L'Anthologie de la littérature dialectale de Wallonie recueille les textes d'une littérature en wallon qui s'écrit et s'imprime depuis le . Maurice Piron en a recueilli les textes importants tout au long de sa vie pour en arriver à publier ce livre en 1979, y citant d'ailleurs aussi les auteurs picards comme Géo Libbrecht par exemple.
Historique de l'oeuvre
Genèse et antécédents Cette anthologie est l'aboutissement d'un projet hérité de Jean Haust. En 1924, celui-ci avait déjà publié des Pages d'anthologie wallonne, fait l'édition scientifique d'une bonne dizaine de textes anciens et encouragé, dans une collection portée par l'institut de dialectologie wallonne, la publication d'auteurs de son temps qu'il jugeait de haute qualité (Henri Simon et Joseph Calozet). Dès les années 1930, Haust lui avait confié ce grand projet de faire une grande anthologie et, sans doute, Maurice Piron l'a poursuivi toute sa carrière.
L'entreprise nécessitait une connaissance fine de toute la littérature wallonne et ne pouvait se reposer, outre les travaux menés par Jean Haust, que sur quelques antécédents un peu anciens : Choix de chansons wallonnes et poésies wallonnes de François Bailleux et Joseph Dejardin, ainsi que l'Anthologie des poètes wallons (1895) menée par Charles Defrecheux, Joseph Defrecheux et Charles Gothier. En outre, Maurice Piron s'appuie sur des anthologies locales ou thématiques telles l'Anthologie des auteurs wallons verviétois (1928) de Jules Feller et Jean Wisimus, ou l'Anthologie des auteurs wallons namurois (1930) de Lucien Maréchal et Paul Maréchal.
Par ailleurs, il existait également préalablement des recueils compilant les œuvres majeures d'auteurs rassemblés en associations littéraires. Citons celui de l'Association royale des auteurs dramatiques, chansonniers et compositeurs wallons de Belgique (1936) menée par Charles Steenebruggen ou de l'Association wallonne littéraire de Charleroi (1958) menée par Félicien Barry.
Parmi ces prédécesseurs, Piron évoque encore l'Anthologie du Prix biennal de littérature wallonne (1935) de Octave Servais, ainsi qu'un grand nombre de chrestomaties, parmi lesquelles on retiendra Po nos scolîs (1942) par Lucien Maréchal, Ine kèrtinéye dè fleûrs pou nos scolîs (1949), Petite anthologie liégeoise (1950) de Maurice Delbouille, Lectures wallonnes (1959) de Robert Grafé.
Caractéristiques de l’anthologie
Le travail fut mené sur toute la carrière de son compilateur et, par les exigences scientifiques de celui-ci, manqua bien souvent de ne pas aboutir. Plusieurs versions furent envisagées. Une première édition était bien avancée auprès de la Société de langue et de littérature wallonnes, en 1956, mais elle fut ajournée. L'auteur définit son travail en ces termes : L'espace littéraire ici compris est celui de la Belgique romane, très exactement de la Wallonie ; dont on sait que le wallon n'est pas l'unique langue, puisqu'on trouve le picard en Hainaut occidental à partir de Mons et le lorrain dans le canton de Virton, au sud du Luxembourg. L'expression de littérature wallonne ne relève pas de la dialectologie proprement dite ; elle doit être entendue au sens traditionnel que lui donne son développement historique et s'applique donc à l'ensemble des œuvres écrites dans les parlers dialectaux de Wallonie, de Mouscron à Malmedy et au pays gaumaisL'ouvrage est un des meilleurs recueils de textes dialectaux de Wallonie, et sans nul doute le plus complet : 296 textes, 114 auteurs et 663 pages. L'anthologie propose une sélection d’œuvres en vers et en prose, à l’exclusion du théâtre, depuis les origines de la littérature wallonne jusque 1978. L'auteur reconnait qu'en délaissant le théâtre, il offre un visage incomplet car le théâtre est le genre le plus florissant. Il s'en défend en expliquant qu'il est complexe de mettre en évidence des morceaux choisis et que la qualité de la pièce de théâtre dépend également du jeu de scène. Malgré cela, il reprend tout de même une pièce de Simon de Harlez ainsi que Tåtî l' pèriquî de Édouard Remouchamps.
Chaque auteur est présenté sommairement : les aspects bio-bibliographiques stricts sont de rigueur pour les auteurs encore vivants à l'époque de la parution, pour les écrivains décédés, Piron étoffe davantage. les extraits sont retranscrits en graphie Feller, les passages difficiles sont commentés et traduits en notes.
L'auteur choisit une présentation chronologique pour montrer la vision d'ensemble des lettres dialectales et leur cheminement.
La réfutation d'une traduction pure et simple est justifiée par le fait que l'ouvrage est destiné aux Wallons. Piron estime qu'une traduction trop littérale "tombait dans la platitude", tandis qu'une littéraire "devenait une création nouvelle".
Réception de l'anthologie Ce travail est sans nul doute l'ouvrage dans lequel Maurice Piron a engagé toutes ses compétences de critique, d'analyste, d'éditeur de textes anciens et modernes, et toute son expertise personnelle quant à la littérature wallonne. Au-delà des choix opérés par lui, on peut voir se profiler l'histoire de l'ensemble de la littérature dialectale de Wallonie. Il reste une somme unique, inestimable et sous-estimée.
Louis Remacle a émis un certain nombre d'amendements, de corrections dans les graphies, les traductions ou de commentaires sur des points bien précis, tout en saluant l'entreprise global. Il reproche toutefois au recueil de ne pas proposer de glossaire.
L'anthologie a été récompensée par le prix Albert Counson de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, en 1980.
Liste des auteurs cités dans l'Anthologie, par ordre d'apparition
Hubert Ora Lambert de Hollogne Lambert de Ryckman
Moray Simon de Harlez Jean-Joseph Hanson Abbé Grisar Marian de Saint-Jacques Gilles Ramoux
Références
Voir aussi Bibliographie
Liens externes
Catégorie:Anthologie en littérature Catégorie:Littérature de langue wallonne Catégorie:Livre paru en 1979