vignette|Groupe de Pionniers en 1934, avec notamment Marcel Bourdarias, futur résistant communiste, à 10 ans. Marcel Bourdarias est un résistant communiste français né le à Paris, mort le , fusillé par les Allemands au Mont-Valérien à l'âge de 18 ans.
Engagé dans les Bataillons de la Jeunesse, organisation de Résistance d'obédience communiste, il participe notamment au commando de Nantes, qui, le , exécute Karl Hotz, le responsable des troupes d’occupation pour le département de Loire-Inférieure, déclenchant en représailles l'exécution de 48 otages à Châteaubriant, Nantes et Paris.
L'enfance Né dans une famille ouvrière, il passe son enfance dans la banlieue parisienne, à Alfortville avec ses frères et sœurs. Il fréquente successivement l'école primaire de la rue Villeneuve, puis les cours professionnels de l'école Arago à Paris. Il participe aux activités du patronage laïque et des pionniers de Saint-OuenAlbert Ouzoulias, Les Bataillons de la jeunesse, éditions sociales, 1972 , p. 267. Albert Ouzoulias semble avoir enquêté auprès de ses camarades d'école et de ses maîtres, qui gardaient de lui le souvenir d'un élève studieux, affectueux et discipliné, posant de nombreuses questions notamment sur l'origine de la société et les mécanismes de l'organisation sociale.
En 1930, son cousin Louis Boudarias décède, mal soigné par l'armée française lors de son service militaire en raison de ses idées communistes.
1941: les Bataillons de la jeunesse Il adhère aux Jeunesses communistes en 1940, et est intégré sous le pseudonyme d'« Alain » en au premier groupe des Bataillons de la JeunesseIl semble qu'à cette époque, les jeunes communistes ne connaissaient pas le nom de « Bataillons de la Jeunesse » mais utilisaient celui d'OS (Organisation spéciale) formé par Fabien avec Maurice le Berre et Jacques d'Andurain.. Marcel Bourdarias est parmi la vingtaine de jeunes communistes qui participent du 15 au au camp de formation de Lardy sous la houlette d'Albert Ouzoulias et de Fabien. Il est sans doute le plus jeune de ces « stagiaires ».
Les premiers attentats Il semble que Bourdarias participe à sa première action le : il assure avec d'Andurain la protection de Le Berre qui lance deux bouteilles incendiaires dans les entrepôts de la manufacture nationale des isolants à Vitry-sur-Seine, laquelle travaillait pour l'armement allemandAlbert Ouzoulias, Les Bataillons de la jeunesse, p. 129. Le , il participe à une opération au cocktail Molotov contre un garage de l'armée allemande, dans le XVII arrondissement de Paris. Cette opération réunit le groupe Le Berre, le groupe Brustlein et un groupe d'étrangers dont le chef est Conrad Miret i MustéAlbert Ouzoulias, Les Bataillons de la jeunesse, p. 137.
L'attentat de Nantes En , il est envoyé en commando à Nantes avec Gilbert Brustlein et Spartaco Guisco, l'ainé du groupe., un Français d'origine italienne, ancien des Brigades internationales, qui vient du groupe Miret-Muste. Les trois jeunes résistants installent leur tente vers le dans un champ, à proximité du domicile d'un vieux militant. Ils projettent de saboter une ligne de chemin de fer et attendent quelques jours des explosifs que doit leur faire parvenir Marcel Paul. Le , ils rencontrent Fabien venu à Nantes inspecter ses troupes. Le , alors que Brustlein cherche dans la ville un officier à abattre, Guisco et Bourdarias sont aux prises avec des problèmes techniques de détonateurs.
À l'aube du lundi 20, le groupe parvient à provoquer une explosion qui sectionne un rail sur une longueur de . Ensuite, alors que Brustlein et Guisco partent à la recherche d'un officier allemand à abattre et qu'ils tuent finalement Karl Hotz le Feldkommandant de Loire-Inférieure, Bourdarias est chargé de contrôler le résultat de l'opération de sabotage (en l'occurrence, il n'en résultera aucun déraillement).
L'attentat contre Karl Hotz entraîne, le , l'exécution de 48 otages à Châteaubriant (27), Nantes (16) et Paris (5). Il ne sera pas revendiqué par le PCF avant 1950.
Sur les 48 otages, voir la page Représailles après la mort de Karl Hotz, les otages sont essentiellement communistes, le plus connu (parce qu’il est le plus jeune) est Guy Môquet, un jeune militant des Jeunesses communistes de 17 ans.
Dans la ville de Nantes, l'attentat soulève la réprobation générale. La police effectue des contrôles sur les routes et des perquisitions aux domiciles d'un certain nombre de militants communistes. Des étudiants et des étrangers sont appréhendés. La tenancière du bistrot que fréquentait le commando donne leur signalement. Le commando décide de se séparer. Brustlein arrive à Paris le au soir. On ne sais pas très bien comment Spartaco et Bourdarias ont quitté la ville de Nantes..
Sur l'attentat et l'enquête policière, voir la page Gilbert Brustlein.
L'arrestation et la mort De retour à Paris, Bourdarias est intégré à un groupe dirigé par Louis Coquillet et participe à un certain nombre d'actions : Le 26 novembre, attaque de la librairie allemande de la rue de Rivoli, avec CoquilletAlbert Ouzoulias, Les Bataillons de la jeunesse, Éditions sociales, 1972 , p. 238-239., le 2 décembre, attaque du siège du RNP, avec Coquillet et Fabien, le , il est peut-être en protection de Coquillet qui blesse grièvementresistance-ftpf.net, Marcel-Bourdarias le lieutenant Rahl, boulevard Pereire. Le , avec Coquillet, jet dans des locaux de la Feldgendarmerie d'un engin, qui n'explose pasPour l'ensemble des attentats du mois de décembre, voir aussi : ..
Tant la police spéciale que la police municipale sont sur la trace des différents groupes « terroristes ». Le , Coquillet est arrêté, et le , c'est le tour de Marcel Bourdarias.. Livré aux allemands, torturéSite à la mémoire des résistants jugés à la maison de la chimie, il est jugé avec vingt-six autres résistants dont Spartaco Guisco lors du Procès de la Maison de la Chimie, le , condamné à mort et fusillé au Mont-Valérien le .
Marcel Bourdarias a laissé une dernière lettre:
Une rue d’Alfortville, une rue de Saint-Ouen (93) et une rue de Vénissieux (69) portent le nom de Marcel Bourdarias.
Bibliographie Gilbert Brustlein, Chant d'amour d'un terroriste à la retraite, édité à compte d'auteur, 1989, . Albert Ouzoulias, Les Bataillons de la jeunesse, Éditions sociales, 1972 . , .
Articles connexes Histoire du Parti communiste français Brigades Spéciales Guy Môquet
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Notes et références
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