Lucie Valore, pseudonyme de Lucie Veau, née à Angoulême le et morte à Paris le , est une artiste peintre, graveuse (aquafortiste et lithographe) et écrivaine française.
Biographie Son activité de comédienne vignette|gauche|110px|Paul Mounet. vignette|180px|Bruxelles, le Théâtre royal du Parc. vignette|gauche|110px|Georges Kars, Utrillo, 1926. vignette|180px|L'église Saint-Ausone d'Angoulême. vignette|180px|Cimetière Saint-Vincent, tombe de Maurice Utrillo et Lucie Valore. Lucie Veau naît à Angoulême le Base Léonore. du mariage de Lucien Veau et de Catherine Pillorget. Sa rencontre de Joseph Bernaud, sculpteur parisien missionné à Angoulême pour la restauration de la façade d'une chapelle - elle est alors serveuse dans le bistrot où il prend ses repas quotidiensAndré Roussard, Dictionnaire des peintres à Montmartre, Éditions André Roussard, 1999. - conduit à un mariage en 1901 à Paris où elle s'installe. Un enfant naît de leur union, Alice Fernande Bernaud, que Lucie Valore fait élever chez ses parents à Angoulême. Ils divorcent en 1909. C'est à la Comédie-Française, où elle suit des cours d'art dramatique, que lui est suggéré le pseudonyme de Lucie Valore sous lequel elle est engagée par Paul Mounet Richard B. Brettel, « Lucie Valore », dans : Richard B. Brettel, Paul Hayes Tucker, Nathalie H. Lee, Nineteenth and Twentieth-Century paintings in the Robert Lehman Collection, Metropolitan Museum of Art/Princeton University Press, 2009, p. 273-275 (lire en ligne)..
Son activité d'écrivaine Lucie Valore se remarie en 1915 avec Robert Pauwels, riche banquier belge issu d'une famille de mécènes et lui-même collectionneur de tableaux« Maurice Utrillo » dans l'Encyclopédie Larousse., dont elle fait la connaissance au Théâtre royal du Parc de Bruxelles où elle est engagée comme actriceJean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001, p. 1259. tandis qu'il y est abonné. C'est sous le nom de Lucie Pauwels qu'elle publie en 1920, aux Éditions Oscar de Lamberty à Bruxelles, son roman Françoise en Belgique - 1914-1918« Un roman qui étonne et détonne : Françoise en Belgique -1914-1918 », 14-18, Archives et musée de la littérature, Bibliothèque royale de Belgique. que l'historienne Sophie De Schaepdrijver analyse comme autobiographique, évoquant la vie de « Françoise d'Angoulême » en Belgique pendant les années de guerre, avec les incessantes réquisitions des occupants allemands et un voyage de l'héroïne en HollandeSophie de Schaepdrijver, La Belgique et la Première Guerre mondiale, Éditions P.I.E.-Peter Lang, Bruxelles, 2004, p. 248..
C'est après l'armistice de 1918 que Robert et Lucie Pauwels se partagent entre Bruxelles, le petit Domaine de la Doulce-France à Angoulême et leur appartement du boulevard Flandrin, dans le , fréquentant Montmartre où ils commencent à acheter des toiles à Suzanne Valadon et Maurice Utrillo, recevant ce dernier dans le cadre des après-midis littéraires qu'ils organisent dans leur salon du boulevard Flandrin. Maurice Utrillo s'y fait littérateur, versifiant ses hommages à la généreuse hôtesse, comme dans ce sonnet À Madame Lucie Pauwels daté du :
Son activité de peintre Les Valadon deviennent ainsi les plus chers amis du couple lorsque, emporté par des crises d'urémie, Robert Pauwels meurt en 1933Michel Peyramaure, Le temps des ivresses - tome 2 : Suzanne Valadon, Robert Laffont, 1998., offrant à sa riche veuve de se faire encore plus étroitement dame de compagnie et confidente de Suzanne Valadon. C'est devant les inquiétudes de cette dernière (« Qui s'occupera de mon fils après ma mort ? ») que Lucie Valore lui dit être prête à épouser Utrillo, perspective dont Suzanne Valadon s'amuse dans un premier temps pour ensuite l'encouragerThérèse Diamand-Rosinsky, Suzanne Valadon, Flammarion, 2005.. Jean-Paul Crespelle restitue que c'est bien plutôt Jean-Paul Crespelle, Montmartre vivant, Hachette, 1964.. Le , Lucie Valore épouse Utrillo à ParisMariage civil, Archives de Paris, . (le mariage religieux est célébré le à Angoulême par Monseigneur Palmer, aumônier de la famille royale d'Espagne, en l'église Saint-AusoneVille d'Angoulême, L'église Saint-Auzone (sic).). Le couple demeure au Domaine de la Doulce-France à Angoulême (situé au 22, rue Basse-Montausier, aujourd'hui rue Maurice-Utrillo) durant les deux années qui suivent le mariage, puis s'installe au Vésinet, successivement au 27, route de la Plaine et au 18, route des Bouleaux (villa La bonne Lucie dont, lorsqu'elle commence à peindre vers 1940 sur les conseils d'Utrillo, le mât constitue son atelier« Lucie Valore », sur histoire-vesinet.org, Société d'histoire du Vésinet.).
Lucie joue alors un rôle dans la gestion des finances du couple et surveille son époux pour le faire travailler et éviter sa rechute dans l'alcoolisme. Elle s'initie à la peinture, encouragée par son mari et sa belle-mère, et peint des portraits, des paysages et des natures mortes, dans un style frais et relativement naïf, et vend une de ses propres toiles au marchand Paul Pétridès en même temps que chaque toile d'Utrillo : Fernand Mourlot, restituant une visite au Vésinet en compagnie de l'éditeur Joseph Forêt, confirme : Fernand Mourlot, Gravés dans ma mémoire, collection « Vécu », Robert Laffont, 1979..
En 1963, huit ans après la mort de son mari, elle fonde l’Association Maurice-Utrillo qui gère un centre de documentation sur Utrillo, Suzanne Valadon, André Utter et Lucie Valore (correspondances, photographies, catalogues de ventes...) et une bibliothèque de plus de d'histoire de l'artSite officiel de Muarice Utrillo..
Lucie Valore meurt en 1965, laissant ses biens et ses droits sur les œuvres de Maurice Utrillo à Jean Fabris, ancien homme de radio devenu son secrétaire, et repose auprès de Maurice Utrillo au cimetière Saint-Vincent, seul un mur de pierre séparant leur sépulture de la rue des Saules et du Lapin Agile« Maurice Utrillo, cimetière Saint-Vincent », Tombes et sépultures dans les cimetières de France et d'ailleurs.. Une rue d'Angoulême porte aujourd'hui son nom.
Iconographie Suzanne Valadon, Portrait de Lucie Valore, huile sur toile 55x46 cm, 1937Paul Pétridès, L'œuvre complet de Suzanne Valadon, Compagnie française des arts graphiques, Paris, 1971, tableau reproduit sous n°P465.Artcurial, Portrait de Lucie Valore par Suzanne Valadon, catalogue du 20 octobre 2007.. Maurice Utrillo, Portrait de Lucie Valore, huile sur toile, 1939. Kees van Dongen, Portrait de Lucie Valore, huile sur toile, 1947, collection particulière, Japon Jean Melas Kyriazi, Van Dongen après le fauvisme, Éditions Harmonies et Couleurs, Lausanne, 1976, tableau reproduit en page 81..
Contributions bibliophiliques Jean Vertex, Amitiés de Montmartre, eaux-fortes originales de Bernard Lamotte, Pablo Picasso, Maurice Utrillo et Lucie Valore, quatre-vingt cinq exemplaires numérotés, typographie François Bernouard, Paris, 1949. Jean Vertex (préface de Marcel Aymé), Le village inspiré - Chronique de la Bohème de Montmartre (1920-1950), illustré de douze gouaches de Maurice Utrillo et de dessins de Lucie Valore, quatre cent quatre-vingt dix exemplaires numérotés dont quatre-vingt cinq exemplaires avec une suite en hors-texte de Suzanne Valadon, Max Jacob, Edmond Heuzé, Marcel Leprin, Chas Laborde et Jules Pascin, Les Bibliophiles français, 1950. André Maurois, Paris Capitale, dix lithographies originales de Maurice Utrillo avec culs-de-lampe de Lucie Valore, deux cent sept exemplaires numérotés, Éditions Joseph Forêt, Paris, 1955. Sacha Guitry, Pierre Benoit, André Maurois, Edmond Heuzé, Fernand Crommelynck et Jean Cocteau, Maurice Utrillo V, lithographies originales de Maurice Utrillo, Suzanne Valadon et Lucie Valore (atelier Fernand Mourlot), deux cent-sept exemplaires numérotés, Joseph Foret, Paris, 1956.
Expositions Lucie Valore, Galerie Bosc, Paris, . Maurice Utrillo, Lucie Valore - Paysages, portraits, fleurs, Galerie d'art du Faubourg, Paris, 1946. Maurice Utrillo - Lucie Valore, Galerie Paul Pétridès, Paris, , janvier-Exposition Maurice Utrillo - Lucie Valore, Galerie Paul Pétridès, 1953, court-métrage. Source : YouTube ; durée 1'45".. Maurice Utrillo présente les œuvres de Lucie Valore, Galerie Paul Pétridès, Paris, 1955. Maurice Utrillo, Suzanne Valadon, Lucie Valore - The personal collection of Mme Maurice Utrillo from the Utrillo home, « La bonne Lucie », Le Vésinet, France, Hammer Galleries, New York, mai-.
Réception critique — Jean-Paul Crespelle — Gérald SchurrGérald Schurr, Le guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1981.
Collections publiques France Musée national d'art moderne, Paris, Fleur, dessin original dédicacé à Madame Franklin D. Roosevelt sur le programme de la soirée de gala au profit de l'Union des arts, Hôtel George-V, Paris, ; Femme dans un paysage, huile sur carton, 1958Centre Georges-Pompidou, La personne Lucie Valore.. Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale de France, Paris, Portrait d'Utrillo, lithographie en couleurs.
États-Unis Metropolitan Museum of Art, New York, L'enfant au bateau, huile sur toile, 1948, donation Robert Lehman ; Portrait d'Utrillo, lithographie en couleursMetropolitan Museum of Art, Lucie Valore dans les collections..
Collections privées Jean Fabris Marc-Arthur Kohn, commissaire-priseur, Catalogue de la collection Jean Fabris, cinquante-huit œuvres de Lucie Valore, Hôtel Drouot, Paris, 1er juin 2016.. Gérald Schurr, Portrait d'Utrillo, dessin de Lucie Valore à la plume et au crayon, 1955 Exposition Visages d'artistes - Collection Gérald Schurr, Musée Courbet, Ornans, été 1984, n°60 du catalogue ; Exposition Portraits et autoportraits de la collection Gérald Schurr, centre culturel Arturo-Lopez, Neuilly-sur-Seine, avril-mai 1986, n°74 du catalogue ; Binoche, commissaire-priseur, Vente de la collection Gérald Schurr, Hôtel Drouot, Paris, 23 mai 2000, n°138 du catalogue..
Publications Lucie Pauwels (Lucie Valore), Françoise en Belgique - 1914-1918, roman autobiographique, Oscar de Lamberty, Bruxelles, 1920. Lucie Valore (préface de Paul Carrière), Maurice Utrillo, mon mari, Éditions Joseph Forêt, Paris, 1956.
Notes et références Notes
Références
Annexes Bibliographie Robert Coughlan, « The dark wine of genius - Maurice Utrillo », Life, (lire en ligne). Jack Palmer White, Lucie Valore, Éditions Les Gémeaux, Paris, 1952. Robert Beachboard, La Trinité maudite - Valadon, Utter, Utrillo, Amiot-Dumont, Paris, 1952. Jean-Paul Crespelle, Montmartre vivant, Hachette, 1964. Jean-Paul Crespelle, Utrillo, la bohème et l'ivresse à Montmartre, Presses de la Cité, 1970. Gérald Schurr, Le Guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1981. Jean Fabris, Claude Wiart, Alain Buquet, Jean-Pierre Thiollet, Jacques Birr, Catherine Banlin-Lacroix et Joseph Foret, Utrillo, sa vie, son œuvre, Éditions Frédéric Birr, 1982. Jean Fabris, Maurice Utrillo, folie ?, Éditions Galerie Pétridès, 1992. Michel Ragon, D'une berge à l'autre - Pour mémoire 1943-1953, Albin Michel, 1997. Michel Peyramaure, Le temps des ivresses - tome 2 : Suzanne Valadon, Robert Laffont, 1998. André Roussard, Dictionnaire des peintres à Montmartre, Éditions André Roussard, 1999 (lire en ligne). Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs, graveurs, Gründ, 1999. Micheline Dupray, Roland Dorgelès - Un siècle de vie littéraire française, Albin Michel, 2000. Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001 (lire en ligne). Jeanne Champion, Suzanne Valadon, Librairie Arthème Fayard, 2004. Sophie De Schaepdrijver, La Belgique et la Première Guerre mondiale, Éditions P.I.E.-Peter Lang, Bruxelles, 2004. Thérèse Diamand-Rosinsky, Suzanne Valadon, Flammarion, 2005.