Fréland (Frâlât en alsacien, Fralan en welche) est une commune française située dans la circonscription administrative du Haut-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la Collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est.
Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace.
Ses habitants sont appelés les Frélandais et sont surnommés « les Bibis ».
Géographie vignette|gauche|Le village de Fréland vu depuis les hauteurs, ici le bas du village. vignette|gauche|De nombreuses résidences secondaires construites à Fréland. vignette|gauche|Maison à Fréland admirablement fleurie. vignette|gauche|Petit pont sur le ruisseau Ur. vignette|gauche|Fréland : le milieu du village. vignette|gauche|Fréland : le bas du village. vignette|gauche|Entrée du village de Fréland en venant de Kaysersberg ou Hachimette (hameau de Lapoutroie).
Fréland est une commune des Vosges alsaciennes, située dans une vallée latérale au-dessus de Kaysersberg, le long d'un ruisseau, l'Ur, affluent de la Weiss. Le village est situé vers d'altitude, mais le territoire communal culmine à mètres près du sommet du Brézouard. Le col de Fréland, situé à , permet d'accéder à Aubure, Sainte-Marie-aux-Mines et Ribeauvillé.
Fréland fait partie du canton de Sainte-Marie-aux-Mines et de l'arrondissement de Colmar-Ribeauvillé. Jusqu'en 2015, elle faisait partie du canton de Lapoutroie, appelé le canton welche (voir l'origine de ce mot sous gaulois) du fait que les cinq communes qui le composaient (Lapoutroie, Orbey, Fréland, Le Bonhomme et Labaroche) ne parlent pas l'alsacien mais une variante vosgienne du lorrain. Très encaissée dans sa vallée, Fréland offre de belles couleurs toute l'année et un climat assez froid en hiver. Comme beaucoup de villages proches des villes (Colmar), il se transforme tout doucement en village-dortoir mais garde un fort esprit associatif essayant d'intégrer au mieux les nouveaux habitants. La commune s'étend sur hectares.
C'est une des 201 communes du parc naturel régional des Ballons des VosgesListe des 188 communes adhérentes au parc naturel régional des ballons des Vosges, Charte 2012 - 2024.
Sommet le plus élevé Montagne du Brézouard (), située sur le ban du Bonhomme, Fréland, Lapoutroie et Sainte-Marie-aux-Mines. Le Kalblin (). Voirimont (), surtout apprécié pour la vue qu'il procure et son ensoleillement. La pierre des Trois Bancs ().
Lieux-dits et écarts La plus grande partie de la commune se compose de hameaux et fermes disséminés sur les collines et montagnes. Fréland compte quelques quarantaines de lieux-dits :
Cours d'eau Le ruisseau Ur traverse Fréland et est la réunion de plusieurs ruisseaux qui proviennent du versant du Brézouard. Son cours est d'environ . Il se jette dans la Weiss en aval d'Hachimette.
Hydrographie La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par la Weiss, le ruisseau l'Ure et le ruisseau du Chaufour..
La Weiss, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Orbey et se jette dans la Fecht à Kaysersberg Vignoble, après avoir traversé .
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de FrélandLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée ( à ) en toutes saisons et un hiver rude (moins de ).. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Ribeauvillé à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme Typologie Au , Fréland est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Colmar, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (71,1 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (71,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (71,1 %), prairies (17,4 %), zones agricoles hétérogènes (8,3 %), zones urbanisées (3,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie 1311 Urbach : « ruisseau de l’Ur » du vieux haut allemand bah, bak « ruisseau » 1421 Frallan : viendrait de fragilis (latin)Les pays de l'entre-deux au Moyen Age: questions d'histoire des territoires d'Empire entre Meuse, Rhône et Rhin, France. Comité des travaux historiques et scientifiques, Editions du C.T.H.S., 1990 - 336 pages. Dérivé : fralây « éboulement ou glissement de terrain ». Le nom de la localité est attesté en 1694 - 1704 sous la forme Forstland, composé du nom de personne germanique Furisto (de furisto « premier ») suivi de l'appellatif toponymique germanique land « terre, terrain »Ernest Nègre, Toponymie générale de la France (lire en ligne) . 1441 Vrbach.
Histoire Les origines À l'époque romaine, un sentier empierré passait par Fréland qui traversait le hameau de Knolpré, puis le Chêne, et se dirigeait vers Le Bonhomme après avoir traversé Ribeaugoutte, hameau de Lapoutroie. Il doublait le chemin le long de la vallée de la Weiss qui était souvent inondé. Ce sentier permettait de se rendre au col du Bonhomme. Mais il faut attendre 1311 pour trouver une première mention du village Urbach, le « ruisseau des aurochs ».
Les premiers habitants furent des charbonniers qui vinrent s'établir dans cette vallée, lors de la reprise des travaux des mines de Sainte-Marie-aux-Mines au ; comme il n'était pas soumis ni à la glèbe, ni à la dîme, ni à aucune espèce d'impôt, l'endroit reçu le nom de Frei-Land.
Au Moyen Âge, la communauté de Fréland faisait partie de la Seigneurie du Hohnack. Mais le seigneur, le sire de Ribeaupierre à partir du , la tenait en fief de l'évêque de Bâle. Au , c’est une famille, les Pfaff, qui la tenait en arrière-fief. La communauté était administrée par un prévôt nommé par le seigneur et des officiers élus chaque année. Quelques indications sur la population montrent qu’il y avait 250 chefs de ménage en 1580. Après la guerre de Trente Ans en 1648, le chiffre tombe à 60 bourgeois, chefs de ménage.
Cette terre rurale était principalement tournée vers l'agriculture, la forêt et l'artisanat. Jusqu’à la Révolution, il existait des exploitations rurales avec un droit de justice : les colonges. Sur les pentes des collines, le seigle, l’avoine, l’orge et les pommes de terre étaient cultivés. Cette production était toutefois insuffisante pour la consommation courante. L’essentiel de l'élevage était celui de vaches laitières sur les chaumes. Les forêts, quant à elles, apportaient un revenu important au seigneur qui les possédait. L’économie consistait également en de hauts fourneaux de 1541 jusqu’à la guerre de Trente Ans.
Les seigneurs de Ribeaupierre avaient installé des hauts fourneaux pour traiter le minerai d’argent extrait des roches de Sainte-Marie-aux-Mines. Le bois frélandais fournissait le combustible indispensable à l’extraction du métal. Il faut noter également l’existence au d'une confrérie du scapulaire de Sainte Marie du Mont Carmel. L'architecture témoigne aussi de cette dévotion à l'Église catholique. En 1706, une nouvelle église avec trois autels est consacrée. Elle a disparu pour laisser place à l’actuelle du début du . Deux chapelles furent également construites, l’une au bas du village dédiée à saint Gérard en 1740 et l’autre dédiée à saint Thiébaut en 1771.
Fréland depuis la Révolution
La Révolution est synonyme de liberté puisque le village n'est plus sous la coupe de la noblesse. C'est aussi une période de troubles et de peurs. Les forêts sont alors surveillées contre les paysans agités. C'est le temps de la vente des biens nationaux pris à l'Église. Ainsi, le presbytère. est vendu à un particulier. La commune hérite également de biens provenant du couvent des clarisses d'Alspach. La chapelle Saint-Thiébaut est même fermée au culte provisoirement. Néanmoins, c'est véritablement une nouvelle ère politique qui commence avec un pouvoir municipal qui prend peu à peu de l'ampleur.
vignette|L'église Notre-Dame de l'Assomption. vignette|Roue motrice actionnée par la force de l'eau dans le bas du village près de la maison du pays welche ().
Une fois les troubles de la Révolution passés, Fréland prend un nouvel essor.
Le milieu du C’est en effet au cours du que les grands bâtiments historiques que nous connaissons aujourd’hui sortent de terre. Le premier grand chantier est la construction de l’actuelle église Notre-Dame de l’Assomption. Au début du , l’ancienne église agrandie en 1706 tombe en ruine. Aussi, le conseil municipal décide de la remplacer. Le 1823, on commence à démolir l’ancien bâtiment et le , la première pierre de la nouvelle église est bénite. La construction s’achève en 1825. Contrairement à l’ancienne qui était orientée O-E, la nouvelle est orientée NO-SE dans le sens de la vallée. Un orgue y est rapidement placé puisqu’en 1826, un orgue de Joseph Chaxel trône sur la tribune.