( en anglais), né William Henry le au palais de Buckingham (Londres) et mort le au château de Windsor (Berkshire), comte de Munster et duc de Clarence et St-Andrews en 1789, est roi du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande et de Hanovre du jusqu'à sa mort.
Ayant servi dans la Royal Navy dans sa jeunesse, son peuple lui donne le surnom de (« roi marin »). Bien que stationné en Amérique du Nord et dans les Caraïbes, il ne prend pas part aux combats. Ses deux frères aînés étant morts sans héritiers, il accède au trône à l'âge de . Son règne est marqué par de nombreuses réformes politiques et sociales : les Poor Laws sont actualisées, le travail des enfants est encadré, l'esclavage est aboli dans presque tout l'Empire britannique et le Reform Act 1832 révise le système électoral britannique. Si s'implique moins dans la politique que son frère ou son père, il est le dernier monarque à nommer un Premier ministre contre la volonté du Parlement. À travers son frère, vice-roi du Hanovre, il offre à ce royaume une constitution libérale, mais qui ne dure guère après la fin de l'union personnelle en .
À sa mort, il n'a aucun enfant survivant avec son épouse, Adélaïde de Saxe-Meiningen ; néanmoins, l'actrice Dorothea Jordan, avec qui il a été en relation pendant vingt ans, lui a donné dix enfants illégitimes dont huit sont en vie en 1837. Au Royaume-Uni, sa nièce Victoria lui succède, tandis que son frère Ernest-Auguste hérite du trône hanovrien en raison de la loi salique qui exclut les femmes de la succession de Hanovre.
Jeunesse Naissance et famille vignette|gauche|redresse|Le prince Guillaume (à droite) avec son jeune frère Édouard en 1778. Guillaume est né le au palais de Buckingham ; il est le troisième fils du roi et de la reine Charlotte. Il a deux frères aînés, George et Frederick, et il n'est donc pas destiné à monter sur le trône. Il est baptisé dans la Grande Chambre du Conseil du palais St. James le . Ses parrains sont ses oncles paternels, le duc de Gloucester et le prince Henri (plus tard duc de Cumberland) et sa tante paternelle, la princesse Augusta alors duchesse de Brunswick-Wolfenbüttel.
Enfance et éducation Il passe la plus grande partie de sa jeunesse à Richmond à Londres et au palais de Kew où il est éduqué par des tuteurs privés. À l'âge de treize ans, il entre dans la Royal Navy en tant que cadet et il participe à la bataille du cap Saint-Vincent en . Son service dans la marine ne semble pas avoir été très différent de celui des autres cadets même si un tuteur l'accompagne à bord et il est d'ailleurs arrêté avec d'autres marins après une rixe à Gibraltar (il est rapidement libéré après la connaissance de son identité). Il sert à New York durant la guerre d'indépendance des États-Unis. Alors qu'il est en Amérique, George Washington approuve un plan pour le capturer, il écrit Lettre de George Washington au colonel Ogden, , cité dans et . Le plan n'est pas appliqué car les Britanniques prennent connaissance du complot et assignent des gardes à la protection du prince qui circulait alors sans escorte dans New York.
Premiers voyages dans la marine Guillaume devient lieutenant en et capitaine de la frégate HMS Pegasus l'année suivante. À la fin de l', il est stationné dans les Indes occidentales sous le commandement d'Horatio Nelson qui écrit de Guillaume, . Les deux hommes sont de grands amis et ils déjeunent ensemble presque tous les soirs. Il reçoit le commandement de la frégate HMS Andromeda en et est promu au rang d'amiral responsable du l'année suivante. Du fait de son service dans la marine, il est surnommé (« le Roi Marin ») pendant son règne.
Entrée à la Chambre de lords Guillaume cherche à devenir duc comme ses frères aînés et il reçoit un titre parlementaire similaire mais son père est réticent. Pour faire pression sur lui, Guillaume menace de briguer le siège de Totnes à la Chambre des communes. Inquiet de la perspective de voir son fils mettre ses demandes sous les yeux de l'électorat, l'élève aux rangs de duc de Clarence et de comte de Munster le et il entre donc à la Chambre des lords ; il aurait déclaré Mémoires de Nathaniel Wraxall, 154 cité dans . Bien qu'étant publiquement allié avec les Whigs et ses frères aînés (dont les conflits avec leur père étaient bien connus), le prince de Galles et le duc d'York, les positions de Guillaume sont ambivalentes, comme celles de nombreux politiciens de l'époque et il n'est donc pas attaché de manière certaine à un unique parti.
Entrée en politique Fin de service dans la Navy Après son élévation à la pairie du Royaume-Uni, Guillaume cesse son service actif dans la en . Lorsque le Royaume-Uni déclare la guerre à la France en 1793, Guillaume veut servir son pays mais il ne reçoit pas le commandement d'un navire, peut-être parce qu'il s'était cassé le bras après une chute alors qu'il était en état d'ivresse mais également parce qu'il fit un discours à la Chambre des lords s'opposant à la guerre. L'année suivante, il se prononce pour celle-ci et espérait recevoir un commandement après son changement d'opinion. L'Amirauté n'adresse pas de réponse. Il ne perd pas espoir d'obtenir un poste actif mais sa nomination au grade d'amiral en est purement symbolique. Malgré ses nombreuses demandes, il ne reçoit aucun commandement durant les guerres napoléoniennes. En , il est nommé au grade honoraire d'amiral de la flotte. En , il rend visite aux soldats britanniques déployés aux Pays-Bas. Alors qu'il observe le bombardement d'Anvers depuis le clocher d'une église, il est pris pour cible et une balle traverse son manteau.
Actions et discours politiques Au lieu de servir en mer, il reste à la Chambre des lords où il se prononce contre l'abolition de l'esclavage ; ce dernier est illégal au Royaume-Uni mais existe encore dans les colonies britanniques. Il avance que la liberté n'apporterait pas grand-chose aux esclaves et à ses yeux, les conditions de vie des habitants des Highlands écossais sont plus dures que celles des esclaves des Indes occidentales. Le fait qu'il se soit rendu dans les Caraïbes donne du sérieux à sa position qui est perçue comme juste et bien argumentée par certains de ses contemporains. D'autres considèrent qu'il était Lettre de Zachary Macaulay à Miss Mills, , cité dans . Dans un discours à la Chambre des lords, le duc insulte les abolitionnistes en déclarant que . Il est néanmoins plus libéral sur d'autres sujets et il est un partisan de la liberté de religion pour les chrétiens dissidents et en faveur de l'abolition d'une loi qui interdisait aux adultères la possibilité d'un remariage.
Aventures et mariage Relation avec Dorothea Jordan vignette|redresse|William Beechey, Dorothea Jordan dans le rôle de Rosalind de Comme il vous plaira (Shakespeare) À partir de 1791, le duc de Clarence cohabite durant vingt ans avec une actrice irlandaise, Dorothea Jordan, mieux connue sous son nom de scène de qu'elle a adopté au début de sa carrière pour expliquer une grossesse inconvenante. Guillaume atteint sa majorité après l'entrée en vigueur du Royal Marriages Act de qui interdisait aux descendants du roi de se marier avant leur sans le consentement du monarque. Plusieurs fils de , y compris Guillaume, choisissent de cohabiter avec la femme qu'ils aimaient plutôt que de chercher une épouse convenable. Après tout, les plus jeunes fils, dont Guillaume, ne sont pas destinés à monter sur le trône car la succession semblait assurée après le mariage du prince héritier et la naissance de sa fille, la princesse Charlotte.
Si Guillaume a eu des aventures dans sa jeunesse, il semble apprécier la vie de famille avec . Le duc fait remarquer à un ami qu'elle est . Le couple a une vie tranquille mais il apprécie les divertissements comme l'écrit à la fin de l', . Le roi, assez prude, accepte la relation de Guillaume avec l'actrice (même s'il recommande que sa rente soit divisée par deux) et en , il crée le de Bushy Park, qui inclut une grande résidence, Bushy House, pour la famille de Guillaume. Guillaume l'utilise comme résidence principale jusqu'à son accession au trône. Sa résidence londonienne de Clarence House est construite selon des plans réalisés par John Nash entre et .
Le couple a dix enfants illégitimes, cinq fils et cinq filles, qui reçoivent le surnom de « FitzClarence ». Leur relation dure vingt ans avant de se terminer en 1811. Jordan n'a aucun doute concernant la raison de cette rupture, et elle ajoute . Jordan reçoit une indemnité de (environ de Valeur calculée sur la base des salaires moyens (average earnings) en utilisant le site Measuring Worth) par an et la garde de ses enfants à condition qu'elle ne remonte pas sur scène. Lorsqu'elle reprend sa carrière pour payer les dettes accumulées par son beau-fils (le mari de l'une de ses filles issues d'une relation précédente), le duc reprend la garde des filles et arrête de payer la pension de (environ de ). Sa carrière stagne et elle s'enfuit en France pour échapper à ses créanciers. Elle meurt près de Paris en dans la pauvreté.
vignette|gauche|redresse|Portrait d'Adélaïde de Saxe-Meiningen réalisé par William Beechey, vers 1831.
Guillaume a eu un autre fils illégitime, Guillaume, avant de rencontrer Jordan et dont la mère est inconnue ; ce dernier se noya près de Madagascar lors du naufrage du HMS Blenheim en Lettre de Guillaume à Lord Collingwood, , cité dans . Caroline von Linsingen, dont le père est général dans l'infanterie du Hanovre, avance qu'elle avait eu un fils, Heinrich, avec Guillaume vers mais Guillaume ne se trouve pas au Hanovre à ce moment et l'histoire est considérée comme peu plausible.
Mariage Adélaïde de Saxe-Meiningen Très endetté, le duc essaye d'épouser une riche héritière mais ses tentatives échouent. Cependant, lorsque la nièce du duc, la princesse Charlotte, la seconde dans l'ordre de succession au trône, meurt en couches en , le roi a douze enfants mais aucun petit-fils légitime. La course est donc lancée entre les ducs royaux pour se marier et fournir un héritier. Guillaume est avantagé car ses deux frères aînés n'ont pas d'enfants et sont séparés de leurs épouses (qui sont probablement trop âgées pour avoir un enfant) et Guillaume est en meilleure santé. S'il vit suffisamment longtemps, il deviendrait certainement roi et aurait la possibilité d'être le père du monarque suivant. Cependant, les premiers choix de mariage de Guillaume sont refusés par son frère aîné le prince-régent, ou les élues refusent de l'épouser. Son jeune frère, Adolphe de Cambridge est envoyé en Allemagne pour chercher d'éventuelles princesses protestantes ; il propose la princesse Augusta de Hesse-Cassel, mais son père, Frédéric de Hesse-Cassel, refuse l'unionLettre de Hesse au duc de Cambridge, , cité dans . Deux mois plus tard, le duc de Cambridge se marie avec elle. Finalement, une princesse accepte avec enthousiasme le mariage et la garde des neuf descendants survivants de Guillaume dont plusieurs sont encore enfants. Guillaume épouse la princesse Adélaïde de Saxe-Meiningen, la fille de le The Times, lundi 3 col.A. À vingt-cinq ans, Adélaïde est deux fois plus jeune que Guillaume.
Le mariage, qui dure près de vingt ans jusqu'à la mort de Guillaume, est heureux. La nouvelle duchesse prend en charge Guillaume et ses finances. Durant leur première année de mariage, le couple vit en Allemagne et les dettes de Guillaume sont payées par le vote d'un accroissement de son indemnité par le Parlement ; il l'accepte à contrecœur après que ses demandes pour une augmentation plus importante sont refusées. On ne connaît pas d'autres maîtresses à Guillaume . Le couple a deux filles qui vivent moins d'un an et Adélaïde fait trois fausses couches.
Lord-grand-amiral Héritier présomptif du trône vignette|redresse|Portrait de Guillaume, alors lord-grand-amiral, réalisé par William James Ward d'après une peinture d'Abraham Wivell publiée pour la première fois en 1827.