Takht-i-Bahi (aussi orthographié Takht Bhai, Takhtbhai, Takht Bahai...) est un site historique dans le district de Mardan, province de Khyber Pakhtunkhwa au Pakistan, ancienne province du Gandhara. C'était d'abord un complexe zoroastrien qui a été converti au (période du royaume indo-parthe) en un complexe monastique bouddhiste ( - ). Ce complexe est considéré par les archéologues comme étant particulièrement représentatif de l'architecture des centres monastiques bouddhistes de son époque. Son nom signifie « trône de la source » : de « takht », trône, et « bahi », eau ou source, en perse et ourdou. Il fut ainsi nommé parce qu'il est situé sur une colline (le « trône ») et près d'un ruisseau (la « source »).
Ce site est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1980.
Localisation Les ruines sont situées à environ de Mardan, capitale du district de Mardan. Une petite ville fortifiée, datant de la même époque, se trouve à proximité. Les ruines se trouvent également à proximité d'un village moderne connu sous le même nom. Il est situé au sommet d'une petite colline à environ au-dessus de la plaine, et à environ du village de Bazar.
Les environs étant très fertiles, la région est presque entièrement dévouée à l'agriculture, dont la culture du tabac, le blé et la canne à sucre. La première sucrerie d'Asie y fut construite par les Britanniques, non loin du monastère.
Le complexe bouddhiste Le complexe de Takht-i Bahii, bâti à flanc de colline sur quatre crêtes reliées entre elles, comprend quatre secteurs principaux réalisés à des dates différentes : La cour des stūpa avec un regroupement de petits stūpa autour du stūpa principal orné de représentations du Buddha un ancien ensemble monastique comprenant des cellules pour les moines , une cour, un réfectoire et une salle de réunion une zone de chapelles à statues autour d'un grand stūpa entouré de petits un complexe monastique dont les petites cellules sombres sont éclairées par un jour étroit, lieux de méditationLa référence au tantrisme évoquée sur le document de l' UNESCO/1979 , , n'apparait plus sur la page dédiée de la liste officielle, . Sa conception est exemplaire de l'architecture du Gandhara. La construction, en schiste, se fait suivant le style par couches alternées, aussi appelée maçonnerie diaprée. De nombreuses sculptures de pierre ont été déplacées au musée de Peshawar (1907-13) et l'inscription sur pierre de Gondopharès est conservée au musée de Lahore. D'autres sculptures, en pierre ou en stuc, « prélevées » sur les bâtiments ont enrichi quelques musées et collections privées. Leur attribution à un lieu précis du site n'est pas évoquée car ces prélèvements ont été faits, le plus souvent, sans aucune référence au lieu du prélèvement. Environ 270 sculptures y ont été découvertes, sur lesquelles 220 datent du au milieu du .
La population estimée de ce complexe a été évaluée entre 250 et 350 résidents. Ceci au moment où d'autres complexes similaires, comme celui de Sahr-i-Bahlol, étaient en activité dans la même région. Ce qui témoigne de la foi qui animait le Gandhara à cette époque. Le premier monastère ne comprenait qu'un stupa de taille modeste (celui de l'actuelle cour des stupa votifs) entouré de petits stupas hétérogènes décorés d'éléments narratifs sculptés. Le grand monastère quadrangulaire, étendu sur plusieurs niveaux, a été construit au . De grandes statues, à l'échelle humaine, ont enrichi la zone dévotionnelle, dans des chapelles qui leur étaient consacrées. Cependant les reliques (contenues dans les stupa) continuaient d'être vénérées.
La plupart des sculptures réalisées pendant la période de plus grande activité ( - mi-) sont modelées en terre non cuite, en stuc, et bien plus rarement en terre cuite. Ces matériaux étant moins coûteux à faire travailler que le schiste. Le corps était, surtout pour les sculptures de grande taille, réalisé en terre non cuite, tandis que la tête et, parfois, les pieds étaient réalisés en stuc. Ce qui explique le très grand nombre sculptures de têtes qui ont survécu sans leur corps. Les scènes narratives semblent avoir été remplacées par des images dévotionnelles isolées.
Le complexe de Takht-i-Bahi est proche du site archéologique bouddhiste de Sahr-i-Bahlol, datant de la même période.
Références
Bibliographie
Articles connexes Gandhara Sahr-i-Bahlol
Liens externes Carte des sites archéologiques de la région Aurel Stein’s Work in the North-West Frontier Province, Pakistan (1898 to 1928), Britishmuseum.org
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