Thierry Wolton est un journaliste et essayiste français né le . Il est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages consacrés aux relations internationales, à l'histoire des pays communistes et à la politique française. Il a été traduit dans une dizaine de langues.

Biographie Journaliste de formation (Libération, Radio France internationale, Le Point), Thierry Wolton a la possibilité encore jeune de voyager derrière le rideau de fer et de rencontrer des dissidents comme Václav Havel, Adam Michnik ou Andreï Sakharov« Histoire mondiale du communisme : un réquisitoire de », lepoint.fr, 13 octobre 2015.. Il rédige par la suite de nombreux livres consacrés aux relations internationales, à l'histoire des pays communistes et à la politique française.

Sa trilogie Une histoire mondiale du communisme, parue en 2015-2017, veut donner un récit des conséquences qu'a eues l'application de cette idéologie au et sur ce qu’il en reste de nos jours dans le monde. L'ouvrage est décrit par Le Point reprenant l'Agence France-Presse comme « une somme monumentale sur l'histoire globale de cette idéologie ». Pour cette œuvre, Thierry Wolton a reçu le prix Jan-Michalski de littérature en . Thierry Wolton a également remporté le prix Aujourd'hui 2018 pour le troisième volet de la trilogie, « Les Complices »..

Il a également été, de 1991 à 2005, responsable de la rubrique gastronomique du magazine Elle sous le pseudonyme de Léo Fourneau.

En , la révélation du passé d'agent du KGB de l'ancien directeur de L'Express, Philippe Grumbach, dévoile que jusque là, la seule tentative connue d'en savoir plus sur ses années d'espion avait été celle de Thierry Wolton en 2000. Grumbach avait d'abord semblé admettre indirectement son passé, mais avait ensuite reculé, menaçant de poursuivre Wolton en justice s'il poursuivait l'écriture du livre de révélations qu'il envisageait Laura Gozzi, KGB spy who rubbed shoulders with French elite for decades, bbc.com, 16 février 2024.

Publications Le KGB en France et l'affaire Farewell La révélation par Wolton de l’existence de l’espion Farewell (nom de code) dans Le KGB en FranceLe Point, 6 au 13 janvier 1986. a assuré le succès à cet ouvrage décrivant les méthodes subversives utilisées par les services secrets soviétiques contre la France durant la guerre froide. Ce sont les documents secrets livrés au contre-espionnage français (DST) par cette taupe, de son vrai nom Vladimir Vetrov, lieutenant-colonel, membre de la direction T du KGB chargé de l’espionnage scientifique et technologique, qui ont permis l’expulsion de dizaines d’espions soviétiques dans le monde, dont quarante-sept « diplomates » de l’ambassade d’URSS à Paris, le Raymond Nart, Jacky Debain et Yvonnick Denoël, L'affaire Farewell vue de l'intérieur, Nouveau monde, 2013 ; Patrick Ferrant (dir.), CNRS Éditions, 2015..

Controverse autour de son ouvrage Le Grand Recrutement Dans Le Grand Recrutement, un essai historique publié en 1993, Wolton fait état de recherches qu'il a menées dans les archives de l’ex-URSS sur différentes personnalités françaises ayant été en relation avec Henri RobinsonThierry Wolton, Le Grand Recrutement, Grasset, 1993 .. On savait déjà que Robinson, alias Harry, avait été un agent des services soviétiques et qu'il avait des contacts avec l'entourage du ministre de l’air Pierre CotPhilippe Robrieux, Histoire intérieure du parti communiste, tome IV, Fayard, 1984, ., pendant le Front populaire.

Dans son livre, Wolton met explicitement en cause Jean MoulinLe Grand Recrutement, .. À cette époque, Moulin, directeur de cabinet du ministre fréquentait un milieu politique infiltré d’agents soviétiques en rapport avec RobinsonLe Grand Recrutement, .. Dans la résistance, Moulin, devenu le représentant du général de Gaulle en France, utilise Robinson pour essayer d’entrer en contact avec la résistance communiste, comme Londres le lui a demandéLe Grand Recrutement, .. Jusqu’à la fin de 1942, date d’arrestation de Robinson par les Allemands, Moulin lui a communiqué des informations sur la résistance gaulliste susceptibles d’intéresser Moscou, alors allié de la France combattanteLe Grand Recrutement, .. En 1950, le résistant Henri Frenay avait soupçonné Moulin d'avoir été un « crypto-communiste » dans une lettre au colonel PassyCol. Passy, Souvenirs — Missions Secrètes en France, , (novembre 1942-juin 1943), Paris, Paris, 1951, ., thèse qu'il développera plus tardHenri Frenay, L'Énigme Jean Moulin, Robert Laffont, 1977.. Le terme ne serait pas le bon qualificatif puisque le livre de Wolton donne à penser que Moulin aurait œuvré non pas avec les communistes français mais avec le service de renseignement soviétique, par l'entremise de Robinson.

Wolton étaye notamment sa thèse par différents récits de Leopold Trepper, dont un interrogatoire datant de 1946, et retrouvé aux archives du contre-espionnage soviétique, qu’il publie intégralement dans son livreLe Grand Recrutement, .. Concluant sur la relecture qu'il y aurait à faire du comportement de Moulin à la tête du Conseil national de la Résistance, Wolton écrit :

Wolton a l'occasion de présenter sa thèse sur le réseau Robinson et le rôle de Moulin à la télévision au cours de l'émission La Marche du siècle..

Wolton reçoit le soutien d'historiens comme Annie Kriegel et François FuretPierre Péan, Vies et morts de Jean Moulin, Fayard, 1998, . mais sera dénoncé par d'autres universitaires.

Pierre Vidal-Naquet dans Le Trait empoisonné, publié six mois après la sortie de son livrePierre Vidal-Naquet, Le Trait empoisonné, La Découverte, 1993 ; réédité en 2002. accuse Wolton de « falsification », et situe l'ouvrage dans ce qu'il appelle le « révisionnisme mou », affirmant que « derrière les affirmations de Thierry Wolton, il y a l’intention de réhabiliter Vichy ». Établissant un parallèle avec la Grèce ancienne, dont il est un spécialiste, Vidal-Naquet essaye de montrer que le discours mythologique dans lequel s'est inscrite la légende de Moulin, héros et martyr de la Résistance, permet aussi à un Wolton de décupler l'impact de son discours par le biais du sacrilège qui consiste à André Bruguière, « Enquête sur une calomnie », Le Nouvel observateur, , 4 novembre 1993. Lire en ligne.. En 1997 encore, Vidal-Naquet dit « Wolton est un falsificateur du genre de FaurissonPierre Vidal-Naquet dans L'événement du Jeudi, 30 septembre 1997. Cité par Thierry Wolton, L'histoire interdite, éd. Jean-Claude Lattès, 1998, . »

Dans Douze leçons sur l'histoire, Antoine Prost cite Wolton comme l'exemple même d'un non-historien dont les méthodes ne sont pas rigoureuses, et parle d'un « ouvrage prétendument historique »Antoine Prost, Douze leçons sur l'histoire, Paris, Le Seuil, .

François Bédarida, historien fondateur de l'Institut d'histoire du temps présent, a également sévèrement critiqué le manque de rigueur et les contre-vérités de l'ouvrage. D'autres historiens de la Seconde Guerre mondiale ont également dénoncé les « fausses preuves avancées par Thierry Wolton »Renée David, Traces indélébiles, mémoires incertaines, 2008, ; Les Cahiers de l’IHTP, , 1994..

Le résistant et historien Daniel Cordier dénonce une « calomnie », expliquant « les manipulations de Thierry Wolton » par sa volonté politique de critiquer la RésistanceHistoire et calomnie: réponse à Thierry Wolton, par Cordier Daniel, L'Express, 20 mai 1993..

Revenant sur l'histoire de Moulin, et du groupe qui entourait Cot en 1936, dans Vies et morts de Jean Moulin publié en 1998, Pierre Péan reconnaît que Wolton a apporté des éléments nouveaux prouvant que Maurice Panier a vraiment fait partie des réseaux soviétiques. Par contre, il cite le passage de l'interrogatoire de Trepper en 1946, où le nom de Moulin est évoqué, et montre qu'il est impossible de déduire de ce passage que Moulin était un agent soviétique. Moulin est au contraire catalogué comme « agent américain ». Pour Péan, Moulin est un pragmatique qui a rompu ses liens avec Cot dès 1941, qui sait que Panier est au moins un agent du Komintern, sinon des services soviétiques, mais n'hésite pas, le cas échéant, à utiliser des agents soviétiques pour la cause qu'il sert, celle de De Gaulle.

Jacques Baynac, dans Présumé Jean Moulin (Grasset, 2006), a établi qu'avant la guerre et au moins jusqu'en , Moulin était au cœur d'un réseau de relations qui comptait des membres de la , dont Louis Dolivet. Il s'est servi de ce réseau pour entrer en contact avec les mouvements de résistance français, avant de se rendre à Londres à l'automne de 1941. D'autre part, les documents Venona déclassifiés par les services secrets américains à la fin des années 1990 ont confirmé que Cot était, aux États-Unis où il s'était réfugié, en rapport direct avec les services soviétiques, allant jusqu'à leur offrir de travailler pour eux, comme l'a montré Wolton en publiant une partie de ces documents dans L'Histoire interdite (Lattès, 1998).

Selon Wolton, certaines de ses idées ont fini par être traitées de banalités par ceux qui les avaient d'abord combattues. Ainsi, Jacques Julliard, qui, dans son livre L'Année des dupes (1996), avait dit ne pas croire que Cot ait pu être un agent soviétique, déclare, le , dans une émission d'Europe 1 : « Tout le monde savait que Pierre Cot était un agent d'influence soviétiqueCité par Thierry Wolton, L'Histoire interdite, éd. Jean-Claude Lattès, 1998, .. »

Sur la Russie Dans Le KGB au pouvoir, le système Poutine publié en 2008, il montre comment le KGB et l’État russe seraient impliqués dans les attentats qui ont secoué la Russie ces dernières années. Il établit que les attentats attribués à des terroristes tchétchènes seraient en fait commandités par Moscou afin de créer un climat de peur favorable aux intérêts du Kremlin.

Dans Le Retour des temps barbares, il décrypte les raisons ayant poussé au conflit russo-ukrainien.

Une histoire mondiale du communisme Dans cet essai d’investigation historique, Thierry Wolton retrace un siècle d'idéologie communiste de trois manières complémentaires : vu du côté des partis-États qui ont exercé le pouvoir (tome I : Les bourreaux), à travers le vécu des populations dans les communistes qu'a connu le (tome II : Les victimes), et vu enfin depuis l'étranger, au sein des partis communistes du monde entier, du côté des intellectuels occidentaux, parmi les dirigeants des démocraties et chez les hommes d’affaires capitalistes (tome III : Les complices). La révolution communiste est un mythe selon l’auteur, tous les régimes qui se sont réclamés de cette idéologie auraient été imposés par une poignée d’agitateurs professionnels ou par la force armée ou encore à la faveur d’une lutte de libération nationaleUne histoire mondiale du communisme, tome I, Grasset, 2015, .. Le pouvoir une fois conquis, la minorité communiste se serait livrée, dans chaque pays, à une guerre civile permanente contre le peuple, pour imposer son idéologie et y faire régner son ordre, cause de dégâts humains considérablesUne histoire mondiale du communisme, tome II, Grasset, 2015, .. La lutte des classes proclamée par Marx moteur de l'histoire, mise en pratique par Lénine et ses partisans, aurait justifié les politiques de terreur. L’auteur parle à ce sujet de « classicide », un néologisme qui selon lui expliquerait la spécificité et la diversité des victimes du communismeUne histoire mondiale du communisme, tome III, Grasset, 2017, .. L'échec idéologique des partis-États les aurait contraints à user de la fibre nationale pour tenter de mobiliser les peuples, en mettant partout en place des régimes nationaux-communistes en contradiction avec les principes internationalistes proclamésUne histoire mondiale du communisme, tome I, ..