Jacques Barbeu du Bourg, né le Il est baptisé le même jour à l'église Saint-Martin de Mayenne. à Mayenne et mort le à Paris, est un médecin, polygraphe, historien et scientifique français, connu surtout pour ses travaux de botanique. Il a aussi écrit en latin. Il utilise souvent pour ses publications des pseudonymes : Zoïlomastix, Boniface Diastillet, Alexis Diastille, Abraham Mansword, Samuel Jones, etc. Il a collaboré à l'Encyclopédie. Ami de Benjamin Franklin, il a l'idée de dresser, pour l'étude de l'histoire, des tableaux synoptiques.
Origine Il est le fils de Claude BarbeuOn trouve au deux frères Barbeu : le premier, Michel Barbeu du Tertre, avocat, époux () d'Anne Lespinay, et souche des Barbeu du Tertre ; le second, Mathurin Barbeu, sieur du Bourg, avocat au parlement, licencié en droit, mort en 1682, époux de Jacquine Triguel. De ce mariage naquirent : 1° François, baptisé le ; 2° Renée, épouse () de Jérôme Le Frère de Maisons ; 3° Michel, baptisé le ; receveur des tailles de Mayenne, mort le ; 4° Claude Barbeu du Bourg, sieur des Cheminées, baptisé le , marchand toilier à Mayenne. Claude Barbeu se maria probablement deux fois : 1° avec Renée Morin (Contrat du , devant Mesnage, notaire à Mayenne) ; 2° avec Françoise-Jeanne Gournay (contrat du ). Renée-Louise naquit sans doute du premier lit, Jacques du second lit., sieur du Bourg, marchand toilier à Mayenne, sieur des Cheminées, et de Françoise Jeanne GournayFille de Simon Gournay, sieur de Fougerolles et de Marie Leudière..
Deux des frères de Jacques Barbeu du Bourg, indique Vicq d'Azyr s'étaient voués à l'état ecclésiastique. D'autres parents de Barbeu étaient d'église : son cousin François-René Barbeu, qui fut plus tard curé de Saint-Martin de Mayenne, et Claude du Bourg, de la branche mancelle des Barbeu, qui est à Paris procureur du collège du Mans.
La sœur de Jacques Barbeu du Bourg, a pour fils Jean Lair de la Motte, secrétaire de Benjamin Franklin, et René-Augustin Lair-Lamotte, homme politique. Jacques Barbeu du Bourg épouse Françoise Blanche Béranger, qui meurt en 1777 ; sans avoir de postérité.
Éducation thumb|right|Chronographie. Jacques Barbeu du Bourg termine son cours de philosophie à l'âge de . Il commence des études théologiquesComme plusieurs membres de sa famille..
Il apprend les langues anciennes, notamment l’hébreu afin d’entrer dans les ordres. Mais il renonce à son projet afin de se consacrer aux sciences. Esprit encyclopédique, il est attiré par la littérature, il reprend l'étude du grecElève au collège de Mayenne, on rapporte qu'en 1723, à l'âge de , dans une séance littéraire du , il devait avec un condisciple, René Auffray, réciter de mémoire trois discours de Cicéron et de Salluste et deux livres des Epîtres d'Horace, quae elegans Flacci imitator Boleaus expressit. Il s'agit d'œuvres inédites de Pierre Egasse du Boulay., du latin. Un de ses contemporains affirme qu'il savait aussi bien le grec et l'hébreu qu'il est possible pour des modernes.
Il apprend plus tard l'anglais, l'italien, et peut lire les poètes classiques dans le texte ; il se livre ensuite aux études historiques ; la physique, les mathématiquesIl sera l'auteur d' Objections à Robert Basselin sur la quadrature du cercle.. Petit-fils et neveu d'avocats, il effectue son droit, et est reçu bachelier en 1735.
Il est un temps précepteur dans la maison de Matignon, où il fait la connaissance de Henri Saint Jean de Bolingbroke. Il étudie ensuite la médecine à Paris où il obtient un titre de docteur en 1748.
Médecine Formation Une fois admis à la Faculté de médecine de Paris, Barbeu du Bourg se donna tout entier à sa nouvelle carrière. De cette école, il reçoit formation, mais encore l'esprit de corps et il en partagea les rancunes contre les chirurgiens.
Deux malades de la Mayenne transportés à Paris pour y être soignés et que les chirurgiens tuèrent, inspirèrent à Jacques Barbeu du Bourg deux Mémoires virulentsC'étaient Claude Poncet, de Placé (1754), et Jean Beaubon, tapissier à Saint-Christophe-du-Luat (1757).. Il ne manque pas l'occasion d'aiguiser quelques épigrammes à l'adresse des chirurgiens, particulièrement pour la défense de ses compatriotes Une première fois, en 1754, le coche de Bretagne amena à Paris un garçonnet de Placé, Claude Poncet. Ce malade était recommandé à Barbeu par son compatriote et collègue M. de la Rue, médecin à Mayenne ; il fut conduit à la Charité le . Devant sa fatigue et son affaiblissement, le chirurgien-major fut d'avis d'ajourner l'opération de la taille jusqu'à ce que son état général se fût amélioré. Or, le , arrivent à l'improviste trois autres chirurgiens qui se mettent en tète d'opérer sur le champ. Le P. Basile s'interpose, lève les bras au ciel : le malade n'est pas préparé, le médecin en chef Verdelhan n'est pas prévenu ! Les trois opérateurs passent outre, emportent leur proie, empoignent un lithotome inventé par l'un d'eux; l'instrumentateur avait déjà fait ses preuves, ayant tué un patient à Bicêtre avec son procédé; ils attaquent et retirent la pierre; l'enfant, remis au lit, est pris de vomissements et meurt dans la nuit. Barbeu, averti trop tard, accourt à du matin, mais déjà l'autopsie est faite, toute pièce compromettante a disparu ; il s'en va tout raconter à Verdelhan, qui n'en peut mais, puis divulgue le scandale dans sa Lettre d'un médecin à une dame au sujet d'une expérience de chirurgie faite à l'hôpital de la Charité le . Un élève en chirurgie lance à son tour une Lettre dénaturant les faits. Barbeu, dans une Seconde Lettre d'un médecin à une dame, rétablit la vérité ; peut-être d'ailleurs mit-il quelque parti-pris dans l'affaire, car Vicq d'Azyr, son panégyriste, ne parle qu'avec des réticences de son rôle en cette occurrence et dans la suivante. Les trois opérateurs dont parle Barbeu dans sa Lettre d'un médecin à une dame, étaient : Lamartinière, premier chirurgien du Roi ; Andouillé (1718-1799), chirurgien major de la Charité; Thomas, chirurgien gagnant maîtrise à Bicêtre, inventeur d'un lithotome. Les allégations de Barbeu furent réfutées dans un libellé anonyme, dû à Andouillé, intitulé : Lettre à M. F., Docteur en médecine, au sujet d'une opération de la faille, faite à l'Hôpital de la Charité le . En 1757, en effet, nouvelle escarmouche : cette fois Barbeu s'en prit à Louis, démonstrateur à Saint-Côme et assistant de Dufouard, chirurgien de la Charité. Un tapissier de Saint-Christophe-du-Luat, Jean Beaubon, était entré dans cet hôpital le pour une plaie de la jambe qui ne tarda pas à se cicatriser; en outre le malade avait autrefois reçu un coup de fleuret et il en avait gardé au thorax une petite tumeur fistulisée et indolente. Dufouard jugea bon de n'y point toucher et s'absenta. Le , Barbeu arrive à l'improviste et trouve Louis en train de l'opérer : l'interventionniste commence par blesser l'artère mammaire ; une grave hémorrhagie se produit; on bourre la plaie d'agaric, de charpie, rien n'y fait; on inonde le foyer d'alun, d'eau de Rabel, il saigne toujours; enfin la compression avec des bandes en vient à bout, mais le malade, anémié, infecté, meurt le 6. Barbeu dénonça les faits dans une Lettre d'un garçon chirurgien à un de ses camarades actuellement en boutique à Avignon, imprimée à Avignon et signée Alexis Diastillet. La conclusion laissait percer la rancune des médecins contre les chirurgiens émancipés de la Faculté grâce au vernis de latiniste que leur conférait le diplôme de maître es arts : Quant à moi, ce que j'ai vu, ce que j'ai entendu, et le chef-d'œuvre de M. Louis dont je vous fais part et bien d'autres choses que je n'oserois dire, tout est plus que suffisant pour me prouver que mon cher oncle avoit raison de me dire qu'il avoit vu des chirurgiens françois avoir des succès plus marqués que je n'en verrai jamais de ces maîtres latins qui, après tout, ne sont bons qu'à nous faire chasser de Saint-Côme.. En réponse, Louis écrivit son Mémoire à consulter sur un Libelle diffamatoire publié contre M. Louis chirurgien-major adjoint de l'Hôpital de la Charité à Paris, mais, malgré ses protestations contre ces calomnies, les suppôts de la Faculté continuèrent leur campagne; l'oncle d'Alexis Diastillet prit la parole, et c'est Michel, s'il faut en croire le Dictionnaire des ouvrages anonymes de Barbier, qui écrivit la Première leçon de Bonifae Diastillet, chirurgien-juré de la communauté de X..., à Alexis Diastillet son neveu garçon chirurgien chez le chirurgien-barbier d'une compagnie du Régiment des gardes françoises au sujet des fréquentes méprises du sieur Louis, chirurgien-juré de la communauté et aide du premier chirurgien de l'Hôpital de la Charité de Paris, à Avignon, le . Boniface ne radota pas longtemps, car on donna bientôt au public l'avis que voici : Messieurs, vous êtes avertis de la mort de Boniface Diastillet, maître chirurgien de la Communauté de , décédé d'une fluxion de poitrine après dix et neuf saignées faites en trois jours par Babilas Pélican, ancien garçon et apprentif de Louison et consors. Ce Babilas avoit, comme ils ont coutume de procéder, éludé témérairement l'ordonnance de M. le Docteur , protecteur de Boniface Diastillet. Ce respectable médecin ne se console point d'avoir été obligé de préférer au chirurgien, son protégé, un notable bourgeois de la ville de qui a eu recours à lui et qui a été guéri de la même maladie dont le pauvre Boniface est mort et pour laquelle M. le Docteur a ordonné et fait faire en sa présence trois saignées seulement. Cet avis promettait à brève échéance le Testament, ou la Suite des leçons de Boniface de Diastillet. Paul Delaunay ne serait pas étonné que cette lettre mortuaire anonyme fût de Barbeu, premier parrain d'Alexis Diastillet, et grand adversaire de la phlébotomie à outrance..
Barbeu du Bourg est l'auteur de la Lettre d'un garçon barbier à M. l'abbé Desfontaines, auteur des Observations sur les écrits modernes au sujet de la maîtrise es artsDans cet ouvrage, Zoïlomastix, porte-parole de Barbeu, revendique la maîtrise es arts pour les oculistes, dentistes, herniaires, accoucheurs, sages-femmes, apothicaires, herboristes, et surtout pour les barbiers. Il y démontre combien les trois offices de barberie : raser, saigner, épiler, sont nécessaires à la conservation des hommes et exigent de belles-lettres et de philosophie, tant pour leur emploi que pour la science de leurs indications, contre-indications et suites opératoires.. Il y soutient l'opinion de la Faculté qui conseille aux barbiers de demander eux aussi le diplôme de maîtres es arts comme demandé aux chirurgiens par la même faculté en 1743.
Barbeu est reçu bachelier. Il s'attaque aux thèses de médecine : le , sous la présidence de P. Borie, il soutient sa première thèse quodlibétaire : Daturne etiam vitalium organorum somnusSuivant les règles de la scolastique, il divise son argumentation en cinq points : majeure, développement, établissement et discussion de la mineure, conclusions. Il conclut qu'en effet les organes des fonctions vitales peuvent présenter une sorte d'état de repos ou de sommeil ; il invoque à l'appui de sa théorie des observations de léthargie chez l'homme, et le phénomène du sommeil hibernal auquel sont soumis certains animaux. : le , il soutient la thèse cardinale par devant le doyen J.-B.-Th. Martinenq comme président ; cette épreuve est, selon l'usage, sur un sujet d'hygiène : Utrum anni climacterici cœteris periculosiores ?Il répond par la négative, enjolivant sa diction de quelques vers d'Horace.