Narcisse Poirier, né le à Saint-Félix-de-Valois (Québec) et mort le , est un artiste-peintre québécois.
Biographie À seize ans, il s'inscrit au Conseil des arts et manufactures de la Province situé dans le Monument-National à Montréal Il suit les cours d'Edmond Dyonnet, Joseph Saint-Charles, Alfred Laliberté, Henri Hébert et Elzéar Soucy. En 1920, il va perfectionner son art à l'Académie Julian de Paris en compagnie de son ami le peintre Rodolphe Duguay. Rapidement il se rend en Italie, puis en Angleterre. Son séjour européen est de neuf mois en tout.
En 1922, le gouvernement du Québec achète une de ses toiles. De 1925 à 1928, il expose à la Royal Canadian Academy et à la Galerie Morency. Il participe à plusieurs expositions chez le sculpteur Alfred Laliberté. Pendant 25 ans, il expose ses œuvres au Musée des beaux-arts de Montréal. Il est honoré de plusieurs prix et mentions en raison de son style particulier. Par exemple, en 1932, sa toile Le temps des sucres reçoit le premier prix de l’exposition du Musée des beaux-arts de Montréal.
Il a peint des tableaux religieux. On trouve certaines de ses toiles dans les églises de Saint-Félix-de-Valois, de Saint-Eustache, de Notre-Dame-du-Très-Saint-Sacrement (Montréal) et de Rivière-du-Loup.
La plupart de ses œuvres exaltent la beauté du Québec. Peintre réaliste, membre du groupe « les peintres de la Montée Saint-Michel », il n'a pas suivi les courants de la peinture moderne. c'est d'ailleurs dans ce contexte qu'il laissa chez l'artiste Jean Viens, un grand ami, les meilleurs souvenirs dans son habileté à peindre des natures mortes.
À l’âge de huit ans il dessine déjà les portraits de visiteurs à la maison familiale. À seize ans, il décide d’aller tenter sa chance à Montréal. Il s’inscrit au Monument-National où il reçoit l’enseignement d’Edmond Dyonnet. En 1901, Dyonnet était âgé de quarante-deux ans. Il était né en France et sa famille avait émigré au Canada en 1875. Le Conseil des arts et manufactures de la Province de Québec était le seul institut à donner une solide formation artistique à qui désirait devenir peintre ou sculpteur. Des artistes talentueux, dont certains comme Joseph Saint-Charles, J.Y. Johnston et Edmond Dyonnet qui avaient fait leurs études en Europe, enseignaient les différentes disciplines. En 1920, Poirier va se perfectionner à l’Académie Julian de Paris et en Italie en compagnie de l’un de ses meilleurs amis, le peintre Rodolphe Duguay.
Après son retour d’Europe, en 1922, le gouvernement du Québec lui fait l’honneur d’acheter l’une de ses toiles, La vieille maison d’Henri IV, peinte dans la région parisienne. De 1925 à 1928, il expose à la Royal Canadian Academy ainsi qu’à la Galery Morency et participe aux expositions de groupe chez le sculpteur Alfred Laliberté. Pendant 25 ans, Narcisse Poirier expose ses œuvres au Musée des beaux-arts de Montréal. En 1932, sa toile Le temps des sucres mérite le premier prix de l’exposition du Musée des beaux-arts de Montréal et est reproduite en 1940 en première page du supplément-magazine de La Presse. vignette|Photographie d'Edgar Gariépy, Narcisse Poirier et Joseph Jutras, artistes peintres en train de peindre la vieille Maison Lacroix, rue Saint-Jean-Baptiste, Montréal 9 juillet 1914 Narcisse Poirier, tout comme son collègue et ami Georges Delfosse, a peint des tableaux religieux. On trouve certaines de ses toiles dans les églises de Saint-Félix-de-Valois, de Saint-Eustache, de Notre-Dame-du-Très-Saint-Sacrement (Montréal) et de Rivière-du-Loup.
La plupart de ses œuvres expriment le charme de nombreuses régions du Québec. On l’a vu souvent en compagnie de Suzor-Côté et de Clarence Gagnon parcourant la région de Charlevoix. En 1970, il expose à l’ambassade du Canada à Washington et reçoit les éloges du critique d’art du Washington Star.
En 1975, le Centre culturel de Verdun présente une rétrospective de ses toiles sous la présidence d’honneur du ministre des affaires culturelles du Québec.
Peintre réaliste, membre du groupe «les peintres de la Montée Saint-Michel», il a résisté à la poussée envahissante de la peinture moderne. Il a su demeurer lui-même avec sa conception personnelle de la peinture qu’il résume ainsi. : «J’ai toujours travaillé d’après nature tout en faisant de la poésie avec la nature… je n’ai pas voulu m’en tenir à la photographie, ni faire de l’impressionnisme…j’ai toujours eu le désir de perpétuer le Québec de jadis dans mes toiles».
Narcisse Poirier est décédé le à l’âge de 101 ans. Il a légué aux québécois et aux canadiens un héritage d’une grande valeur.
Poirier et La Montée Saint-Michel Les peintres de la Montée Saint-Michel à Montréal tirent leur nom de la Montée Saint-Michel, chemin qui est devenu la rue Papineau et qui, de l’avenue Mont-Royal, conduisait vers cet autre chemin appelé maintenant boulevard Crémazie. À cette encoignure se trouvait alors et se trouve encore le domaine de Saint-Sulpice.
Recherchée pour ses boisés et ses décors champêtres, la Montée Saint-Michel a attiré de nombreux artistes peintres montréalais. Au début du siècle, il n’était pas rare d’y rencontrer les peintres Dyonnet, Saint-Charles, Delfosse, Franchère, Suzor-Côté, Adrien Hébert, Émile Vézina ou Cullen. Les peintres de la Montée Saint-Michel formaient un groupe initié par Ernest Aubin dont faisait partie Narcisse Poirier et qui y a été fidèle pendant plus de trente ans (1907-1936).
Le milieu intellectuel francophone des années 1920 était encore tiraillé entre le respect de la tradition et l’ouverture à la modernité. Face à une réflexion imprégnée de philosophie et de théologie catholiques et de principes juridiques, tente de s’imposer une pensée s’appuyant sur la raison et la science.
Le phénomène est particulièrement notable avec l’essor d’un véritable mouvement, qui permet l’émergence d’une nouvelle génération de peintres. Le nationalisme imprègne néanmoins toute la pensée. L’objectif est l’épanouissement du peuple canadien-français, mais les moyens pour y parvenir oscillent entre fidélité à l’héritage de la tradition ou ouverture au monde moderne.
Selon Alfred Laliberté, qui fut professeur de sculpture de Narcisse Poirier, c’est le goût de la peinture et l’amitié qui ont réuni les peintres de la Montée. Ces peintres qui n’avaient pas nécessairement des préoccupations esthétiques communes avaient tous fréquenté le Monument-National. Ils firent de l’Arche (22, rue Notre-Dame), l’atelier situé dans un grenier autrefois habité par Émile Vézina et qui avait déjà abrité le groupe des Casoars, leur lieu privilégié de rencontres.
À cette époque, compte tenu du sous-développement des institutions québécoises, l’une des voies du progrès passe par l’étranger et la France vient au premier rang. Le séjour d’études dans la mère patrie n’est pas une nouveauté, mais il devient de plus en plus fréquent après la Première Guerre mondiale.
L’attribution des Prix d’Europe par le gouvernement québécois permet à un certain nombre de boursiers d’étudier à l’étranger, surtout en France. La France vers laquelle se tournent les membres des élites montréalaises, c’est d’abord la France traditionnelle, celle qui résiste aux idées modernes, de sorte que sa fréquentation n’amène pas toujours un renouvellement de la pensée. Poirier était foncièrement traditionaliste et s’y adaptait très bien. Il pouvait profiter d’un univers intellectuel et culturel nettement plus développé et plus diversifié que le sien et il deviendra à son retour un important agent de changement.
Quant aux peintres de la Montée Saint-Michel, Pépin se plaisait à les qualifier de groupe à part «indépendant».
L’état de la Société et de la Culture sous Duplessis
À l’époque de Duplessis, la religion catholique est pratiquée par 86 % de la population et tient un rôle important dans la société québécoise. Elle exerce un contrôle social en imposant la censure. Ses convictions sont basées sur la foi, qui impose l’adhésion et le respect. C’est son rôle de dispensateur de services, d’éducation, de soins de santé, de charité et culture, qui la rend indispensable. Cependant, le «baby boom» qui suit la Deuxième Guerre mondiale demande une augmentation des services tels que l’éducation et la santé. L’Église est donc débordée au lendemain de la guerre et elle ne suffit plus à la tâche. De plus, un sentiment de contestation commence à se faire sentir. À partir de 1948, 30 % à 50 % des Montréalais catholiques ne vont plus à l’église. Certains groupes, influencés par le renouveau du catholicisme français, veulent que le clergé cesse de contrôler tous les aspects de la vie sociale et propagent leurs idées. Il y a au sein même de l’Église des tensions entre conservateurs et libéraux. Ainsi, cette période, qui apparaît comme l’apogée de l’Église catholique au Québec, est aussi celle où l’institution commence à manifester des signes sérieux d’essoufflement et d’inadaptation face aux transformations de la société.
Parallèlement à la religion, l’éducation, sous l’Union nationale, connaît de sérieux problèmes. Au Québec, le système d’enseignement public est confessionnel et divisé en deux réseaux autonomes : l’un catholique et l’autre protestant.
Il existe aussi de nombreuses institutions privées parallèles ou concurrentes aux institutions publiques, ce qui crée un système à deux vitesses. Ce n’est qu’en 1942, sous le gouvernement libéral d’Adélard Godbout, qu’une loi rendant l’instruction obligatoire est adoptée. Le problème de sous-scolarisation des francophones est cependant toujours présent. En 1958, 63 % des francophones atteignent la année, 30 % se rendent en et seulement 13 % en , comparativement à 36 % en chez les anglophones.
Le gouvernement du Québec, dirigé par Maurice Duplessis, s’oppose à la montée de l’État-providence, aux luttes syndicales et il est farouchement anticommuniste. Il pratique un nationalisme très traditionaliste et défensif. Il s’appuie d’ailleurs sur une partie de l’élite traditionnelle et sur le clergé pour encadrer la population et véhiculer ses valeurs. D’un point de vue économique, il contribue au développement de la province par l’exploitation des ressources naturelles en favorisant l’investissement américain et canadien-anglais. À ceci s’oppose une volonté d’affirmer l’autonomie provinciale face aux empiétements d’Ottawa. Ce gouvernement, peu enclin aux changements, organisera de sévères répressions contre ceux qui iront contre son idéologie.
C’est dans les années 1940 que la culture commencera vraiment à faire parler d’elle et rejoindre la population. L’enseignement des arts visuels au Québec est très récent. On crée une école d’art à l’Art Association of Montreal, puis on crée l’École du Meuble en 1935. On commence à la fin des années 1930 à donner des cours d’art dans certains collèges comme Brébeuf et Notre-Dame de Montréal.
, en 1942, l’Institut des arts graphiques de Montréal. L’enseignement donné dans ces institutions est cependant déjà contesté dès les débuts de la Guerre. On le dit trop académique, dépassé et écrasé par les traditions.
C’est dans cet esprit que Paul-Émile Borduas et Alfred Pellan amorceront une révolution culturelle. Pellan, par exemple, entre ouvertement en guerre contre le conservatisme du directeur de l’École des beaux-arts où il enseigne. Cette guerre se soldera par la démission du directeur, Charles Maillard. C’est presque la seule victoire qu’ils obtiendront. En fait, ces deux chefs et rivaux du monde artistique montréalais seront accusés de faire du terrorisme culturel à cause de leur rôle agressif. On dira cependant plus tard de Borduas et du groupe des Automatistes, dont il est le chef, qu’ils sont des artisans d’une révolution qui a secoué temporairement le Québec de son habituelle somnolence culturelle.
Il est vrai que les Automatistes et les partisans de Pellan sont presque plus, sinon plus, exposés à New York et à Paris qu’au Québec.