Le d'infanterie () est un régiment d'infanterie de l'Armée de terre française, à double héritage, créé sous la Révolution à partir du régiment Royal-Hesse-Darmstadt, un régiment d'infanterie allemand au service du royaume de France, et du d'infanterie légère créé à partir des chasseurs de la Meurthe.

Création et différentes dénominations Le d’infanterie a la particularité, comme tous les régiments d’infanterie portant un numéro entre le et le , d’être l'héritier des traditions de deux régiments : le d'infanterie de ligne, et le d'infanterie légère.

: à la Révolution, tous les régiments prennent un nom composé du nom de leur arme avec un numéro d'ordre donné selon leur ancienneté. Le régiment Royal-Hesse-Darmstadt devient le « d'infanterie de ligne » (ci-devant Hesse-Darmstadt) ; 1793 : amalgamé il prend le nom de « de première formation » : reformé en tant que « de deuxième formation » : reformé en tant que « d'infanterie de ligne » : comme l'ensemble de l'armée napoléonienne, il est licencié à la Seconde Restauration et le disparait jusqu'en 1854 En 1854, l'infanterie légère est transformée, et ses régiments sont convertis en unités d'infanterie de ligne, prenant les numéros de 76 à 100. Le prend le nom de « d'infanterie de ligne ». 1913 : son va former le du d’infanterie 1914 : à la mobilisation, il donne naissance au d’infanterie 1940 : dissolution 1959 : recréation 1962 : dissolution 1967 : recréation 1993 : dissolution 2005 : le camp de Sissonne reprend les traditions du RI 2013 : filiation avec le Centre d'entraînement aux actions en zone urbaine 2025 : redevient régiment d'infanterie

Chefs de corps

Royal Bavière 1709 : Comte de Bavière 1748 : Comte d'Heilfemberg 1760 : Baron de Falkenstein 1760 : Comte de Levenhaupt 1775 : Comte de Daun

Royal Hesse Darmstadt : Louis IX, landgrave de Hesse-Darmstadt, † : Frédéric Louis, prince de Hesse-Darmstad : Colonel Nicolas Roques dit Deroques

régiment d'infanterie 1791 : colonel de Haack 1792 : colonel Nicolas Roques dit Deroques 1792 : colonel Hamilton 1794 : chef de bataillon Joseph Perrin (La Bresse/Vosges 1754, + Gênes/Italie 1800) 1796 : chef de bataillon Lochet 1803 : colonel Razout -1813 : Colonel Combelle 1813 : colonel Gougeon 1815 : colonel Darin 1856 : colonel Olivier 1868 : Colonel de Geslin 1871 : colonel Saint-Martin 1871 : colonel Champion 1872 : colonel Isnard 1880 : colonel Bernard -1886 : Colonel Lucien Charles Paul Emile Grivet 1888 : colonel Sauret 1893 : colonel Soyer 1895-1899 : Colonel Gabriel Parisot 1899-1904 : Colonel Delpuech de Comeiras 1906 : colonel Sabatier 1907 : colonel Cassin 1909 : colonel Sauret 1912 : colonel Henri Berthelot - : Colonel Margot 1914 : chef de bataillon Ducloux 1914 : chef de bataillon Barbaroux 1914 : capitaine Dicu 1914 : chef de bataillon Benot 1914 : lieutenant-colonel de Saintenac 1916 : colonel Delestre 1916 : chef de bataillon Sauget - : colonel Paul Détrie 1916 : colonel Habrant 1927 : colonel Münk-Bonnejoy 1933 : lieutenant-colonel de Pascal 1935 : colonel de Girval 1937 : colonel Conquet 1939-1940 : Colonel Gregy 1945 : lieutenant-colonel Bel 1956 : lieutenant-colonel Penfentenyo 1956-1958 : Lieutenant-colonel Yvan Reverdy 1958-1960 : Colonel Serge Henri Parisot 1960-1962 : Colonel Lavallée 1962 : colonel Duittemey 1967 : colonel Prestat 1969 : colonel Chaulieu 1971 : colonel Faury 1973-1975 : lieutenant-Colonel puis Colonel René Berger 1975 : colonel Bonduelle 1977-1979 : colonel Vareilles 1979-1981 : colonel Monganne 1981-1983 : lieutenant-Colonel de Clermont-Tonnerre 1983-1985 : colonel Moltes 1985-1987 : colonel Claude Ascensi 1987-1989 : colonel Bourrouet 1989-1991 : colonel Jean de La Roque 1991-1993 : colonel Pierre Piva 2000-2004 : colonel Diguou 2004-2006 : lieutenant-colonel Le Conte 2006-2008 : colonel Puente 2008-2010 : colonel Legiot 2010-2012 : colonel Legrand 2012-2014 : colonel Santoni 2014-2016 : colonel Forestier 2016-2018 : colonel Bouju 2018-2020 : colonel Herbinet 2020-2022 : colonel Le Jariel des Chatelets 2022 : lieutenant-colonel Blanquefort

Historique des garnisons, combats et batailles du RI Ancien Régime Il est créé le par décision de Louis XIV à Phalsbourg , à partir de six compagnies du régiment d’Alsace et de deux compagnies de grenadiers bavarois aux ordres de leur prince, le chevalier de Bavière qui rejoint la France, l’Espagne et Cologne, contre la Grande Alliance (Angleterre, Prusse, Provinces-unies, Autriche, Danemark, Savoie, Portugal) durant la guerre de succession d’Espagne (1702-1713). Royal-Bavière participe aux opérations le long de la Lauter et de la Sarre, puis à la réduction des villes de Landau et de Fribourg en 1713, avant de prendre finalement ses quartiers à Strasbourg au retour de la paix.

Lors de la guerre de succession au trône de Pologne, le régiment participe au siège de Kehl, puis à celui de Philippsbourg de juin à . Dès 1740, les hostilités reprennent à l’occasion de la guerre de succession au trône d’Autriche, la France soutient la candidature du Grand Electeur de Bavière (le frère du colonel). Le régiment défend Prague en 1742, puis occupe Agra en 1743. En 1744, il combat à Ringsaberne durant la campagne du Palatinat, puis à Paffenhofen en 1745, avant de s’installer en défensive sur le Rhin. En 1748, il est envoyé au secours de la Provence attaquée et repousse les Autrichiens à Castellane. Il débarque en libérateur à Gênes, qu’il vient défendre. Il s’illustre à Rivalora et Posleverra, puis à Rossiglione. Il se retranche durant l’hiver à Voltri qu’il défend en 1748, puis à la paix signée quitte Gênes pour la France et assure quelques détachements de troupe en Corse.

Dès 1756, les hostilités reprennent avec la guerre de Sept ans. Royal-Bavière quitte Longwy pour Cologne. Il participe aux batailles d’Haamstembeck, d’Halbentar, puis de Sunderhausen, et enfin à la victoire de Lützelberg. En 1759, il se bat pour le village de Bergen. Le à Emsdorf, les troupes françaises sont surprises au campement et subissent de lourdes pertes. Le régiment doit rentrer en France pour se réorganiser et surveiller les côtes à Ostende face aux incursions anglaises. Puis Royal-Bavière revient en Allemagne et participe à la protection du Bas-Rhin en 1762 jusqu’à l’arrêt définitif des combats.

En 1780, le régiment prend le nom de « Royal Hesse-Darmstadt » du nom de son nouveau colonel-propriétaire, et occupe les garnisons de Landau puis de Strasbourg. Touché par les troubles révolutionnaires, il prend la cocarde. Le régiment est envoyé à Neuf-Brisach, puis dans les ArdennesOfficier tradition du CENZUB-94e RI.

Guerres de la Révolution et de l'Empire Le , lors de la mise en place de la numérotation des régiments, le Royal Hesse Darmstadt est rebaptisé « demi-brigade d’infanterie de ligne » dont voici les principaux faits d'armes après la Révolution Française : 1792 : Bataille de Valmy Bataille de Jemappes 1793 : Armée de Belgique) 1800 (Bataille de Marengo) : l’actuelle inscription au drapeau de la victoire Marengo 1800 provient des faits d’armes du Léger (dont le 94 hérite plus tard par héritage de filiation en 1855) (Bataille d'Austerlitz) : En tête de colonne du Corps de Bernadotte, sous les ordres du général de division Drouet d’Erlon, le RIL prend une part importante dans l’attaque du plateau de Pratzen à Austerlitz. Alors que l’assaut principal français menace d’être enfoncé sur son flanc gauche par la contre-attaque des troupes de réserve du Grand-Duc Constantin placées au centre, la division d’Erlon appuie et recueille la cavalerie de la Garde lancée par Napoléon, mitraille à plusieurs reprises les régiments d’élite de la cavalerie russe qui charge à sa suite. La première ligne se forme en carrés pour repousser ces puissants chevaliers gardes, puis se lance à leur poursuite et engage une mêlée avec les grenadiers d’élite russes et autrichiens restés en appui. La contre-attaque brisée, le centre ennemi est enfoncé par le Corps tout entier à la suite de la division d’Erlon.

Le 14 juin 1807 les 2 bataillons du régiment participent à la bataille de Friedland.

En 1809, son bataillon d’élite formé par regroupement des compagnies de grenadiers et de voltigeurs prélevées dans tous les bataillons participe aux combats victorieux de Wagram dans l’attaque décisive. Mais c’est principalement dans la difficile campagne d’Espagne que ses effectifs sont durablement engagés, ce qui l’amène à défendre le front des Pyrénées face à la coalition anglo-espagnole lors du retrait de la péninsule ibérique.

En , grâce à sa défense hardie et désespérée de la citadelle de Bayonne, cette garnison stratégique et son port restent aux mains des Français au moment de l’abdication de l’empereur Napoléon. Le régime de la Restauration décide de licencier les régiments sur leur lieu de stationnement pour constituer des milices départementales. S’ensuit une période de reprise en main de l’armée par le nouveau régime durant laquelle le 94 a cessé d’exister.

L’intervention en Espagne démontre le besoin de troupes entraînées, et 75 régiments de ligne et 25 régiments d’infanterie légère numérotés dans l’ordre sont créés en 1821.

1832 (Bataille d’Anvers) : la campagne de Belgique amène au Léger l’inscription de la bataille d’Anvers sur son drapeau.

Second Empire Le décret du 24 octobre 1854 réorganise les régiments d'infanterie légère les corps de l'armée française. À cet effet, le 19e régiment d'infanterie légère prend le numéro 94 et devient le « régiment d'infanterie de ligne ».

Le régiment est envoyé pour participer à la guerre de Crimée le . Le , le a perdu 423 hommes.

En 1856, il est à Saint-Omer.

Par décret du , le d'infanterie fournit une compagnie pour former le régiment d'infanterie de ligne.

En 1869, il est à Rouen sous le commandement du colonel de Geslin.

Au début de la guerre de 1870, le , le d'infanterie fait partie du de l'armée du Rhin.Avec le d'infanterie du Cel Gauzin, le la Brigade aux ordres du général Colin. Cette Brigade avec la Brigade du général Becquet de Sonnay, trois batteries de 4 et une compagnie du génie constituent la Division d'Infanterie commandée par le général de division Lafont de Villiers. Cette division d'infanterie évolue au sein du Corps d'Armée ayant pour commandant en chef le maréchal Certain-Canrobert.Le arrive à Metz avec sur , le il se bat à Rezonville ; il est brusquement pris à partie par une charge de cavalerie et une mitraille qui sème la panique dans ses rangs. Le , le régiment est à Sainte-marie-aux-Chênes et s'y installe. La garde prussienne marche sur le village en direction de St-Privat, mais elle est décimée par le feu. Les Allemands appelleront Sainte-Marie « le tombeau de la garde ». Le régiment combattra le 7 octobre à la bataille de Bellevue.

Contre la Prusse, au sein du VIe Corps, le 94 participe à la défense de Metz. Il essuie de lourdes pertes au combat durant la bataille de Rezonville, à Flavigny du 15 au . « Le 94e de Ligne, spécialiste de la défense des villages » mène à partir des bourgades une série de combats retardateurs particulièrement efficaces et meurtriers face à des forces très supérieures en nombre, en particulier le lendemain entre Sainte-Marie-aux-Chênes et Saint-Privat, où il résiste à trois assauts désastreux de la 1ère division de la Garde prussienne malgré la puissance de son artillerie. Finalement débordés par l’attaque du XIIe Corps saxon, faute de couverture au nord, les survivants se retranchent dans la garnison de Metz sur ordre du maréchal Canrobert jusqu’à sa capitulation le .

Pendant la guerre, le dépôt du régiment, à Rouen puis à Rennes à partir du , forme plusieurs détachements qui rejoignent des régiments de marche : le , réduit à quatre compagnies, passé au de marche (août), la du , passée au de marche de Paris (septembre), la du , passée au de marche (septembre), les et du , passées au (octobre) ,