La géographie des Yvelines ne se distingue pas fondamentalement de celle de l'Île-de-France et plus largement du Bassin parisien, qui est une vaste plaine sédimentaire. Elle se caractérise cependant, comme celle des autres départements de la grande couronne parisienne par l'importance de l'espace rural.
Les limites du département, purement historiques et administratives, ne correspondent à aucune limite naturelle, sauf, très partiellement, le cours de la Seine (avec le Val-d'Oise et les Hauts-de-Seine) et de l'Epte (avec l'Eure).
thumb|350px|Les Yvelines dans l'Île-de-France.
Situation Le département des Yvelines, partie sud-ouest de l'ancienne Seine-et-Oise, fait partie de la région Île-de-France. Limitrophe des départements du Val-d'Oise au nord, des Hauts-de-Seine à l'est, de l'Essonne au sud-est, d'Eure-et-Loir au sud-ouest et de l'Eure à l'ouest, il fait la transition entre le centre de l'agglomération parisienne d'une part et la Normandie vers l'ouest et la région Centre-Val de Loire vers le sud-ouest.
C'est un département relativement petit, dont la forme générale est approximativement celle d'un triangle allongé dont la base est au nord et la pointe au sud. Il s'étend sur environ d'est en ouest et du nord au sudCarte routière et administrative Yvelines 78 au 1/70000, IGN.. Les points extrêmes sont au nord : Gommecourt (latitude ), au sud : Allainville (latitude ), à l'est : Houilles (longitude ) et à l'ouest, Blaru (longitude )Carto Explorateur 3, Yvelines (78), Bayo (données IGN)..
Sa superficie est égale à Insee, Yvelines, zoom sur un territoire, soit 0,4 % environ de celle de la France métropolitaine (). Il représente, en superficie, environ 45 % de l'ancienne Seine-et-Oise et 18 % de la région Île-de-France actuelle. C'est le département français par la superficieDépartements français classés par superficie..
Géographie physique
Géologie Les couches sédimentaires La structure géologique des Yvelines s'insère dans celle de l'Île-de-France et plus généralement du Bassin parisien, vaste cuvette sédimentaire, approximativement centrée sur Paris. Elle est formée d'un empilement, de couches sédimentaires de l'ère tertiaire, alternant calcaires, marnes, sables et argiles. Ces couches reposent sur un socle épais de craie du Crétacé supérieur qui affleure rarement sauf sur les versants de certaines vallées. Les sédiments tertiaires ont été fortement érodés par les cours d'eau, principalement la Seine, et remplacés dans le fond des vallées par des alluvions quaternaires. Sur les plateaux d'importants dépôts éoliens de lœss ont donné naissance à de riches sols agricoles.
Les couches dures, marno-calcaires résistant mieux à l'érosion ont donné naissance à des plates-formes structurales, légèrement inclinées, qui structurent le paysage. Dans le sud des Yvelines, la plate-forme structurale du calcaire de Beauce (Stampien) domine la région de Rambouillet et disparaît progressivement dans la partie nord où elle apparaît encore dans les hauteurs de la forêt de Marly et du plateau des Alluets, et sous forme de buttes-témoins sur la rive nord de la Seine. Elle laisse la place vers le nord à la surface structurale du calcaire lutétien (Lutétien). Dans les zones de transition apparaissent les sables de Fontainebleau (Stampien)Bassin de Paris, Île-de-France - Pays de Brat Ch. Pomerol et L. Feugueur, Guides géologiques régionaux, Masson, Paris 1974 .
Ces couches ont subi le contrecoup des plissements alpins et formé un léger plissement d'axe sud-est - nord-ouest.
Au Quaternaire, lors des phases de glaciations, les méandres de la Seine ont érodé les alluvions anciennes, formant de hautes terrasses alluviales, notamment dans les boucles de Saint-Germain et de Moisson.
Les ressources du sous-sol
Les carrières
Grâce à la variété des roches qui forment leur sous-sol, les Yvelines sont situées pour partie dans une zone de carrières, notamment dans la vallée de la Seine. La toponymie en témoigne : Carrières-sur-Seine, Carrières-sous-Bois (hameau du Mesnil-le-Roi), Carrières-sous-Poissy. Dans les Yvelines cent communes sont concernées par ces carrièreshttp://www.igc-versailles.fr/pdf/liste78.pdf.
Celles-ci ont été creusées pour différents besoins : pour l'agriculture, besoins liés à l'amendement des sols. On allait chercher en profondeur des matériaux absents en surface pour améliorer les terrains cultivés, soit pour alléger les sols en y ajoutant du sable ou inversement pour retenir l'eau en surface en étoffant la structure de terrains sableux avec des argiles ou des marnesSource : le service des carrières.
pour l'industrie : D'importantes carrières de pierres calcaires et de marnes ont été exploitées à Guerville, Limay, Juziers, Guitrancourt… pour alimenter les cimenteries de Gargenville (toujours en exploitation par Ciments Calcia, groupe Italcementi) et de Guerville (fermée). La carrière de Guitrancourt est toujours en activité. Des projets d'extension de cette exploitation dans le plateau du Vexin (communes de Sailly, Brueil-en-Vexin, Guitrancourt et Fontenay-Saint-Père, ont été étudiés, soulevant une forte opposition localeCarrières de Guitrancourt : l'extension se précise, Le Courrier de Mantes'', 25 novembre 1999..
Des carrières de craie (crayères) ont été exploitées jusqu'au milieu du notamment à Bougival, Louveciennes et au Port-Marly. On en extrayait notamment le « blanc de Bougival », analogue au « blanc de Meudon », une marne utilisée comme pigment en peintureBougival hier et aujourd'hui, sur le site officiel de la ville.
pour la construction et les travaux publics : De nombreuses carrières de pierre à bâtir, creusées notamment dans le banc du calcaire lutétien, ont été exploitées dans la vallée de la Seine et dans celle de la Mauldre, en particulier à Carrières-sur-Seine, Poissy, Carrières-sous-Poissy, Conflans-Sainte-Honorine. Ces carrières ont souvent été converties par la suite en champignonnières et sont aujourd'hui généralement fermées.
Des carrières de pierres meulières ont été exploitées en divers points du territoire, notamment au lieu-dit « les Flambertins » dans la commune de Crespières, et par exemple à la carrière des Maréchaux située à Senlisse, fermée en 1930Histoire de Senlisse ou la carrière de la Revanche à Trappes. Cette pierre, qui servait à l'origine à la fabrication de meules, a beaucoup servi pour la construction dans la première moitié du .
Le gypse, servant à la production du plâtre, a été exploité dès le dans le massif de l'Hautil, notamment à partir de Vaux-sur-Seine. Les carrières sont fermées mais le risque lié au fontis est toujours présent dans la forêt.
Les sablières et gravières ont été nombreuses dans les couches alluviales du fond de la vallée de la Seine. Certaines sont encore en exploitation, notamment à Guernes (Compagnie des sablières de la Seine, groupe Lafarge). Les anciennes exploitations ont été comblées par des déchets inertes ou souvent conservées pour former des plans d'eau à divers usages : conservation de milieux aquatiques, bases de loisirs, ports de plaisance ou comme bassin d'aviron (Mantes-la-Jolie).
L'argile a également été exploitée, notamment dans les glaisières de Limay. Dans tout le territoire les lieux-dits nommés « glaisière » ou « glisière » sont très répandus, témoignant d'une exploitation ancienne de la terre glaise pour la fabrication de poteries, briques et tuiles.
Les stockages souterrains d'hydrocarbures Gaz de France exploite dans l'ouest des Yvelines deux sites de stockage de gaz naturel dans les couches profondes du sous-sol, à Beynes et Saint-Illiers-le-Bois. Ces stockages en nappe aquifère ont une capacité de 800 millions de m (Beynes profond), 473 (Beynes supérieur) et 1492 (Saint-Illiers-la-Ville)Stockages souterrains de gaz en Île-de-France.
Un stockage souterrain de propane liquéfié (GPL) existait à Gargenville (communes de Gargenville, Porcheville et Issou). Exploité jusqu'en 2007 sous le nom de Géovexin par le groupe Total, ce stockage dans une cavité creusée dans la craie à de profondeur avait une capacité de .
Hydrogéologie
Un relief peu accidenté Le relief des Yvelines est celui d'une plaine découpée par des vallées relativement marquées, d'une altitude moyenne de environ. Son point culminant, Données géographiques de Lainville-en-Vexin - IGN, se situe dans le bois des Frêneaux à Lainville-en-Vexin, à l'extrême nord du département, dans la bordure sud du Vexin français (toutefois une butte artificielle située à Élancourt atteint Carte topographique au 1/25000, feuilles Versailles, référence 2214 ET - IGN.). Son point le plus bas, Données géographiques de Limetz-Villez - IGN, est à Limetz-Villez, point le plus à l'ouest du cours de la Seine au point où elle quitte les Yvelines pour entrer dans l'Eure.
Hydrographie 230px|thumb|La Seine au barrage de Méricourt. 230px|thumb|La Seine vue du donjon de la Roche-Guyon qui se trouve dans le Val-d'Oise (et pas dans les Yvelines). |alt=La Seine vue du donjon de la Roche-Guyon qui se trouve dans le Val d'Oise (et pas dans les Yvelines) 230px|thumb|L'étang du Val-d'Or, l'un des étangs de La Minière à Guyancourt. Le nord des Yvelines est traversé d'est en ouest par la Seine, dont la vallée est élargie par des méandres très marqués, dus à la très faible pente du cours du fleuve. Entre Carrières-sur-Seine et Limetz-Villez, la Seine s'étire sur environ cent kilomètres pour une distance à vol d'oiseau de cinquante kilomètres seulement; son niveau dans le bief de Chatou est de et dans le bief de Méricourt de , soit une différence de et une pente moyenne d'environ par mètre. Les méandres les plus marqués sont la boucle de Montesson, ancienne zone de cultures maraîchères très largement urbanisée, celle de Saint-Germain-en-Laye qui enserre la forêt du même nom et celle de Moisson à l'ouest entre Mantes-la-Jolie et Bonnières-sur-Seine. Dans son parcours yvelinois, le cours du fleuve est régulé par plusieurs barrages, situés à Chatou, Bougival, Andrésy et Méricourt.
L'Oise qui se jette dans la Seine à Conflans-Sainte-Honorine parcourt seulement dans le département, entre les communes de Maurecourt et de Conflans-Sainte-Honorine.
De nombreuses petites rivières, dont beaucoup prennent leur source dans le massif de Rambouillet, irriguent le département avant de rejoindre la Seine directement ou non.
Principales rivières des Yvelines : au nord de la Seine (rive droite) : la Montcient et l'Aubette de Meulan qui se rejoignent à Hardricourt juste avant de déboucher dans la Seine, l'Epte (qui marque la limite avec le département de l'Eure), au sud de la Seine (rive gauche) : la Bièvre, l'Orge, l'Yvette et la Rémarde (affluents de l'Orge), la Mauldre, la Vaucouleurs, la Drouette et la Vesgre (affluents de l'Eure).
Il existe relativement peu d'étendues d'eaux dormantes, les principales sont l'étang de Saint-Quentin (250 hectares) et les étangs de Hollande, dans le secteur de Rambouillet, aménagés au pour contribuer à l'alimentation en eau du parc de Versailles.
Le long de la Seine, de nombreux plans d'eau ont été aménagés dans d'anciennes exploitations de sablières. On peut citer notamment l'étang de la Galliote à Carrières-sous-Poissy, l'étang du Rouillard à Verneuil-sur-Seine, le port de l'Îlon à Guernes, la base de loisirs de Moisson-Mousseaux.
Climat
Le climat des Yvelines est un climat tempéré, soumis aux influences océaniques vers l'ouest, et continentales vers l'est, atténuées toutefois par le réchauffement dû à l'agglomération parisienne. La température moyenne annuelle est de (moyenne des trente dernières années)Météo France, le climat des Yvelines. Il n'est pas très humide, avec une moyenne annuelle de précipitations de . Les vents dominants de secteur ouest protègent relativement les Yvelines des pics de pollution venant du centre de l'agglomération parisienne. Des épisodes orageux sont assez fréquents en été.