Comme toutes les grandes métropoles de la planète, Paris subit des conséquences environnementales liées à l'échelle de sa population et de son activité économiqueSite municipal - Polluants et sources de pollution.
Pollution atmosphérique vignette|Station de mesure Airparif Place Victor-et-Hélène-Basch à Paris. .
La pollution atmosphérique dans la région est principalement liée aux activités de transport, les industries polluantes étant de moins en moins présentes à la périphérie de ParisIAURIF - La pollution atmosphérique et les transports franciliens. Si le climat océanique est généralement propice à la dispersion des polluants et évite les situations rencontrées dans certaines mégapoles, par temps anticyclonique, avec des inversions de températures, les polluants s'accumulent et provoquent des pics de pollution toute l'année dus au dioxyde d'azote ou aux particules. Les conditions estivales (fortes températures et ensoleillement important) favorisent quant à elle l'augmentation des concentrations d'ozone.
Selon un rapport d'Airparif publié en 2007, la pollution globale aurait diminué dans la capitale : entre 2002 et 2007 a été notée dans Paris intra-muros une baisse de 32 % des émissions d'oxydes d'azote et de 9 % de celles de gaz à effet de serre, soit de dioxyde de carbone en moins rejetées chaque jour par le trafic. Cette baisse est la conséquence et des progrès technologiques réalisés dans la construction des véhicules, et de la forte baisse du trafic (-17 %) consécutive à la politique municipale de lutte contre l'automobile.
Cette baisse des émissions n'est toutefois pas aussi visible sur les concentrations, et donc sur la qualité de l'air respirée par les Parisiens. Si la situation a été améliorée sur les axes ayant fait l'objet d'aménagements, pour d'autres, des augmentations de trafic ont conduit à une stagnation, voire une augmentation des niveaux de dioxyde d'azote- Évaluation de l'impact sur la qualité de l'air des évolutions de circulation mises en œuvre par la Mairie de Paris entre 2002 et 2007 : Synthèse du rapport Airparif . Une nouvelle évaluation d'Airparif publiée en va dans le même sens- Évolution de la qualité de l'air à Paris entre 2002 et 2012 - Juillet 2013. Ainsi, 90 % des Parisiens sont exposés à une pollution au dioxyde d'azote excédant les taux réglementaires, et sur les axes la qualité de l'air est mauvaise ou très mauvaise 40 % de l'année..
Selon Amélie Fritz, ingénieure à Air Parif, . Le docteur Gilles Dixsaut, membre du comité stratégique de la Fondation du Souffle, met en garde contre la pratique du jogging en milieu urbain, en raison de l'hyperventilation pendant l'effort : . La place Victor-et-Hélène-Basch (dans le ), le boulevard Haussmann (dans le ) et les Champs-Élysées (dans le ) seraient les artères les plus polluées de la capitale, mais les parties des bois de Boulogne et de Vincennes proches du périphérique figurent également dans le top cinq des zones les plus polluées de la capitale.
Le taux de particules fines de type PM2,5 en suspension dans l'air parisien est supérieur à celui observé dans une majorité de capitales européennes. Il est, en 2016, de 18 microgrammes par mètre carré (à titre de comparaison, le taux est de 17 à Rome, 16 à Amsterdam, Berlin et Bern, et 15 à Athènes, Barcelone et Londres)Pant by numbers: the cities with the most dangerous air – listed sur theguardian.com du 13 février 2017. Les niveaux moyens annuels d’ozone dans l’agglomération parisienne ont grimpé de 90 % entre 1995 et 2017.
La région a mis en place en 1979 un réseau de surveillance de la qualité de l'air à Paris et en Île-de-France baptisée AirparifAirparif. Conformément à la loi sur l'air de 1996, Airparif est une association de type loi 1901 à but non lucratif, tout comme l'ensemble des réseaux de surveillance français. La municipalité a également créé une maison de l'Air, dans le , afin d'informer les Parisiens sur le rôle de l'atmosphère et des conséquences de la pollution sur la santéSite municipal - Maison de l'Air.
Selon une enquête du journal Le Parisien, les niveaux de pollution sont nettement plus élevés que les données officielles communiquées par les autorités sur la qualité de l'air en région Île-de-France. Pour le journaliste Jean-Christophe Brisard interrogé par le quotidien, les données seraient délibérément faussées « parce qu'au lieu d’avoir des pics de pollution quelques jours par an, on serait presque toujours en pic ».
Traitement des déchets
Approche spatiale de la gestion des déchets à Paris La compétence du traitement des déchets relève d'un syndicat intercommunal, le Syctom, agence métropolitaine des déchets ménagers.
Paris se situe en 2015 dans le dernier tiers des capitales européennes en matière de performances pour la collecte sélective de ses déchets Le taux d'incinération ou d'enfouissement des déchets de la capitale atteint 84 % contre seulement 16 % pour le recyclage. Seul le verre est recyclé à 65 %. En 2016, la Ville de Paris se donne un de taux de mise en décharge ou en incinérateur inférieur à 50 % et de 20 % à l'horizon 2030, notamment en collectant de manière discriminée les biodéchets et en créant une ressourcerie par arrondissement d'ici 2020.
Alors qu'historiquement Paris avait choisi de faire traiter ses déchets dans les communes riveraines, la Ville implante depuis les années 2010 de déchetteries et des centres de tri intramuros. Depuis 2011, un premier centre de tri de déchets - Paris XV - est implanté intramuros dans le . Le chantier d'un second est lancé en 2017 dans le quartier des Batignolles pour une ouverture en 2019. Toutefois ces nouveaux équipements restent moindres face au nombre d'usines de traitement de déchets et incinérateurs situées dans les communes limitrophes de Paris.
Historique des méthodes de traitement des déchets À Paris et en France plus généralement les politiques de gestion des déchets se déclinent sous deux principes : la valorisation à travers la récupération des matières et de l’énergie - on distingue alors la « valorisation matière » par recyclage matériaux en nouvelles matières premières ou compostage de matières organiques de la « valorisation énergétique » avec la production d’électricité ou de chauffage urbain grâce notamment à l’incinération - et la proximité induisant le traitement des résidus au plus près de leur lieu de production. Le secteur des déchets s’inscrit dans un projet de « développement urbain durable » mettant l’accent sur l’optimisation de la gestion des ressources et l’importance de responsabiliser les acteurs des espaces urbains face aux externalités qu’ils produisent.
Historiquement la gestion des déchets en France s'est longtemps traduit par la valorisation des matières premières. Cette pratique ancrée permettait aux déchets résiduels ménagers d'être réintroduits dans la production agricole et industrielle. À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle on assiste en France à une dissociation nette entre la ville, les espaces industriels et les espaces agricoles : les villes se dotent alors d’incinérateurs suivant la pensée hygiéniste de l’époque avec une volonté de valoriser les résidus sous forme de chauffage urbain. Mais très rapidement l’augmentation croissante du nombre de déchets ainsi que la complexification des déchets posent un problème de coût financier aux collectivités pour les revaloriser : les déchets ménagers sont alors incinérés ou finissent dans des décharges sauvages puis contrôlées dans une logique d’élimination des déchets. Les années 1970 sont marquées par un contexte de crise pétrolière et une conscience grandissante de la part des autorités françaises de la dépendance énergétique de la France. Ainsi durant ces années des lois sont votées pour favoriser la récupération des matériaux réutilisables dans le processus de gestion des déchets. Dans les années 1990 l'effort porté sur le recyclage des emballages est renforcé : en ce sens en 1992 une loi vient obliger la valorisation des déchets par recyclage. Puis dans les années 2000 des politiques de valorisation des produits en fin de vie sont mises en place. Dans un contexte de lutte contre le changement climatique où le secteur des déchets est responsable de 3% des GES, la récupération et la valorisation de l’énergie issue du traitement des déchets est encouragée. L’impact écologique du transport des déchets est par ailleurs questionné et la valorisation des déchets doit s’inscrire dans une logique de proximité. Cette logique de proximité permet aussi de renforcer « l’ancrage territorial » afin que les déchets soient traités proche de leur production et ainsi réduire les conflits autour de la gestion des « déchets des autres ».
Débats et oppositions face à certaines méthodes de traitement des déchets Le mode de gestion des déchets par « valorisation énergétique » avec la production d’électricité ou de chauffage urbain grâce notamment à l’incinération se heurte à un refus social. Cette opposition s’explique par un refus des populations de vivre à côté de tels équipements entre risques sanitaires et environnementaux à travers les émanations atmosphériques dont les dioxines qui sont toxiques. De plus ces incinérateurs constituent pour de nombreuses associations un non-sens écologique au regard du nombre de CO2 créé lors de la combustion. Pour certains associations il faudrait alors davantage intégrer le cycle de la gestion déchet dans une réflexion plus globale. La méthode de traitement des déchets par incinération est critiquée car elle entre en contradiction avec l’objectif de réduction de la production, la combustion représentant un gaspillage des matières premières. Ainsi il n’y a plus de place pour une « valorisation matière » poussée. Ces politiques de gestion des déchets vont à l’encontre de la résolution du problème déchet à la source, à savoir une réduction de la production des biens. Les associations militantes et citoyennes dénoncent ce système dont la logique de production de déchets est encouragée par les collectivités qui doivent rentabiliser des équipements très couteux. De nombreux habitants et associations préfèrent des équipements de plus petites tailles à caractère réversible « sites d’enfouissement réversible » ou « décharge provisoire » de petite taille dans une logique de proximité qui permet « de conserver une conscience sociétale du déchet ».
Pollution de la Seine La Seine est polluée au PCB : selon l'association de protection de l'environnement Robin des Bois, .
Chaussées contenant de l'amiante actuellement.
Risque de plomb dans les et .
Pollution sonore Le bruit constitue également un problème de santé publique majeur à Paris, essentiellement en raison du bruit routier. En effet, 650.000 Parisiens sont exposés à des niveaux de bruit supérieurs aux valeurs sanitaires limites, et 40 % des Parisiens se disent gênés par le bruit à leur domicile...
Ce problème a motivé la création d'un observatoire du bruit en 1999. Une cartographie du bruit routier reposant sur un système d'information géographique (SIG) a été mise en œuvre à Paris en 2004 et mise à jour en 2007Site municipal - Lutte contre le bruit.
Pollution lumineuse La pollution lumineuse, kézako ? Le terme de "pollution lumineuse" désigne une utilisation excessive de la lumière – ou sur-illumination - qui, "par sa direction, son intensité ou sa qualité, peut avoir un effet nuisible ou incommodant sur l’homme, sur le paysage ou les écosystèmes" (Kobler, 2002). Les sources de lumière artificielle proviennent principalement des éclairageS publics, des véhicules, des publicités, des éclairages privés, des signalisations lumineuses, etc.