Le d'infanterie () est un régiment d'infanterie de l'Armée de terre française créé sous la Révolution à partir du régiment de Castellas, un régiment d'infanterie suisse au service du royaume de France.

Création et différentes dénominations

: Tous les régiments prennent un nom composé du nom de leur arme avec un numéro d’ordre donné selon leur ancienneté. Le régiment de Castellas devient le d'infanterie de ligne ci-devant Castellas. 1792 : Licencié 1793 : Amalgamé il prend le nom de de première formation 1796 : Création de la de deuxième formation 1803 : Renommé d'infanterie de ligne 16 juillet 1815 : comme l'ensemble de l'armée napoléonienne, il est licencié à la Seconde Restauration 1830 : création du d'infanterie 1870 : de marche d'infanterie (armée de la Loire) 1871 : d'infanterie de ligne 1882 : d'infanterie 1914 : à la mobilisation, il met sur pied son régiment de réserve, le d’infanterie 1923 : Dissolution 1939 : Recréation du « régiment d'infanterie » 1940 : Dissolution 1963 : Recréation de la première compagnie du « régiment d'infanterie subdivisionnaire » 1964 : Requalification en « bataillon d'infanterie » 1966 : Dissolution

Colonels et chefs de corps

Historique des garnisons, guerres et batailles

Ancien Régime

Révolution française La prise de la Bastille en 1789 et la Révolution française qui va suivre va tourner la page « suisse » du régiment. Ainsi dans un souci d'égalité et en vertu des principes de la Révolution, le régiment, à la suite du décret du , perd son appellation « de Castella », noblesse oblige, et sa dénomination de régiment « suisse », étant au service de la France et donc français. Il sera désormais nommé, comme les 104 autres régiments français, par son numéro d'ordre de création dans l'histoire de France. Il était, dans cet ordre, le « régiment d'infanterie ».

L’Assemblée constituante avait le projet de dissoudre la plupart des unités militaires de l'Ancien Régime et de les remplacer par des unités constituées de volontaires nationaux. Ce projet prend forme officielle le . Ces volontaires n'étant pas assez encadrés et expérimentés, l'Assemblée législative proposa et refusera leurs « amalgames » avec les membres d'anciens régiments royaux, nous sommes le . Finalement la Convention nationale décide de renommer le les régiments en « demi-brigades de bataille ».

Le , le régiment est mis en garnison à Metz. Il fait alors partie de l’armée du Nord, sous les ordres du général Rochambeau, il cantonne dans son intégralité le à Villers-Pol. À la suite de la prise des Tuileries en 1792 et la résistance des gardes suisses, le régiment (encore essentiellement composé de Suisses) est pour la première fois de son histoire dissous le à Troyes. Les hommes qui souhaitaient rester au service de la France furent pour l'essentiel () versés dans la légion de Luckner.

Après de multiples débats stériles concernant « l'amalgame » de ces volontaires avec des soldats de métier, il fut décidé, le , que cet amalgame serait enfin possible. Aussi chacune de ces « demi-brigades de bataille » seraient désormais composées dans les proportions suivantes : D'un bataillon composé d'anciens militaires royaux. Contre deux bataillons de volontaires nationaux.

Guerres de la Révolution française

de première formation (1794-1796) C'est sur le principe de « l'amalgame », d'une part de militaires expérimentés des anciens régiments royaux et d'autre part de volontaires nationaux, que naquit la « demi-brigade de première formation » de l'Armée de Sambre-et-Meuse.

Lors de sa création, elle était composée : Du du d'infanterie (ci-devant Touraine) Du de volontaires du Doubs Du de volontaires du Var

Batailles: 1794-95 : siège de Luxembourg.

Par arrêté du , le Directoire décide que toutes les unités seraient renommées « demi-brigade d'infanterie de ligne » et réorganisées. À la suite de cette réforme, la de bataille devient le , « de ligne ».

d'infanterie de deuxième formation (1796-1803) Cette vacance dans les numérotations sera de courte durée, en effet, le chiffre 66 est redonné dès le . À cette date une nouvelle unité d'infanterie va être numérotée « 66 » et elle est exclusivement composée de volontaires nationaux. Ce sera la « demi-brigade du Finistère » qui participait, au moment de sa nouvelle numérotation, à la première guerre de Vendée et qui jusqu'ici n'avait aucun numéro d'appellation. C'est donc le qu'elle fut rebaptisée réglementairement ; « demi-brigade d'infanterie de deuxième formation ».

Elle est uniquement constituée : de la Demi-brigade du Finistère qui avait été formée avec les de volontaires du Finistère de volontaires de la Marne de volontaires de la Marne

Batailles: 1796 : guerre de Vendée, puis bataille de Neckerau. 1799 : bataille de Stockach, prise de Mannheim et bataille d'Alkmaar. 1800 : bataille d'Offenbach

Consulat et Premier Empire

thumb|Revers du drapeau du d'infanterie sous l'empire

L'avènement du consulat voit une ultime réorganisation de l'armée française et, en 1803, par arrêté du an XII (), la « demi-brigade d'infanterie de ligne » est renommée « régiment d'infanterie de ligne », comme au début de la Révolution.

Guadeloupe campagne de rétablissement de l'esclavage

1802 à 1812 : Basse-Terre, le régiment est envoyé sous les ordres du général Richepanse contre « la révolte des nègres » de Louis Delgrès. Le régiment poursuit Delgrès et ses hommes jusqu'à Matouba où il se donne la mort. Les derniers récalcitrants de l'île sont achevés au lieu-dit « Bel-Air ». La poursuite continue sur les îles avoisinantes : Îles des Saintes, Saint-Martin. Sur l'île, le reste en garnison dans la totalité de ses effectifs jusqu'en 1808, puis partiellement jusqu'en 1812, pour maintenir l'ordre public et s'assurer du bon fonctionnement du commerce triangulaire. L'expédition militaire française parvient à rétablir l'esclavage, au prix d'un conflit qui coûtera la vie à dix pour cent de la population guadeloupéenne. .. En 1810, le régiment est renforcé par une partie de la demi-brigade revenue de Saint-Domingue régiment d'infanterie de ligne. 1806-1810..

Guerre d'indépendance espagnole 1807 : Corps d'observation de la Gironde 1808 : Armée de Portugal - Guerre d'indépendance espagnole Bataille de Vimeiro. 1809 : Bataille de Porto, dite "d'Oporto" et commencement du siège de la Ciudad Rodrigo. 1810 : Siège de Ciudad Rodrigo, bataille de Buçaco, arrêt des troupes françaises devant Torres Vedras. 1811 : Bataille de Redinha, Combat de Casal Novo, Foz-d'Arunce, bataille de Fuentes de Oñoro. 1812 : Bataille des Arapiles, Bataille de Las Navas de Tolosa, Siège de Burgos. 1813 : Bataille de la rivière d'Arlazon, Burgos.

Campagne d'Allemagne (1813)

Bataille de Lützen, Bataille de Bautzen, Bataille de Leipzig, Bataille de Hanau.

Campagne de France (1814)

Bataille de Laon (Athies-sous-Laon), Bataille de Reims, Bataille de Fère-Champenoise, Bataille de Paris.

Première Restauration monarchique (1814) Par ordonnance du , le régiment est renuméroté d'infanterie de ligne après l'exil de à l'île d'Elbe. À son retour de l'île d'Elbe, le , prend, le , un décret qui rend aux anciens régiments d'infanterie de ligne les numéros qu'ils avaient perdus.

La Guadeloupe, par le Traité de Paris étant de nouveau française, le régiment forme trois bataillons pour occuper l'île, sous les ordres du colonel Louis-Francois Vatable son ancien colonel sur l'île.

Cent-Jours ( mars au 22 juin 1815)

Les Cent-Jours verront le renaître de deux façons. En effet, lors de son rapide retour, Napoléon promulgue la restauration des anciens numéros régimentaires.

D'une part en Europe les anciens membres fidèles à Napoléon faisaient partie des premiers à suivre Napoléon de l'Île d'Elbe. Ils feront partie, pendant ce retour de Napoléon, du corps d'observation des Pyrénées. D'autre part les hommes en garnison sur l'île de la Guadeloupe, sous les ordres du colonel Vatable, reprennent le pour leur régiment. Étant les seuls forces militaires françaises de l'île, ils reconnaissent l'Empire le . La nouvelle de Waterloo arrive aux Antilles françaises le , lorsque les Anglais débarquent pour reprendre l'île. Ainsi le dernier drapeau français pour la cause de Napoléon fut-il celui d'infanterie de ligne. Le régiment lutta à 1 contre 6 et tomba le avec l'île aux mains des Anglais, alors que Napoléon était en chemin pour sa captivité sur l'île de Sainte-Hélène.

Les restes du régiment sont rapatriés au Havre, où il est dissous le .

Monarchie de Juillet Après les Trois Glorieuses et le renversement de la Seconde Restauration, le régiment est recréé, à Saint-Denis à la suite du décret du de Louis-Philippe. Il est organisé à 3 bataillons avec 87 officiers et , avec des éléments fournis par la garde royale et des combattants des barricades, mais sans aumôniersHistoire de l'infanterie en France de Victor Louis Jean François Belhomme Vol 5 page 159.

1830 : Une ordonnance du créé le et porte le régiment, complet, à Histoire de l'infanterie en France de Victor Louis Jean François Belhomme Vol 5 page 151.

1831

Participe à la répression de la révolte des canuts à Lyon., les 21, 22, de cette année-là.. Il combat les canuts révoltés dans les lieux suivants: La Croix-Rousse, la barrière d'octroi de Sainte Claire, sur la place des Terreaux et enfin au Pont Morand.

1832

Participe à l'expédition d'Ancône contre les États pontificaux.. Les et du régiment débarquent de la frégate Victoire le et occupe la ville le . Les deux premiers bataillons du régiment occuperont cette ville jusqu'en ..

Conquête de l'Algérie par la France (1832)

Les et feront quant à eux partie de l'armée d'Oran, dans le cadre de la conquête de l'Algérie par la France.

1832 Combats de Sidi-Chabal. () bataille de Kheng-Nettah.

1833 Combats de Kodour-Delby. () Combats de Sidi-Mahatan. () Expédition d'Arzeu. () Expédition de Mostaganem. () Expédition de Taffaro. () Combats d'Ayn Brédéa. () Combat de Tamezoa. (). Les bataillons sont épuisés, décimés par le choléra et envoyé en convalescence à Mers el-Kébir et Oran, où ils tiendront désormais garnison. Expédition de Mascara.

1835

Combats de Muley-Ismaël. () Bataille de la Macta. () Deuxième expédition et prise de la Mascara. ().

1836

Expédition de Tlemcen. () Combat de Sidi Yacoub. ()

1839

Rentrée en France des compagnies 3 et 4 d'Oran et 1 et 2 d'Ancône. Elles se réunissent et reforme le régiment au complet dans la ville de Lyon au mois de juillet de cette année.

1840

Le régiment est entièrement réuni à Paris pour le retour des cendres de l’empereur Napoléon . Le du régiment ouvre la marche du cortège funèbre qui accompagna la dépouille de Napoléon à l'Hôtel des Invalides. Cet honneur est donné au régiment, car il fut lors des 100 jours le dernier à porter le drapeau et à se battre pour la cause napoléonienne.

1846

Intervient lors de la grève des mineurs de Saint-Étienne. À Outre-Furan, les tirs sans sommation délivrés par le régiment sous les ordres du général Charron coûtent la vie à 6 personnes.

1848 Le régiment est mis en garnison à Lyon.

Deuxième République

1849 : il fait partie du corps expéditionnaire de la Méditerranée envoyé combattre la République romaine et participe au siège de Rome et y reste jusqu'en . 1850 : le régiment déménage de Lyon, pour être cantonné dans les villes de Perpignan, Collioure et Port-Vendres.

Second Empire

thumb|Croquis anonyme d'un lieutenant de la du RIL.

Il est stationné en garnison dans les villes suivantes jusqu'en 1863 : Bar-le-Duc, Verdun, camp de Châlons-sur-Marne et enfin à Strasbourg.

1853 : le régiment ne figure pas sur les listes des régiments de la guerre de Crimée. Mais il y envoya . 1854 : il est appelé à Paris. 1855 : fait partie de l'armée du Nord à Boulogne sous les ordres de Mac Mahon. 1856 : réorganisation à trois bataillons. 1859 : de nouveau à quatre bataillons.