Cet article rend une chronologie de la Guadeloupe.

Période précolombienne

Voir aussi : Amérindiens des Antilles 3000 av. J.-C. : Quelques vestiges archéologiques trouvés sur les iles voisines (Saint-Martin, Antigua) témoignent d'une présence humaine dans les Petites Antilles à partir de 3300 av. J.-C. Le plus ancien site actuellement connu en Guadeloupe est le site de "Morel Zero" au Moule daté au radiocarbone vers 1500 av. J.-C. 200 ap. J.-C. : Venus du bassin de l'Orénoque (Venezuela) et de la côte nord du Venezuela, des populations amérindiennes s'installent dans les Antilles. Plusieurs cultures se succèdent : huécoïdes, saladoïdes, troumassoïdes et suazoïdes. Leurs traces archéologiques sont notamment retrouvées sur le site des roches gravées de Trois-Rivières, à la grotte de Morne-Rita (à Marie-Galante) et à l'abri Patate (au Moule) : Les amérindiens Caraïbes habitent sur l'actuelle Guadeloupe. Ils la nommaient Karukéra ce qui en langues caribes signifie l'île aux belles eaux.

: Exploration européenne Le 3 novembre 1493 : lors de son deuxième voyage, Christophe Colomb aborde les côtes de l'île, que ses habitants indigènes appellent « Karukera », et la nomme "Guadeloupe" en l'honneur de la Vierge de Guadalupe (sise dans un monastère espagnol d'Estrémadure). L'île était peuplée d'amérindiens Caraïbes. Pressé de rejoindre ses compagnons laissés sur l'île Saint-Domingue lors de son premier voyage, il continua sa route après avoir refait ses réserves d'eau. Le 4 novembre 1493, contournant la Guadeloupe par le sud, Christophe Colomb découvre la chute de la rivière du grand Carbet. Il découvre aussi les dépendances de la Guadeloupe (La Désirade, Marie Galante et les Saintes). (F. Colomb). Il décide de s’arrêter et envoie un officier et des soldats en reconnaissance. Ils ne trouvèrent personne, mais ils virent des cabanes, des filets de coton, des oiseaux, des arcs et des flèches. Le lendemain, ils ramènent huit indigènes à bord : deux hommes et six femmes avant de les laisser repartir. Ce sont des Caraïbes. Les navigateurs séjournèrent dans l’île jusqu’au 10 novembre. Le premier contact entre les étrangers et les habitants de la Guadeloupe eut donc lieu sans incident. Le 10 avril 1496, Colomb, effectuant son retour en Espagne après son troisième voyage, se trouva dans le voisinage des Antilles et jeta l’ancre à la Guadeloupe, à la pointe appelée depuis Vieux-Fort l'Olive où était construit un village considérable. Pour débarquer cette fois il doit se servir des armes. Il leva l’ancre le 20 du même mois. L'île n'allait pas intéresser les Espagnols faute de mine d'or en Guadeloupe. Ils étaient avec les Portugais les seuls légitimes occupants du Nouveau Monde selon la bulle singulière Inter Caetera du pape Alexandre VI (1493), suivie du Traité de Tordesillas (1494).

Au cours de ce siècle, les nations maritimes émergentes d'européens (Anglais, Français, Danois, Hollandais, Suédois,...) commencèrent à défier l'hégémonie des espagnols autour des Petites Antilles qu'ils n'avaient pas protégées (priorité aux grandes îles des Antilles) et toujours habitées par les redoutés caraïbes. Ces européens étaient plutôt des corsaires, des aventuriers commerçants ou autres boucaniers. Certains commencèrent à y planter du tabac car très rentable. 1515 : Une petite flottille, commandée par Juan Ponce de León, partit de Cadix, pour coloniser la Guadeloupe. Il débarqua plusieurs personnes qui s'empressèrent d'enlever des femmes et furent tués par les indigènes. Prudent, Ponce de Léon leva l'ancre pour l'île Porto Rico. 1518 : Un navire français fit naufrage sur la côte de la Guadeloupe. Les marins furent accueillis et traités avec hospitalité par les amérindiens. Ils vécurent seize mois sur l'île. 1523 : Sous François , une partie de missionnaires ayant débarqué à la Guadeloupe, après une réception amicale, fut décimée par les indigènes.

: Début de la colonisation par les Français

1625 : Pierre Belain d'Esnambuc résiste sur mer à un galion espagnol et aborde l'île de Saint-Christophe en même temps que l'Anglais sir Warner. Les deux nations se partagent alors la possession de Saint-Christophe. La Compagnie des îles de Saint-Christophe est fondée. Grâce notamment au commerce interlope, Saint-Christophe se développe et prospère ce qui donne l'idée à d'Esnambuc de fonder de nouvelles colonies. 1635 : Le 28 juin, en provenance de l'île Saint-Christophe, Charles Liènard de l'Olive et Jean du Plessis d'Ossonville envoyés par Pierre Belain d'Esnambuc débarquent en Guadeloupe à la Pointe Allègre près de l'actuelle ville de Sainte-Rose, et prennent possession de l'île. Ils étaient mandatés par le représentant de la Compagnie des îles d'Amérique. Cette organisation marchande française avait été créée sous l'impulsion du Cardinal de Richelieu. Ils firent planter du coton, du tabac et de l'indigotier. Ils entrèrent rapidement en conflit avec les Caraïbes qu'ils attaquèrent sans pitié. 1636 : Le premier massacre des Caraïbes commença le 26 janvier 1636. Citation des écrits de Bartolomé de las Casas : "L’Olive mena" «...une guerre aussi injuste que honteuse et par ainsi empeschant notre principal dessein qui n’estoit autre que la promulgation de l’Evangile et l’éducation de ce peuple ». L’Olive commença par expédier un canot sous les ordres de Lafontaine avec pour mission de répertorier tous les villages autour de l’ile. Lafontaine revint avec un sauvage et ses deux fils. On leur proposa de servir de guide pour mieux surprendre leurs compagnons, ils refusèrent et furent égorgés. Mais l’un des fils prit la fuite et répandit l’alarme. Une guerre horrible commença alors. Les plus vaillants Caraïbes résistèrent alors que les autres s’enfuirent à la Dominique. La vie des colonisateurs devint dès lors plus difficile, car d’autres Caraïbes accouraient des autres iles pour venir au secours de leurs frères. « Depuis qu’on eut déclaré la guerre aux sauvages, nos gens n’osant plus sortir du Fort, mangèrent jusqu’à l’onguent des Chirurgiens et au cuir des baudriers qu’ils faisaient bouillir pour le réduire en colle. On en a veu quelques-uns brouter de l’herbe, d’autres manger les excrémens de leurs camarades après s’estre remplis dès leurs. On a mesme crû qu’un certain jeune homme de Dieppe avait mangé la chair d’un sien compagnon. L’on a souvent veu la terre des fosses où nos pères avoient enterré les morts toute bouleversée le matin, avec beaucoup d’apparence que quelqu’un les avait fouillés pour en couper quelque membre pour vivre » (Le Père Du Tertre). 1640 : Le 4 avril, en remplacement de Liénard de l'Olive, le Capitaine Aubert est nommé Gouverneur de la Guadeloupe par la Compagnie des îles d'Amérique. 1642 : Le octobre, la Compagnie des Îles d'Amériques créa une charge d'intendant général. Le pouvoir civil commença à prévaloir sur le pouvoir militaire, avec l'arrivée de juges dans la colonie. 1643 : Le avril, Charles Houël seigneur de Petit-Pré, est nommé Gouverneur de la Guadeloupe. Il fonde la ville de Basse-Terre. Grâce au savoir-faire de réfugiés protestants hollandais en provenance du Pernambouc (au Brésil) d'où ils ont été chassés, c'est à cette époque que se développe la culture de la canne à sucre pour un début d'industrie artisanale sucrière. C'est donc aussi à partir de cette date que les premiers esclaves africains sont importés progressivement sur l'île pour répondre au besoin important de main-d'œuvre vigoureuse qu'implique cette agriculture. 1645 : Le 25 février, la Compagnie des Îles d'Amérique nomme Noël Patrocle de Thoisy, gouverneur-général de l'île de Saint-Christophe. Étant repoussé par de Poincy, le gouverneur en place, il s'installa en Guadeloupe en attendant. 1646 : le 29 avril, de Thoisy promulgue une déclaration du roi établissant dans chaque île une justice souveraine. Furieux de sa présence prolongée, Charles Houël leva une révolte contre de Thoisy qui dut retourner en France. 1648 : le 18 octobre, les Français occupent pour de bon les îles proches des Saintes, le 8 novembre l'île Marie-Galante. De même, à la suite du départ des Espagnols, les Français réoccupent les îles Saint-Martin et Saint-Barthélemy à partir de l'île Saint-Christophe. 1649 : le 4 septembre, par l'intermédiaire de son beau-frère, Jean de Boisseret d'Herblay, Charles Houël rachète la Guadeloupe et ses dépendances à la Compagnie des îles d’Amérique pour , payable en sucre et en monnaies. Louis XIV lui décerne le titre de Marquis de Guadeloupe. 1654 : plusieurs attaques meurtrières contre les indigènes caraïbes. 1656 : à la suite du passage de plusieurs ouragans destructeurs et par la pression des maîtres hâtés de recouvrer la productivité de leur domaine, se produisit la première révolte des esclaves de l'île. Les meneurs furent Jean Leblanc de Capesterre, et Pèdre de Basse-Terre. Après de macabres exactions, ils furent capturés et suppliciés. 1660 : Traité franco-anglo-caraïbe. Les Caraïbes abandonnent la majeure partie de l'île aux Français et refluent sur l'île de la Dominique. Toutefois, un petit nombre d'Amérindiens trouve refuge au nord et à l'est de la Grande-Terre (pointes de la Grande-Vigie et des Châteaux, Anse-Bertrand) et s'y maintient jusqu'à la fin du . 1664 : Colbert, le premier ministre du Roi, rétablit l’autorité royale en rachetant l'île à Houël et la cède à la Compagnie des Indes Occidentales avec charge de la mettre en valeur. Celle-ci nomme Claude François du Lion Gouverneur À cette époque, l'archipel de la Guadeloupe compte 3 bourgs important, , et . Sa population s'élève à dont (nègres, négresses, mulâtres et mulâtresses), , et . 1668 1668 16 mars Fut présent Michel Chauveau, escuier, sieur de Lisle, sommier de fruitterie (1) de feu Son Altesse Royalle, demeurant à présent en la parroisse de Pennedepie près Honnefleur, viconté d’Auge, tuteur honoraire des nobles enfants soubzaagés de feu messire Jean de Boisseret, vivant conseiller du roy et correcteur en sa chambre des comptes à Paris, seigneur d Herbelay, du Roussay, Estrechy, Malassis, Montigny en partie et autres lieux, aussy seigneur propriétaire des illes de la Gardelouppe, Marie Galante, la Désirade et autres ; lequel sieur de Lisle en ladite quallité a donné plain pouvoir, puissance et auctorité avec espace en blanc de pour et en sondit nom consentir, ratiffier et accepter le contract de vente qui faicte a esté desdites illes en tant qu il en appartenoit audit deffunct et sieur de Boisseret et à son droict auxdits sieurs ses enfants par messire Jean Bochard, chevallier, seigneur de Champigny, Noroy, Bonconvilliers et autres lieux, conseiller ordinaire du roy en tous ses conseils ; et noble dame Madelaine Houël son espouse en précédent luy veufve dudit feu seigneur de Boisseret, au proffict de messieurs de la compagnie des Indes occidentalles, passé devant les notaires du roy en son Chastelet de Paris le.......jour de.......dernier (2), suivant l’estimation qui a esté faicte par M de Tracy (3) par escript du.......jour de....... aussy dernier (4) mesme rattiffier et agréer touttes les choses portées par lesd. contracts et estimations etc 1 Sommelier de fruiterie office de la maison du roi Le titulaire de cet office pourvoyait la table de fruits de cire de bougie (La Curne de Sainte Palaye, Dict.) 2 Date en blanc 3 Les propriétaires devaient être remboursés par la compagnie des Indes occidentales 4 Date en blanc. Documents relatifs à la marine normande 1889 p19 C.et P.Bréard 1668 : L'administration générale des colonies françaises passe sous la dépendance des Gouverneurs de la Martinique (Chef-lieu du Gouvernement-Général des Antilles). 1674 : La Compagnie des Indes Occidentales est dissoute, l’île est désormais directement attachée au pouvoir royal et devient colonie du royaume. 1677 : Avec Pierre Hencelin retour des Gouverneurs en place sur l'île.