Eudocie, parfois orthographié Eudoxie (en latin : Ælia Licinia Eudoxia), née vers 400 et morte en 460, est une impératrice byzantine et une femme de lettres du . Protégée de Pulchérie, la sœur de l’empereur , elle épouse celui-ci en 421. Son influence croissante auprès de son mari finit par lui valoir l'inimitié de Pulchérie et sa disgrâce en 439. thumb|Portrait d'Eudocie sur une pièce de monnaie.
Famille Fille du rhéteur athénien nommé , son nom de naissance est Athénaïs. Elle prit celui d'Ælia Licinia Eudocia ou Eudocie lors de sa conversion au christianisme, quand elle devint impératrice byzantine par son mariage avec l'empereur le . Elle est la protégée de la sœur de celui-ci, Pulchérie.
Elle a deux frères ; Gessius, préfet du prétoire d'Illyrie, et Flavius Valerius, consul en 432.
Biographie Elle reçoit en 423 le titre dAugusta, après avoir donné naissance à une fille, Licinia Eudoxia. Celle-ci est promise en mariage dès l'âge de 3 ans à un cousin de , Valentinien, qui a alors 6 ans.
Dès son mariage impérial, Eudocie prend l'ascendant sur son époux au détriment de la sœur de celui-ci, Pulchérie. Selon André Chastagnol, elle aurait peut-être inspiré la loi de 425 sur l'université de Constantinople. Dans la querelle du nestorianisme, elle prend parti avec son mari pour le patriarche Cyrille d'Alexandrie qui peut faire condamner Nestorius au concile d'Éphèse en 431. Depuis 435, elle aide Cyrus de Panopolis, égyptien originaire de Panopolis, à devenir préfet de Constantinople puis à cumuler la préfecture de la Ville et celle du prétoire à partir de 439André Chastagnol, La fin du monde antique, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1976, ..
Sa fille aînée Licinia Eudoxia est mariée en 437 à , devenu entre-temps l'empereur d'Occident.
En 438, elle fait un pèlerinage en Terre sainte à l'invitation de Mélanie la Jeune, fondatrice de l'Apostoleion, au cours duquel elle prononce un discours à Antioche qui eut un grand succès devant le peuple et le sénat, elle offre de nombreux cadeaux aux églises d'une valeur de plus de d'or et les remplit de reliques..
En 439, de retour de ce pèlerinage à Jérusalem, elle est faussement accusée d'infidélité à la suite de la jalousie croissante de Pulchérie. Privée par de ses attributions d'Augusta, elle se retire à Jérusalem en 443 et consacre la fin de sa vie à la méditation religieuse et à des œuvres de piété, sans renoncer à son amour des lettres. Témoignage de sa venue en Terre sainte, une inscription dédicatoire comportant un poème en vers homériques a été récemment découverte à Hamat Gader, au sud du lac de Tibériade.
Elle est favorable aux monastères de Palestine qui, s'opposant au concile de Chalcédoine, deviennent suspects de monophysisme. Doutant du chemin à suivre, elle envoie des émissaires à Antioche, auprès de saint Siméon le Stylite qui lui rétorque : C'est en effet saint Euthyme le Grand qui la remet dans le chemin de l'orthodoxie chalcédonienne. Elle meurt le 20 Octobre 460 et est canonisée par l'Église orthodoxe.
Ses restes sont ensevelis dans la crypte de la basilique Saint-Étienne de Jérusalem et sont dispersés lors de l'invasion perse de 614.
Œuvres Eudoxie était une poétesse prolifique : bien que la plupart de ses œuvres n’aient pas survécu, près de vers sont conservés, ce qui est particulièrement remarquable pour une poétesse de l’époqueSowers, Brian Patrick (2020). In Her Own Words: The Life and Poetry of Aelia Eudocia. Washington, DC: CHS, . Son style littéraire reflète les traditions contemporaines de la paraphrase et sa formation sophiste approfondie.
Elle laisse quelques écrits : Un poème en l’honneur de pour sa victoire sur les Sassanides ; Trois livres sur le martyre de saint Cyprien de Nicomédie ; Un éloge d’Antioche ; Un discours prononcé dans cette ville ; Une paraphrase de l'''Octateuque et des prophètes Zacharie et Daniel ; Le complément des Centons homériques de Patricius.
Le poète vénitien Apostolo Zeno a tiré de l'histoire d'Eudocie la trame du livret dAtenaïde, opera seria mis en musique par Antonio Vivaldi.
Liturgie Le calendrier liturgique de Jérusalem conserve sa mémoire à la date du 19 octobre, avec station dans l'une des nombreuses églises dont elle avait financé la construction, la basilique Saint-Étienne de Jérusalem, aujourd'hui couvent dominicain et siège de l'École biblique et archéologique française de Jérusalem.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Brian P.Sowers, In Her Own Words: The Life and Poetry of Aelia Eudocia. Hellenic Studies Series 80. Washington, DC: Center for Hellenic Studies, 2020.CPG 6020-6025. Certaines de ses œuvres se trouvent dans le volume Centons homériques de la collection des Sources chrétiennes (1998), dans une traduction d'André-Louis Rey. Ses historiens sont Nicéphore Calliste Xanthopoulos et surtout Cyrille de Scythopolis dans la Vie de saint Euthyme. On trouve aussi des éléments dans certains ouvrages conservés en syriaque du monophysite Jean Rufus, dont la Vie de Pierre l'Ibère ainsi que dans la Vie de sainte Mélanie'' par Gérontios.
Articles connexes Antiquité tardive. Liste des impératrices romaines et byzantines.
Liens externes Notice biographique.
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