La bataille d'Agosta est une bataille navale qui a lieu le , à proximité d'Agosta, au large des côtes siciliennes. Elle oppose, dans le cadre de la guerre de Hollande, une flotte française commandée par Abraham Duquesne à une flotte combinée, espagnole et hollandaise, commandée par don Francisco de la Cerda et Michiel de Ruyter. Elle est connue aussi sous les noms de bataille du Mont-Gibel et bataille de FamagousteM. Vergé-Franceschi, Dictionnaire d'Histoire Maritime, article « Agosta ».. Le port d'Agosta, connu actuellement comme Augusta, est situé à une vingtaine de kilomètres au nord de Syracuse, sur la côte est de la Sicile.
Contexte Pendant la guerre entre la France et la Hollande (1672-1678), la ville de Messine se révolte contre les Espagnols. Soumise à un blocus, elle appelle à son secours le roi de France. Celui-ci accepte la demande et envoie une flotte sur les côtes de Sicile, en 1674 avec Valbelle, en 1675 avec Abraham Duquesne et en 1676 sous le commandement du duc de Vivonne. L'escadre bleue est alors commandée par Duquesne, la blanche et bleue par le chef d'escadre de Preuilly-d'Humières.
Le ravitaillement des révoltés doit être assuré par des convois, surtout de blé. Le premier convoi avec Jean Baptiste de Valbelle se présente le avec de guerre, 3 brulots et 2 transport de vivres qui réussissent à entrer dans le port de Messine en dépit du tir d’artillerie depuis le fort espagnol de San Salvador, qui se trouve sur la jetée du port, face à l’extérieur. Messine avec une population d’environ , a besoin de grandes quantités d’aliments, subissant un blocus terrestre et naval des Espagnols.
Les Espagnols depuis leurs bases en Calabre, saisissent de nombreux navires chargés de ravitailler la ville, qui est constamment soumise à des incursions et bombardements des Espagnols. Les Français une fois à terre commencent à mettre sous blocus le fort de San Salvador, des tranchées sont creusées et des batteries mises en place. Les Français réussiront à prendre une embarcation avec des vivres et munitions pour le fort, réduisant la capacité de défense de celui-ci. Le le fort de San Salvador se rendra, faute de poudre.
En Espagne, une escadre réunie à Barcelone se prépare pour partir vers le Roussillon, ordre lui est donné de partir vers la Sicile avec de guerre aux ordres de Melchior de la Cueva, plusieurs galères aux ordres celles d’Espagne du , Enrique de Benavides de la Cueva y Bazán, celles de Gènes de Felipe Doria, celles de Naples du prince de Piombino et celles de Sicile aux ordres du prince de Montesarchio, .
Le les Espagnols se présentent devant le Phare, nom qui désigne le détroit de Messine. Devant le , les Espagnols effectuent un bombardement, devant renoncer à lancer leurs brûlots à cause du vent contraire. Les navires français restant à l’abri du port, les Espagnols se dirigent vers Milazzo.
Après quatre jours d’attente, les navires français quittent le port et se dirigent vers la France. Depuis la côte de la Calabre, les Espagnols envoient des navires patrouiller devant Messine, empêchant l’arrivée de vivres à Messine, effectuant de temps en temps des débarquements pour lancer des coups de main contre les forces de Messine. Une épidémie se déclare à Messine, la population étant affaiblie par la famine, et chez les Espagnols cause entre les équipages des navires. Le des renforts arrivent d’Espagne.
Petit à petit, les Espagnols resserrent le blocus autour de la ville, ils capturent plusieurs forts autour de la ville, la tour du Phare à la pointe nord de l’ile, la Lanterne de Messine tombent en leur pouvoir. Puis avec l’appui de navires et galères ils prennent le Paraiso, Salvatori dei Greci, le monastère qui domine la ville, le fortin de San Francesco de Paula, le couvent de Santa Maria di Gesù, équipant ces endroits avec l’artillerie des navires, ce qui aura certaines conséquences lors des combats navals suivants. Depuis Milazzo jusqu’aux îles de Lipari, Jacinto Lopez Gijon croise avec . Au sud du détroit de Messine, naviguent aux ordres de Melchior de la Cueva. Entre les deux lignes espagnoles, leurs galères font la jonction.
Avisé du départ d’une escadre française de Toulon, le marquis Del Viso décide d’attaquer la ville avant l’arrivée des Français, il donne l’ordre à Lopez Gijon de mettre cap au sud vers Messine, et à Melchior de la Cueva de mettre cap au nord pour se rejoindre devant Messine, pour que le ils puissent attaquer les positions ennemies. Ce jour-là, le mauvais temps empêche l’attaque espagnole contre Messine, les navires de Lopez Gijon menacent de s'abîmer contre la côte, ceux de Melchior de la Cueva — luttant contre le vent — ne peuvent le remonter, finalement deux galères espagnoles iront à la côte.
Peu après, le , font leur apparition par le nord, c’est le chevalier de Valbelle avec de guerre, , et . Tous les efforts des Espagnols pour se placer en position favorable pour intercepter les Français échouent à cause du mauvais temps, qui par contre favorisera les Français, les navires espagnols incapables de remonter le détroit, les Français réussissent à entrer dans le port de Messine plusieurs navires. Au cours de l’action, les Espagnols perdent un navire à cause du courant. Les Espagnols essaieront d’envoyer deux brûlots camouflés comme des navires français, mais l’astuce ne prendra pas.
Les Espagnols prendront en dépit de la mauvaise mer un navire chargé de blé. Le mauvais temps empêchera une attaque espagnole malgré les énormes efforts des équipages pour se maintenir face à Messine, de nombreux navires perdront une partie de leurs voiles et mats. Seules les galères espagnoles croisent devant le port de Messine.
Puis les Français envoient un troisième convoi, aux ordres du duc de Vivonne avec de guerre et de nombreux transports. Avertis par leurs espions, les Espagnols se préparent à l’intercepter. Melchior de la Cueva se tient avec en dehors du détroit, le de bon matin, il aperçoit les navires français et se porte à leur rencontre.
Trois heures de duel d’artillerie s’ensuivent, ce qui permet à d’autres navires espagnols de s’unir à la bataille, étant remorqués par les galères. espagnols réussissent à faire reculer l’escadre française. Le vent ayant tourné, Valbelle réussit à sortir de Messine et se dirige vers le nord, prenant à revers les navires espagnols. Le combat durera jusqu’au coucher du soleil, les adversaires se retirent, les Français retournant à Messine. Les Espagnols perdent le galion la Madonna del Popolo, qui déjà avant le combat était à court de poudre et d’hommes. Les navires espagnols n’avaient pas toute leur artillerie à bord, de nombreux canons avaient été débarqués pour garnir les forts à terre, ainsi que de nombreux marins n’avaient pas été remplacés à la suite des maladies, par exemple le navire de Melchior de la Cueva avait en moins.
Le lendemain, les navires espagnols, sans les galères qui naviguent entre Milazzo et Palerme, se rendent à Palerme pour effectuer des réparations et se pourvoir de poudre. Occasion dont les Français profiteront pour faire rentrer des vivres à Messine.
Le , plusieurs navires français entrent dans le port, puis le ce sont qui entrent, subissant les tirs de l’artillerie espagnole depuis le fort de San Placido. Avec cette force, Vivonne décide de prendre Milazzo, avec une action combinée de l’infanterie et des navires. Il envoie dans un premier temps et aux ordres du marquis de Valavoire, appuyé par des galères aux ordres de Valbelle. L’opération sera un échec, les Espagnols repoussant les attaquants.
Peu après Vivonne se rend avec de guerre, et plusieurs autres navires légers dans le golfe de Naples, pour essayer d’attaquer les navires espagnols qui s’y trouvent. L’opération échoue, ainsi que celle prévue pour interdire l’arrivée de renforts espagnols depuis le golfe de Venise, néanmoins, Tourville réussira à prendre deux navires de transport espagnols. Le lieutenant général des galères de Naples, Beltran de Guevara réussira à prendre avec , face à Messine, la frégate de la Gracieuse. Tourville les poursuit, et réussira à mettre le feu à la Gracieuse, en dépit des tirs de l’artillerie espagnole de Reggio, où elle se trouvait.
Le duc de Vivonne décide de s'emparer d'Agosta, centre de ravitaillement espagnol et base intéressante pour surveiller la côte méridionale de Sicile. Il envoie pour ce faire de guerre, et . La place est capturée le .
Le , une force espagnole de plusieurs navires et galères souffre les effets d’une tempête, pas moins de finissent sur la côte de Calabre, et un éclair met le feu à un navire, le reste réussit à rentrer soit à Syracuse soit à Milazzo. Puis les navires partiront vers Palerme pour réparer les dégâts.
Des problèmes en Afrique du Nord, le Peñón de Alhucemas en 1673, les places fortes de Ceuta en 1674, Oran en 1675, ce qui les oblige à dévier des ressources vers ces lieux, forcent les autorités espagnoles à chercher une alliance avec les Provinces-Unies.
Les Hollandais décidés à venir en aide à l'ennemi de leur ennemi envoient une flotte en Méditerranée, sous le commandement de l'amiral Ruyter. Dans la lettre du que le Stathouder adresse à Ruyter, il lui donne l'ordre d'aller trouver :
Mais la campagne manque de véritable intérêt pour les Pays-Bas et la flotte hollandaise est faible et mal équipée.
Sur place, le duc de Vivonne décide de s'emparer d'Agosta, centre de ravitaillement espagnol et base intéressante pour surveiller la côte méridionale de Sicile. La place est capturée le .
L’accord hispano-hollandais stipule l’envoi par les derniers de de guerre d'entre 44 et , de 10 ou , et .
Le les Hollandais se présentent à Cadix, puis après deux mois d’attente, ils lèvent l’ancre pour Barcelone, d'où ils partent le , en compagnie du galion espagnol Nuesta Señora del Rosario de aux ordres de Mateo de Laya. Le ils sont devant Milazzo, ayant été obligés à cause d’une tempête à séjourner en Sardaigne. Une partie des navires hollandais ira à Palerme pour réparations.
Le une partie des navires hollandais, le galion espagnol Nuestra Señora del Rosario, et plusieurs galères attaquent dans le détroit, en coopération avec l’infanterie, le fort d’Ibiso qui se rend après trois heures de combat.
Le , françaises font leur apparition près des iles de Lipari, avec le vent à leur faveur. C’est l’escadre de Duquesne, avec à l’avant-garde Preuilly d'Humieres, et à l’arrière-garde, Jean Gabaret. La flotte alliée se divise en trois corps, l’avant-garde avec Verschoor, le centre avec Ruyter, l’arrière-garde avec Jan den Haen. Celui-ci n’aura pas une attitude coopérative avec les Espagnols, contredisant les ordres reçus, la relation entre Ruyter et Haen n'est pas des meilleures, Den Haen se sent injustement traité ce qui causera certains problèmes aux alliés. Le , vers le duel d’artillerie commence, et après trois heures de duel, les Français envoient un brûlot contre le navire de Ruyter, qui le repousse, ainsi que deux autres brûlots. À la tombée de la nuit les galères espagnoles s’unissent à l’escadre alliée. Elles prendront en remorque les navires touchés. L’amiral hollandais Verschoor trouvera la mort au cours du combat. Les deux adversaires ayant souffert du combat, ils passeront la nuit à réparer les navires.
Les jours suivants, douze navires aux ordres du marquis d'Almeras se joignent à Duquesne depuis Messine, et neuf navires du prince de Montesarchio se joignent à l’escadre alliée.