Charlevoix est une région naturelle, historique et touristique de la Capitale-Nationale, au Québec. Elle est située au nord-est de la ville de Québec, sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, entre Petite-Rivière-Saint-François et l'embouchure du Saguenay. Son cœur est constitué de la Réserve de la biosphère de Charlevoix, lieu d'impact d'un astéroïde, événement survenu il y a environ d'années et connu sous le nom d'astroblème de Charlevoix. En 2025, la région de Charlevoix compte plus de 30 000 habitants répartis sur son territoire.

Étymologie Charlevoix a été nommé ainsi pour la première fois, en 1855, lors du redécoupage de la carte électorale du Canada-Uni. Ce nom honore la mémoire du voyageur et historien jésuite Pierre-François-Xavier de CharlevoixPierre-François-Xavier de Charlevoix.

Géographie Relief

vignette|Cette région est formée des MRC de Charlevoix (en rouge) et de Charlevoix-Est (orange). Située au cœur du Bouclier canadien, Charlevoix doit son relief disparate aux diverses glaciations ayant affecté son territoire, mais également à l'impact d'une météorite l'ayant frappé il y a d'années. À vol d'oiseau, on peut apercevoir, parallèle au fleuve Saint-Laurent, la plus ancienne chaîne de montagnes du monde : les Laurentides. Toujours en vue aérienne, on remarque qu'une succession de sommets, rabotés par le temps et la glace, et de vallées sont découpés par le cratère météorique, pour former un arc de cercle.

En glissant vers le milieu du cratère, on croise un relief beaucoup moins abrupt, constitué de vallées et d'un plateau central onduleux. C'est d'ailleurs ce qui explique que plus de 90 % des habitants de la région aient élu domicile sur la partie couverte par l'impact du corps céleste. Au centre du cratère, pointe le mont des Éboulements, qui est le résultat d'un rehaussement à la suite de la collision entre la météorite et cette partie du Québec. Le mont des Éboulements, ainsi que la municipalité du même nom, furent, en 1663, le lieu d'un important glissement de terrain provoqué par un tremblement de terre, ce qui contribua à façonner le visage particulier de cet endroit.

Géologie - Séismes vignette|gauche|Astroblème de Charlevoix La région de Charlevoix est reconnue pour son potentiel d’activité sismique important. En fait, la Zone sismique de Charlevoix (ZSC) est la plus active de l'est du Canada. Au fil de son histoire, plusieurs secousses y ont été ressenties. Entre et , quelque tremblements de terre de magnitude variant entre -1,0 et 5,0 furent enregistrés par un réseau sismographique local.Il est également estimé que depuis l’arrivée des Européens en Amérique, au moins sept séismes de magnitude allant de 6,4 à 7,5 sur l’échelle de Richter ont fait trembler la terre dans la région. Plusieurs séismes ont été répertoriés par des récits tels en 1534-1535, 1663, 1791, 1860, 1870, 1925, 1952. Les tremblements de terre plus récents ont une intensité connue (1952 et 1988). La secousse d' a été évaluée à une magnitude de 7 par les spécialistes. Le dernier séisme connu de 1988 avait Chicoutimi (Saguenay) pour épicentreLes régions du Québec Histoire en bref Charlevoix Serge Gauthier Normand Perron.

Cependant, la région charlevoisienne ne devrait pas connaître un nombre si important de tremblements de terre. Plusieurs hypothèses ont été formulées pour expliquer cette « anomalie » naturelle. Parmi celles-ci, dont aucune ne fait consensus, nous retrouvons : la faille de Logan, la météorite, le rift du Saint-Laurent et le paléo-rift d'IapetusLa sismicité de Charlevoix.

La faille de Logan est une hypothèse qui a été rejetée par les experts, mais qui est pointée du doigt lorsqu'un séisme d'importance survient au cœur de la région. Encore bien implantée dans la croyance populaire, elle relie l'activité sismique de Charlevoix à cette faille qui longe le fleuve Saint-Laurent et qui marque le front de la chaîne des Appalaches.

Une autre hypothèse, celle de la météorite, est celle qui est la plus souvent avancée par les scientifiques. La chute de cette roche venue de l'espace a changé à jamais le visage de la région, il y a d'années. Cette météorite a créé l'astroblème de Charlevoix, qui se retrouve maintenant à cheval entre la côte charlevoisienne et le fleuve Saint-Laurent. On estime le diamètre de cette météorite à . Le résultat de cet impact est l'affaiblissement et la fracture de la croûte terrestre à cet endroit.

L'hypothèse du rift du Saint-Laurent de son côté stipule que la sismicité de l'est du Canada, incluant celle de Charlevoix, est due à un jeu de failles qui survient dans ce rift constitué par la vallée du Saint-Laurent, relié à l'ouverture de l'Atlantique au Mésozoïque. Cette hypothèse ne pèse pas lourd dans la balance puisque l'existence même du rift n'est pas prouvée.

La dernière hypothèse avancée, celle du paléo-rift d'Iapetus, fait référence aux failles dans le Bouclier canadien qui sont reliées à l'ouverture de l'Océan Iapetus et qui traversent toute la croûte terrestre. À l'heure actuelle, cette hypothèse est celle qui est étudiée le plus sérieusement par les géophysiciens. En complément à l'hypothèse de la météorite, elle constitue la réponse la plus adéquate pour expliquer la sismicité de la région de Charlevoix.

Flore et faune vignette|Baie-Saint-Paul vignette|Lever de soleil au Parc National des Grands Jardins Lieu de prédilection pour les artistes peintres, Charlevoix se démarque par sa flore qui est constituée de plusieurs zones de végétation : forêt boréale (taïga), forêt mixte (la région de Charlevoix est recouverte, en 2012, à 90 % de forêt), et toundra. Ainsi, selon l’altitude à laquelle il se trouve, le visiteur peut observer des paysages dignes d'une toile. Ceux-ci sont composés, jusqu'à de bouleaux jaunes et d'érables, de 200 à de forêt mixte, de 600 à de pessière (principalement d'épinette noire mais également blanche) et de sapinière (bouleau blanc et sapin baumier). Jusqu'à environ , c'est l'abondance de lichen clairsemé d'épinette noire. Au-delà de cette altitude, la végétation se fait encore plus rare et se limite surtout aux arbustes, aux plantes herbacées et aux lichens. Vu le relief de la région, l'épinette noire occupe environ 50 % du territoire et constitue ainsi la principale espèce de l'espace forestier. Cette composition est toutefois bien différente de ce qu'elle a déjà été : jusqu'au milieu du , colons et industriels ont abattu de nombreux érables, merisiers, chênes et hêtres pour la transformation du bois ainsi que du pin rouge duquel on extrayait de la résine servant au calfatage des canots..

vignette|Parc national des Grands-Jardins vignette|Charlevoix Cette richesse dans sa diversité végétale a notamment valu à la région d'être identifiée, par l'UNESCO, en tant que Réserve de la biosphère de Charlevoix. Il s'agit également de l'une des rares réserves de la planète à être habitée par quantité d'espèces fauniques. Parmi celles-ci, on retrouve trois grands cervidés : l’orignal, le cerf de Virginie et le caribou. Inconnu dans la région avant 1950, le coyote a fait son apparition à la suite de grands déplacements qui ont amené cette espèce à s'installer partout en Amérique, de 1829 à 1948.

De nombreux saumons de l’Atlantique sautent également dans ses rivières, alors que ses lacs sont un havre pour les truites mouchetées. Des oiseaux migrateurs, tels que le goéland, le canard, l’oie et le limicole, trouvent refuge sur ses branches, ses terres et ses étendues d'eau. Fait à noter, Charlevoix est une région phare quant à l’observation des phoques, des visons et de six espèces de baleines, dont les bélugas.

Caribous et Grands-Jardins Disparu des hauts plateaux de Charlevoix au début du à la suite d’une chasse abusive, le caribou forestier est revenu dans la région grâce à la détermination de biologistes qui ont participé à sa réintroduction. Pour ce faire, 82 bêtes ont été transportées en avion à partir du Grand Nord québécois, entre 1969 et 1972. Depuis, les caribous de Charlevoix vivent dans le parc national des Grands-JardinsPlan de rétablissement du caribou forestier.

Ce parc a le privilège de constituer l'une des aires centrales de la Réserve de la biosphère de Charlevoix, statut octroyé à la région par l'UNESCO. vignette|Parc de la Malbaie Son principal enjeu de conservation est de protéger les habitats aquatiques et les sommets. Les équipes qui y travaillent veillent à faire respecter rigoureusement les quotas de pêche, afin d'assurer la pérennité de l'écosystème aquatique. Elles visent aussi à maintenir les populations de saumons de fontaine ou ombles de fontaine , et d’ombles chevaliers, et procèdent à la caractérisation des plans d’eau ainsi qu’à l’identification des frayèresLes enjeux de conservation.

Histoire

Histoire autochtone

vignette|Le Saint-Laurent vu depuis Le Massif de Petite-Rivière-Saint-François. Avant l'arrivée des colons d'origine européenne au , les peuples Montagnais, Etchemins et Algonquins occupaient le territoire de Charlevoix. La région charlevoisienne était un lieu de passage de prédilection pour les autochtones qui pratiquaient la chasse et la pêche. L'Île-aux-Coudres était entre autres l'un des lieux privilégiés pour chasser le béluga et le marsouin. Sur une base saisonnière, les autochtones s'installaient également sur la pointe aux Alouettes près du Saguenay, à Port-aux-Femmes sur la rivière Noire et près de la rivière Malbaie et de la Petite Rivière (Saint-François). Les déplacements à l'intérieur des terres s'effectuaient par des sentiers à travers la forêt.

Colonisation

La région est pour la première fois observée par les Européens en 1535 lors du second voyage de Jacques Cartier. Le , il jette l'ancre sur l'île aux Coudres, face à la partie côtière de Charlevoix, elle-même située sur la rive gauche du Saint-Laurent. Si l'île aux Coudres (ainsi que d'autres îles avoisinantes) paraît à Cartier et son équipage habitable et propre à la cultivation, ils sont impressionnés par le relief difficile des terres de Charlevoix et doutent qu'un développement y soit possible. Pendant de nombreuses années, des postes sont exploités dans la région en vue de l'exploitation forestière et dans une moindre mesure de la traite de fourrure, mais aucun établissement stable n'y existe encore.

En 1636, les premiers territoires étant accordés en seigneurie sont ceux de Baie Saint-Paul, s'étendant dès lors des municipalités actuelles des Éboulements jusqu'à Saint-Siméon. En 1653, c'est la seigneurie de La Malbaie qui est établie, mais les deux fermes qu'elle comprenait seront finalement détruites par la guerre de 1759, qui verra le territoire de la Nouvelle France passer sous contrôle britannique. Deux officiers écossais ayant notamment servi lors de la bataille des Plaines d'Abraham, et Malcolm Fraser, se verront attribuer la seigneurie de La Malbaie qu'ils se diviseront et qui verra s'établir pour la première fois une population durable.

Les officiers octroient des terres à des colons selon les règles qui prévalaient lors du régime français, mais la population reste peu nombreuse; à peine 200 à La Malbaie et environ 3000 dans la micro-région composée de Baie-Saint-Paul, des Éboulements, de l'Île aux Coudres et de Petite-Rivière. Quarante ans plus tard, cette population triple, se chiffrant à 8385 âmes en 1831, La Malbaie accaparant environ le tiers de ces gains..

Période moderne