LÉcosse (en anglais et en scots : ; en gaélique écossais : , ) est une nation constitutive du Royaume-Uni. Couvrant le tiers nord de l'île de Grande-Bretagne, l'Écosse continentale partage une frontière de avec l'Angleterre au sud. Elle est entourée par l'océan Atlantique au nord et à l'ouest, par la mer du Nord au nord-est, par la mer d'Irlande au sud-ouest. Elle contient également plus de , principalement dans les archipels des Hébrides et des Îles nordiques. La majeure partie de la population (dont la capitale Édimbourg) vit dans la ceinture centrale, qui correspond à la plaine située dans les Basses terres, entre les Hautes terres et les Hautes terres du Sud.

L'Écosse est divisée en trente-deux subdivisions administratives ou autorités locales, appelées conseils régionaux. La ville de Glasgow est la plus grande région communale en nombre d'habitants, tandis que le Highland est la plus grande quant à la superficie. Un pouvoir d'autonomie limité est dévolu par le gouvernement écossais à chaque subdivision, et couvre des domaines comme l'éducation, les services sociaux, les routes et les transports. L'Écosse est le deuxième plus grand pays constitutif du Royaume-Uni et représente 8,3 % de la population britannique en 2012.

Le royaume d'Écosse émergea en tant qu'État souverain vers 843, et exista jusqu'en 1707. Jacques VI devint également roi d'Angleterre et d'Irlande par héritage en 1603, pour former ainsi une union personnelle entre les trois royaumes. L'Écosse a ensuite conclu une union politique avec le royaume d'Angleterre, le , pour former le royaume de Grande-Bretagne. L'Union créa le Parlement de Grande-Bretagne, qui succéda à la fois aux Parlements d'Écosse et d'Angleterre. En 1801, la Grande-Bretagne conclut une union politique avec le royaume d'Irlande, pour former le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande. En 1922, l'État libre irlandais fit sécession du Royaume-Uni, conduisant ce dernier à être officiellement renommé « Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord », en 1927.

En Écosse, la monarchie britannique a continué à utiliser une variété d'emblèmes, de titres et de symboles royaux spécifiques au royaume d'Écosse d'avant l'Union. Le droit écossais est également resté séparé de ceux de l'Angleterre, du pays de Galles et de l'Irlande du Nord. L'Écosse constitue une juridiction distincte en droit public et en droit privé. L'existence continue d'institutions juridiques, éducatives et religieuses distinctes de celles des autres nations britanniques ont contribué à la continuation de la culture écossaise et de son identité nationale, depuis l'Union avec l'Angleterre en 1707.

En 1999, un Parlement écossais a été rétabli, sous la forme d'une législature monocamérale dévolue comprenant 129 députés, ayant autorité sur de nombreux domaines de la politique intérieure. Le chef du gouvernement écossais est le Premier ministre d'Écosse, qui est assisté par un Vice-Premier ministre. L'Écosse est représentée au Parlement du Royaume-Uni par 59 députés. Elle est également membre du Conseil britanno-irlandais, envoie cinq députés du Parlement écossais à l', et fait également partie d'un , représenté par le premier ministre local.

Étymologie vignette|300px|Carte de l'Écosse. Le nom français Écosse découle du mot latin Scotia, lequel signifie pays des Scots. Il correspond à l'anglais Scotland.

Le mot latin Scotia était utilisé par les Romains pour désigner les Gaels qui peuplaient au le territoire actuel de l'ÉcosseAlexander Low, The history of Scotland… to the middle of the ninth century, 28. ainsi que l'Irlande. Le grand philosophe Jean Scot Érigène, par exemple, était d'origine irlandaise et non écossaise, malgré son nom. En latin médiéval, scotti référait au peuple irlandais et par extension, aux Gaels d'ÉcosseBrendan Lehane, The Quest of Three Abbots: the golden age of Celtic Christianity, 121..

Bède le Vénérable utilise le terme Scottorum natio (mot-à-mot : nation des Scots) pour désigner le peuple venu d'Irlande qui s'installa sur une partie des terres pictes (« Scottorum nationem in Pictorum parte recipit »). Ceci peut être interprété comme l'arrivée du peuple appelé Gaëls dans le royaume de Dal Riada, sur la côte ouest de l'Écosse.

Au , le mot Scot est mentionné dans la Chronique anglo-saxonne et fait référence au « pays des Gaëls », c'est-à-dire l'Irlande. Le terme Scottorum apparaît de nouveau, utilisé par un roi irlandais en 1005. L'expression Imperator Scottorum est ajoutée au nom de Brian Bóruma par Mael Suthain, dans le Livre d'ArmaghFrancis Xavier Martin, T. W. Moody, F. J. Byrne, New History of Ireland, 862.. Il a été présumé que Brian Bóruma devait alors régner sur les Scots.

Cette dénomination fut quelque peu copiée par les rois écossais. On attribue l'expression Basileus Scottorum à Edgar d'Écosse (1074-1107)Allan Freer, The North British Review, ; Eben William Robertson, Scotland Under Her Early Kings: a history of the kingdom to the close of the thirteenth century, 286.. Alexandre d'Écosse (vers 1078-1124) utilisa l'expression Rex Scottorum sur son sceau, comme le firent ses successeurs jusqu'à Jacques IID. E. (EDT) Greenway, E. B. (Edmund Boleslaw) Fryde, Handbook of British Chronology, 55.

Histoire

Préhistoire

Les glaciers couvraient toute la surface de l'Écosse actuelle pendant le Mésolithique. Le Royaume-Uni faisait partie intégrante du Doggerland habité par de nombreux groupes de pêcheurs et de chasseurs-cueilleurs dès -10 800. Les îles Britanniques se forment à la suite de la fonte de la calotte glaciaire à la fin de la dernière glaciationLa première preuve connue est une pointe de flèche en silex trouvée sur Islay. Voir Moffat, Alistair (2005) Before Scotland: The Story of Scotland Before History. London. Thames & Hudson, .Le site de Cramond ( ) et celui situé près de Kinloch, Rùm ( ) constituent les preuves les plus anciennes d'une présence humaine en Écosse. Voir « The Megalithic Portal and Megalith Map: Rubbish dump reveals time-capsule of Scotland's earliest settlements », megalithic.co.uk. Consulté le 10 février 2008 ; et Kevin J. Edwards & Graeme Whittington, « Vegetation Change » dans Kevin J. Edwards & Ralston, B.M. Ian (éd.), Scotland After the Ice Age: Environment, Archaeology and History, 8000 BC–AD 1000, Edinburgh, Edinburgh University Press, 2003, .. Des groupes de colons ont commencé à bâtir les premières habitations permanentes connues sur le sol écossais vers , et les premiers villages vers . Celui fort bien conservé de Skara Brae sur Mainland dans les Orcades est daté de -3100. Des habitations, tombes et lieux de culte du Néolithique existent en nombre important et en bon état de conservation dans les Northern Isles et les Hébrides extérieures, où le peu d'arbres a entraîné la construction d'édifices en pierres du lieu..

Antiquité

En raison de sa position géographique excentrée, la Calédonie a été moins touchée par les invasions que l'Angleterre et a fortiori que les régions continentales. Après la conquête de l'Angleterre (en l'an 45 env.) par Claude, les Romains n'ont pas réussi à pacifier l'Écosse. Mais d'autres hypothèses mettent aujourd'hui à mal cette idée d'échec. En effet, de récentes découvertes archéologiques ont permis d'établir toute une ligne de fortifications romaines courant de l'Est jusqu'au Nord, jusqu'au-delà même d'Inverness, à Tarradale et à Portmahomack. Des camps ont aussi été reconnus à Cawdor, Balnageith, Normandykes entre Inverness et Aberdeen. Ces fortifications, parfois pérennes (Inchtuthil au nord-ouest de Dundee), indiquent une pénétration importante des Romains jusque dans les Highlands peut-être les prémices d'une invasion durable aux . L'inhospitalité des lieux et le manque d'intérêt économique de la région ont pu aussi influer sur la décision des autorités romaines d'abandonner cette région.

Dès lors, les Romains se sont retranchés derrière le mur que l'empereur Hadrien fit édifier vers l'an 122., et qui réussit à contenir tant bien que mal les Pictes jusqu'en 364. Le mur d'Antonin construit plus au nord ne fut pas efficace longtemps.

Selon le Grec Claude Ptolémée, les différents peuples qui habitent alors l'Écosse étaient les Brigantes, les Caledonii, les Votadini, les Selgovæ, les Novantæ, les Damnonii, les Verturiones, etc.

Moyen Âge

Au Moyen Âge, l'ensemble humain de ce qui devient l'Écosse est composé de peuples différents : des Celtes (les Picti, les Bretons, les Scots venus d'Irlande), et des Germains (les Angles avec la Bernicie puis la Northumbrie, les Vikings à la suite des invasions norvégiennes des Orcades et de l'Écosse).

En 563, le moine irlandais Columcille (ou Columkill, ou Colomba — ne pas confondre avec Colomban) fonde un monastère sur l’île d’Ionahttps://www.britannica.com/biography/Saint-Columba, dans le royaume scot de Dal Riada. Cette abbaye prestigieuse va lancer des missions non seulement sur le Dal Riada, mais jusque sur les terres des Pictes.

Les différents royaumes vont être absorbés par ce royaume des Scots et former la Scotia, c'est-à-dire l'« Écosse » en français. Ces royaumes étaient : le royaume de Fortriú (picte) ; le royaume de Fib (picte) ; le royaume de Gododdin (breton, héritier des Votadini), absorbé par la Northumbrie saxonne ; le royaume de Strathclyde (breton) ; le royaume de Dal Riada (scot) le royaume de Northumbrie (angles).

En Écosse, on parle souvent d'une Auld Alliance (« la Vieille Alliance ») entre l'Écosse et la France : l'alliance traditionnelle contre l'Angleterre signée en 1295. Cette alliance s'est poursuivie, avec le mariage de Marie Stuart, reine d'Écosse et François II en 1558.

Temps modernes

, fille de Marie de Guise et , est connue pour son histoire tragique qui a inspiré de nombreux écrivains, cinéastes…

Elle est l'une des premières reines à avoir des projets d'union entre l'Écosse et l'Angleterre. En effet, elle est une des héritières au trône d'Angleterre, car elle est la petite-fille de Marguerite Tudor, sœur aînée de .

Elle n'aboutit pas à ses projets mais son fils y parvient.

Elle donne naissance en 1566 au roi qui devint également d'Angleterre et d'Irlande.

En 1701, le Parlement de Londres régla la succession au trône d'Angleterre en faveur de la maison de Hanovre, mais le Parlement écossais menaça pour un temps de faire un choix différent, peut-être en faveur du fils du roi déchu , « et », ami du roi de France, qui pouvait prétendre aux trois trônes. Mais les parlementaires écossais, marchands pour la plupart, avaient des soucis financiers découlant du désastre du projet Darién au Panama. Après de longues négociations, le Traité d'Union fut signé et le « Royaume-Uni de Grande-Bretagne » vit le jour en 1707.

En 1727, naît la pour dédommager les porteurs du projet Darién. Elle concurrence la , rejointe aussi par la qui prête dès 1764 , Volume 1. aux filatures de lin. Aidée par la Société agronomique écossaise, la production écossaise de lin triple entre 1730 et 1775, entre Dundee et Glasgow, qui double ses exportations, entre 1725 et 1738 J. D. Mackie et B. Lenman and G. Parker, , London: Penguin, 1991, ..

Ce cocktail de croissance écossaise encore plus rapide qu'en Angleterre et de concurrence bancaire font que l'Écosse est le pays à adopter le plus vite les billets de banque, après la Hollande. En 1772, elle compte déjà 31 banques dont 21 à Édimbourg , par .. L'une d'elles, l' fait défaut sur ses billets, aggravant la crise de 1772 via une cascade de faillites en Écosse puis en Europe. Les Écossais sont alors violemment critiqués par les Anglais Paul Kosmetatos, , université de Cambridge ..

La bataille de Culloden de 1746 a entre-temps marqué l'échec du quatrième des débarquements royalistes en Écosse, après ceux de 1692, 1708 et 1715. Les espoirs de restauration de la lignée des Stuart s'éteignent. Le mode de vie traditionnel des Highlanders (les clans, les tartans et même la cornemuse) est interdit.