Paul RivesBulletin de naissance figurant dans son dossier de Légion d'honneur., né le à Saint-Papoul (Aude) et mort le à Ivry-sur-Seine (Seine)Avis de décès inclus dans son dossier de Légion d'honneur., est un homme politique et collaborateur français. Il est député socialiste de l'Allier de 1932 à 1942 en tant que membre de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO).
Biographie Jeunesse et participation à la Première Guerre mondiale Fils de Louis Rives, instituteur à CarcassonneDossier de la Légion d'honneur de Louis Rives dans la base Léonore, petit-fils de Jacques Rives, agriculteur à Saint-Papoul, Paul Jacques Marius Rives est étudiant au lycée Henri-IV à Paris.
Durant la Première Guerre mondiale, il est appelé sous les drapeaux dans l'infanterie en . Il est nommé caporal puis sergent. Envoyé au Centre d’instruction des élèves-aspirants de Joinville, il en sort aspirant en . Passé aussitôt dans l'aviation, il est promu sous-lieutenant et sert dans une escadre de bombardement. Dans la nuit du 25 au , son appareil est porté disparu lors d'une mission de bombardement aérien de nuit. L'avion est contraint à un atterrissage de nuit en territoire ennemi après un combat aérien et son équipage capturé. Atteint de trois blessures, Rives reste en captivité quelques semaines et est finalement rapatrié d'Allemagne en .
Les études de philosophie et le BIT Après sa démobilisation, il participe aux rapatriements de Français puis reprend ses études à Toulouse et Strasbourg. Il devient professeur de philosophie au lycée Saint-Louis à ParisNotice du Maitron. Il est parfois présenté comme agrégé de philosophie, dans des journaux de l'époque, proches des socialistes, Ibid., 6 mars 1928 comme dans des articles plus récents , mais en réalité il n'aurait pas réussi le concours de l'agrégation« L’impossible conversion politique des sociologues. Entretien avec l’historien Georges Lefranc (14 février 1981) », Les Etudes sociales, 2017/1, n° 165. De fait, son nom n'apparait pas dans le répertoire des agrégés de l'enseignement secondaire (Voir ce répertoire en ligne, sur le site ish-lyon.cnrs.fr).
Il est détaché à partir de 1924 au Bureau international du travail (BIT) comme directeur adjoint de son bureau de Paris, dirigé par le normalien Mario Roques, socialiste, ancien du cabinet du cabinet du secrétaire d'État puis du ministre socialiste de l'Armement Albert Thomas, devenu président du BITLe Populaire, juillet 1932... Il collabore à plusieurs périodiques, comme la Revue de l'enseignement primaire et primaire supérieur, La Grande revue, La Dépêche colonialePaul Rives, « Mission civilisatrice. Comment il faut entendre l'exploitation du monde colonial », La Dépêche coloniale, 19 juillet 1927, Ibid., 24 juin 1928, l'hebdomadaire La Lumière de Georges Boris ou La Tribune des fonctionnairesLa Tribune des fonctionnaires, 3 février 1929 (photographie), Ibid., 21 mai 1932, publie des ouvrages aussi bien sociaux (La Corvée de la joie, aux PUF, en 1924Le Quotidien, 30 septembre 1924) que philosophiques (un commentaire du Discours de la méthode de Descartes, en 1928, publié avec Maxime LeroyNotice de la BNF), donne des conférencesLe Midi socialiste, 19 janvier 1925, Le Populaire, 17 mars 1927, Le Petit Troyen, 6 mars 1928, La Tribune de l’Aube, 4 février 1931 (Lettre de P. Rives) et des causeries à Radio PTT (1930-1932)Le Petit Parisien, 26 septembre 1930, L'Avenir, 27 février 1931, sur des sujets essentiellement sociaux.
Après son retour à la vie civile, il poursuit une carrière militaire dans la réserve, au titre de laquelle il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1935 et capitaine en 1937Bureau de recrutement de Carcassonne, classe 1915, Fiche matricule de Paul Jacques Marius Rives, vues 316-317 de la numérisation..
Militant et député socialiste Paul Rives fréquente un petit cercle d'étudiants socialistes lorsqu'il est élève en khâgne au lycée Henri-IV, aux côtés de Marcel Déat, son condiscipleLe Populaire, 19 mars 1931, , . Membre du Grand Orient de France et de la SFIO, il est chargé en 1927 de la rubrique économique et sociale du quotidien socialiste Le Populaire. Il collabore aussi à La Vie socialiste.
Il est candidat de la SFIO dans l'Aube aux élections législatives de 1928, sans succès, La Dépêche de l’Aube, 6 avril 1928 (périodique communiste, hostile à Rives), Journal des débats politiques et littéraires, 24 avril 1928 (résultats du premier tour). Il est élu député de l'Allier en 1932, dans la circonscription de Gannat, battant au second tour le député sortant, Hubert Pradon-Vallancy.
Malgré sa vieille amitié pour Marcel Déat, L'Europe nouvelle, 14 mai 1932, il ne le suit pas dans sa scission des néo-socialistes en 1933 car il juge sa propre position électorale trop fragile pour risquer la rupturePhilippe Burrin, La dérive fasciste: Doriot, Déat, Bergery, 1933-1945, Seuil, 2003, . Il la renforce en 1933, en étant élu conseiller général du canton d'Escurolles à l’occasion d’une élection partielleLe Populaire, 11 septembre 1933Rapports et délibérations du conseil général de l'Allier, séance du 18 septembre 1933, puis à l'occasion des élections municipales de : tous les candidats de la liste qu'il mène à Bellerive-sur-Allier sont élus dès le premier tourLe Populaire, 8 mai 1935, ce qui lui permet d'être élu maire. Elu vice-président du conseil général à l'automne 1935Le Populaire, 5 novembre 1935, il est réélu député en 1936, au second tour, une nouvelle fois contre Hubert Pradon-VallancyArchives départementales de l'Allier : Le Front populaire dans l'Allier, dans le contexte du Front populaire. Il dirige alors le périodique Le Travail de l’AllierNotice de la BNF. Il est secrétaire général de la fédération de l'Allier de la SFIO de 1936 à 1937, face à son rival Marx Dormoy, membre du gouvernement de Léon BlumAndré Touret, Marx Dormoy (1888-1941) : maire de Montluçon, ministre du Front populaire, Créer, 1998.
Il est alors un proche de la Ligue internationale contre l'antisémitisme et Les Cahiers antiracistes le rangent en 1944 parmi les antiracistes fervents de l'avant-guerre..
Il soutient en 1937 l'Espagne républicaine contre les franquistes : il co-signe une motion antifasciste de Jean Zyromski critiquant la politique de non-intervention dans la Guerre d'Espagne adoptée durant l'été 1936 par le gouvernement de Léon Blum et affirmant la nécessité de supprimer Le Populaire, 13 mai 1937L'Espagne socialiste, 1937 et est membre du bureau du Comité d'action socialiste pour l'Espagne, aux côtés notamment de Zyromski, Jean Longuet, Marceau Pivert, André Weil-Curiel, Jean PraderL'Espagne socialiste, 16 juin 1937. Ce qui le distingue des pacifistes ultras tels Félicien Challaye ou Léon Émery.
Face à la menace de la guerre Rives appartient néanmoins à l'aile pacifiste de la SFIO animée par Paul Faure, son secrétaire général jusqu'en 1940. Membre de la Ligue des anciens combattants pacifistesL'Œuvre, 17 juin 1938, Ibid., 25 mai 1937, il est Munichois en 1938. Pour autant, ce courant reste fidèle au devoir de défense nationale et Rives juge en 1938 que l'opposition entre pacifistes et au sein de son parti est caricaturale . Rapporteur du budget de l'Air, il appelle au développement de l'arme aérienne grâce à davantage de crédits militaires et une meilleure organisation industrielle, notamment dans le quotidien L'Œuvre , , , , , . En 1939, ses analyses de la guerre qui menace sont avant tout économiques ; elles insistent sur l'affrontement entre le libéralisme économique des démocraties, à bout de souffle et qu'il condamne, et l'autarcie économique des régimes totalitaires allemand et italien et sur la nécessité d'une conférence internationale chargée de régler les problèmes économiques, , Ibid., 13 juin 1939, . En , il évoque car est selon lui un facteur de paixP. Rives, "Les chances des démocraties", L'Homme libre, 13 juin 1939. Il est l'un des cinq députés socialistes à rejoindre le le Comité de liaison contre la guerre, transpartisan, formé d'une dizaine de parlementaires, de droite (Jean-Louis Tixier-Vignancour, Georges Scapini, Michel Brille), du centre (Jean Montigny notamment), de gauche (dont Bergery, René Chateau, Louis Deschizeaux, Alexandre Rauzy, Armand Chouffet).
Il va jusqu'à collaborer durant la drôle de guerre à la très anticommuniste et pacifiste agence de presse Inter-France, pourtant marquée à l'extrême droite et soutenue par des patrons conservateurs, Dominique Sordet, « Six ans de combat », Inter-France, 1943, (Sordet écrit : « pendant la guerre ») : Lire en ligne.. Il évoque cette collaboration dans un article, en 1942 (« avant la guerre » selon lui) ; la signature d'un socialiste aurait provoqué des remous mais le dirigeant de cette agence, Dominique Sordet, lui aurait maintenu sa confiance .
Son rapport sur l'aviation française est lu à la Chambre des députés le ; il met en évidence ses graves lacunes.
Collaborateur « socialiste » sous l'Occupation Ayant co-signé la déclaration du de Gaston Bergery, critiquant le régime parlementaire et réclamant d'une part un , autoritaire, national, social, anticommuniste et antiploutocratique et d'autre part la collaboration avec l'AllemagneFrançois-Marin Fleutot, Voter Pétain ?: Députés et Sénateurs sous la Collaboration (1940-1944), Pygmalion, 2015, il vote en faveur de la remise des pleins pouvoirs au maréchal Pétain en , puis justifie publiquement son voteLe Midi socialiste, 9 août 1940. Il fait partie du comité d'organisation du parti unique, voulu par Déat et qui n'aboutit pasyoutube, archive vidéo de juillet 1940 postée le 12 juillet 2015..
Il s'engage ensuite fermement dans le soutien au maréchal Pétain et dans la voie de la collaboration franco-allemandeLe Midi socialiste, 30 octobre 1940, participant à plusieurs organes de presse collaborationnistes et rejoignant le Rassemblement national populaire (RNP) de DéatL'Œuvre, 23 juillet 1943, en continuant de se réclamer du socialisme. Il cofonde ainsi en avec Charles Spinasse, ancien ministre SFIO du Front populaire, le quotidien L'EffortLe Midi socialiste, 5 août 1940, qu'il co-dirige, avec le titre de rédacteur en chef. Ce journal a son siège en zone libre, à Clermont-Ferrand puis à Lyon. Il y appelle à un autoritaireL'Action française, 3 décembre 1940, Ibid., 8 août 1941. Il collabore au quotidien parisien La France socialiste et à l'éphémère hebdomadaire parisien de Spinasse, Le Rouge et le Bleu (-). Il élimine ensuite de L'Effort Spinasse, directeur et P-DG du journal, et Julien Peschadour, autre ancien député SFIO, en 1942Vichy 1940-1944 : quaderni e documenti inediti di Angelo Tasca, éditions du CNRS/Feltrinelli, 1986, . Il insiste, en 1942, sur la nécessité d’une victoire de l'Allemagne. Il reste rédacteur en chef du journal jusqu'en .
Membre de la Commission administrative de l'Allier selon le décret du , il est nommé le au Conseil départemental, établi en et présidé par Louis Verneiges, maire d'HurielRapports et délibérations / Conseil général/départemental de l'Allier, session du 5 février 1943. Il demeure maire de sa commune jusqu'en 1944.
En , Marcel Déat, devenu ministre du travail, le nomme délégué général pour la zone sud de son ministère : Rives représente à Vichy Déat, qui souhaite rester à ParisJournal officiel, 15 avril 1944L’Œuvre, 27 mai 1944. Cette année-là, il est aussi le directeur politique de l'éphémère hebdomadaire parisien , Germinal. Après le débarquement de Normandie de , il écrit dans le numéro du , dans un article intitulé :
Après la Libération : du « socialisme démocratique » au néofascisme