Désiré de Verdun (latin, Desideratus), ou Didier de Verdun, né vers 480, peut-être à Dijon, mort le 8 mai 554, peut-être à Verdun, est le évêque de Verdun (529-554). Il est fêté le .

Sa famille

Désiré, ou Didier, de Verdun est le fils de Gondebald de Bourgogne (440-485), un noble lyonnais et d’une jeune femme noble de Soissons. Il est le petit-fils de Latinus de Bourgogne (420-500) et de Syagria de Lyon, descendante à la fois des Syagrii, famille importante de l'aristocratie gallo-romaine de l'Antiquité tardive et de Gondebaud, roi des Burgondes, son grand-pèreChristian Settipani, Les Ancêtres de Charlemagne, 1989.

La vie de Latinus (dux Latinus Gontbado) est connue grâce à un livre d’histoire locale :

Désiré de Verdun se marie avec « une noble femme de Toulouse ». Il a peut-être deux enfants : Gondoald d’Autun, ancêtre d’une partie des Mérovingiens et des Carolingiens (par les femmes). Saint Syagre, évêque d'Autun à la fin du . Ce serait lui qui tua par vengeance un certain Sirivald. En effet, Désiré de Verdun, évêque de Verdun ayant été accusé auprès du roi Thierry par un certain Sirivald, après la mort de Désiré, pour des raisons de rivalité et de vengeance, Syagrius son fils, organise une expédition punitive à Fleurey, en 554, pour y assassiner Sirivald dans une villa, après avoir assassiné une première personne par méprise, il retourne accomplir son forfaitErnest Lavisse, Histoire de France, t. II, Livre II, chap.IV La Justice, les impôts, le service militaire.

Biographie Sous le règne de Thierry , roi d'Austrasie

Bien que son père soit de Lagnieu, Désiré fait des études à Dijon. Il succède à Vitonus, évêque de Verdun 502-529. Il est persécuté par Thierry , roi d'Austrasie (511-534). Celui s'en prend aussi à quelques églises notamment celle de Verdun, où réside l'évêque Désiré, successeur de saint VanneClouet, Histoire ecclésiastique de la province de Trèves, 409.. Toutefois, il recouvre sa liberté et son évêchéClouet,op. cit. 868.. Le roi Thierry lui a pris tout son bienHistoire ecclésiastique augmentée de quatre livres (les CI, CII, CIII et CIV..., par Claude Fleury, L. Vidal de Capestang, p.617..

L'évêque de Verdun, revenu d'exil après la mort du roi Thierry en 534, trouve sa ville en plein déclin économiqueGianna Gobbi, Revue d'histoire Ecclésiastique - Université catholique de Louvain (1835-1969), 1985, 462. À la fin de l’Empire romain et du temps des Mérovingiens et des Carolingiens, Verdun est pourtant une ville très active pour le négoce.

Sous le règne de Thibert , roi d'Austrasie (534-548)

thumb|left|upright|L’Austrasie. thumb|upright=0.8|Sou d'or de Thibert , v. 534. thumb|upright=0.8|L'abbaye Saint-Vanne de Verdun en 2014. Désiré de Verdun est sauvé de la misère par Thibert Histoire ecclésiastique des Francs Par Gregory, Joseph Gaudet, Nicolas Taranne, Société de l'histoire de France, p.34, qui vient de se marier avec Deoteria, issue de l'aristocratie gallo-romaine d'Auvergne. Comme Désiré voit ses citoyens dans une grande pauvreté, il obtient un prêt du roi Thibert , roi des Francs, régnant sur la partie orientale du royaume (future Austrasie), offrant de le rendre avec intérêt. Le roi lui envoie sept mille sous d'or que l'évêque distribue aux citoyens. Ils en font commerce et s'enrichissent. L'évêque offre ensuite au roi de lui rendre cet argent ; mais le roi dit « qu'il n'en a pas besoin et qu'il suffisoit qu'on en eût soulagé la pauvreté de cette ville ». Grégoire de Tours rapporte ces faits et en déduit que le prêt-de-commerce, considéré parfois comme usure est regardé à cette époque comme un contrat légitime. En réalité, s’il est là encore défendu par l’Église de prêter à intérêt, il est permis, de l'aveu de tout le monde, d'emprunter de cette manière dans le cas de nécessité.

Désiré de Verdun participe au concile de Clermont, tenu en 535 à Clermont-en-Auvergne, par les évêques Flavius de Reims, Hespérius de Metz, Césaire d'Arles, et plusieurs autres. Il défend de célébrer les saints mystères dans les oratoires aux principales fêtes, Pâques, Noël et la Pentecôte. Il faut, dit le texte, que les clercs de ces oratoires, ainsi que les principaux citoyens, viennent en ces jours à la basilique épiscopale ; toutefois cet ordre ne concerne point les prêtres et les diacres régulièrement établis dans des titres, soit à la ville, soit dans les paroisses ruralesHistoire ecclésiastique de la province de Trèves, par Clouet, p.274..

Au concile d'Orléans de 549, auquel il assiste, il est dit qu'un païen ou un hérétique qui voudrait tirer ses esclaves de l'asile, devra faire prêter le serment par un catholiqueHistoire ecclésiastique de la province de Trèves, par Clouet, p. 561.. Il est dit aussi, en ces règlements, qu'on donnera aux détenus la nourriture sur les fonds de l'église. Car alors ces malheureux n'avaient guère d'autre ressource que la charité publique. On pourvoira également aux besoins des lépreuxHistoire ecclésiastique de la province de Trèves - Page 546 de Clouet - 1851..

On voit encore dans le jardin de l'abbaye Saint-Vanne de Verdun une grande tombe, sous laquelle sont enterrés huit des plus anciens évêques de VerdunBibliothèque sacrée, ou Dictionnaire universel historique, dogmatique..., par Charles Louis Richard, 298.. Son successeur, Airy de Verdun a été ordonné prêtre par lui. Il devient évêque à sa mort.

Articles connexes Liste des évêques de Verdun Verdun (Meuse) Tonantius Ferreolus (sénateur)

Notes et références

Catégorie:Naissance en 480 Catégorie:Décès en 554 Catégorie:Religieux français Catégorie:Évêque du VIe siècle Catégorie:Saint catholique et orthodoxe du VIe siècle Catégorie:Saint catholique et orthodoxe de France Catégorie:Évêque de Verdun Catégorie:Personnalité liée à Lagnieu Catégorie:Personnalité du haut Moyen Âge par nom Catégorie:Antiquité tardive