essen se chargeaient de la fabrication de la caisse et l'usine Eisen de Bochum de la tourelle. En 1942, les bombardements alliés commençaient à se faire durement ressentir et il devint nécessaire de réimplanter les usines d'armement dans des endroits moins accessibles et plusieurs nouvelles fabriques furent créées comme l'usine des Nibelungen de St. Valentin en Autriche qui prendra en charge presque exclusivement la fabrication dès 1943 du .

En 1942, la direction de VOMAG présenta au haut commandement de l'armée à Berlin un calcul des coûts pour la production d'un prototype du Panzerkampfwagen Ausf.G. Le , la VOMAG prend le nom de . Le site de production nouvellement construit, le savoir-faire technique et les qualifiés spécifiquement affectés à la production de chars ont créé de bonnes conditions pour la production en série de véhicules blindés. De 1942 jusqu'à ce que VOMAG arrête la production du au début de l'été 1944, un total de du char furent fabriqués à Plauen.

+, production par année DateConstructeur Nombre de vehicules Variantes (Ausf.) 10/1937 - 03/1938Krupp-Gurson 35 A04/1938 - 09/1939Krupp-Gurson42B09/1938 - 08/1939Krupp-Gurson131C10/1939 - 05/1941Krupp-Gurson229D 09/1940 - 04/1941Krupp-Gurson 223 E 04/1941 - 03/1942Krupp-Gurson, Vomag, Nibelungenwerke 462 F 03/1942 - 07/1942Krupp-Gurson, Vomag, Nibelungenwerke 175 F2 05/1942 - 06/1943Krupp-Gurson, Vomag, Nibelungenwerke 1687 G 04/1943 - 07/1944Krupp-Gurson, Vomag, Nibelungenwerke 3774 H 06/1944 - 03/1945Vomag, Nibelungenwerke 1758 J Total 8516

Histoire opérationnelle thumb|left|Canon 7,5-cm KwK 37L/24 du .

Conçu comme un char de soutien, le était destiné à soutenir le au combat et à engager des tirs d'appui aux troupes d'infanterie avec son canon de court (7,5-cm KwK 37 L/24). Les principales munitions du devaient être des obus hautement explosifs, conçus pour engager des canons antichars et l'infanterie ennemies à de longues distances allant jusqu'à . Par conséquent, l'armure faible et le canon court ont été initialement considérés comme suffisants. Cependant, en 1942, avec l'apparition de chars alliés de mieux en mieux protégés, il s'avéra le seul capable d'embarquer un canon capable de les détruire. Il supplanta donc le comme char principal de la Wehrmacht.

Le était destiné à équiper la quatrième compagnie, la compagnie de soutien d'un bataillon de chars. Lors de la mobilisation juste avant le déclenchement de la guerre, cette compagnie a été transformée en unité de réserve, de sorte que la structure se composait désormais de deux chars légers pour un moyen, ce dernier devant être composé de ou . Après la réorganisation des divisions blindées à la suite de leur augmentation d'effectifs en 1940-1941, la compagnie intermédiaire devait se composer de trois pelotons avec un total de 14 et d'un peloton léger avec cinq . Pendant la guerre, cependant, il n'a pas été possible d'obtenir une structure et un équipement complètement uniformes pour toutes les divisions. Jusqu'à l'apparition du Tiger à l'automne 1942 et du Panther à l'été 1943, le était le véhicule blindé de combat allemand le plus lourd.