Saint-André, anciennement Séon Saint-André, est un quartier de Marseille, situé dans le et faisant partie des quartiers nord.

Longtemps jumelé à Saint-Henri sous le nom de Séon, cet ancien village du terroir de Marseille devient à partir du un lieu d'industrie, notamment autour de l'exploitation de carrières d'argile et d'usines de tuiles. Après la Seconde guerre mondiale, Saint-André est fortement touchée par la crise économique. C'est aujourd'hui un quartier essentiellement résidentiel.

Toponymie Le quartier est nommé d'après Saint André. Selon une tradition locale, la croix sur laquelle Saint-André fut crucifié, a été retrouvée à l’Abbaye Saint-Victor de Marseille, propriétaire des terres de ce quartier. Cette croix a été transportée et érigée au à Saint-André. Une église est dédiée à ce Saint.

Géographie

Limites du quartier Le le conseil municipal de Marseille (916 T et 995 T aux archives municipales) approuve la nouvelle division cadastrale en 16 arrondissements et 111 quartiers de la ville. Il s'agissait d'intégrer le "terradou", c'est-à-dire la couronne de ville-campagne, l'arrière de la ville-port. Saint-André constitue une de ces divisions du territoire communal nord. Elle a une histoire séparatiste particulière. Avec l'Estaque et Saint-Henri, sous le nom de Séon, ces trois quartiers avaient tenté au milieu du de créer une commune autonome, sans succès.

Géologie et relief Le terrain est constitué d'une plaine littorale, portion du bassin de Séon.

Morphologie urbaine

Logement Saint-André est également le nom d'un quartier prioritaire englobant une partie seulement du grand quartier. Articulé autour du boulevard Grawitz, il compte habitants en 2018 pour un taux de pauvreté de près de 40 %. On y trouve près de 800 logements dont 22 % sociaux, ou encore 41 % de maisonsQuartier Prioritaire : Saint André sur sig.ville.gouv.fr.

Voies de communication et transports Les lignes de bus 25 et 36 desservent le noyau villageois vers les stations de métro Gèze et Bougainville respectivement.

Histoire

Antiquité

L'histoire de Séon-Saint-André a été écrite par les érudits du . Alfred Saurel, dans la banlieue de Marseille, en 1878, résume le savoir : « des restes de villa gallo-romaine, de fours de potiers et de cuves à vin, des tombes antiques autour de l'ancienne église datée de 1153, une seigneurie attestée dès 1298, un château des Tours propriété des Foresta ». L'archéologie ne pourra nous en apprendre plus, tant la terre et le relief ont été bouleversés par la gigantesque carrière d'argile et les usines.

Le cadastre (section 6, feuille 11) représente Séon-Saint-André en 1820. Entre le chemin du littoral le long de la mer et le chemin de Saint-Louis au Rove au nord, il s'égrène dans la pente en suivant le cours du ruisseau Mariage : le hameau du bas, puis le bloc arrondi de l'église, cimetière et presbytère emboîtés, puis le hameau du haut sur le chemin entre quelques grands territoires bastidaires.

En 1862, quand la nouvelle église Saint-André est inaugurée sur le chemin du haut, un quartier urbain se construit autour de deux boulevards orientés nord-sud, nouvellement lotis. Une usine a contribué à façonner cet urbanisme en éventail vers la mer, durant 30 ans.

En 2026, cette église Saint-André est inscrite à la liste des monuments historiquesArticle Des écoles du Front populaire protégées de David Coquille dans La Marseillaise, édition du vendredi 13 mars 2026.

Les industries

L'usine Martin frères fabrique de l'urbain : Les boulevards Martin et Grawitz.

Le boulevard Labro a été ainsi nommé en 1945 à la mémoire d'un résistant. Il s'appelait Martin du nom du patron de l'usine située en bord de mer, l’usine Martin frères. Ce boulevard a été créé et loti pour loger les ouvriers des tuileries. L'augmentation des ouvriers fut brutale quand l'usine est passée au mode industriel. Quelques chiffres donnés par Yves Ratier, 1989, Tome 4 de l'Histoire du commerce et de l'industrie de Marseille : « En 1842 les trois quartiers de Séon comptaient 60 fabriques de tuiles et briques et 700 ouvriers », soit une dizaine d'ouvriers par entreprise, il s'agit de fabrication artisanale. Dès l'achat des brevets et le développement industriel en 1844, l'usine Martin Frères passe à 100 ouvriers. « En 1872 les trois quartiers comptaient 94 fabriques et 1800 ouvriers » ; soit une estimation de 200 ouvriers de plus chez Martin Frères en 30 ans seulement. Vers le nord en direction du chemin de communication les terrains ont été achetés pour construire des habitations et les vendre. La nouvelle église est construite avec les fonds de la Mairie, des industriels et de l'Evéque Mazenod. Sur ce boulevard, les Martin avait une parcelle de terrain qu'ils ont utilisé pour construire l'école des filles et la salle d'asile; les décors en terre cuite en façade montrent leurs savoir-faire artisanaux. Dans les années 1880 Alexis Grawitz reprend la tête de cette usine, il donne son nom au second boulevard, loti en parallèle au premier. Sur une parcelle, il crée la crèche pour les ouvrières, dite "Maison des Œuvres". Pour finir de comprendre cette nouvelle « ville », il faut ajouter le temps reconstruit par la sirène de l'usine, qui rythme autour des trois-huit le quotidien des êtres. Les magasins ouvrent à 5 heures du matin, dès la première sirène et suivent les entrées et sorties des ouvriers et ouvrières. Cet urbanisme industriel donne la dimension de l'usine dans le paysage et de ses bâtiments en bord de mer.

La tuilerie briqueterie Martin frères de Séon-Saint-André Cadastre de 1820, parcelle 3100 En 1829 cette immense parcelle est une vigne appartenant à François Marcellin et Anne Sacoman son épouse. Elle jouxte une petite parcelle de graviers, une plage (parcelle 3101). La parcelle et sa maison semblent avoir été vendues vers 1831 car en 1833 le bâti passe de 24 à 189 portes et fenêtres. Ce chiffre est énorme et ne peut être que celui d'une usine. Il s'agit du premier bâtiment de l'usine, parallèle au bord de mer et peu remanié jusqu'en 1900. Sur une photographie de la Chambre de Commerce, la façade compte 3 étages et 30 travées soit 90 fenêtres que l'on double sur l'arrière soit 180, auxquelles on ajoute les portes ce qui donne la dimension immense de ce bâtiment-cathédrale reliée en arrière à d'autres fonctions, cheminées et bâtiments.

L'acheteur est Ange-Guillaume Martin, fabricant de poteries, 25 grand chemin d'Aix. En vérifiant sur l'indicateur marseillais de 1831 on trouve Martin Ainé, fabricant de poteries et creusets, même adresse. L'histoire de l'usine est possible. Une vieille famille d'artisans potiers avait ses atelier et bureau au chemin d'Aix avec une carrière d'argile à Séon-Saint-André à l'emplacement de ce qui sera leur maison de maître, derrière la vieille église. En 1831, l'ainé achète un immense terrain pour en faire une usine et un débarcadère. En 1844 il achète le brevet de la tuile plate et la fabrique industriellement ; pour preuve : en 1844 la parcelle passe à . En 1855 la parcelle est notée . 5 M 443 Le , autorisation du préfet . Yves Ratier : . Ce brevet fut déposé le par Joseph et Xavier Gilardoni puis un second brevet pour un second modèle de tuiles en 1850, primé aux expositions universelles. Les tuiliers les plus en pointe achetèrent cette licence. 5 M 443 Autorisation du préfet le . La chaudière est la seconde cheminée c'est elle qui fait fonctionner les presses et les machines de levage. 5 M 295 En marge du dossier . Dans le cadastre de 1874, la parcelle passe de Martin Louis, Henri, Amédée et hoirs Martin Adèle au seul Henri Marius Martin, en 1876 elle passe à S.A. des anciennes tuileries Martin frères, en 1882 y est inscrit : fours, séchoirs, hangars. * 5 M 295 , autorisation du maire en marge. Texte : . 5 M 446 , ; cadastre de 1902 la parcelle est propriété de la Société Générale des Tuileries de Marseille SGTM, siège 2 rue de la RépubliqueCf. Y. Ratier : photo on voit sur toute la longueur de la façade de l'usine le nom de la SGTM (archives ccim).. Ce bâtiment brûle en 1920, à sa reconstruction elle prend le nom de Joseph Fenouil. En 1922, la marque des tuiles produite est toujours le papillon des frères Martin. W 20 et 47, les plans cadastraux de 1956 puis rénovés montrent l'usine toujours en place. Elle ne sera détruite qu'en 1985 lorsqu'elle est vendue par la Société des Tuileries de Marseille et de la Méditerranée (TMM) à la SAHLM Nice-Habitat pour créer la cité d'habitations des tuileries et la zone d'activité dans le cadre de la ZAD.

À venir 1943, l'usine collaboratrice, disparition des sources institutionnelles. L'armée allemande passe commande de un nouveau brevet acheté par l'usine (L'Homme et l'Architecture -6, 1945) qui permet de fabriquer des briques creuses en forme de bouteilles emboîtables pour construire des voûtes: sources orales d'ex-ouvrières de l'usine qui ont fabriqué ces fusées (dont Reine Mariani). Cette activité permet à l'usine de ne pas fermer durant la guerre. En 1945 le stock des fusées est récupéré par l'architecte F. Pouillon (Mémoires d'un architecte, 1968, ). Elles serviront à construire les baraques du camp du Grand Aréna, commandées par l'armée américaine. 2011, L'association Ancrages croise l'histoire des tuiliers de Saint André avec celles de la main d’œuvre étrangère s’étant succédé sur les tuileries jusqu’à leur fermeture travailleurs italiens, kabyles puis sénégalais. En 2011, Samia Chabani présente le site de l'ex-usine devenue citée dans le cadre de l'Hôtel du Nord lors des journées européennes du patrimoine des 17 et .

L'après-guerre

Culture et patrimoine

École élémentaire Saint-André-Condorcet, édifice construit par René Egger et Fernand Pouillon en 1952, labellisé « Patrimoine du XXe siècle »Voir la description sur le site http://www.culturecommunication.gouv.fr. École des Sœurs, au 11 boulevard Jean Labro, édifice construit au , actuellement Maison Municipale d'Arrondissement. Témoignage de l'activité d'industrie tuilière du quartier. Maison des Œuvres, boulevard Grawitz. Contemporaine de l'école, cette maison a rempli le rôle de foyer populaire, de dispensaire, puis de salle de spectacle au XXe siècle. Bastide "l'Emilienne", 60 boulevard Jean Labro, édifiée au milieu du . Ancienne maison de maître de la famille Martin, propriétaires des Tuileries Martin. L'église Saint-André classée monument historique.

Population et société Démographie

Les chiffres de population avant 1990 sont extraits de , pour Saint-André seul (et non Séon) d'après les estimations de Reynaud et Saurel. À partir de 1990, les chiffres correspondent aux recensements de l'INSEE pour la zone « Saint-André ».

Représentation municipale et politique

Le quartier de Saint André forme, avec les quartiers de Saint Henri, l'Estaque, les Riaux, le de Marseille. Avec le voisin, ils forment le du découpage municipal marseillais. Reconduite en 2014, la sénatrice Samia Ghali est la maire PS de ce secteur. Le , elle est remplacée par Roger Ruzé, et reste sénatrice.

Gestion de l'environnement

Manifestations culturelles et festivités

Sports

Santé

Administration et services

Enseignement

Cultes

Économie

Voir aussi Bibliographie . Texte extrait de

Ministère de la Culture, base Mérimée : fiches signalétiques de l'inventaire général du patrimoine culturel (fiches pour L'Estaque)

Articles connexes Statistiques quartiers de Marseille

Liens externes Ancrages Hôtel du Nord Patrimoine XX sur paca.culture.gouv.fr

Notes et références

Catégorie:Quartier de Marseille Catégorie:16e arrondissement de Marseille Catégorie:Quartier prioritaire de la politique de la ville