thumb|240px|Montage La république populaire de Chine mise sur le tourisme pour développer la région autonome du Tibet, l'une des subdivisions administratives les plus pauvres de la Chine.
Après s'être ouverte aux touristes étrangers en 1979, la région autonome du Tibet en reçut 300 en 1980, en 1984 et en 1994Pierre Chapoutot, Géopolitique de l'Everest, Cimes, 2002.. En 2004, le chiffre grimpa à 1,1 million de visiteurs Paul Miles, Tourism drive is destroying Tibet, Telegraph.co.uk, 8 avril 2005., en 2005 à 1,6 million et en 2007 à 4 millions Andrew Martin Fischer, "Population Invasion" versus Urban Exclusion in the Tibetan Areas of Western China.. Cette expansion du tourisme a toutefois connu un premier recul à la suite des troubles de la fin des années 1980 – le chiffre des touristes retombant de en 1987 à en 1989 – puis, selon l'agence Chine nouvelle, une régression du fait des émeutes de Lhassa et des troubles au Tibet en 2008 et de leurs effets (seulement visiteurs)., le Tibet ayant été fermé en particulier aux touristes de mars à juin cette année‑là.
Entre janvier et , plus de 2,7 millions de touristes ont visité la région, soit trois fois plus que durant la même période de 2008, a indiqué le Quotidien du Tibet, pour un revenu de 2,29 milliards de yuans..
En 2010, la région a accueilli 6,85 millions de touristes chinois et étrangers, dégageant des revenus de 7,14 milliards de yuan (11 milliards de dollars), soit 14 % de son produit intérieur brut Direct flight boosts Tibet's tourism, 16 décembre 2011 : ..
Pour l'année 2012, à la date du , la région autonome du Tibet a reçu 10,34 millions de visiteurs venant d'autres régions de Chine ou de l'étranger, contre 8,69 millions en 2011. Près de personnes sont employées dans le secteur touristique régional.
En 2017, le Tibet a reçu plus de 25 millions de touristes.
Les touristes souhaitant visiter le Tibet doivent voyager dans un groupe organisé par une agence de voyages, avec un visa touristique.
L'expansion touristique
Années 1980 Au milieu des années 1980, le Tibet s’ouvre au tourisme, les voyageurs peuvent entrer en Chine en franchissant la frontière népalaise en de nombreux points, il n’y a plus de contrôle du gouvernement central ni d’obligation de passer par Pékin. Cette ouverture, inégalée presque partout dans les régions himalayennes si l'on excepte certaines parties du Népal, s'arrête temporairement du fait des émeutes d' à Lhassa Jack D. Ives, Bruno Messerli, The Himalayan dilemma. Recalling development and conservation, Routledge, 1989, 295 p., en part. : .
Selon Vegard Iversen, le développement de l'industrie du tourisme a été freiné par la présence de l'État chinois au Tibet. Alors qu'au Népal, les revenus de ce secteur atteignaient plus de 24 % des revenus des échanges extérieurs en 1985-1990, le nombre de touristes étrangers ayant visité le Tibet entre 1985 et 1989 était de contre en 1991 au Népal, où les revenus de cette industrie étaient de 73 millions de dollar USVegard Iversen, Le Tibet est-il chinois ?, ouvrage collectif dirigé par Anne-Marie Blondeau et Katia Buffetrille, ed. Albin Michel, coll. Sciences des religions 2002 , ..
Années 1990 thumb|Panneau trilingue (tibétain - chinois - anglais) au-dessus de l'entrée d'un petit café à Nyalam en 1993 (« Notification de police : Interdiction de répandre des pensées ou des objets malsains ») Dans l'ouvrage Le Tibet est-il chinois ?, publié en 2002, il est suggéré que le faible pourcentage d'étrangers (10 %) serait dû aux prix élevés demandés et au niveau médiocre des hébergements de la régionAnne-Marie Blondeau et Katia Buffetrille, Le Tibet est-il chinois ?, éd. Albin Michel, coll. « Sciences des religions », 2002, p. 338, ..
Années 2000 thumb|Canette de Red Bull et magasins sur le côté ouest de la place de la libération pacifique, démolis en 2005 et remplacés depuis par un espace vert. En 2002, Robert Barnett considère : « dire que le Tibet est ouvert aux touristes est fallacieux ». Les accès sont limités à Lhassa, Shigatsé et aux voies d'accès au Népal et au QinghaiLe Tibet est-il chinois ? Ouvrage collectif dirigé par Anne-Marie Blondeau et Katia Buffetrille, 2002, ed. Albin Michel, coll. Sciences des religions, Intervention de Robert Barnett Page 402.
Selon le gouvernement de la région autonome, près de 3 millions de touristes, chinois à 90 %Claire Goubier et Virginie Morel, ., devaient visiter le Tibet en 2007Nombre record de touristes au Tibet, sur tibet-info.net. , grâce notamment à l'ouverture de la ligne ferroviaire Qing-ZangTrois problèmes à résoudre face à l'afflux de touristes au Tibet, sur french.china.org.cn. reliant les villes de Golmud et de Lhassa.
Toujours d'après le gouvernement régional, la région autonome devait accueillir 6 millions de touristes du monde entier, d'ici 2010, ce qui devait rapporter au moins 6 milliards de yuans (770 millions de dollars) de revenus, au moins 12 % du produit intérieur brut de la régionLe Tibet prévoit l'arrivée de 6 millions de touristes d'ici 2010, publié le 12 juin 2007 sur veilleinfotourisme.fr. .
Années 2010 En 2010, la région a accueilli 6,85 millions de touristes chinois et étrangers, dégageant des revenus de 7,14 milliards de yuan (11 milliards de dollars), soit 14 % de son produit intérieur brut.
L'année 2011 a vu la réalisation du premier office de tourisme à Lhassa.
Pour l'année 2013, la région autonome a accueilli 12,91 millions de touristes, contre 10,34 millions en 2012 et 8,69 millions en 2011. Près de personnes sont employées dans le secteur touristique régional , sur le site chinatibetnew.com, 10 décembre 2012 : .
Une chambre de tourisme a été créée à Lhassa en 2014 à l'initiative de 30 sociétés touristiques privées, afin de promouvoir le tourisme dans la région Organization to help boost Tibet's tourism industry, chinadaily.com / Xinhua, 2014-08-25..
En 2014, le Tibet a enregistré 15,53 millions d'entrées touristiques (+ 23,5 % par rapport à 2013), dont 15,29 millions de l'intérieur du territoire national (+20,5 %) et 244 400 de l'étranger (+9,5%)Tibet : faits et chiffres 2015, Beijing Information, p. 214..
Dans un souci de développement du tourisme, près de 4 milliards d’euros sont investis dans la construction d'un énorme parc touristique dans les alentours de Lhassa, qui permettra d'accueillir cinq millions de visiteurs supplémentaires en 2015. Le parc sera construit autour du personnage historique de Wencheng, une princesse chinoise du , qui avait épousé le roi tibétain de l’époqueLes Chinois vont construire un immense parc touristique au Tibet, RFI, 8 juillet 2012..
En 2017, le Tibet a reçu plus de 25 millions de touristes. Leur séjour a rapporté 37,9 milliards de yuan (soit environ 6 milliards de dollars américains) Potala Palace to open free of charge for 3 months, sur eng.tibet.cn, 2 février 2018 : ..
Les transports Mise en service du chemin de fer Qinghai-Tibet
La nouvelle ligne ferroviaire Qinghai-Tibet, dite « le Train du Toit du monde », est l'instrument principal du tourisme tibétain. Grâce à elle et en quarante-huit heures, km sont franchis pour environ 80 Euros. Ainsi les portes du Tibet sont ouvertes à l'immense classe moyenne chinoise. Pour faire connaître cette destination, le gouvernement chinois a engagé des campagnes de communication. Les Chinois ont rapidement adopté cette nouvelle destination et le Tibet est devenu à la mode. 90 % des touristes sont des Hans.
Au , la ligne Qinghai-Tibet a transporté 52,76 millions de voyageurs depuis son entrée en service le . En 2011, le nombre de voyageurs a atteint les 10,6 millions : .
Mise en service d'un vol direct Beijing-Lhassa Depuis le , un vol direct quotidien Beijing-Lhassa est assuré par le transporteur aérien Air China sur des Airbus A320. Le trajet prend 3 h 50 min, soit un gain de 2 heures par rapport à l'ancien vol qui nécessitait une correspondance à Chengdu, la capitale de la province du Sichuan Air China launches direct Beijing Lhasa flights, China View, juillet 2009..
Aspects économiques thumb|Boutique de souvenirs à Lhassa Selon Anne-Marie Blondeau et Katia Buffetrille (2002), les bénéfices du tourisme vont essentiellement aux tour-opérateurs et peu aux TibétainsAnne-Marie Blondeau et Katia Buffetrille, Le Tibet est-il chinois ?, Albin Michel, coll. Sciences des religions, 2002, .. Ainsi, pour les guides tibétains, la concurrence des Han est pénalisante : , déclare une guide française de trekking. Certains guides chinois se feraient passer pour des Tibétains Claire Goubier et Virginie Morel, op. cit.. Commentant le remplacement d'un guide tibétain par un guide han, l'écrivain canadien Lisa Carducci signale que « le guide travaillait illégalement, tandis que le Han avait suivi un cours, réussi les examens de rigueur (anglais, histoire, etc.), et obtenu son certificat de guide »Lisa Carlucci, Une image vaut mille mots, China Daily, 18 mars 2009, reproduit sur le site french.china.org.cn le 20-03-09..
Selon le site Tibet-Info.net, les Tibétains, favorables au tourisme, site tibet-info.net, , expriment toutefois certaines inquiétudes vis-à-vis de ce tourisme de masse, qui menace les équilibres écologiques et culturels de la régionLe Tibet à l'épreuve du train sur rfi.fr. . .. L'ouverture du Tibet au tourisme est devenue un enjeu dépassant les simples considérations économiques.
L'essor économique de la région autonome permet de faire revivre l'artisanat traditionnel. Selon l'enseignant et écrivain australien Mark Anthony Jones Mark Anthony Jones, Flowing Waters Never Stale: Journey Through China, Zeus Publications, Burleigh MDC, Queensland, 2008 : « Many Tibetans are clearly keen to benefit from the money that the sharply increasing number of tourists bring, producing and selling all kinds of traditional handicrafts, and (...) some of these cultural products on sale to tourists have also become popular with the Tibetans themselves, which is why cultural production, now linked to tourism, is ‘a very important factor in the revitalisation of Tibetan culture.’ », nombre de Tibétains trouvent désormais, dans la vente d'objets artisanaux et de produits culturels aux touristes, un revenu non négligeable. Ces divers produits rencontrent même le succès auprès des Tibétains eux-mêmes Mark Anthony Jones, op. cit..
L'industrie chinoise profite de cet afflux de touristes chinois pour fabriquer et vendre des produits dont l'origine se retrouve dans l'artisanat tibétain. Selon Claire Goubier et Virginie Morel, deux journalistes de l'hebdomadaire Marianne, les touristes achètent des souvenirs d'ordre religieux mais « peuvent acheter des bouddhas dorés sous film plastique, des faux blousons de grandes marques internationales ou des copies de DVD. Les Chinois reconnus pour la qualité de leurs contrefaçons ne s'arrêtent pas là. L'artisanat tibétain est lui aussi fabriqué en série ! Les Chinois se sont mis à produire des objets tibétains. Sur le marché, il est difficile de reconnaître les produits authentiques ». Par ailleurs les Chinois profitent des coûts de main-d'œuvre très bas pour acquérir cet artisanat et l'exporter vers les grandes villes chinoises où l'art tibétain est devenu à la mode.
Aspects culturels En 2006, avec visiteurs par jour lors des périodes de forte affluence, Lhassa est devenu un haut lieu touristique. L'été 2009 a vu arriver à Lhassa plus de touristes par jour Life on the Tibetan Plateau : ..