La variole simienne, orthopoxvirose simienne, infection à virus (anciennement variole du singe) ou mpox (« m », m pour monkey, « singe ») selon la terminologie adoptée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ou variole B., est une zoonose due à un virus de la famille des Poxviridae. Ce virus - appelé Orthopoxvirus monkeypox (ou « virus orthopox simien ») - appartient au même genre Orthopoxvirus que celui de la variole humaine, maladie déclarée éradiquée par l'OMS en 1980.

Elle est endémique principalement dans les forêts du centre de l'Afrique tropicale. Le virus, enzootique dans les forêts ombrophiles d'Afrique centrale et occidentale, peut se transmettre à l'humain et causer un syndrome dont les manifestations cliniques sont analogues à celles de la variole (éruption pustuleuse, fièvre, symptômes respiratoires…), mais moins graves.

La maladie peut être sévère dans certains cas, causant des décès chez 0,1 à 3,6 % (clade ouest-africain ; ) ou jusqu'à 10 % (clade centrafricain ; ) des malades en Afrique, Quels sont les symptômes de la variole simienne ?.. La plupart de ces décès se produisent chez des populations n'ayant pas facilement accès à des soins de santé, en particulier des enfants, plus sensibles à la maladie, et des personnes immunodéficientes.

La plupart des patients se rétablissent avec des soins appropriés. La vaccination contre la variole humaine confère une protection efficace contre l'infection, allant jusqu’à 85 %., y compris après avoir été exposé au virus.. Les deux maladies peuvent être confondues et il n'existe pas de diagnostic clinique de certitude. Seule l'analyse en laboratoire permet de déterminer le virus à l’origine de l’infection.

Les chercheurs supposent que la transmission initiale se fait par contact direct ou indirect avec du sang, des liquides biologiques ou des lésions cutanées ou muqueuses de singes ou de rongeurs sauvages infectés. La consommation de gibier insuffisamment cuit est également considérée comme un risque possible. Entre individus humains, la transmission peut résulter de contacts étroits avec des sécrétions infectées des voies respiratoires, des lésions cutanées d’un sujet infecté, d’objets récemment contaminés par des liquides biologiques ou des matières provenant des lésions d’un patient. Selon l’OMS, la transmission se produit principalement par les particules des gouttelettes respiratoires et nécessite en général un contact face à face prolongé. Elle peut également survenir par inoculation ou par voie placentaire (orthopoxvirose simienne congénitale)..

Les premiers cas humains ont été décrits en 1970 au Congo-Kinshasa. Le nombre de cas et d'épidémies semble augmenter en Afrique depuis 2000, vraisemblablement du fait de l’interruption de la vaccination antivariolique qui assurait une protection croisée contre la variole simienne.

En 2022, plusieurs milliers de cas sont détectés en Europe et en Amérique du Nord, ce qui est très inhabituel pour cette maladie. La maladie se transmet d'humain à humain, notamment par voie sexuelle.

Une nouvelle souche plus virulente est découverte au Congo en 2023 (clade Ib) ; le , l'agence de santé de l'Union africaine déclare une urgence de santé publique face à cette épidémie. Le , le virus ayant été séquencé dans seize pays d'Afrique, l'Organisation mondiale de la Santé déclare « urgence sanitaire mondiale » l'épidémie, soit l'état d'alerte maximal..

Un nom controversé La maladie a été nommée « variole du singe » parce que le virus, apparenté à celui de la variole, a été isolé chez un singe. Ce nom est pourtant inapproprié car la maladie n'est pas spécifique aux singes et le réservoir animal du virus se situe plus vraisemblablement chez les rongeurs. Par ailleurs, pour une zoonose causant des épidémies humaines, ce nom a une connotation péjorative et donc stigmatisante, ce qui pourrait pousser certains patients à dissimuler leur maladie plutôt que de consulter et de prendre les mesures appropriées pour limiter les contagions.

Le , l'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'est engagée à renommer la maladie.. Le , la ville de New York presse l'OMS de ne plus utiliser le nom de « ».. L'OMS a émis le la recommandation d'utiliser le nom « » à la place..... Ce nouveau nom s'applique pour l'anglais. Pour le français, le nom change le pour « variole simienne ».. Le , la France adopte le nom plus neutre de « variole B ».

Historique Découverte chez le singe Le virus de la variole simienne a été découvert et isolé au Danemark en 1958, à partir des lésions d'une éruption généralisée survenue chez des macaques crabiers en captivité. Ces singes en provenance de Singapour étaient destinés au (Institut d'État de sérologie) de Copenhague. Une longue enquête de surveillance a été menée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en Europe et aux États-Unis, car la découverte de ce virus fait peser une menace vis-à-vis de l'éradication de la variole humaine et un risque de zoonose. vignette|Portrait d'un macaque crabier, Singapour. On a pu ainsi observer une dizaine d'épidémies de variole simienne chez les singes en captivité (animalerie de laboratoire et zoo) surtout chez les macaques (de l'espèce Macaca cynomolgus ou fascicularis), les orangs-outans étant très sensibles (décès avant l'éruption).. La plus importante fut celle du zoo de Rotterdam en 1964-1965.. La première épidémie détectée en France l'a été en 1968 dans une animalerie de l'Institut Pasteur chez des chimpanzés importés de Sierra Leone..

Ces épidémies ont cessé après 1968, avec l'amélioration des conditions de transport des singes importés, et une plus grande utilisation en laboratoire des singes nés en captivité. Les singes malades étaient importés d'Asie, mais les études révèlent qu'ils ont dû être infectés durant le transport, en contact avec d'autres singes ou autres animaux sauvages importés, et que l'habitat naturel du virus se trouve plutôt en Afrique.

En 1969, un colloque international de virologie tenu à Moscou définit le virus comme une espèce distincte du virus de la variole humaine.

Découverte chez l'humain Le premier cas humain a été découvert en 1970, à l'hôpital de Basankusu (Zaïre, aujourd'hui République démocratique du Congo). Il s'agissait d'un enfant d'un village de la région. L'hôpital de Basankusu couvre une large zone rurale dont la population était estimée à en 1970, en majorité petits agriculteurs et chasseurs-cueilleurs regroupés en petits villages situés à la lisière de forêt tropicale humide. Ce cas a été détecté dans des échantillons biologiques étudiés dans le cadre de la surveillance OMS de la variole (réseau international de laboratoires de référence, en l'occurrence celui de Moscou)..

Épidémies occasionnelles En Afrique vignette|Enquête épidémiologique en République démocratique du Congo en 1997, où sur de Gambie testés pour le virus, 3 se sont avérés positifs. D'autres cas surviennent dans les années qui suivent en Afrique de l'Ouest (Liberia, Sierra Leone, Nigeria, Côte d'Ivoire…). De 1981 à 1988, on compte de 300 à survenus en Afrique centrale et de l'ouest, presque tous des cas isolés... La plupart des épidémies décrites l'ont été en République démocratique du Congo (RDC) où des foyers naissent régulièrement depuis les années 1980 avec un premier cas en 1970 () dans la région de l'Équateur, une épidémie () en 1971-1980 et une autre () en 1986. Les autres pays africains sporadiquement touchés sont : Cameroun, Gabon, Nigeria, République centrafricaine et Sierra Leone, qui ont connu quelques cas dans les années 1990.

Jusqu'alors, la variole simienne reste une maladie rare en Afrique, particulière à des petites localités en bordure forestière, et paraissant épargner les grandes villes, ce qui la distingue radicalement de ce que fut la variole..

La majorité des épidémies connues surviennent régulièrement en République démocratique du Congo, dans deux provinces (Kasaï Oriental et Équateur) dont celle de 1996-1997 (), puis en 1999 dans la région de Mbuji-Mayi avec , encore une fois la province de l'Équateur en 2001 et 2002 avec respectivement 23 et et enfin dans la région de Kabinda en 2005 avec malades. En 2005, ont été signalés au Sud Soudan dans la région de Bentiu.

Mi-2007, des épidémies ont encore sévi au Congo-Brazzaville dans la région de Likouala déjà touchée en 2003 (nord-est du pays – frontalière de la RDC), de à fin , avec presque humains.

Depuis les années 2010, par rapport aux années 1980, le nombre de cas suspects, probables et confirmés a été multiplié par dix, ce qui reflèterait une réelle augmentation de la maladie et non une amélioration du système de surveillance considéré comme stable depuis 2008.

De 2017 à 2019, plus de trois mille cas ont été notifiés au Nigeria, en République démocratique du Congo et en Centrafrique...

En 2022, à la date du , huit pays africains ont signalé à l'OMS confirmés, suspects et . La République démocratique du Congo est le pays le plus touché avec confirmés, suspects et ..

Hors d'Afrique Épidémie de 2003 (États-Unis)

vignette|Exhibition d'un rat de Gambie, comme espèce envahissante africaine acclimatée aux Keys en Floride. La première épidémie non africaine de variole simienne est survenue en 2003 aux États-Unis où elle a été importée depuis le Ghana par plusieurs espèces de rongeurs sauvages, dont les rats de Gambie (nouveaux animaux de compagnie). Ceux-ci auraient contaminé des chiens de prairies dans des animaleries, eux-mêmes à l'origine de l'épidémie humaine, accès libre..

Selon le CDC, le , (dont ) ont concerné six États : Wisconsin (), Indiana (), Illinois (), Missouri (), Kansas (), Ohio (). Le bilan final est de touchées, dont confirmés. Tous les patients ont été en contact avec un chien de prairie malade. Il n'y a eu aucun décès et aucune transmission interhumaine, mais la maladie était similaire à celle existant en Afrique..

Les autorités fédérales de santé américaines ont alors interdit l'importation de tout rongeur africain (vente, distribution et transport), ainsi que le lâchage de chien de prairie domestique dans la nature. Outre le rat de Gambie, d'autres espèces africaines de rongeurs ont été interdites de lâchage : écureuil, porc-épic à queue en brosse, souris rayée, souris de la famille des gliridés.. En 2015, le rat de Gambie reste considéré comme un réservoir potentiel et un agent de transmission possible...

Cas en 2018 (Royaume-Uni, Israël, Singapour) En 2018, trois cas humains sont signalés au Royaume-Uni, dont deux en provenance du Nigeria, le troisième étant un agent hospitalier contaminé (chargé du nettoyage de la literie), c'est le premier cas confirmé de transmission interhumaine hors d'Afrique. D'autres cas importés ont été signalés en Israël ( en 2018, un Israélien revenant du Nigeria) et à Singapour ( en 2019, un Nigérian venu à Singapour).

Cas en 2021 (Royaume-Uni, États-Unis) En 2021, trois membres d'une même famille revenant du Nigeria sont touchés au Royaume-Uni. La même année deux cas importés sont signalés aux États-Unis, l'un au Texas, l'autre dans le Maryland..

Épidémies de portée internationale Épidémie mondiale de 2022-2023 vignette|redresse=1.5|Une carte de la propagation du virus dans le monde.

Une épidémie de causée par le du virus est identifiée pour la première fois en .. Le premier cas est détecté à Londres le chez un patient ayant récemment voyagé depuis le Nigeria (où la maladie est endémique)... Des cas ultérieurs sont signalés dans un nombre croissant de pays et de régions.

Pour l'année 2022, sur l'ensemble du monde (pays endémiques et non endémiques), confirmés en laboratoire et ont été signalés à l'OMS par ..