Eileen Nearne, née le et morte en Son corps est découvert à son domicile le . à Torquay dans le Devon (Royaume-Uni), fut un agent secret britannique du SOE pendant la Seconde Guerre mondiale.

Identités État civil : Eileen Mary Nearne Surnom : Didi Comme agent du SOE : Nom de guerre : « Rose » Nom de code opérationnel : PIONEER (en français PIONNIER) Nom de code du Plan, pour la centrale radio : PETTICOAT Fausse identité : Marie Louise Tournier, mademoiselle du Tort, Jacqueline Duterte, Alice Wood

Biographie Eileen Mary Nearne naît le 15 ou à Londres. Elle est la fille de l'Anglais John Nearne et de Marie de Piazoala, d'origine espagnole. Elle est la sœur de Jacqueline Nearne et de Francis Nearne, tous deux également agents du SOE. La famille vit en France, dans le Pas-de-Calais puis à NiceBeryl E. Escott, pp. 111-112.

Recrutée en , alors qu’elle travaille comme First Aid Nursing Yeomanry (FANY), Eileen Nearne suit l’entraînement spécial des agents du SOE. En , elle est envoyée en France comme opérateur radio du réseau WIZARD dirigé par William Savy « Alcide »Opération GITANE (troisième essai) ; date : nuit du 2 au ; appareil : Lysander ; pilote : Flt Lt Murray Anderson ; terrain : sud de Vatan, 2 km nord-ouest des Lagnys (Indre) ; personnes amenées (2) : William Savy, Eileen Nearne ; personnes ramenées (2) : Maurice Durieux, Georges de Lovinfosse. [Source : Verity, p. 295.].

Lorsque William Savy rentre à Londres le , Eileen Nearne et Gérard Maury « Arnaud », les deux opérateurs radio de WIZARD, se rattachent au réseau SPIRITUALIST de René Dumont-Guillemet « Armand », actif à l'est de ParisFoot, p. 500..

Le ou le , repérée par radiogoniométrie alors qu'elle est en train d'émettre, elle est arrêtée par la Gestapo. Elle réussit, malgré les brutalités auxquelles elle est soumise (en particulier le supplice de la baignoire), à se faire passer pour une petite vendeuse française qui a accepté de faire ce travail sans avoir la moindre idée du sens ni de la destination de ce qu'elle transmettait. Emprisonnée d'abord à Fresnes, elle est ensuite déportée à Ravensbrück le 15 par le convoi des 57000, puis dans les kommandos de Torgau, Abteroda et Markkleeberg.

Le , lors de l'évacuation du camp de Markkleeberg, elle profite de la traversée d'une forêt pour s'échapper en compagnie de deux déportées Françaises, Renée-Claude Bernet et Yvette Landais. En quelques jours, après avoir fait croire à des soldats allemands qui les arrêtent, qu'elles sont des ouvrières volontaires travaillant dans une usine allemande, les trois femmes arrivent à Leipzig, où un prêtre accepte de les cacher en attendant l'arrivée des Alliés. Le , elles se précipitent à la rencontre des Américains. Mais ces derniers, soupçonneux, soumettent Eileen Nearne à un interrogatoire serré ; la prenant plus ou moins pour un agent allemand, ils la placent dans un camp de femmes nazies, jusqu'à ce qu'elle soit enfin identifiée et récupérée par les services britanniques.

L’historienne Liane Jones, à qui Eileen Nearne avait accordé un entretien, raconte que ses expériences traumatisantes de la guerre ne l’avaient jamais quittée :

Eileen Nearne meurt en dans la solitude, l’anonymat et le dénuement, ne percevant plus aucune pension des autorités britanniques depuis les années cinquante.

Son corps n’est découvert que le à son domicile (Lisburne Square, Torquay, Devon, Angleterre). Sans attache et sans argent, elle doit être enterrée au carré des indigents de la ville, mais en inventoriant le contenu de son appartement, les autorités municipales retrouvent des documents et des médailles de la Seconde Guerre mondiale et se rendent compte de la personnalité de la défunte. Un mouvement de solidarité et la mobilisation des anciens combattants permettent de lui organiser des obsèques solennelles le en la cathédrale Our Lady Help of Christians & St Denis à St Marychurch (Torquay Devon), en présence du président du Special Forces Club, du Commandant de la FANY (la générale Annie Cochram), du consul général de France à Londres et de l'Attaché militaire, ainsi que d'une importante délégation de la British Legion, avec deux cornemuseurs et 22 drapeaux. Puis, selon ses dernières volontés, elle est incinérée et ses cendres sont dispersées en mer.

Décorations France : Croix de guerre 1939-1945 avec palme Royaume-Uni : membre de l'Ordre de l'Empire britannique (MBE)

Voir aussi Bibliographie Hugh Verity, Nous atterrissions de nuit..., préface de Jacques Mallet, française, Éditions Vario, 2004, Biographie d’Eileen Nearne, avec photographies sur le site Special Forces Roll of Honour Mort d'un "soldat inconnu" Article de Michel Colomès - Le Point du . Forgotten WWII spy tortured by the Nazis died penniless after her British pension was halted without explanation.Article du Daily Mail. Michael Richard Daniell Foot, Des Anglais dans la Résistance. Le Service Secret Britannique d'Action (SOE) en France 1940-1944, annot. Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Tallandier, 2008, . Traduction en français par Rachel Bouyssou de SOE in France. An account of the Work of the British Special Operations Executive in France, 1940-1944, London, Her Majesty's Stationery Office, 1966, 1968 ; Whitehall History Publishing, in association with Frank Cass, 2004. Libre Résistance, bulletin d’information et de liaison, anciens des Réseaux de la Section F du S.O.E. (Special Operations Executive), Réseaux BUCKMASTER, , 2010, . National Archives, Kew : dossier personnel. ref. HS 9/1089/2.

Notes

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