LEncyclopædia Britannica est une encyclopédie généraliste de langue anglaise publiée par Encyclopædia Britannica, Inc., une société privée basée à Chicago. Ses articles ciblent un public adulte et instruit, et sont écrits par un personnel d'environ cent rédacteurs à plein temps et plus de experts. La Britannica est reconnue comme l'encyclopédie la plus universitaire..
L'encyclopédie est publiée pour la première fois entre 1768 et 1771 à Édimbourg, en Écosse, et grandit rapidement en popularité et en taille : sa de 1797 et son supplément (1801) atteignent ensemble vingt volumes Frank A. Kafker et Jeff Loveland, The Early Britannica: The Growth of an Outstanding Encyclopedia, Oxford, Voltaire Foundation, 2009...
Son statut grandissant l'aide à recruter d'éminents contributeurs. La (1875 – 1889) et la (1911) sont considérées comme des encyclopédies de référence pour leur érudition et la qualité de leur rédaction. Dès la , la Britannica a graduellement raccourci et simplifié ses articles afin d'élargir son marché en Amérique du Nord. En 1993, elle est devenue la première encyclopédie à adopter une politique de révision continue, par laquelle elle est continuellement réimprimée et chaque article est régulièrement mis à jour.
L’actuelle a une structure en trois parties : une Micropædia de douze volumes (articles courts, généralement moins de ), une Macropædia de dix-sept volumes regroupant de longs articles (dont deux de ), et un volume unique intitulé Propædia pour donner un aperçu hiérarchique des connaissances. La Micropædia est conçue comme un guide à la Macropædia. Les lecteurs sont invités à examiner la Propædia pour comprendre le contexte de chaque sujet et trouver des articles plus détaillés.. La taille de la Britannica est restée à peu près constante à partir de 1940, avec près de 40 millions de mots pour un demi-million de sujets.. Bien que la publication soit réalisée aux États-Unis depuis 1901, elle a toujours conservé le vocabulaire britannique.
En 2007, la Britannica est la plus ancienne encyclopédie de langue anglaise encore en publication mais éprouve des difficultés de rentabilité.. Le , après d'existence, on annonce qu'elle ne sera plus imprimée, se recentrant sur ses encyclopédies en ligne et ses programmes éducatifs pour les écoles..
Histoire Les propriétaires de l’Encyclopædia Britannica, Inc. ont changé à plusieurs reprises. Il y eut notamment A & C Black, Horace Everett Hooper, Sears Roebuck et William Benton. L’actuel propriétaire de l’entreprise est Jacqui Safra, acteur suisse millionnaire. Les récents progrès en matière de technologie de l’information et la montée en puissance des encyclopédies électroniques telles que Microsoft Encarta ou Wikipédia ont réduit les commandes d’encyclopédies sur papier.. Pour rester compétitif, l’éditeur de la Britannica a souligné la réputation de son ouvrage, réduit le prix et les coûts de production et développé des versions numériques sur CD-ROM, DVD-ROM et sur Internet.
Éditions thumb|Page de couverture de la première édition de l'Encyclopædia Britannica.
La Britannica a été publiée en quinze éditions successives, avec des suppléments à la et à la . En outre, la n’a été qu’un supplément à la , de même que les et ont été le supplément de la . La a subi une réorganisation en profondeur en 1985. Cette aménagée est la version actuelle.
À travers l’histoire, la Britannica a eu deux objectifs : être un ouvrage de référence excellent, et fournir un contenu pédagogique. En 1974, la a adopté un troisième objectif : systématiser tout le savoir humain. L’histoire de la Britannica peut être divisée en cinq périodes, ponctuées par des changements en matière de management et la réorganisation de l’œuvre.
1768-1826 Dans la première période (éditions 1 à 6, entre 1768 et 1826), l’Encyclopædia Britannica est dirigée et publiée par ses créateurs, parmi lesquels Colin Macfarquhar, Andrew Bell, et Archibald Constable. Elle est publiée pour la première fois entre 1768 et 1771 à Édimbourg sous le nom « Encyclopædia Britannica, ou Un Dictionnaire des Arts et des Sciences compilé selon un nouveau plan »En version originale : Encyclopædia Britannica, or, A Dictionary of Arts and Sciences, compiled upon a New Plan.. Elle est en partie conçue en réaction à l’Encyclopédie de Denis Diderot et de Jean le Rond D'Alembert en France, publiée entre 1751 et 1772 et elle-même inspirée de la Cyclopaedia (1728) de Chambers. L’encyclopédie Britannica est d’abord une initiative écossaise, et reste encore un héritage durable de la période dite des Lumières écossaises.. Durant cette période, la Britannica évolue en passant de trois volumes (compilés par l'éditeur William Smellie) La première édition de la Britannica est décrite comme « déplorablement imprécise et non scientifique ».., à près de vingt volumes. Plusieurs autres encyclopédies se développent en même temps, notamment la Cyclopaedia de Rees et l’Encyclopædia Metropolitana de ColeridgeSur les éditions de la Britannica, voir Kafker et Loveland, Early Britannica..
vignette|left|175px|Les premières éditions au de l'Encyclopædia Britannica incluent des travaux de recherche, comme dans l'article de Thomas Young sur l'Égypte, qui comporte une traduction de hiéroglyphes sur la pierre de Rosette (ici illustrée).
1827-1901 Durant la deuxième période (éditions 7 à 9, entre 1827 et 1901), la Britannica est gérée par A & C Black, une société d’édition basée à Édimbourg. Bien que de nombreux contributeurs soient recrutés parmi les relations des rédacteurs en chef, par exemple Macvey Napier, d’autres sont attirés par la notoriété de l’Encyclopédie Britannica. Les contributeurs viennent souvent de pays étrangers, y compris les spécialistes les plus respectés de leur domaine.
Un index général de tous les articles est inclus pour la première fois dans la septième édition, pratique, qui sera maintenue jusqu’en 1974. Le premier rédacteur en chef d’origine anglaise est Thomas Spencer Baynes, qui supervise la production de la , surnommée « l’édition savante » pour son caractère particulièrement érudit. Cependant, avec la fin du , la est dépassée et la Britannica fait face à des difficultés financières.
1901-1973 La troisième période (éditions 10 à 14, entre 1901 et 1973) est marquée par le contrôle d’hommes d’affaires américains qui introduisent le marketing direct et le démarchage à domicile. Les éditeurs américains simplifient progressivement les articles, les rendant moins savants pour viser le grand public. La est rapidement produite en tant que supplément de la . La est en revanche reconnue pour sa qualité excellente. Son propriétaire, Horace Hooper, a fait des efforts considérables pour œuvrer à sa perfection. Quand ce dernier connaît des difficultés financières, la Britannica est reprise par la société Sears pour dix-huit ans (1920-1923, 1928-1943). En 1932, le vice-président de Sears, Elkan Harrison Powell, assume la présidence de la Britannica. En 1936, il commence la politique de révision continue. Celle-ci rompt avec la pratique antérieure, qui consistait à conserver les articles identiques jusqu’à l’édition suivante, parfois durant .
En 1943, la propriété de la Britannica est transmise à William Benton jusqu’à sa mort en 1973. Benton met en place une fondation portant son nom, qui dirige la Britannica jusqu’en 1996. C’est durant cette période, en 1968, que la Britannica célèbre son bicentenaire.
vignette|275px|Publicité américaine pour la dans le National Geographic Magazine de .
1973-1994
Durant la quatrième période (, entre 1974 et 1994) la Britannica connaît sa quinzième édition, qui est réorganisée en trois parties : la Micropædia, la Macropædia, et la Propædia.. Sous la direction de Mortimer Adler (membre du comité de rédaction de l’Encyclopædia Britannica depuis sa création en 1949, et président du comité depuis 1974)Mortimer J. Adler, . , New York, 1986. ., la Britannica cherche non seulement à être une référence et un outil pédagogique, mais aussi à systématiser les connaissances humaines. L’absence d’index autonome et le regroupement d’articles dans plusieurs encyclopédies parallèles (Micropædia et Macropædia) provoquent une « tempête de critiques » envers cette version initiale de la * * * * * * .. En réponse, la réédition de cette en 1985 est entièrement refondue et indexée. Cette seconde version continue à être publiée et révisée, la dernière version imprimée datant de 2010. Le titre officiel de la est la « Nouvelle Encyclopædia Britannica », aussi connue sous le nom de « ».
1994-aujourd'hui
Durant la cinquième période (de 1994 à nos jours), des versions numériques sont développées et publiées sur des médias optiques et en ligne. En 1996, la Britannica est achetée par Jacqui Safra bien en dessous de sa valeur estimée, en raison des difficultés financières de l’entreprise éditrice Encyclopædia Britannica, Inc. Celle-ci est scindée en deux sociétés distinctes en 1999 : d’un côté, une société qui garde la même dénomination et développe la version papier, de l’autre, la Britannica.com Inc, qui développe les versions numériques. Depuis 2001, les deux sociétés partagent le même directeur, Ilan Yeshua, qui continue la stratégie de Powell en lançant des produits dérivés de l'encyclopédie...
Dédicaces L’Encyclopædia Britannica a été dédiée au monarque britannique entre 1788 et 1901, puis également au président américain avec la publication de l’encyclopédie aux États-Unis. Ainsi, la est En version originale : ... L’ordre des dédicaces a varié en fonction de l’influence des deux puissances et du nombre d’exemplaires vendus dans chaque pays. De sorte que la en 1954 est En version originale : ... Conformément à la tradition, la version 2007 de l’actuelle a été ., tandis que la version 2010 de la même édition est En version originale : .La nouvelle Encyclopædia Britannica, Propædia: Outline of Knowledge and Guide to the Britannica, , 2010..
Critiques et popularité Réputation thumb |Une gravure d'Andrew Bell publiée dans la édition.
Depuis la , la Britannica a bénéficié d’une excellente réputation pour la qualité de ses articles... Plusieurs éditions ont d'ailleurs été plagiées aux États-Unis. À la sortie de la , le Time magazine a baptisé la Britannica le « Patriarche de la Bibliothèque ».. Le naturaliste William Beebe a même déclaré que la Britannica se tenait « au-delà des comparaisons parce qu’il n’y a pas de concurrent ».. Des références à la Britannica se trouvent dans la littérature anglaise, notamment dans La Ligue des rouquins d’Arthur Conan Doyle.
La Britannica est reconnue pour sa façon de concentrer les connaissances humaines. Pour approfondir leur éducation, beaucoup se sont consacrés à la lecture entière de la Britannica. Quand Fat'h Ali est devenu chah de Perse en 1797, il reçut la troisième édition de la Britannica, qu’il lut en intégralité. Après cet exploit, il inclut dans son titre royal « le Plus Formidable Seigneur et le Maître de l’Encyclopædia Britannica ».. L’écrivain George Bernard Shaw a revendiqué avoir lu en entier la , sauf les articles scientifiques. Richard Byrd a choisi de lire la Britannica durant son séjour de cinq mois au pôle Sud en 1934, tandis que Philip Beaver l’a emportée pour son expédition en mer. Plus récemment, l’éditeur A. J. Jacobs a lu l’intégralité de la en 2002, décrivant ses expériences dans le célèbre ouvrage titré The Know-It-All: One Man's Humble Quest to Become the Smartest Person in the World paru en 2004. Seules deux personnes sont connues pour avoir lu deux éditions différentes en entier : l’auteur C. S. Forester, et l’homme d’affaires américain Amos Urban Shirk qui a lu les et en y consacrant près de trois heures par nuit pendant quatre ans et demi pour la .. Beaucoup d’éditeurs en chef de la Britannica ont probablement lu leur édition dans leur intégralité, comme William Smellie (), William Robertson Smith () et Walter Yust ().
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