vignette|redresse=1.3|Le drapeau du parti.

Le Parti national-socialiste des travailleurs allemands (en , d'où le sigle NSDAP), souvent nommé simplement « parti national-socialiste » ou « parti nazi », est un ancien parti politique allemand d'extrême droite, nationaliste et antisémite, rattaché à la famille politique du fascisme..

Son nom peut également être traduit Parti national-socialiste ouvrier allemand. ou Parti ouvrier allemand national-socialiste.Forme employée dans , et dans .. Le terme « nazi » (abréviation de nationalsozialistisch) est utilisé pour désigner les membres de ce parti ou les partisans de l'idéologie national-socialiste ou « nazisme ».

Fondé en 1920, au début de la république de Weimar, le NSDAP parvient au pouvoir le lorsque son chef, Adolf Hitler, est nommé chancelier du Reich par le président Hindenburg. Il est la seule force politique autorisée dans le Troisième Reich de à la défaite de 1945. Le rôle du parti nazi, auquel beaucoup de fonctionnaires sont tenus d’adhérer, est renforcé par ses organisations spécialisées (Jeunesses hitlériennes, Front du travail, etc.), et surtout par la SS, même si celle-ci n'est pas au sens propre une organisation du parti. Créée en 1925 comme garde personnelle de Hitler, elle devient progressivement, à compter de l’arrivée au pouvoir de Hitler en , un État dans l'État.

À la capitulation de l'Allemagne le , le parti nazi est déclaré illégal et ses dirigeants sont arrêtés, puis jugés au procès de Nuremberg. Le parti y est condamné en tant que personne morale et reconnu comme une organisation criminelle. Les vainqueurs lancent ensuite un processus de dénazification de la société allemande.

Genèse Le NSDAP, à l'époque un « groupuscule extrémiste de droite », est apparu en 1920 à Munich. Il est le successeur de l'éphémère DAP (Parti ouvrier allemand) fondé en 1919, très probablement à l'instigation relève ainsi qu'il est très difficile de différencier l’Arbeiterzirkel (qui porte clairement la marque de Karl Harrer (membre de la Thulé) et le Deutsche Arbeiterausschuß (comité du DAP), dont les compétences se chevauchaient. d'une société occulte munichoise, la société Thulé, dont le but est de protéger des Juifs et des francs-maçons le « sang aryen ». Celle-ci inspire l'usage de symboles comme les runes et la croix gammée et attire des hommes comme Alfred Rosenberg, Hans Frank, Dietrich Eckart et même le moine défroqué Bernhard Stempfle. Thulé compte une centaine de membres, pour la plupart issus de la bonne société munichoise. La société financera modestement le jeune Parti ouvrier allemand.

Création Le , Anton Drexler, serrurier dans un atelier de réparation des Chemins de fer bavarois.., ainsi que le journaliste sportif Karl Harrer du München-Augsburger Abendzeitung., fondent le Parti ouvrier allemand (DAP, pour « Deutsche Arbeiterpartei ») au sein du Cercle politique ouvrier (« Politischer Arbeiterzirkel ») qu'ils avaient eux-mêmes fondé quelques mois auparavant. Dirigé par Harrer, le parti compte à sa création une bonne vingtaine de membres. D'orientation pangermaniste, il se réclame d'un mal défini mais conçu d'emblée comme opposé au marxisme. Parmi les autres membres ayant participé à la création du DAP, on trouve aussi Dietrich Eckart et Gottfried Feder, membres ou associés de la société Thulé.. Le DAP est l'un des nombreux mouvements völkisch à la fois nationalistes, antisémites, anticommunistes et anticapitalistes qui émergent en Allemagne après la défaite du pays à la fin de la Première Guerre mondiale et cherchent à se rallier la classe ouvrière. Il recrute parmi les couches moyennes inférieures. On y prêche la lutte contre la finance internationale et « l'esclavage de l'intérêt ».

Adhésion d'Adolf Hitler au DAP En , la Bavière sort à peine d'une période révolutionnaire mouvementée, marquée par l'éphémère existence d'une république des conseils et par l'impitoyable répression qui suivit sa chute. Le capitaine Karl Mayr, chef de la propagande du service d'information de la Reichswehr, charge le caporal Hitler et l'adjudant Alois Grillmeier d'une mission de propagande au sein du DAP. Le , Hitler se rend à une réunion du parti en compagnie de l'adjudant Alois Grillmeier ainsi que six autres anciens agents de propagandeBundesarchiv Berlin (BAB) NS 26/80 "liste de présence" cité par .. placés sous les ordres de Karl Mayer. Ce dernier était également attendu à cette réunion, comme l'atteste une note sur la liste de présence. À la fin de cette réunion, Hitler prend la parole à l'improviste pour fustiger la proposition d'un intervenant, favorable à une sécession de la Bavière. Remarqué par Drexler, il adhère au DAP (Deutsche Arbeiterpartei : le Parti ouvrier allemand), probablement aussi sur ordre de ses supérieurs. Une demande d'adhésion de Hitler au Parti socialiste-allemand (« Deutschsozialistische Partei »), autre parti d'extrême droite, avait été rejetée cette même année.. Contrairement à ce qu'il prétendra par la suite, Adolf Hitler n'est pas le du parti. La carte de membre de Hitler portait le numéro 555La carte, qui date de janvier 1920, porte en fait le numéro « 555 », mais la numérotation a commencé par le numéro 501 pour donner l'impression que le parti comptait plus de membres. et les premiers numéros ne furent pas attribués dans l'ordre d'arrivée des membres mais, aux alentours vers fin 1919 - début 1920, en suivant l'ordre alphabétique des membres du moment. Ce n'est qu'à partir de la carte (du ) que les numéros suivent l'ordre chronologiqueBundesarchiv Berlin (BAB) NS 26/230 "liste des membres" cité par .. La seule chose certaine est que Hitler faisait partie des quelque deux cents premiers membres qui rejoignirent le parti avant la fin de .

Adolf Hitler, orateur du DAP Hitler devient vite l'orateur principal du groupuscule. Il a lu la Psychologie des foules de Gustave Le Bon. Il en tire la conclusion que, pour s'adresser aux masses, il ne faut pas argumenter mais séduire et frapper les esprits. Il se distingue par ses discours passionnés, par son refus des discussions et sa répétition des mêmes thèmes.

La structure et les thèmes de ses discours ne variaient quasiment jamais : il commençait le plus souvent par comparer la situation de l'Allemagne avant la guerre et sa situation présente, moins réjouissante et dépeinte aussi théâtralement que possible. Il s'attardait ensuite longuement sur les causes de la guerre (dont il attribuait l'origine aux Alliés), la défaite et la révolution, sur l'injustice du traité de Versailles et l'impuissance du gouvernement face aux vexations des vainqueurs de la guerre. Selon Hitler, les « responsables » de tout cela étaient avant tout les Juifs. Inspiré par Feder et sa critique du , Hitler s'enflammait alors contre le , qui dirigeait la politique de guerre des Alliés, ainsi que contre les et les juifs qui étaient largement responsables de la misère économique, divisaient la patrie et la faisaient tomber de plus en plus bas. Hitler distinguait ensuite systématiquement les différences insurmontables entre l'Allemagne et les puissances occidentales dominées par . Si la France était , à cette époque, la Grande-Bretagne représentait à ses yeux . D'où l'idée de chercher à coopérer avec la Russie, mais il fallait que ce soit une Russie libérée du : Ce motif est présent dans ses discours jusqu’au printemps 1922, probablement sous l'influence du cercle d’immigrants allemands originaires des pays baltes réuni autour d'Alfred Rosenberg et de Max Erwin von Scheubner-Richter, fortement représenté à Munich.

Adolf Hitler, chef de la propagande du NSDAP En 1920, Adolf Hitler, chef de propagande du NSDAP, dessine le drapeau du parti (fond rouge, cercle blanc, svastika noir). Dans Mein Kampf, il détaille cet épisode, et notamment son choix du rouge et du noir, couleurs de l'Empire allemand, mais aussi pour ne pas laisser le monopole du rouge au communisme. Il compose aussi les premières affiches du partiFabrice d'Almeida, Était-il un génie de la propagande, L'Histoire, , septembre 2006..

Le , Hitler fait approuver le programme du parti par l'assistance. Le Programme en 25 points, qu'il a rédigé avec Drexler, entend modifier les bases économiques, politiques et sociales de l'Allemagne. Proche du programme du Deutschsozialistische Partei (DSP) publié en 1919, il reprend les idées Völkisch de l'époque en proposant de dans une , d'abroger le traité de Versailles et de Saint-Germain et d'obtenir des colonies. Le programme prône l'interdiction de la nationalité allemande aux Juifs car ils n'étaient pas de et n'étaient ainsi pas des (). Dans un premier temps, l'antisémitisme du programme est dilué dans une xénophobie généralisée à l'encontre des : ce sont des selon la législation sur les étrangers et ils ne doivent pas avoir le droit d'occuper une fonction publique ou d'occuper le poste de journaliste. En cas de pénurie alimentaire, ils doivent être expulsés et tous les non-Allemands qui ont immigré depuis le début de la guerre doivent être forcés à quitter le Reich. En chassant les juifs, en démantelant les grands magasins au profit des petits commerçants, en supprimant , en demandant la et la , en germanisant le droit public, les nazis désignent ainsi des « ennemis » responsables de tous les maux dont souffre le pays. Le programme prévoit aussi de contrôler l'enseignement, lutter contre l'esprit critique et instaurer un pouvoir central fort. Ce programme vise les couches populaires, mais en fait Hitler ne s'intéresse qu'à la partie nationaliste et antisémite. D'un point de vue économique, le programme exige la participation au profit des grandes entreprises, la et leur location à de petits artisans et commerçants, l'arrêt de la , la peine de mort pour mais aussi, par exemple, la hausse des pensions pour les personnes âgées. Cela dit, l'économie n'était, semble-t-il, à cette époque, qu' pour Hitler.

Le restera de fait dans les annales du parti comme le jour où le NSDAP fut fondé. Il se proclame « socialiste » mais est violemment anti-marxiste et anti-communisteGilbert Badia, « Le Troisième Reich », Encyclopædia Universalis, DVD, 2007.. L'adhésion proclamée du parti au socialisme est destinée à récupérer l'agitation qui secoue le monde ouvrier depuis la révolution russe en 1917. Le NSDAP reste cependant fondamentalement antisocialiste : « Il y a un discours ouvriériste mais qui reste au stade du discours : quand il s'agit de prendre position dans les conflits sociaux, le parti nazi sera toujours du côté de la répression », note l'historien Johann Chapoutot. Hitler quitte l'armée en . La première section locale non munichoise fut fondée en à Rosenheim, suivie par d'autres à Stuttgart, Dortmund, Starnberg, Tegernsee, Landsberg et Landshut la même année.. Entre le mois de janvier et la fin de l'année 1920, le nombre d'adhésions au parti passa de 200 à plus de ..

Adolf Hitler prend la tête du NSDAP