Paul Cadroy, né le à Aire-sur-l'Adour (généralité d'Auch et Pau, actuel département des Landes), mort le 9 octobre 1813 à Saint-Sever (département des Landes), est un homme politique de la Révolution française.

Entre 1792 et 1797, il est député des Landes à la Convention nationale, où il vote la détention de Louis XVI, puis au Conseil des Cinq-Cents.

Présentation Paul Cadroy est issu d'une famille de la bourgeoisie de robe. Son père, Jean-Marie Cadroy, est jurat d'Aire-sur-l'Adour.

Avocat à Saint-Sever au début de la Révolution française, qu'il finit par approuver avec de grandes réserves, il devient vice-président de l'administration du département des Landes en 1791.

Mandat à la Convention La monarchie constitutionnelle mise en application par la constitution du 3 septembre 1791 prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré avec sa famille à la tour du Temple.

En septembre 1792, Paul Cadroy, alors vice-président du directoire des Landes, est élu député du département, le troisième sur six, à la Convention nationale.

Il siège sur les bancs de la Plaine. Lors du procès de Louis XVI, il vote la détention, se prononce contre l'appel au peuple mais en faveur du sursis à l'exécution de la peine :Citoyens, je n'ai point publié mon opinion, ni à la tribune, ni par écrit, pendant la discussion préliminaire du procès de Louis, parce que j'ai cru que l'intégrité et la sévérité de mon caractère me condamnaient au silence, parce que je ne devais pas imprudemment alarmer l'accusé [...].

Je calcule autant qu'il est en moi, les chances et les probabilités politiques, et je ne vois pas la nécessité de la mort de Louis ; je crois, au contraire, qu'il est nécessaire qu'il vive. [...]

Je vote pour la détention de Louis. Le 13 avril 1793, il est absent lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat. Le 28 mai, il vote en faveur du rétablissement de la Commission des Douze.

Après la chute de Robespierre, Paul Cadroy adhère à la réaction thermidorienne.

Le 29 brumaire an III (le 19 novembre 1794), il est envoyé en mission aux côtés de Jean Espert (député de l'Ariège) dans les départements des Bouches-du-Rhône et du Var, en remplacement de leurs collègues Pierre-Jean-Baptiste Auguis (député des Deux-Sèvres) et Jean-Jacques Serres (député de l'île de France).

Le 11 floréal an III (le 30 avril 1795), il est chargé par le Comité de Salut public « de faire arriver des ports de la Méditerranée à Paris cent mille quintaux de grains ». Le 14 floréal an III (le 3 mai 1795), il est cependant envoyé à Lyon, alors en proie à l'agitation, et frappé, le lendemain de sa nomination, par un épisode de Terreur blanche. Le 17 floréal an III (le 6 mai 1795) enfin, il est missionné auprès de l'armée des Alpes et l'armée d’Italie.

Le 17 prairial an III (le 5 juin 1795), aux côtés de Jean-Michel Chambon de la Tour (député du Gard) et de Jacques Mariette (député de Seine-Inférieure), il assiste et cautionne le massacre du fort Saint-Jean.

Le 29 vendémiaire en IV (le 21 octobre 1795), il est dénoncé par François-Joseph Blanc (député de la Marne) et Denis-Marie Pellissier (député des Bouches-du-Rhône), qui l'accusent d'avoir couvert les massacres commis par les royalistes.

Dans ses mémoires, l'ancien conventionnel Marc-Antoine Baudot (député de Saône-et-Loire) accuse Paul Cadroy, couvert par le Comité de Législation, d'avoir commis des exactions lors de ses missions dans le Midi : Le vieux Laplaigne était président de ce Comité et Durand-Maillane en était le directeur [...]. Durand-Maillane [...] faisait exploiter le Midi en grand par son ami Cadroy, lorsqu'il ne le faisait pas lui-même.

Mandat aux Cinq-Cents Sous le Directoire, Paul Cadroy est réélu député des Landes et siège au Conseil des Cinq-Cents.

Il siège aux côtés des Clichyens. Le 17 frimaire (le 8 décembre), lui et ses collègues Chambon de la Tour et Mariette sont dénoncés par une pétition de Marseille qui les accuse d'avoir favorisé les massacres commis par la compagnie de Jéhu et du Soleil, et d'avoir couvert le massacre des jacobins incarcéré au fort Saint-Jean. La dénonciation est rejetée comme calomnieuse.

À l'issue du coup d'État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797), Paul Cadroy est décrété de déportation sur l'île d'Oléron. Il se soustrait au décret et se réfugie dans son pays natal. Il bénéficie de l'amnistie à l'issue du coup d'État du 18 brumaire (9 novembre 1799). Il reprend sa fonction d'avocat et devient maire de Saint-Sever.

Voir aussi Source , de Cabet à Calemard de Lafayette,

Liens externes

Notes et références

Catégorie:Député des Landes (Convention nationale) Catégorie:Naissance en décembre 1751 Catégorie:Naissance à Aire-sur-l'Adour au XVIIIe siècle Catégorie:Décès en novembre 1813 Catégorie:Décès à Saint-Sever au XIXe siècle Catégorie:Avocat français du XVIIIe siècle Catégorie:Représentant en mission Catégorie:Député des Landes (Conseil des Cinq-Cents) Catégorie:Avocat français du XIXe siècle Catégorie:Maire de Saint-Sever Catégorie:Décès à 61 ans