La Flandre française (ou parfois les Flandres françaises) est la partie de l'ancien comté de Flandre qui fait aujourd'hui partie de la France, et qui consiste traditionnellement en la moitié nord du département du Nord, à laquelle s'ajoutent quatre communes du Pas-de-Calais (voir Étendue géographique ci-dessous).

Traditionnellement, la Flandre française consiste en deux provinces distinctes : au nord, la Flandre maritime (ou Flandre flamingante), où l'on parle historiquement le flamand. Il correspond en grande partie au Westhoek français et à l'actuel arrondissement de Dunkerque. La principale ville est Dunkerque, mais on y trouve aussi Cassel, Hazebrouck et Bailleul. au sud, la Flandre wallonne (aussi appelée Flandre gallicane ou Flandre romane), qui était la partie de l'ancien comté de Flandre où l'on a toujours parlé roman puis picard ou françaishors le secteur d'Armentières et Comines où le flamand était autrefois parlé. La Flandre romane est la partie la plus peuplée de la Flandre française, où se trouve notamment sa plus grande ville, Lille, parfois surnommée en France la « capitale des Flandres ». Les autres villes principales de la Flandre romane sont Roubaix, Tourcoing, Armentières et Douai. Il existe d'autres territoires dits flamands comme les Flandres artésiennes autour de Béthune et Saint-Omer, historiquement rattachés au gouvernement général militaire d'Artois.vignette|Localisation de la province de Flandre française et des autres territoires flamands.|centréDepuis sa formation au , la Flandre française a été une des provinces de France les plus riches et densément peuplées, et elle a joué un rôle de premier plan dans la révolution industrielle en France.

Étendue et formation de la Flandre française Étendue géographique     Source de cette section : État par ordre alphabétique des Villes, Bourgs, Villages & hameaux de la Généralité de Flandres & d'Artois (1787).

La Flandre française consiste, traditionnellement, en la moitié nord du département du Nord, c'est-à-dire les arrondissements de Dunkerque et de Lille (ville surnommée la « capitale des Flandres » en France), et d'une partie de l'arrondissement de Douai, ville où se situait le Parlement de Flandre sous l'Ancien Régime. Le sud du Douaisis et la Scarpe sont des limites naturelles au sud du comté de Flandre, et donc de la Flandre française actuelle, même si une ville comme Saint-Amand-les-Eaux se revendique aujourd'hui davantage du Hainaut.

En revanche, pour des raisons historiques et politiques très anciennes, aujourd'hui les limites de la Flandre française évoluent encore, même au-delà du département du Nord. Aujourd'hui, quatre communes du Pas-de-Calais se revendiquent davantage de la tradition flamande romane : Fleurbaix, Laventie, Lestrem et Sailly-sur-la-Lys, qui font partie de la Communauté de communes Flandre Lys. En effet, sur le plan politique, du au c'est tout le comté de Flandre qui faisait partie du royaume de France, et jusqu'au le comté englobait le territoire de l'ancienne région Nord-Pas-de-Calais moins la partie à l'est de l'Escaut. Le comte de Flandre était un des douze pairs primitifs du Royaume de France, institués à l'époque capétienne.

En revanche, jusqu'aux s, l'ouest de l'actuel Pas-de-Calais (ouest de l'Artois, Boulonnais) était de langue thioise (bas-francique, ancêtre du flamand) mais la région a très tôt été picardisée, dès les s. Malgré cette francisation précoce, la toponymie flamande est restée vivace dans le Pas-de-Calais (par exemple Équihen-Plage, Nortkerque, Sangatte, Westrehem, Wicquinghem, Wissant).

Par conséquent, la Flandre française résulte essentiellement de la reconquête du sud du comté de Flandre par la France au . De à la Révolution, la Province française de Flandre(s) occupait l'actuel territoire du département du Nord et incluait aussi le Hainaut français et le Cambrésis.

En revanche, avant la Révolution, en plus des provinces, qui étaient des divisions territoriales juridiques et coutumières, il existait en parallèle un découpage fiscal et politique : les généralités. La généralité de Lille, appelée également « Généralité de Flandre(s) et d'Artois », était constituée de deux « pays d'élection » (ou « Élection ») : la Flandre wallonne, dont la capitale était Lille, et la Flandre maritime, dont la capitale était Cassel. La généralité de Lille incluait aussi la province d'Artois mais n'incluait ni le Hainaut français ni le Cambrésis, qui faisaient partie de la généralité de Valenciennes.

En 1789, juste avant l'abolition des provinces, la Flandre française avait une superficie de . Au , vivaient sur ce territoire de , soit une densité de population de , parmi les plus élevées en France, et plus élevée que dans la Flandre belge.

Flandre gallicante En 1789, la superficie de la province de Flandre gallicante était de .Au recensement de 1806, la population était de .Sa capitale était Lille.

Elle était composée de : toutes les communes de l'actuel arrondissement de Lille, à l'exception de Wervicq-Sud et Warneton-Sud (qui faisaient partie de la Flandre maritime, mais Warneton-Bas faisait partie de la Flandre wallonne) et Sainghin-en-Weppes (qui faisait partie de l'Artois) 34 communes de l'actuel arrondissement de Douai : Aix, Anhiers, Auchy-lez-Orchies, Beuvry-la-Forêt, Bouvignies, Cantin, Coutiches, Dechy, Douai, Erchin, Estrées, Faumont, Férin, Flines-lez-Raches, Guesnain, Hamel, Lallaing, Landas, Lécluse, Lewarde, Loffre, Marchiennes, Masny, Montigny-en-Ostrevent, Nomain, Orchies, Râches, Raimbeaucourt, Roucourt, Sin-le-Noble, Tilloy-lez-Marchiennes, Vred, Warlaing et Waziers trois communes de l'actuel arrondissement de Valenciennes : Brillon, Bousignies et Millonfosse cinq communes de l'actuel département du Pas-de-Calais : Estevelles, Étaing, Pont-à-Vendin, Rouvroy et Tortequesne

Flandre maritime En 1789, la superficie de la province de Flandre maritime était de .Au recensement de 1806, la population était de .Sa capitale était Cassel.

Elle était composée de : toutes les communes de l'actuel arrondissement de Dunkerque, à l'exception de Saint-Momelin (qui faisait partie de l'Artois) deux communes de l'actuel arrondissement de Lille : Wervicq-Sud et Warneton-Sud (mais pas Warneton-Bas qui faisait partie de la Flandre wallonne)

Bilinguisme flamand et roman La Flandre française est historiquement à la fois flamingante (majeure partie de l'arrondissement de Dunkerque, et plus anciennement vallée de la Lys d'Armentières à Halluin) et romane (domaine d'oïl, Lille, Roubaix, Tourcoing, Douai, Orchies). Anciennement une partie du Pas-de-Calais dénommée Artois flamand (Saint-Omer, Béthune) était aussi flamingante. Lille, plus grande ville de la Flandre française, est depuis toujours dans le domaine d'oïl.

Deux langues, en dehors du français, se côtoient donc encore en Flandre : Le picard (appelé « chti » dans la région) en Flandre romane et dans la plupart de l'Artois flamand. Le flamand dans le Westhoek français Alex Vanneste, Taaltoestand in Frans-Vlaanderen, Ons Erfdeel, 1972 et dans l'arrondissement de Saint-Omer.

Ce bilinguisme date du , époque à laquelle les Francs occupent en partie la région et apportent avec eux le dialecte germanique qui deviendra le flamand français. Le reste de la région garde la langue romane (latin populaire) dont naîtra la langue d'oïl. Le picard, encore parlé dans certaines parties de la région est un des dialectes de la langue d'oïl qui donnera également le français. La frontière linguistique suit de nos jours à peu près le tracé de la Lys.

Dans le département du Nord on appelle cette région la Flandre ou parfois les Flandres, appellation au pluriel qui trouve d'abord son origine dans le nom flamand de la région (Vlaenderen ou Vlaanderen) puis dans le fait qu'on parlait autrefois de la Flandre flamingante et de la Flandre romane ou Flandre wallonne; aujourd'hui on se réfère encore à plusieurs « Flandres », puisqu'on parle de Flandre belge et de Flandre française. On trouve aussi, plus rarement, les appellations Pays-Bas français ou Flandre du Sud.

La Flandre française forme la moitié la plus peuplée de l'actuel département du Nord (l'autre moitié étant le Hainaut français et le Cambrésis), et encore aujourd'hui le blason d'or au lion noir de l'ancien comté de Flandre est utilisé de façon officieuse pour représenter le département du Nord. En revanche, de façon tout à fait officielle, le blason de Flandre est utilisé aujourd'hui par la gendarmerie nationale où le blason apparaît sur l'uniforme des gendarmes non seulement du département du Nord mais aussi du département du Pas-de-Calais.

Géographie

thumb|Flandre française dans son contexte géographique.

La Flandre française occupe à peu près la moitié du département du Nord. On y inclut aussi parfois des « bouts » du Pas-de-Calais jadis de langue flamande : l'Artois flamand. Lille (Ryssel en flamand, Rijsel en néerlandais), Roubaix (Robaais) et Tourcoing (Toerkonje) sont ses principales agglomérations, mais elle compte d'autres villes importantes : Douai (Dowaey), Cassel (Kassel), Dunkerque (Duynkerke), Hazebrouck (Hazebroek), Bailleul (Belle), et certains y incluent aussi Saint-Amand-les-Eaux (Sint-Amandt-aen-de-Scherpe), quoique cette dernière fît partie sous l'Ancien Régime non pas de la Flandre française mais du Tournaisis, puis de la province du Hainaut français après la cession de la majeure partie du Tournaisis à l'Autriche en 1713. La Flandre française se compose de deux sous-régions : la Flandre flamingante, également appelée Westhoek, où on parlait historiquement du flamand, et la Flandre romane, de langue picarde.

La Flandre française inclut donc, de son acception la plus restrictive à son acception la plus large, les zones suivantes :

Le Westhoek français, compris entre la Lys et la mer du Nord. Ce territoire correspond à l'arrondissement de Dunkerque et peut être décomposé en trois régions naturelles : 60px|Carte : localisation du Blootland dans l'arrondissement de Dunkerque • le Blootland (« pays nu ») ou Plaine maritime, qui comprend les villes de Dunkerque (Duynkerke), Bourbourg (Broekburg), Bergues (Sint-Winoksbergen), Hondschoote.60px|Carte : localisation du Houtland dans l'arrondissement de Dunkerque • le Houtland (« pays du bois »), qui comprend les villes de Wormhout (Wormhoudt), Cassel (Kassel), Hazebrouck (Hazebroek), une partie de Bailleul (Belle).60px|Carte : localisation de la plaine de la Lys dans l'arrondissement de Dunkerque • la plaine de la Lys qui comprend Merville (Merghem), Steenwerck et une partie de Bailleul. Le Pays Cœur de Flandre comprend des communes situées dans le Pas-de-Calais. vignette|Le mont des Cats. La Flandre romane, également appelée Flandre gallicante ou Flandre wallonne, se situe grosso modo entre la Lys (Leye) et la Scarpe. La Flandre romane peut aussi être divisée en trois secteurs : la Flandre lilloise (Rijssels-Vlaanderen) qui correspond à l'agglomération urbaine de Lille (Rijsel ou Ryssel), Roubaix (Robaais) et Tourcoing (Toerkonje) et à sa campagne environnante dont les Weppes. La Pévèle, qui comprend les villes de Bouvines, Pont-à-Marcq et Mons-en-Pévèle, elle forme une zone de transition entre les territoires flamands et picards. une partie de l'Ostrevent et du Tournaisis, correspondant à l'ancien Bailliage de Douai, qui s'étend de Douai à Saint-Amand-les-Eaux, en passant par Orchies et Marchiennes situés au sud de la Pévèle à la limite avec le Hainaut.

On y inclut aussi parfois les arrondissements de Saint-Omer, Béthune et de Calais, situé en Artois et dans l'actuel Pas-de-Calais, mais jadis de langue flamande. On appelle cette zone l'Artois flamand. Même s'il n'est pas situé dans l'Artois flamand, le Pays Cœur de Flandre comprend lui aussi des communes situées dans le Pas-de-Calais.