Jean Rousseau, né le à Witry-lès-Reims et mort le à Châtillon, est un homme politique français.

Biographie

Premières années

Jean Rousseau naît à Witry-lès-Reims dans la Marne le . C'est le fils de Jacques Rousseau et Simone Ossonce. Jacques Rousseau est laboureur à Witry, et Jean ne semble vouloir suivre le destin de son père. Il rentre au collège des Bons Enfants de Reims, rue de l'Université, où l'on dispense un enseignement secondaire et supérieur très complet. À 18 ans, il part donc à Paris à l'Oratoire. Il entre à Paris le . De 1758 à 1760, il est professeur de philosophie à Montmorency, puis de 1760 à 1764, au collège de Juilly, il est préfet de chambre commune et suppléant de pensionCe parcours est décrit dans la biographie de l'abbé E. Bonnardet La biographie de l’Oratoire de France M.M. 607, Ge Catalogue, 1443 M.M. 612, 1643 de ma copie M.M. 614, page 82 ; 431 M.M. 617, page 96 ; 4307 M.M. 615, 1331 Rable-Boisjoilin et Ste Preuve Diag univ du contemporains, Paris, Bocquet 1839 Gral in TV 689 Adry : Bibliothèque des écrivains de l’Oratoire, CV 55 (Bibl Nle Fond Fn 25.685) Guèrard : France littéraire, Paris Didot, 1836,T VIII 191 Id. ilid VIII, 232 Biographie moderne, Leipzick, 1806, T IV 202 Biographie moderne, Paris, Egenery et Delaussay, 1815, T II 462 Biographie universelle, Paris Furne 1838, 6 vol in 8 TV 306 Robinet Dictionnaire de la Révolution T II 711 Arnault : Biographie nouvelle des contemporains, Paris T XVIII 257.

Porté sur l'enseignement, il devient professeur de mathématiques au collège des Oratoriens de Nantes, puis devient le tuteur privé des enfants du duc d'Aiguillon, qui lui confie également le soin de ses propriétés en Dauphiné.

Il rentre à Paris, mais la date nous est inconnue. Dans de nombreuses biographies, Jean Rousseau semble se diriger vers l’écriture, il semble avoir travaillé pour Jean le Rond d'Alembert, mais actuellement les recherches ont été infructueuses sur ce point.

Jean Rousseau semble avoir écrit plusieurs textes : Ode à M. le Duc d’Aiguillon sur la Bienfaisance, Ode sur la fondation des Empires et Ode au roi du Danemark. Mais ces textes ne sont pas retrouvés. Jean est rédacteur avec Panckoucke et Dusson du journal Politique, fondé par un certain LingotCharles-Joseph Panckouke né à Lille en 1736, a suggéré à Denis Diderot de donner une suite à l’Encyclopédie, il va obtenir une licence et édite l’Encyclopédie méthodique, il édite aussi deux revues Le Mercure de France et Le Moniteur Universel. Panckouke meurt à Paris en 1798. C’est ici une zone d’ombre car dans la biographie d’Adry (Bibliothèque des écrivains de l’Oratoire) : Adry nous indique un Pierre Rousseau, dans une thèse de Christophe Rey, université de Provence (équipe DELIC) nous retrouvons un travail sur Charles-Joseph Panckouke et l’histoire de l’Encyclopédisme français :

« Selon l’acte de Bouillon, original du 12 avril 1771, les parts de l'association pour le Supplément sont divisées comme suit : six vingt-quatrièmes à Cramer et Tournes ; six vingt-quatrièmes à Pierre Rousseau ; trois vingt-quatrièmes à Robinet; quatre-vingt-quatrièmes à Panckoucke et deux vingt-quatrièmes à Brunet. Après le désistement des Genevois, leurs parts sont divisées entre Panckoucke et Brunet." (DARNTON, 1982 : 35) »

Jean Rousseau était lié à Panckoucke, car il a publié certains articles et lettre dans Le Moniteur Universel, mais était-il rédacteur ? À sa mort, un article est paru dans ce journal ; s’il y avait été rédacteur, le Journal universel aurait fait une déclaration dans ce sens. Par contre l’hypothèse des travaux avec d’Alembert peut être appuyée par sa connaissance de Panckouke. Selon les dates, Jean Rousseau aurait pu travailler sur une partie de l’Encyclopédie Méthodique.

Entrée en politique

En 1789, on trouve dans les cahiers des États généraux de 1789, bailliage de Reims, le nom des cent soixante-dix députés de la campagne. Parmi eux, Jean Rousseau de Witry et Benoît Boileau sont tous deux de Witry. Il semble que Jean Rousseau a écrit Discours préliminaire du résumé général ou extrait des cahiers de Doléances, mais ce discours n’est pas retrouvé dans les archives parlementaires.

En 1790, Jean semble avoir été électeur, il le rappelle dans un discours à l’assemblée générale de la section de la fontaine de Grenelle : « vous m’avez nommé électeur en 1790, en 1791 et en 1792. » De plus, dans ce même discours, il dit avoir été nommé membre de la Commune du . Toujours dans les archives parlementaires du , nous avons la confirmation de ses dires10. FONTAINES-DE-GRENELLE « Pouvoirs.-Pleins pouvoirs pour concourir au salut de la patrie. Commisaies. Xav. Audouin, rue de Saint-Dominique, aux Jacobins ; Rivailler, rue Saint-Dominique, 28 ; Gaudicahau, rue de Beaume, 776 ; nommées dans la nuit du 9 au 10 Rousseau, rue de Grenelle, 680 ; Sabatier, rue de Grenelle, maison Tautin ; Rouval, rue de l’Université, 384 ; nommés le 10 Audoin fut remplacé par J-M. Defrasne, rue Saint-Martin, 8. ».

Le , Jean est nommé administrateur du département, mais il refuse le poste, et n'est pas remplacé. Cette année 1793 est sombre. Dans la biographie de P. Foillot, il est dit que Jean Rousseau propose un décret sur le Colportage des JournauxCe décret du 29 mars 1793 n’est pas retrouvé dans les archives, de plus en compulsant les archives du mois de mars 1793 Jean Rousseau ne semble apparaître pas une fois à l’assemblée. Est-il déjà sur ses gardes comme le comte Poutécoulant ? Se cache-t-il ? (à cette époque, de nombreux députés ne dormaient plus chez eux de peur d’être arrêtés)..

Condamné à mort en 1794, puis libéré

Il est arrêté en septembre et passe onze mois en prison, il semblait vouloir se battre contre la tyrannie et la terreur mise en place par Robespierre. Il est libéré par la chute de celui-ci le Dans les mémoires du comte de Poutécoulant, nous pouvons lire que le 3 octobre 1793 qu’Amar, l’un des plus farouches interprètes de la Montagne, demande la parole au nom du comité de sûreté générale sur un rapport intitulé Acte d’accusation contre plusieurs membres de la Convention nationale. Amar monte à la tribune et dit : « Avant tout, je dois prévenir la Convention qu’elle a encore dans son sein des traîtres que la loi doit frapper. Ils sont présents, ils m’entendent ; les lâches, sans doute, méditent leur fuite ; que la Convention la leur ferme et qu’elle se consigne elle-même dans cette salle. » La Convention se lève et rend le décret ; les portes se ferment. 44 députés seront mis en accusation et prévenus de conspiration contre l’unité et l’indivisibilité de la République, puis 74 autres pour avoir signé la pétition du 16 et 19 juin. Cette liste a été retrouvée dans les archives parlementaires, mais le nom de Rousseau n’y est pas présent. Nous pensons que Jean Rousseau appartenait à un de ces députés, car ces 74 députés ont été libérés le 9 thermidor, ils ne durent la vie qu’à quelques différents qui s’élevèrent entre leurs bourreaux, qui retardèrent leur exécution. (page 224) Ces éléments se retrouve dans les archives parlementaires et peuvent être recoupés. Il demanda donc au comité des décrets son admission à la Convention. La section de la Fontaine Grenelle e 25 thermidor vota la perte de confiance au citoyen J. Rousseau, celui-ci répondu dans une brochure et une Lettre de Jean Rousseau, député suppléant de Paris, à la section de la Fontaine-de-Grenelle : « Citoyens, J’apprends que dans votre dernière assemblée j’ai été l’objet d’une discussion, à la suite de laquelle vous avez déclaré que j’ai perdu la confiance de la section … ». À la suite de ces écrits, Raisson, qu’il avait traité de « Robespierrot », répondit par un écrit intitulé Addition et réponse à la lettre de J. Rousseau, député suppléant à Paris, ancien Oratorien et instituteur du ci-devant Duc d’Aiguillon et des mineurs Chabrillant, tous émigrés.

De nouveau député

Sieyes et Chénier étaient les premiers maillons d’un futur décret qui obligea Merlin de Douai à produire le 20 Ventôse an III un décret qui permit aux députés de reprendre leur place. Il fut voté par une très grande majoritéAu moment où le président proclamait le résultat, on entendit retentir dans la salle : « Vive la République, vive la Convention ! ». Dans sa biographie, il est cependant noté : « le 9 ventôse an III (). Jean parut peu, mais il semble que ces nouveaux députés qui venaient de différents horizons se sont réunis, et ont formé avec d’autres députés une imposante majorité pour lutter contre l’odieux régime de la Terreur ».

Le , les habitants se portent en tumulte sur la Convention. Entrés dans la convention, les Thermidoriens, avec une majorité de militaires, font évacuer la salle des séances, 17 députés sont arrêtés tels que Pache, ex-ministre de la guerre, le limonadier Raisson et l’ex-général Rossignol. Toutefois, Jean Rousseau s’oppose à la libération de Rossignol qui est demandée par Legrendre. Le , le Faubourg Saint-Antoine s’enflamme, plus de hommes marchent vers la Convention, tout à coup l’une des portes de la salle est enfoncée avec fracas, des flots d’hommes et de femmes entrent. Une lutte parricide s’engage au sein même de la représentation nationale… Dans les jours qui suivent, une « reconquête des quartiers « est confiée sous la direction du général Menou à militaires et gardes nationaux … après onze mois d’emprisonnement, quelques mois à retrouver sa place à la Convention, et les deux insurrections Jean Rousseau était toujours là.

Il passe après la session conventionnelle, au Conseil des anciens le 4 brumaire an IV (), Jean s’y occupe des finances et fut l’un des commissaires pour la surveillance de la comptabilité nationale. Nous avons d’ailleurs un texte à la BNF sur un projet de finance du 3 messidor de l’an III au sujet du retrait des assignats.

Il est nommé secrétaire de l’assemblée le , il combat les élections de Saint-Domingue comme inconstitutionnelles, les fait annuler, et appuie, le , la résolution contre les ci-devant nobles et les anoblis, comme nécessaires à la sûreté de l’État.

Il sort du conseil en , il y est réélu presque aussitôt (21 germinal an VI), par le département de la Seine, ou plutôt par la partie de l’assemblée électorale de Paris séant à l’InstitutCette réélection semble être due à l’épuration de floréal. Sous la conduite du directeur Merlin de Douai, la consultation est préparée, les commissaires jouent un rôle d’agents électoraux, ils favorisent les scissions au moment des réunions des assemblées d’électeurs. L’épuration se termine les 22 floréal par l’adoption d’une loi qui autorise les conseils à choisir « le bon élu », il s’agira bien d’un coup d’État masqué qui aboutira à perpétuer les hommes au pouvoir. À ce moment encore, Jean semble tirer son épingle du jeu..

À cette époque, il publie un article dans Le Moniteur le 30 Germinal an VI où il prétend démontrer, d’après des papiers trouvés chez Durand de Maillanne, l’intelligence qui avait existé en 1793 entre les chefs de l’émigration à Coblence et les membres du tribunal révolutionnaire de Paris.

Soutien de Bonaparte