La rue de l’Université est située à Paris dans le .

Situation et accès vignette|gauche|Plaque ancienne. La rue longue de et de largeur variable, entre et , est plane et parallèle à la Seine dont elle n'est distante que de quelques centaines de mètres.

Elle débute, à l'est, à hauteur du carrefour avec la rue des Saints-Pères et prend une direction ouest-nord-ouest, croise le boulevard Saint-Germain puis reprend plein ouest à hauteur du palais Bourbon, franchit l'esplanade des Invalides, croise le boulevard de la Tour-Maubourg puis l’avenue Bosquet et l’avenue Rapp ; elle oblique alors un peu vers le sud, croise l’avenue de La Bourdonnais avant de finir en impasse sur l’allée Paul-Deschanel sur le square nord-est de la tour Eiffel.

Origine du nom thumb|left|La rue de l’Université lors des inondations de janvier 1910.

Au , l'université de Paris fit l'acquisition d'un territoire situé le long de la Seine, à l'ouest de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés à qui il appartenait auparavant. Ce territoire fut dénommé « Pré-aux-Clercs » (première mention en 960) : soit parce que les étudiants (appelés autrefois « clercs ») venaient s'y détendre pendant leurs périodes de repos, soit parce que la « montre » ou revue des sujets du roi de la Basoche s'y déroulait chaque année (cette association ne fut reconnue qu'en 1303).

Le Pré-aux-Clercs était également le théâtre de nombreux duels.

En 1639, l'Université revendit le Pré-aux-Clercs et celui-ci fut loti pour devenir un nouveau quartier de Paris dont la rue principale prit le nom de « rue de l'Université ». Par la suite, avec les extensions successives de la ville, cette rue fut prolongée jusqu'au Champ-de-Mars, traversant au passage l'esplanade des Invalides. La rue longeait un bras de la Seine jusqu'au rattachement de l'île des Cygnes à la fin du .

Historique Jusqu'en 1838, la rue de l'Université était composée de deux parties distinctesFélix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments. : la première, comprise entre les rues des Saints-Pères et d'Iéna, portait le nom de « rue de l'Université » ; la seconde partie, allant de la rue d'Austerlitz à l'avenue de La Bourdonnais, s'appelait « rue de l'Université-au-Gros-Caillou ».

Un arrêté préfectoral du prescrit la réunion de ces deux parties sous la seule et même dénomination de « rue de l'Université ».

Le 7 juin 1918, durant la Première Guerre mondiale, un obus lancé par la Grosse Bertha explose au rue de l'Université.

Première partie, comprise entre les rues des Saints-Pères et d'Iéna Plusieurs plans lui donnent indifféremment les noms de « rue de l'Université » et « rue de la Sorbonne ». Jaillot pense que cette double dénomination lui avait été assignée par le peuple, qui confondait assez ordinairement la Sorbonne avec l'Université.

En 1529, ce n'était encore qu'un chemin nommé le « chemin des Treilles », parce qu'il conduisait à l'île des Treilles, dite depuis île Maquerelle ou île des Cygnes.

L'Université ayant aliéné le Pré-aux-Clercs en 1639, on commença des constructions sur ce chemin, qui prit alors le nom de « rue de l'Université ».

En 1650, la moitié seulement était bâtie.

Une décision ministérielle du 15 floréal an V (), signée Bénézech, et une ordonnance royale du , ont fixé la moindre largeur de cette partie de rue à .

Seconde partie, comprise entre la rue d'Austerlitz et l'avenue de La Bourdonnais

Une décision ministérielle du 8 brumaire an X (), signée Chaptal, fixe la largeur de cette partie, à , depuis l'esplanade des Invalides jusqu'à la rue de la Vierge. Pour le surplus, cette même largeur est adoptée par le ministre de l'Intérieur Champagny, le . Une ordonnance royale du fixe à la moindre largeur de cette voie publique.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire Le quadrilatère compris entre les rues Surcouf, de l'Université, Jean-Nicot et le quai d'Orsay se trouve dans l'ancienne île des Cygnes. Dans ce même quadrilatère se trouvait la manufacture des tabacs du Gros-Caillou, construite en 1827 et détruite en 1909. Dans cette rue se trouvait l'hôtel de Montbazon, construit par Jean-Baptiste Leroux, désormais détruit. : boutique de la créatrice de bijoux Line Vautrin, entre le début des années 1950 et 1962Dominique Paulvé, « Charmeuse de métal », Vanity Fair, 28, octobre 2015, .. : hôtel du marquis de Gamaches, construit par Jean-Baptiste Leroux, très remanié. : façade, hôtel de Montmorency en 1787Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, , .. : façade.

: maison habitée (et sans doute construite par) Samuel-Jacques Bernard (1615-1687). 11 : intéressant immeuble sur rue ayant appartenu à la famille d'Albert de Luynes, construit après le percement de la rue du Pré-aux-Clercs et la destruction en 1844 de l'hôtel Tambonneau conçu par Louis Le Vau. Siège depuis 1979 de la fondation Hugot du Collège de France. 13 : hôtel de Feydeau de Brou, construit au début du pour Marie-Anne Voysin, veuve de messire Denys Feydeau, seigneur de Brou, président au Grand Conseil. L'hôtel est notamment la résidence parisienne de Paul Esprit Feydeau de Brou (1682-1767), garde des sceaux de France. L'ambassade de Venise s'y établit aux environs de 1772Jean-Paul Clébert, Promenade dans les rues de Paris. La rive gauche et la Seine, Club des Libraires de France, 1958, .. Il abrite par la suite une manufacture de glaces et une académie hippique, puis le service hydrographique de la Marine en 1817 qui, en y effectuant d'importantes transformations, dénature complètement le bâtiment originel. De 1971 à 1978, l'hôtel est entièrement démoli, à l'exception de la cour, du portail et de la façade pour accueillir l'École nationale d'administration, puis à partir de 2007, l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po). 15 : hôtel d'Aligre, construit à la fin du pour Jacques Laugeois d'Imbercourt, décor intérieur exécuté vers 1806 pour Claude de Beauharnais, peut-être par Percier et Fontaine. 16 : boutique style Renaissance, début du . 17 : hôtel Bochart de Saron, construit en 1639 pour François Lhuillier et surélevé d'un étage en 1650. En 1769Le permis de construire est daté de 1770. ., Jean Baptiste Gaspard Bochart de Saron (1730-1794), premier président du Parlement de Paris et cousin des Lhuillier, fait reconstruire l'hôtel à partir des anciens bâtiments par l'architecte Joseph-Abel Couture et l'entrepreneur Mathias PasquierM. Gallet, op. cit., . et y adjoint la partie entre cour et jardin ainsi que la folie. Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord y habite à son retour des États généraux de Versailles en 1789 jusqu'en 1792, date de son départ pour l'Angleterre. Au , Jean François Aimé Dejean, général de la Révolution française, y meurt le , puis l'hôtel appartient à Marguerite Wilson, qui en a hérité de ses parents et y établit sa résidence parisienne. Il appartient aujourd'hui aux Éditions Gallimard. 18-20 : immeubles de rapport construits vers 1666 pour l'hospice des Incurables. Claude François Chauveau-Lagarde, avocat de Marie-Antoinette et de Charlotte Corday habita cette adresse, avant que François-René de Chateaubriand ne s'y installât. Adresse également du professeur Raymond Grégoire, président de l’Académie nationale de chirurgie.

21 : hôtel de Bragelonne, également appelé « hôtel de La Salle », est construit en 1639 pour Thomas de Bragelonne, premier président du Parlement de Metz, puis amputé par le percement de la rue Sébastien-Bottin. L'ambassadeur américain en France Albert Gallatin y résida en 1816. En 1818, à son retour d'exil, Cambacérès acheta cet hôtel à son ami le général Antoine François Andréossy et y résida jusqu'à sa mort en . En 1921, l'hôtel appartient au duc de la Salle de Rocheinaure..L'hôtel a abrité des services du ministère de l'Économie et des Finances (direction générale des Douanes et Droits indirects et Dette publique) avant d'être cédé en 2007 (ou 2005 ?) à un fonds d'investissement (Carlyle) qui le vendit en 2012 à la société de Gérard Lhéritier, Aristophil, spécialisée dans l’expertise et la commercialisation de manuscrits. À la suite de déboires financiers, la société est placée sous l’autorité d’un administrateur judiciaire, Gérard Philippot, et l’hôtel particulier remis en vente au début de 2015 avant d'être cédé, en juillet de la même année, à la foncière LFPI Reim détenue par des caisses de retraite pour un peu plus de d'euros Carole Papazian, « À Paris, l’hôtel de La Salle a été vendu un peu plus de 30 millions d’euros », Le Figaro, immobilier.lefigaro.fr, 10 juillet 2015.. 23 : hôtel construit pour Jean Levasseur, secrétaire du Roi, au milieu du (direction générale des Douanes et Droits indirects). 24 : hôtel de Sénecterre. Hôtel de rapport construit par Thomas Gobert (vers 1630 – vers 1708) en 1685. L’hôtel est acquis en 1772 par le comte de Sénecterre, qui lui laisse son nom. Il est remanié en 1777 par Nicolas Ducret et Denis-Claude Liégeon. Sur rue, deux bâtiments sont réunis en 1837 par l'architecte Moitié pour le baron Nougarède de Fayet. En 1908, l'hôtel est acquis par la mairie de Paris, qui en laisse la jouissance au ministère du Commerce et de l'Artisanat, qui l'utilise comme siège. En , la branche Haute Couture de la Maison Yves Saint-Laurent dirigée alors par le créateur Hedi Slimane s'y installe après une complète rénovation de deux ans.. 33 : hôtel Le Vayer, bâtiment élevé après 1845 dans le style Louis XV par Henry Froelicher pour le comte Aymar de Nicolaï, marquis de Bercy, sur l'emplacement d'un hôtel édifié avant 1717 pour le président François Duret (appelé successivement « hôtel de Cosnac », 1730, « de Nesle », 1745 et « de Montesquiou »). A servi de siège à la Commission de récupération artistique, chargée des opérations de récupération d'œuvres d'art, livres et archives, sortis du territoire national par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale.

: Arsène Lupin y demeure sous le nom de duc de Charmerace.. : la revue Les Temps modernes, fondée en 1944 par Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, y avait son siège. 37 : Studio 37, bâtiment universitaire destiné à la recherche sur le son et l'image, l'enregistrement, la musicologie des années 1950 et l'échantillonnage (sample) sonore et vidéo. Loué à la RTF, il fonctionne jour et nuit jusqu'en 1964 et son transfert à la Maison de la Radio (la RTF devient l'ORTF)Louis Mesuret, « 37, rue de l’Université, au cœur de l’élaboration d’une recherche sur le son et l’image, Ina, La Documentation française, 2010.. 41 : c'est ici, à son domicile parisien que meurt subitement le , l'écrivain Alphonse Daudet, comme le signale un panneau en façade. : en 1856, cet hôtel, décrit comme « neuf » et composé de trois appartements, est à louerLe Siècle, , 19 janvier 1856, sur RetroNews. ; en 1881, il est à nouveau à louer pour 12 000 francs par an ; situé « entre cour et jardin », il comprend trois grands salons « magnifiquement décorés », une grande salle à manger, cinq chambres de maîtres, salle de bains, petit jardin, écurie et remise pour 4 chevaux et 4 voitures, 10 chambres de domestiquesLe Monde illustré, , 11 juin 1881, sur RetroNews.. Plusieurs membres de la noblesse ont habité à cette adresse, dont un duc et un vicomte de Noailles, le premier dans les années 1870Guide du libraire-bouquiniste, 1873-1874, sur Gallica. et le second dans les années 1920Revue d’histoire diplomatique, 1921, sur Gallica.. 44 : en 1834, Aux deux bottes uniques, monsieur Mourey, bottier breveté. : le général Claude-François de Malet y habitait lors de son coup d'État.