José María Aznar López (Prononciation en espagnol d'Espagne retranscrite selon la norme API. ), né le à Madrid, est un homme d'État espagnol, ancien président du Parti populaire et président du gouvernement durant deux mandats, du au . Biographie Jeunesse José María Aznar est né à Madrid le . Il est fils de Manuel Aznar Acedo, directeur de Radio Nacional de España sous le régime franquiste, et petit-fils de Manuel Aznar Zubigaray, diplomate et journaliste proche du dictateur espagnol Francisco Franco, qui fut président de l'Agence EFE. Il suit ses études secondaires au Colegio del Pilar de Madrid. Dans sa jeunesse il appartient au Front des étudiants syndicalistes (FES), une association d'étudiants dépendant de la Phalange espagnole traditionaliste et des Juntes de l'offensive nationale-syndicaliste (FET de las JONS)Lettre au directeur d'une publication phalangiste datant de 1969. Il termine ses études en droit à l'université complutense de Madrid en . Il passe avec succès les concours du corps supérieur des inspecteurs des finances de l'État (CSIHE) l'année suivante, puis il se marie en avec Ana Botella. Carrière politique Débuts Il adhère en à l'Alliance populaire (AP), le parti conservateur post-franquiste fondé par l'ancien ministre Manuel Fraga. Il se présente aux élections législatives anticipées du en tête de liste de l'AP dans la circonscription électorale d'Ávila.. Élu à au Congrès des députés, il commence par siéger à la commission constitutionnelle, à la commission du Régime des administrations publiques et à la commission du contrôle parlementaire de la Radio-télévision espagnole (RTVE). Il devient deuxième secrétaire de la commission constitutionnelle et membre de la commission des Budgets en .. Il est nommé président de l'Alliance populaire de Castille-et-León (APCyL) le à l'occasion d'un congrès organisé à Palencia.. Après avoir été réélu député en , il continue de siéger à la commission des Budgets et à la commission de contrôle de la radiotélévision publique, puis il rejoint la commission de l'Économie, du Commerce et des Finances en .. Ascension Président de la Junte de Castille-et-León Il est investi chef de file de l'Alliance populaire aux élections autonomiques du en Castille-et-León, au cours d'une convention réunie à Burgos le en présence de Manuel Fraga.. Il sera accusé en de corruption dans le cadre de cette campagne : il aurait perçu des financements d'entreprises privées en échange de faveurs accordées une fois élu. Dans le cadre du congrès extraordinaire de l'AP en 1987, qui suit la démission de Fraga, il apporte son soutien au vice-président sortant Miguel Herrero, qui le propose comme candidat au secrétariat général, mais leur candidature ne recueille que 27 % des voix des délégués face à celle d'Antonio Hernández Mancha lors du vote du .. Il accepte cependant d'intégrer le comité exécutif sur proposition d'Hernández Mancha à peine plus tard comme simple membre.. Pour le scrutin autonomique, il postule en tête de liste dans la circonscription de Valladolid, se trouvant notamment opposé au président sortant de l'exécutif, José Constantino Nalda.. Avec 34,9 % des voix, l'AP fait élire sur 84 aux Cortes, autant que les socialistes alors au pouvoir. Le , José María Aznar est investi à président de la Junte de Castille-et-León lors du second vote d'investiture par pour, contre et .. Chef de file du centre droit Alors que l'Alliance populaire se prépare à réunir son congrès national du au pour réélire Manuel Fraga à sa présidence, ce dernier propose José María Aznar comme vice-président aux côtés de Marcelino Oreja, Abel Matutes, Isabel Tocino et Félix Pastor.. À cette occasion, l'AP prend le nom de (PP). Il indique en au journal El País qu'il pourrait accepter de postuler à la présidence du gouvernement dans le cadre des futures élections générales, à condition que le PP établisse une stratégie politique de moyen terme et que le résultat électoral, quel qu'il soit, ne soit pas utilisé contre celui qui acceptera d'être chef de file.. plus tard, il fait figure de grand favori pour mener la campagne du PP, avec Oreja et Tocino.. Fraga le choisit officiellement le , une décision aussitôt ratifiée par le comité exécutif national du PP, qui propose à l'unanimité sa candidature à la junte directrice nationale.. Il est officiellement investi le par pour et blancs.. Il renonce alors à présider la Junte de Castille-et-León, une fonction qui revient à Jesús Posada après.. Au cours des élections générales anticipées du , le PP remporte 25,8 % des suffrages exprimés, sur 350 et sur 208 directement élus. Au soir du scrutin, il se félicite que sa liste ait devancé celle du président du gouvernement socialiste sortant Felipe González dans la circonscription électorale de Madrid et affirme que la nouvelle composition du Congrès des députés apporte une base solide à l'espoir que le PP soit au Parti socialiste.. Il est élu le président du groupe populaire au Congrès des députés, les fonctions de porte-parole étant confiées à Rodrigo Rato.. La nouvelle direction construit une structure interne très verticale, hiérarchisée, centralisée et présidentialiste. Alors qu'au sein de l'AP « cohabitaient » les divers courants de la droite post-franquiste (les technocrates, les chrétiens-démocrates, les phalangistes, les traditionalistes nationalistes et catholiques fortement liés à l'Opus Dei), ce qui conduisait à des conflits internes récurrents, Aznar souligne qu'« au Parti populaire, il n'y a pas de courant. Seulement du 220 volts. C'est moi qui contrôle la prise et quiconque met son doigt dedans est électrocuté ! ». Président du Parti populaire Au début du mois de , Fraga fait savoir qu'il a l'intention de céder la présidence du Parti populaire à Aznar lors d'un congrès sous un délai de deux à .. Au début du mois de , il révèle avoir l'intention de supprimer les de vice-président du parti, réduire la taille du comité exécutif, confirmer Francisco Álvarez-Cascos comme secrétaire général et nommer Manuel Fraga président fondateur.. José María Aznar est élu président du Parti populaire le avec plus de favorables et à peine blancs.. Dans son discours, il revendique le rôle du PP comme alternative à la majorité socialiste et reprend des phrases clés de la campagne électorale de Felipe González en .. Après qu'Artur Moreno a dû démissionner pour son implication dans une affaire de détournement de fonds, il nomme Mariano Rajoy vice-secrétaire général pour les questions électorales le suivant.. Le mois suivant, Marcelino Oreja renonce à siéger au sein du comité exécutif et au poste de porte-parole de la délégation du PP au sein du groupe du Parti populaire européen pour dénoncer son exclusion du cercle dirigeant et de certains événements en lien avec la politique européenne.. Il revient sur sa décision une semaine plus tard et se voit renommé au sein de la direction du PP, Aznar précisant qu'il compte lui déléguer une partie de ses fonctions afin qu'il coordonne la politique étrangère du parti.. Il signe en , avant les élections municipales et autonomiques, un accord avec Jesús Aizpún qui prévoit la fusion du PP et de l'Union du peuple navarrais (UPN) sur le territoire de la Communauté forale de Navarre.. Du succès de 1991 à l'échec de 1993 Au cours des deux scrutins locaux, le PP totalise 25,3 % au niveau des villes et 33,3 % dans les 13 communautés autonomes soumises au vote. Il fait notamment élire José María Álvarez del Manzano à Madrid et Rita Barberá à Valence.. Il juge alors que ce résultat est un formidable soutien à la stratégie adoptée par le Parti populaire et qu'il restaure un équilibre qui met fin à l'hégémonie socialiste.. Pour les élections générales anticipées du , il dispute de nouveau le pouvoir à González. À seulement du scrutin, un sondage donne au PP 0,2 points d'avance sur le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), ce qui se traduirait par un différentiel de au profit des conservateurs.. Pourtant au soir des élections, le PSOE totalise plus de de voix, contre près de pour le PP, qui gagne tout de même de députés et en obtient donc 141, contre 159 aux socialistes.. Tandis que ses proches collaborateurs ont du mal à dissimuler leur déception, il affirme devant la presse que . Il ajoute que son parti sort de cette séquence électorale plus fort et comme une alternative plus forte.. Première victoire nationale avec les européennes Il propose en suivant au commissaire européen Abel Matutes d'être tête de liste du Parti populaire pour les élections européennes du , une proposition acceptée par ce dernier.. Il avait passé quelques semaines plus tôt un accord avec Felipe González pour que le gouvernement espagnol propose Marcelino Oreja comme nouveau commissaire européen, aux côtés du socialiste Manuel Marín.. Ces élections sont marquées par une nette et large victoire du PP, qui remporte 40,2 % des suffrages exprimés, soit européens sur 64. Réunissant 7,4 millions de voix, soit plus du double que son résultat aux élections de 1989, la formation conservatrice devance le PSOE de plus d'un million de suffrages exprimés et s'impose dans autonomes et 59 des 72 grandes villes et capitales de province... 1995 : attentat et grande victoire Il est la cible le d'un attentat à l'explosif perpétré par l'organisation indépendantiste basque Pays basque et liberté (ETA) : au passage de son Audi 200, un commando a activé une bombe de . S'il s'en sort avec de simples contusions grâce au lourd blindage de son véhicule, sont blessées dont une en urgence absolue et deux grièvement.. Au cours de son hospitalisation postérieure à l'explosion, il reçoit deux appels téléphoniques de Felipe González, un de Juan Carlos , les visites du ministre de la Justice et de l'Intérieur Juan Alberto Belloch et du coordonnateur général de la Gauche unie Julio Anguita. Cet attentat, dont le scénario rappelle l'assassinat en de Luis Carrero Blanco., président du gouvernement de Francisco Franco, intervient moins de après le meurtre par ETA de , candidat du PP à la mairie de Saint-Sébastien. plus tard, l'Espagne engage un virage à droite avec une nouvelle victoire du PP à l'occasion des élections municipales et régionales du . En plus de se maintenir au pouvoir à Madrid, Valence, en Castille-et-León et dans les îles Baléares, le parti d'Aznar triomphe avec la majorité absolue à l'Assemblée de Madrid, au Parlement de La Rioja, à l'Assemblée régionale de Murcie, dans de province dont Saragosse, Valladolid, Vigo ou Las Palmas de Gran Canaria, obtient la majorité relative dans la Communauté valencienne, les Asturies et provinciaux. Le PSOE accuse de nouveau un retard d' de voix, et ne s'impose que dans de province et autonomes, perdant d'ailleurs la majorité absolue dans son fief de l'Assemblée d'Estrémadure.. Président du gouvernement espagnol González convoque des élections anticipées le que le Parti populaire d'Aznar remporte d'une courte majorité (37,6 % des voix, 156 sièges sur 350). Pour gouverner, il doit faire appel à l'appoint de partis régionalistes basques, catalans et canariens. Il est élu président du gouvernement par les Cortes le (181 voix sur 350) et prête serment devant le roi Juan Carlos le lendemain. En 2000, il est réélu et obtient la majorité absolue aux Cortes. thumb|gauche|Aznar et George Bush en 2003 Sur le plan économique, le gouvernement conservateur d'Aznar poursuit et accentue le programme de privatisation déjà engagé par l'administration de Felipe González, dans l'objectif de satisfaire les conditions posées par le traité de Maastricht sur l'adhésion à l'Euro. Les dépenses publiques, notamment dans les domaines de la recherche et du social, sont réduites et une réforme du marché du travail est conçue.