Camille Corot, né le à Paris« C'est rue du Bac que naquit notre grand Corot, le (28 messidor an IV). On l'appela Jean-Baptiste-Camille. Il porta habituellement le dernier de ces prénoms », citation extraite de, Etienne Moreau Nelaton, Corot raconté par lui-même, 1905. où il est mort le , est un peintre et graveur français, un des fondateurs de l'école de Barbizon.
Issu d'une famille de commerçants aisés, il est autorisé en 1822 à embrasser la carrière de peintre, bénéficiant d'une rente familiale qui lui permet jusqu'à la mort de ses parents de vivre sans contrainte économique et de voyager en France et en Italie, où il séjourne à trois reprises. Il passe longtemps pour un peintre amateur avant d'être reconnu vers 1850.
Il est aussi connu pour ses actions philanthropiques.
Biographie Origines familiales Né le Son acte de naissance (en page 10) (reconstitution fiche ) porte la date du 28 Messidor an IV qui correspond au (Archives de Paris, V 2 E 869). au numéro 125 de la rue du Bac, à ParisJean Leymarie, Corot - Étude biographique et critique, Genève, Skira, 1966., Jean-Baptiste Camille Corot est issu d’une famille de commerçants aisés.
Il est le fils de Marie Françoise Corot (1768-1851), née Oberson, fille d'un garde suisse du château de VersaillesArchives départementales des Yvelines, 1112505 : Registres des baptêmes de la paroisse Notre-Dame de Versailles (année 1768), vue 87, 15 décembre 1768, acte de baptême de Marie Françoise Oberson. sous le règne de Louis XVI.
Son père, Jacques Louis Corot (1771-1847), avait hérité de la boutique de perruquier de son beau-pèreAN, MC LVIII, 583 : Contrat de mariage de Jacques Louis Corot et Marie Françoise Oberson (5 mai 1793). avant de travailler aux côtés de son épouse.
Les Corot deviennent ensuite marchands de modes et tiennent une boutique réputée à l’angle de la rue du Bac et du quai Voltaire., fournissant notamment la duchesse d'Orléans à l'époque de la Restauration.
Les Corot ont deux autres enfants, Annette Octavie (1793-1874) et Victoire Anne (1797-1821). Toute la famille vit à l'étage au-dessus du magasin de mode..
vignette|redresse|Corot, la palette à la main (vers 1830). Huile sur toile, , Florence, Corridor de Vasari, Collection d'autoportraits du musée des Offices.
Formation Études secondaires (1803-1815) Corot fait des études sans éclat à la pension Letellier à Paris (1803-1807), puis au lycée Pierre-Corneille de Rouen (1807-1812).. Le dimanche, il est accueilli par des amis de ses parents, les Sennegon, auprès desquels il apprend à aimer la nature. Leur fils, Laurent Denis Sennegon, épousera la sœur du peintre en 1817.
Il passe les années 1813-1815 au ..
Apprentissage commercial (1815-1822) Il est placé en apprentissage par son père successivement chez deux marchands de drap parisiens : en 1815, chez Ratier (rue de Richelieu) chez qui l'apprenti se révèle si piètre vendeur que son patron l'emploie comme coursier ; en 1817, chez Delalain (rue Saint-Honoré.).
Mais il n’a pas de goût pour le commerce et suit le soir des cours de dessin à l'académie Suisse du quai des Orfèvres.
En 1822, alors que son père veut lui assurer un emploi en lui offrant un fonds de commerce en vue de reprendre la tradition familiale, il finit par convaincre ses parents de l’autoriser à poursuivre une carrière de peintre, obtenant d’eux une rente annuelle de , dont bénéficiait auparavant sa sœur morte en 1821. L’aisance de ses parents le met à l’abri du besoin, mais en contrepartie il restera dépendant d’eux jusqu'à leur mort.
Formation artistique (1822-1825) Il peut désormais louer un studio quai Voltaire, non loin du magasin de ses parents, et en fait son atelier..
Il entre dans l’atelier du peintre paysagiste Achille Etna Michallon (1796-1822), Grand Prix de Rome du paysage historique en 1817, qui vient de rentrer à Paris. Michallon inculque à Corot les principes du néo-classicisme et l’encourage à travailler en plein airVincent Pomarède, « Les relations de Michallon et de Corot : l'enseignement du paysage historique et le partage du plein-air », dans Achille-Etna Michallon (Les dossiers du Musée du Louvre), 1994, ..
Dès cette époque, Corot réalise de nombreux dessins au crayon où il introduit le relief et les jeux de lumière. Michallon l'emmène avec lui découvrir Marlotte, où ils retrouvent Théodore Caruelle d'Aligny, formant ainsi les prémices du groupe de Marlotte. Non loin, les adeptes de Barbizon leur rendront visite.
Mais Michallon meurt quelques mois plus tard. Corot poursuit sa formation avec Jean-Victor Bertin, qui a eu Michallon comme élève, et qui, comme lui, enseigne à Corot la science des compositions néoclassiques et du paysage historique..
Ses deux maîtres sont des élèves et émules de Pierre-Henri de Valenciennes, un des précurseurs du paysage moderne, qui encourageait ses élèves à peindre en plein air des études qui leur servaient ensuite pour composer leurs tableaux. C'est dans cette lignée que Bertin l’incite à aller travailler en forêt de Fontainebleau. Corot est un des premiers peintres à travailler dans le village de Barbizon, mais il peint aussi dans la vallée de la Seine et sur les côtes de la Manche.
Le rapport entre les idéaux classiques et l’observation de la nature, lui-même hérité de l’enseignement de Pierre-Henri de Valenciennes, devait rester fondamental tout au long de sa carrière.
Débuts artistiques Séjours en Italie Depuis le , le voyage en Italie fait partie du Grand Tour, formation de tout jeune artiste. Corot est déjà familier des paysages italiens, qu’il a copiés sur les toiles rapportées d’Italie par Michallon.
Il séjourne de 1825 à 1828, à Rome, Naples et Venise.
Il se rend une seconde fois en Italie en 1834 (Toscane, Venise), et de nouveau en 1843..
Voyages en France Corot parcourt aussi les provinces françaises à la recherche de paysages qu’il peint pour le plaisir et pour l’enrichissement visuel qu’ils lui apportent : peignant d'abord à Ville-d'Avray, près de Paris, où ses parents possèdent une maisonAN, MC I, 1082 : Inventaire après-décès de Marie Françoise Oberson, veuve de Jacques Louis Corot ((3-12 avril 1851)., il se rend fréquemment, entre 1830 et 1845, en Normandie, chez ses amis les Sennegon, mais aussi en Auvergne, en Provence, en Bourgogne, en Bretagne, chez son élève et ami Charles Le Roux, au Pasquiaud (commune de Corsept, Loire-Atlantique), en Charente, dans le Morvan (en particulier à Lormes), ainsi qu’en Suisse. Le plus souvent, il séjourne chez des amis peintres ou drapiers.
Il peint surtout des paysages, mais s’intéresse aussi aux architectures (La Cathédrale de Chartres, 1830). Cependant ces toiles ne sont pour lui que des études, qu’il ne songe pas à exposer. Elles sont en effet destinées à être réemployées dans des compositions plus ambitieuses, à caractère historique, mythologique ou religieux, seules dignes, selon l’idéal néo-classique, d’être présentées au public.
Les premiers salons Corot affronte pour la première fois le Salon en 1835 avec un grand tableau intitulé Agar dans le désert (1835, Metropolitan museum of art.), illustration d’un épisode de la Genèse, qui est reçu favorablement.
Dans les années suivantes, Corot participe régulièrement au Salon, alternant thèmes religieux et mythologiques. À partir de cette époque, il attire l’attention de ses contemporains et, souvent, leur admiration. Pourtant, Corot s’avère difficile à classer, et échappe aux écoles : si les « modernes », séduits par son traitement du paysage, regrettent son attachement obstiné aux thèmes néoclassiques, les néoclassiques, pour leur part, regimbent devant le traitement réaliste de ses arbres et de ses rochers.
Au Salon de 1840, la carrière de Corot gagne en notoriété avec le succès puis l'achat du Petit Berger (1840) par l'État sous la monarchie de Juillet..
Période de la maturité vignette|Le site Corot de Saint-Junien.
À partir des années 1850, la notoriété de Corot grandit, et le public ainsi que les marchands commencent à s’intéresser à lui. Ses parents disparus (sa mère en 1851, son père dès 1847), il se trouve à la fois plus indépendant financièrement et libéré des contraintes familiales.
Il continue à voyager, parcourt le Dauphiné en compagnie du peintre et ami Daubigny, avec qui il va peindre à Auvers-sur-Oise. Corot se rend régulièrement à Arras et Douai, chez Constant Dutilleux et ses deux gendres Charles Desavary et Alfred Robaut, avec qui il s’est lié d’amitié. Il s’initie auprès de Dutilleux à la technique du cliché-verre, dont il produira une soixantaine d’exemplaires. Il se rend à plusieurs reprises en Limousin, notamment à Saint-Junien, sur les bords de la Glane, site qui porte désormais son nom et au Mas Bilier, près de Limoges, chez un de ses amis. Il s'arrêtait souvent au lieu-dit « rocher de Sainte Hélène », propriété de la famille Pagnoux, pour prendre un rafraîchissement.
Il est, par ailleurs, de plus en plus attiré, à partir de 1850, par une peinture dans laquelle il laisse libre cours à son imagination, délaissant l’exactitude du paysage peint « sur le motif », qu’il remodèle à son gré, et renonçant aux récits historiques, qui ne sont plus qu’un prétexte à des paysages rêvés et baignés de halos argentés ou dorés. Le thème du « souvenir » devient prépondérant dans son œuvre, mêlant les réminiscences d’un site et les émotions qui restent associées dans la mémoire du peintre. Se succèdent alors des toiles telles que Matinée, Danse des Nymphes, Souvenir de Marcoussis ou le célèbre Souvenir de Mortefontaine.
En 1862-1863, il séjourne à Saintes et participe, avec Gustave Courbet, Louis-Augustin Auguin et Hippolyte Pradelles à un atelier de plein air baptisé « groupe du Port-Berteau » d'après le nom du joli site des bords de la Charente (dans la commune de Bussac-sur-Charente) adopté pour leurs séances communes de peinture. Point d'orgue de la convergence féconde entre les quatre artistes, une exposition collective réunissant 170 œuvres est présentée au public le à l’hôtel de ville de SaintesUne rétrospective a été consacrée à l'activité du quatuor par l'exposition « Autour de Courbet en Saintonge - Courbet, Corot, Auguin, Pradelles » présentée du au au musée de l'Échevinage de Saintes..
En 1846, il est fait chevalier de la Légion d'honneur pour son œuvre, et il est promu officier en 1867. Cependant, ses amis, considérant qu’il n’avait pas été officiellement reconnu à sa juste valeur (il n’avait pas reçu la médaille de première classe au Salon), lui offrirent leur propre médaille en 1874, peu avant sa mort.
Pendant les dernières années de sa vie, Corot gagne de fortes sommes d’argent grâce à ses toiles, qui sont très demandées. Sa générosité est proverbiale : en 1871, il donne aux pauvres de Paris, qui subissent le siège des Prussiens. En 1872, il achète une maison à Valmondois, qu’il offre à Honoré Daumier, devenu aveugle et sans ressource. En 1875, il donne à la veuve de Jean-François Millet pour l’aider à élever ses enfants. Sa générosité n’est donc pas une légende. Il aide également financièrement un centre pour jeunes déshérités, rue Vandrezanne, à Paris.
Mort et funérailles Il se retire à la fin de 1874 à Coubron, où se situent les vestiges de la forêt de Bondy.
Atteint d'un cancer de l'estomac, Corot rentre le à Paris et meurt le après être resté alitéActe de décès, archives de la Ville de Paris, V4E 3697., au , rue du Faubourg-Poissonnière (.
Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 24).
Une fontaine de marbre blanc ornée d’un médaillon de bronze sculpté par Adolphe-Victor Geoffroy-Dechaume, inaugurée le , borde la rive est de l'étang neuf de Ville-d'Avray.
Corot et l’impressionnisme Corot est parfois appelé « le père de l’impressionnisme. ». Toutefois, c’est une appréciation qu’il faut nuancer.