Abraham Catulle Mendès, né le à Bordeaux et mort le à Saint-Germain-en-Laye, est un romancier, poète, dramaturge, librettiste et critique littéraire français. Il écrivait également sous le pseudonyme C. Valerius .
Biographie vignette|gauche|Le jeune Catulle Mendès, en 1865. Abraham Catulle Mendès est issu d'une lignée de Juifs portugais. Petit-fils du banquier Isaac Mendès, Catulle Mendès est le fils du négociant Tibulle Abraham Mendès et de Suzanne Brun, catholique qui élève son fils dans sa religion.
Après une enfance et une adolescence à Toulouse, Mendès arrive à Paris en 1859.
Il se fait connaître en 1860 en fondant La Revue fantaisiste à laquelle collabore notamment Villiers de L'Isle-Adam. En 1863, il publie son premier recueil de poèmes, Philoméla, et sympathise avec Théophile Gautier jusqu'à ce qu'il décide d'épouser sa fille, Judith Gautier, le à Neuilly-sur-Seine. Théophile Gautier n'assiste pas à la noce, car ayant désapprouvé cette union, il n'aime guère l'écrivain qui avait déjà, avant ce mariage, une maîtresse et des enfants naturels de celle-ci. Le beau-père surnomme son gendre « Crapule m'embête »Duc de la Force, La Fin de la douceur de vivre, Souvenirs, Plon, 1961, page 202..
À la suite d'un voyage en Allemagne qui le laisse ébloui, Catulle Mendès se range avec ardeur dans le camp des admirateurs et défenseurs du compositeur Richard Wagner, à l'instar de son épouse Judith.
Il entre ensuite dans le groupe d'écrivains qui se réunit chez Louis-Xavier de Ricard tout d'abord, chez Leconte de Lisle ensuite, où François Coppée, Léon Dierx, José-Maria de Heredia et Théodore de Banville comptent parmi les habitués. Sous l'impulsion de Ricard et de Mendès naît le mouvement Parnasse dont Mendès se fait l'historien en publiant plus tard La Légende du Parnasse contemporain. Il participe activement aux recueils du Parnasse contemporain.
En 1876, il propose à Guy de Maupassant d'entrer dans la franc-maçonnerie, mais celui-ci refuse..
Unions et descendance vignette|gauche|Les Filles de Catulle Mendès (1888) par Auguste Renoir, Metropolitan Museum of Art de New York. Après son mariage en 1866 avec Judith Gautier, dès 1869, peut-être même dès 1866, Catulle Mendès entretient une liaison avec la compositrice Augusta Holmès. Ainsi, le couple Mendès-Gautier ne dure pas : ils se séparent en 1874 ; Judith obtient la séparation juridique le ; bien plus tard, Mendès, en reconnaissant tous les torts, demandera le divorce (devenu légal), qui sera prononcé le Joanna Richardson, Judith Gautier, Seghers, 1989, pp. 178 et 234..
Après la séparation juridique en 1878, Mendès s'installe chez Augusta Holmès. Mendès et Holmès ont cinq enfants : Raphaël Henri, dessinateur et peintre (1870-1896), Jeanne Huguette Olga (1872-1964, mère du peintre Christian Caillard), Marie Anne Claudine (1876-1937, épouse du poète Mario de La Tour Saint-Ygest), Hélyonne Geneviève (1879-1955, épouse du romancier Henri Barbusse) et Marthian"Cinq deuils de guerre 1914-1918", de Stéphane Audoin-Rouzeau - Éditions Noesis, mars 2001 - page 213 avant de se séparer en 1886, après qu'Augusta Holmès eut, semble-t-il, été ruinée par MendèsAuguste de Villiers de L'Isle-Adam, Œuvres complètes, édition établie par Alan Raitt et Pierre-Georges Castex avec la collaboration de Jean-Marie Bellefroid, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1986, tome 2, .. Les trois filles sont le sujet du tableau d'Auguste Renoir, Les Filles de Catulle Mendès.
vignette|Catulle Mendès chez lui (1905). Le , à Chatou, Mendès (qui avait trois autres fils, à savoir Marcel, Raymond et RobertVoir supra - "Cinq deuils de guerre 1914-1918", où l'auteur laisse entendre qu'ils ont été reconnus par le propre père de Mendès.), se remarie avec la poétesse Jeanne Mette, qui est sa compagne, et dont il a également un fils, Jean Primice Catulle-MendèsSite recensant les écrivains morts pendant la Première Guerre mondiale - et dont le nom est inscrit au Panthéon., né le à , et mort pour la France le au Chemin des Dames, filleul de Sarah Bernhardt.
D'une dernière relation avec la comédienne Marguerite Moreno (1871-1948), il a un dernier fils, ce qui lui fait une très nombreuse progéniture.
Fin de vie Le , il se bat en duel avec René d'Hubert, directeur du Gil Blas.
Le corps sans vie de Catulle Mendès est découvert le vers cinq heures du matin dans le tunnel de chemin de fer de Saint-Germain-en-Laye. On a supposé qu'il avait ouvert la porte de son wagon en se croyant arrivé à destination.
Postérité L'œuvre de Catulle Mendès, très abondante, est tombée dans l'oubli. Il est considéré comme le représentant d'une esthétique fin-de-siècle, utilisant, avec une certaine préciosité, un vocabulaire recherché et brillant. Les critiques de l'époque lui reprochaient une superficialité et une manière ostensible de suivre la mode du jour. Sa poésie, au parfum décadent, était très appréciée de Verlaine.
Il est également l'auteur de courts récits érotiquesVoir Billets de la folie sur Wikisource..
Friedrich Nietzsche lui a dédié ses Dithyrambes pour Dionysos, le célébrant comme
Il apparaît dans le roman Le Désespéré de Léon Bloy sous le nom d'Abraham-Properce Beauvivier, où il est dépeint comme un personnage du monde littéraire, sans scrupule, directeur d'un journal à grand tirage, égocentrique et opportuniste.
Hommages Une voie du de Paris porte son nom. Le , le sculpteur Émile Guillaume, vieil ami du poète, procéda au moulage du visage du défunt sur son lit de mort. Il réalisa également un buste qui fut exposé lors d'une soirée d'hommage organisée le par Sarah Bernhardt.
Œuvre Poésie
Poèmes mis en musique Reynaldo Hahn, Le Souvenir d'avoir chanté, douzième et dernière des douze pièces du recueil Rondels. Emmanuel Chabrier, Chanson pour Jeanne, Lied Georges Bizet, L'Abandonnée Ignacy Paderewski, Douze mélodies sur des poésies de Catulle Mendès Alfred Bruneau, Lieds de France et Chansons à danser Jules Massenet, La Lettre Gabriel Fauré, Dans la forêt de septembre
Romans vignette|Catulle Mendès, c. 1889. La Vie et la Mort d'un clown (1879) Les Mères ennemies (1880) Le Roi vierge (1881), réédition Obsidiane (1986), préface de Hubert Juin. Le Crime du vieux Blas, éditions Henry Kistemaeckers, Bruxelles (1882), d'abord publié dans Le Petit Parisien sous le titre Le crime du grand-père à partir du Zo'Har (1886), rééd. éditions Palimpseste (2005) L'Homme tout nu (1887) Luscignole, Dentu (1892) La Première Maîtresse (1894), rééd. éditions Palimpseste (2013) Gog (1896) Méphistophéla, ; réédition Méphistophéla, Séguier, « Bibliothèque Décadente » (1993) , présentation Jean de Palacio Les Oiseaux bleus, réédition Séguier, « Bibliothèque Décadente » (1993) , présentation Jean de Palacio Grande-Maguet La Femme-Enfant (1891) (en ligne), rééd. éditions Palimpseste (2007) La Maison de la Vieille Rue des Filles-Dieu, 56 Le Chercheur de Tares (1898) Verger-Fleuri (1894)
Nouvelles Histoires d'amour, 1868 Lesbia, Paris, M. de Brunhoff, 1886. — Ce recueil contient : Lesbia • Vieux meubles • Chemise noire • Quittes • L'amour en danger • Regards perdus • Les autres • Idylle d'automne • Le miracle • Les deux avares • Preuves • Le don qui suffit • Le lit enchanté • Le cœur de Balbine • Les fleurs et les pierreries • Justice après justice • L'ombre vaincue • La princesse muette • Tourterelle • Nécessité de l'héroïsme • L'armure • Suite dans les idées • Rompre • L'autographe • Hygiène Le Rose et le Noir, Paris, E. Dentu, 1885. — Ce recueil contient : Les Hirondelles • L'Inattendue • Don Juan au paradis • Le Portrait ressemblant • Les Fleurs dans l'eau • Danger de la charité • La Nuit de noces • La Cuisine des anges • Fatalité • L'Hôte • Les Ailes déçues • Tristesse des Sirènes • Le Possédé • La Bonne Journée • La Voie inutile • La Robe de noces • L'Incendiaire • La Momie • La Joueuse de flûte • La Layette d'Isamberte • L'Exclu • Mariage aux lucioles • La Convertie • Les Azalées • L'Occasion • Tendresse de la justice • L'Arbre sacré L'infidèle, 1889. Le Confessionnal La Messe rose Arc-en-Ciel et Sourcil-Rouge Pour lire au bain, 154 dessins deFernand Auguste Besnier, E. Dentu, 1883 Monstres parisiens, 2 séries, illustrées par Besnier, Marpon & Flammarion, 1883-1885 Tous les baisers, six séries illustrées par Besnier, E. Dentu, 1884-1885 Incendies, recueil de nouvelles, Stalker éditeur, 2006
Contes Les Contes du rouet, Frinzine & Cie éditeurs, 1885 La Petite Servante • Il ne faut pas jouer avec la cendre • Mademoiselle Laïs • Touffe de myosotis • La Convertie • La Bonne Journée • Léa, Mariage aux lucioles • L'Homme de lettres • La Vie et la mort d'une danseuse • Jeanne • Jeunes mères • Le Lâche • Le Ramasseur de bonnets • Le Miroir • Les Mots perdus • Les Deux Marguerites • George et Nonotte • Le Mangeur de rêves • Le Marquis de Viane • Les Hirondelles
vignette|Séverin en Pierrot dans Chand d'habits !, pantomime de Catulle Mendès.Affiche par Cappiello, 1896.
Théâtre La Part du roi (1872) Les Frères d'armes (1873) Justice (1877) Les Mères ennemies (1882) Le Capitaine Fracasse (1878) La Femme de Tabarin (1887) Les Joyeuses Commères de Paris, fantaisie, écrit avec Georges Courteline (1892)Notice Sudoc Médée (1898) La Reine Fiammette (1898) Farces (1899) Le Fils de l'étoile (1904) Scarron, musique Reynaldo Hahn, , Théâtre de la Gaîté-Lyrique Glatigny, drame funambulesque en vers, mêlé de chansons et de danses, en cinq actes et six tableauxPremière représentation : théâtre de l'Odéon, 17 mars 1906, musique d'Olivier Métra, des frères Lyonnet et de Louis Ganne. (1906) La Vierge d'Avila (Sainte Thérèse), drame en cinq actes et un épilogue, en versPremière représentation : théâtre Sarah-Bernard, 10 novembre 1906, musique de scène de Reynaldo Hahn, décors de M. Paquereau. (1906)
Dans un billet du Figaro daté du , Catulle Mendès écrit que c’est en lisant, vers 1868, Les Religions & les Philosophies de l’Asie centrale du comte de Gobineau, qu’il eut l’idée d’écrire une pièce de théâtre sur la célèbre poétesse persane et disciple du Báb appelée Táhirih (la pure) ou Qurrat al-‘Ayn (la consolation des yeux)..
Livrets d'opéra Le Capitaine Fracasse (1878), opéra-comique en trois actes et six tableaux, d'après le roman de Théophile Gautier, musique d'Émile PessardThéâtre-lyrique, Paris, .. Gwendoline (1886), pour l'opéra d'Emmanuel Chabrier. Texte sur Gallica. Isoline (1888), pour l'opéra d'André MessagerIsoline, conte de fées en trois actes et dix tableaux, poème de Catulle Mendès, musique d'André Messager ; partition éditée par Énoch et Costallat ; représenté au théâtre de la Renaissance à Paris, voir la critique parue dans Le Monde illustré, hebdomadaire, du 5 janvier 1889, chronique musicale d'A. Boisnard, . Rodrigue et Chimène (1893), opéra inachevé en trois actes, musique de Claude Debussy. La Carmélite (1902), comédie musicale en quatre actes et cinq tableaux, musique de Reynaldo Hahn ; Texte sur Gallica. La Reine Fiammette (1903), drame lyrique en quatre actes et six tableaux, musique de Xavier LerouxLa création eut lieu à l'Opéra-Comique le , avec Mary Garden dans le rôle d'Orlanda.. Le Fils de l'étoile (1904), drame musical en cinq actes, musique de Camille ErlangerSource : Le Magasin pittoresque, , p. III, article publié à la suite d'une représentation à l'Opéra. La première eut lieu le . Texte sur Gallica. Ariane (1906), pour l'opéra de Jules MassenetAriane, opéra créé le à l’Opéra de Paris. Bacchus, pour l'opéra de Jules MassenetBacchus, opéra en quatre actes et sept tableaux, de Jules Massenet, créé à l'Opéra de Paris en mai 1909. Livret sur Gallica Briséïs, (avec Éphraïm Mikhaël), drame en trois actes, musique d’Emmanuel Chabrier ; texte sur wikisource. Traduction française de Hänsel und Gretel de Humperdinck (Opéra de Paris, 1900)
Arguments de ballet Le Cygne, ballet en un acte, musique de Charles Lecocq (Opéra comique de Paris, 9)