La Charité-sur-Loire est une commune française située dans le département de la Nièvre, en région Bourgogne-Franche-Comté.
Géographie vignette|center|400px|Vue de La Charité-sur-Loire depuis la rive gauche de la Loire. La ville est située sur la rive droite de la Loire. La superficie de la commune est de ; son altitude varie entre 153 et Institut national de l'information géographique et forestière, Répertoire géographique des communes, ..
La commune est implantée à l'ouest de la Nièvre, à (par la route) de Nevers, dans le canton de La Charité-sur-Loire. Elle est située à au sud de Cosne-Cours-sur-Loire, son chef-lieu d'arrondissement.
La présence d’un passage à gué dans le lit de la Loire fut probablement à l'origine de la création de la ville. Historiquement située aux limites de la Bourgogne-Franche-Comté et du Berry, la cité monastique est placée sur l'un des itinéraires des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. La commune est désormais dans la région Bourgogne-Franche-Comté et le département de la Nièvre, mais limitrophe de la région Centre-Val de Loire et du département du Cher, dont elle est séparée par la Loire.
Communes limitrophes
Voies de communication et transports vignette|Écluse du canal latéral à la Loire près de Châtillon sur Loire.
Voies de communication La commune est traversée par la route D 179 et la route N 151 qui se raccorde, à l'échangeur de l'A77, contournant l'agglomération à un peu plus de à l'est. Cette autoroute double l'itinéraire traditionnel de la célèbre route nationale 7, aujourd'hui déclassée en simple route départementale.
Le canal latéral à la Loire passe à proximité, mais sur la rive gauche de la Loire, sur le territoire de la commune voisine de La Chapelle-Montlinard (département du Cher).
Transports La commune est desservie par la gare ferroviaire du réseau TER Bourgogne située sur la ligne de Moret - Veneux-les-Sablons à Lyon-Perrache. Elle est à 2 heures de Paris avec laquelle la relie une liaison directe.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Centre et contreforts nord du Massif Central, caractérisée par un air sec en été et un bon ensoleillement.. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Marzy à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme Typologie Au , La Charité-sur-Loire est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de La Charité-sur-LoireUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de La Charité-sur-Loire, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (60,6 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (70,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (52,5 %), zones urbanisées (21,7 %), forêts (6,9 %), prairies (6,1 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (5,5 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (3,4 %), zones agricoles hétérogènes (1,9 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (1,1 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,8 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Villages, hameaux, lieux-dits et écarts
Logement En 2009, le nombre total de logements dans la commune était de , alors qu'il était de en 1999LOG T1M - Évolution du nombre de logements par catégorie..
Parmi ces logements, 80,7 % étaient des résidences principales, 4,2 % des résidences secondaires et 15,1 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 59,9 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 39,6 % des appartementsLOG T2 - Catégories et types de logements..
La proportion des résidences principales, propriétés de leurs occupants était de 55 %, en hausse sensible par rapport à 1999 (52,8 %). La part de logements HLM loués vides était de 16,3 % contre 18 %, leur nombre étant constant 400 contre 424LOG T7 - Résidences principales selon le statut d'occupation..
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes « Monasterium Caritatis super Ligerim » (XIe siècle) ; Charitas (1032-1085) ; Sancta Maria de Caritate (1094) ; Karitas (1163)..
« Charité », nom désignant d'abord le monastère clunisien fondé en 1107. ; terme assez fréquent dans l'onomastique religieuse. ; nom d'origine religieuse, « repas qu'on donne aux voyageurs ou aux pauvres ». Dès le siècle, la charité sollicitée par les pauvres et les pèlerins aux moines de l'abbaye est à l'origine du nom donné à cet important passage fortifié de la LoireVoir sur architecture.relig.free.fr..
Ses habitants sont appelés les Charitois(es)..
Histoire Préhistoire et Antiquité Vers 700 existe une petite bourgade dénommée Seyr où un sous-diacre dénommé Lioup fonda une église dédiée à la Vierge et un monastère soumis à la règle de saint Basile. Le nom de La Charité sera donné ultérieurement, du fait de celle dont les moines faisaient preuve envers les pauvres de passage. La ville est détruite deux fois par les Gascons en 743 et en 771Voir sur archive.org..
Moyen Âge Le prieuré de La Charité
La Charité-sur-Loire s'est développée autour d'un prieuré clunisien et de deux églises érigées par les moines en 1059, le tout protégé par des remparts. L'église Notre-Dame, la plus grande d'Europe après celle de l'abbaye de Cluny, est édifiée à partir du . Le prieuré bénédictin devient rapidement l'un des plus beaux, des plus riches et des plus renommés d'EuropeSite Internet de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) : inrap.fr : Rubrique Actualités > Communiqué de presse du 5 mai 2003. Consulté le 20 novembre 2008.. Le pape Pascal II le consacre en 1107La venue en France du pape Pascal II en 1107.. Il compte près de 400 dépendances dans tout le monde chrétien jusqu'aux portes de la Terre sainte à Constantinople. Aujourd'hui, subsiste le chœur et l'abside du monastère prioral.
La charte de fondation du prieuré, ainsi que des sources plus récentes, notamment celles d'un moine écrivant au , exposent les conditions de construction du prieuré : l'évêque d'Auxerre Geoffroy de Champallement offre en 1059 à l'abbé Hugues de Cluny avec l'assentiment du comte de Nevers Guillaume et celui du seigneur donateur de La Marche, les bâtiments d'une église ancienne, ruinée, dédiée à la Vierge Marie, avec les terres qui en dépendent,en un lieu nommé Neyr.
Au se développe un mouvement de réforme monastique inspiré par l'abbaye de Cluny et qui concerne rapidement l'Église catholique tout entière à l'instigation de Léon IX, pape de 1049 à 1054, puis de Grégoire VII, ancien moine de Cluny, pape de 1073 à 1085. La naissance du prieuré de La Charité s'inscrit dans ce mouvement, les clunisiens formant une ecclesia cluniacensis (Église clunisienne) avec à sa tête l'abbaye-mère de Cluny qui essaime dans la région et bien au-delà (Angleterre, Italie, Suisse, péninsule Ibérique, Allemagne), abbayes-filles et prieurés.
Au , La Charité règne sur 45 monastères et 400 dépendances et obédiences en France et dans toute l'Europe.
L'abbé Hugues de Cluny confie la construction du prieuré à Gérard de Cluny, frère convers d'origine nivernaise, moine voyageur et parfois ermite, qui vivait aussi par moments au monastère Saint-Sauveur de NeversCoutumier d'Ulrich (1077) et De Miraculis, ouvrage écrit par Pierre le Vénérable, abbé de Cluny entre 1122 et 1157.. C'est sous sa direction que sort de terre le prieuré de La Charité dont il confie la direction à Vilencus, premier prieur de La Charité donc ; lui-même se retire au prieuré de Joigny, dont il deviendra prieur, avant toutefois de revenir finir ses jours au prieuré de La Charité ; il est enterré le derrière le grand autel de l'église prieurale.
Le prieuré de La Charité essaime en Angleterre (après la conquête par Guillaume le Conquérant), au Portugal, près de Constantinople, occupant une position éminente parmi les dépendances de Cluny et justifiant son surnom de fille aînée de Cluny. En 1559, le prieuré est victime d'un grave incendie ; l'église prieurale est sommairement réaménagée sous le priorat de Robert de Lenoncourt (1538-1551).
La ville de La Charité vignette|Les remparts de La Charité-sur-Loire. En 1181, Philippe Auguste autorise la création d'une première enceinte qui est renforcée et fortifiée en 1164, qui s'ajoutait à l'enceinte ceinturant le monastère.
En 1365, durant la guerre de Cent Ans, La Charité est assiégée par l’ordre du roi Charles V de France, et mené par Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, secondé par le connétable Moreau de Fiennes ainsi que des maréchaux Mouton sire de Blainville et Boucicaut et près de hommes d’armes. La ville détenue par des Navarrais, alliés des Anglais à cette époque, dut capituler. La reddition fut totale. La ville rentrait sous l’obéissance du roi de France. Les Français investirent la place et les fortifications furent en partie rasées.