L'Italie est un pays industriel à l'économie diversifiée, dont le produit intérieur brut, global ou par habitant, est comparable à ceux de pays comme la France ou la Grande-Bretagne. Ce produit intérieur brut de de dollars en fait la économique mondiale en 2023 derrière les États-Unis, la Chine, le Japon, l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Inde et la France.
L'économie italienne est caractérisée par des contrastes régionaux importants entre le nord (plaine du Pô) très développé, industrialisé, et dynamique, le centre, autour de Rome dominé par le secteur tertiaire et les fonctions politiques de la capitale, et le sud, le Mezzogiorno, plus rural et souffrant d'un taux de chômage élevé (de l'ordre de 14 %) et de la présence de la mafia. Ce déséquilibre continue d’exister malgré les nombreuses politiques menées en faveur du développement du Mezzogiorno depuis l'unification italienne au .
À noter également, l'importance des petites et moyennes entreprises (le plus fort taux d'Europe), notamment dans le centre et le nord-est, et la prépondérance du capitalisme familial dans tous les secteurs d'activités qui contribuent fortement à la notoriété du savoir-faire italien dans le monde. En effet, la balance commerciale de l'Italie est positive si on exclut le secteur énergétique. Forte de sa tradition industrielle et de son tissu de PME densément implanté au Nord et au Centre, l'Italie est par exemple solidement installée dans le trio de tête des plus importants exportateurs mondiaux de machines-outils derrière le Japon et l'Allemagne...
L'Italie est très tributaire des importations pour ses approvisionnements en matières premières et en énergie (76 % de sa production est issue de l'énergie fossile). Le pays dispose de quelques gisements de gaz naturel et d'importantes ressources en hydro-électricité et en géothermie, mais a renoncé totalement à l'énergie nucléaire.
Généralités
L'Italie est la deuxième puissance industrielle européenne derrière l'Allemagne, et la troisième puissance économique européenne ,et c'est le troisième producteur d'armes en Europe après la France et l'Angleterre, grâce au groupe Leonardo, deuxième en Europe quant au chiffre d'affaires, ce qui fait de l'Italie le pays dont la production est la plus diversifiée en Europe.
Malgré la crise de 2009 et la mafia qui représente 20% du PIB, l'Italie reste la huitième puissance mondiale, et cela est principalement dû au fait que la qualité des produits italiens et de son industrie est considérée au niveau international, l'Italie détient environ le double du nombre d'entreprises par rapport a la France, l'Italie a abandonné l'énergie nucléaire en 1987 à la suite du référendum d'État au profit du peuple.
Une difficulté de l'Italie est sont endettement public élevé causé par une mauvaise organisation politique. Cet endettement est détenu à 80 % par le peuple italien, quand la dette française est détenue par les Allemands, les Japonais et en partie les Anglais et Italiens.
Histoire
L'économie italienne au
La politique économique fasciste (1922-1943)
La reconstruction d'après-guerre (1948-1955)
Le Miracle économique italien (1956-1970)
vignette|gauche|300px|La Fiat 500, lancée en 1957, est considérée commeun symbole du miracle économique italien après-guerre.
Il s'agit d'une période de très forte croissance économique basée sur l'essor de la grande industrie (automobile, mécanique lourde, sidérurgie, pétrochimie, biens d'équipements, chantiers navals, etc.) essentiellement au nord-ouest et qui permit de transformer le pays jusqu'alors faiblement industrialisé et essentiellement agricole en l'une des nations les plus hautement développées de la planète.
L'émergence de la Troisième Italie et des districts industriels (années 1970 et 1980)
Marquées par le premier choc pétrolier, les années 1970 marquent le début d'une longue période de crise pour l'industrie lourde italienne et européenne. Toutefois, les secteurs de la manufacture légère échappèrent à la crise et contribuèrent à relancer l’ensemble de l’économie italienne, tout du moins sur le versant des exportations, en industrialisant des régions restées jusqu'alors en marge du boom économique italien des décennies précédentes. Ce développement fut impulsé par les performances remarquables d'une organisation productive typique de ces territoires apparue dès les années 1960, le district industriel regroupant des constellations de PME organisées en réseau autour de la production d'une famille de produits.
C'est le sociologue italien Arnaldo Bagnasco qui fut l'un des premiers à attirer l’attention en 1977 sur l’originalité de ce modèle d’industrialisation caractéristique de ce qui sera appelé par les sociologues et les économistes, la « Troisième Italie ». À côté de la « Première » Italie (le triangle très industrialisé et développé du Nord-Ouest entre Milan, Turin et Gênes) et de la « Seconde » Italie (le Mezzogiorno sous-développé), la « Troisième » Italie s'étend du Centre au Nord-Est du pays (Marches, Ombrie, Toscane, Émilie-Romagne, Vénétie)https://www.cairn.info/revue-economique-2007-1-page-131.htm.
Ces régions se spécialisèrent dans des activités traditionnelles (habillement, chaussure, cuir, joaillerie, agroalimentaire, ameublement, papeterie, matériaux de construction, etc.) ou plus modernes (petite mécanique, électrotechnique, machines-outils et pièces de rechange, biens électroménagers, etc.). Bien des réussites industrielles du pays sont aujourd'hui encore liées à ces régions et la plupart des produits que l’on peut estimer comme typiques du made in Italy sont issus de ce système de production. En 2018, il existait 153 districts industriels en Italie..
Si l’attention portée sur l'organisation des districts industriels a été initialement lente à se former chez les économistes et les sociologues (à partir de la fin des années 1970), sur le plan institutionnel et législatif elle l’a été encore plus, car l’État italien a attendu jusqu’au début des années 1990 pour proposer une reconnaissance formelle des districts et participer donc à leur fonctionnement avec des financements et contributions aux entreprises.
Des années 2000 à 2008 vignette|droite|300px|PIB trimestriel réel vignette|droite|PIB par habitant, Italie, France, Allemagne, économie britannique de 1970 à 2008
Au cours des dernières décennies, le pays a poursuivi une politique fiscale stricte dans le but de répondre aux critères économiques et monétaires de l'Union européenne, ce qui lui a permis, grâce à des taux d'intérêt limités et une inflation plus basse, de participer à l'euro dès sa création en 1999.
Néanmoins, depuis les années 1990, les performances économiques de l'Italie sont inférieures à la moyenne européenne. Cela a conduit les gouvernements de Silvio Berlusconi puis de Romano Prodi à mettre en œuvre de nombreuses réformes pour à court terme améliorer la compétitivité du pays et à plus long terme sa croissance économique. Cependant la mise en œuvre de réformes, comme l'allègement des prélèvements obligatoires, l'assouplissement du marché du travail et la réforme de l'onéreux système de retraites, ont avancé lentement du fait de la stagnation de l'économie, de l'opposition des syndicats et de l'instabilité du gouvernement.
La Grande Récession (2008-2013) vignette|droite|300px| Crise de la dette européenne en 2011 negative interest rates 2015-2022 La crise économique de 2008 a fortement ébranlé le pays qui a subi deux violentes récessions (2008-09, 2011-13), doublées d’une crise sociale en arrière-plan et d'une restructuration sans précédent de son système bancaire. Toutefois, depuis 2012, les exportations italiennes, notamment dans des secteurs spécialisés comme la mode, les machines-outils, l'automation, l'agroalimentaire, l'industrie pharmaceutique et la haute technologie connaissent chaque année une très forte hausse, avec un record atteint en 2017Richard Heuzé, « L'Italie affiche des exportations records en 2013 grâce à l'industrie », in Le Figaro, encart « Économie », 21 / 22 décembre 2013, p. 24... À l'inverse, les entreprises tournées vers le marché intérieur souffrent toujours de la crise, étant dépendantes d'une consommation des ménages en berne et d'un taux de croissance insuffisant.
Reprise économique (2014-2019)
Le produit intérieur brut (PIB) à prix constants de l'Italie a chuté de 10 % entre 2008 et 2017 et malgré les très bonnes performances à l'exportation, la production industrielle du pays était en 2017 encore inférieure de 20 % par rapport à son niveau d'avant-crise, du fait de la baisse drastique de la demande intérieure.. Le ressentiment est élevé en Italie à l'égard de l'Union européenne. Depuis l'adoption de l'euro, le revenu par habitant de l'Italie n'a quasiment pas augmenté (le salaire moyen brut est passé, à prix constants, de en 2001 à en 2017).
En 2018, le gouvernement promet des privatisations massives à la Commission européenne. Les actifs cessibles devraient être essentiellement immobiliers, les gouvernements précédents ayant déjà privatisé la plupart des entreprises publiques.. Une amnistie fiscale, mesure défendue par la Ligue du Nord, est adoptée afin d'éponger les contentieux dans la limite de . Une baisse de la fiscalité pour le petit patronat et les travailleurs indépendants est également décidée. Elle devrait par la suite concerner l’ensemble de l’impôt sur les sociétés, selon un mécanisme de flat tax (système d’imposition à taux unique) tout en avantageant principalement les revenus les plus élevés. Des dispositions favorables aux étrangers fortunés sont également introduites, leur permettant de bénéficier de privilèges fiscaux s'ils transfèrent leur résidence fiscale en Italie. Le régime fiscal du pays, qui en outre ne prévoit pas de droits de donation et de succession, rencontre un certain succès auprès de riches ressortissants britanniques effrayés par le Brexit..
En 2019, la production industrielle est en baisse et le chômage en hausse. Selon la Commission européenne et le FMI, la croissance prévue pour 2019 est proche de zéro. Pour l'OCDE, elle serait même négative.. Le déficit (2,4% en 2019) est dû à la charge de la dette (3,8% du PIB). Si l’on exclut cette dernière, les recettes fiscales dépassent les dépenses publiques de 1,4 % du PIB.
Impact économique de la pandémie de COVID-19 (2020-2021)
Dès , l'Italie a été le premier pays d'Europe à être durement touché par la pandémie de COVID-19, qui s'est ensuite propagée au reste du monde. L'économie a subi un choc considérable suite au confinement de la majeure partie de l'activité économique du pays. Après trois mois, fin , la pandémie a été maîtrisée et l'économie a commencé à se redresser, notamment le secteur manufacturier. Globalement, elle a fait preuve d'une résilience surprenante, malgré une chute du PIB comparable à celle de la plupart des pays occidentaux. Le gouvernement italien a émis des bons du Trésor spéciaux, appelés BTP Futura, au titre d'un financement d'urgence lié à la COVID-19, dans l'attente de l'approbation de la réponse de l'UE à l'épidémie. Finalement, en , le Conseil européen a approuvé le fonds Next Generation EU de 750 milliards d'euros, dont 209 milliards d'euros ont été alloués à l'Italie.