André-Georges Lemonnier, né le à Guingamp (Côtes du Nord, aujourd'hui Côtes-d'Armor), mort le à La Glacerie (Manche), est un amiral français qui combattit pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale. Il a été Chef d'état-major général de la Marine de 1943 à 1950, puis a exercé des responsabilités importantes au sein du commandement Centre Europe de l'OTAN.

Biographie

Première Guerre mondiale et entre deux guerres À sa sortie du collège Saint-Charles de Saint-Brieuc, aujourd'hui également lycée et collège, en classe préparatoire à la Marine marchande, il entre en 1913 A. Lemonnier Site de l'École Navale, à , à l'École navale dont il sort major. Pendant la Première Guerre mondiale, il est embarqué sur le croiseur cuirassé puis en 1915 sur le croiseur cuirassé et aux Dardanelles sur le cuirassé pré-dreadnought . Promu enseigne de vaisseau de deuxième classe en 1916, puis enseigne de vaisseau de première classe en 1917, il navigue sur l'avisos Andromède où il est officier en second puis à bord de la Ville d'Ys. Il embarque ensuite sur le sous-marin En 1929, il suit les cours de l'École de guerre dont il sort là aussi major de sa promotion. Il est nommé capitaine de frégate en 1933 et commande alors le contre-torpilleur Le Malinqui entre en service cette même année.

Seconde Guerre mondiale

Nommé capitaine de vaisseau, en , André Lemonnier, commande les batteries de canonniers de la marine devant Paris puis sur les côtes de la Manche, à Dieppe et dans le Calvados, lors de l'offensive allemande de 1940.

Commandant du (1940-41) Après l'armistice, André Lemonnier reste fidèle au gouvernement de Vichy. Il commande le croiseur qui porte la marque du contre-amiral Bourragué commandant de la Division de Croiseurs au sein des Forces de Haute Mer, qui comprend les unités les plus modernes et les plus puissantes de marine de Vichy basé à Toulon.

En septembre 1940, après que les Forces françaises libres aient pris le contrôle du Cameroun et des colonies de l'Afrique-Équatoriale française, à l'exception du Gabon, une escadre, la Force Y, dont le est le navire amiral, reçoit l'ordre de gagner Libreville (Gabon). Mais si cette escadre passe sans encombre dans l'Atlantique, elle ne peut pas aller au delà de Dakar. Le contre-amiral Lemonnier y a alors participé à la défense de Dakar, en septembre 1940, contre une Force M (pour Menace) composée de forces britanniques et de Forces navales françaises libres aux ordres du général de Gaulle.

L'importance des moyens engagés dans la Force M (deux cuirassés anciens, un porte-avions à l'aviation embarquée, trois croiseurs lourds, deux croiseurs légers, quelques destroyers et avisos, une brigade et demie d'infanterie) s'est révélée insuffisante pour venir à bout d'une base navale, bien défendue par quatre batteries côtières mettant en œuvre une artillerie de ancienne mais précise, disposant d'une aviation de chasse basée à terre, de trois sous-marins, et d'un cuirassé en l'état de batterie flottante, avec le renfort de deux croiseurs légers, trois grands contre-torpilleurs et un torpilleur, tous récents.

Après un passage à l'état-major de la Défense à Vichy en 1941, le capitaine de vaisseau Lemonnier rejoint Alger où il est nommé contre-amiral en novembre 1942 peu après le débarquement allié en Afrique du Nord.

Chef d'état-major général de la Marine (1943-1950) Après le ralliement des forces françaises d'Afrique du Nord aux Alliés, alors qu'il est chargé de relancer l'activité de la marine marchande française, il est nommé le , chef d'état-major général de la Marine. À ce titre, il lui revient d'unir sous la même autorité, les Forces maritimes d'Afrique restées aux ordres du régime de Vichy de 1940 à 1942 et les Forces navales françaises basées en Grande-Bretagne, constituées très largement à partir des FNFL. Mais le fossé est profond, provoqué par l'opinion détestable des uns à l'égard des autres, de leurs divergences dans l'action, voire de leurs affrontements, pendant trois ans. La fusion se fera mais dans les esprits, les choses ne vont évoluer que lentement.

Le principe de l'aide des États-Unis ayant été acté dès la conférence d'Anfa, plusieurs grands bâtiments, qui avaient souffert de leur relative inactivité depuis 1940, le , les croiseurs , , , et les contre-torpilleurs de la qui, pour la plupart d'entre eux, ont participé à la bataille de Dakar, bénéficient, dès le début de 1943, d'une modernisation dans des arsenaux américains, en ce qui concerne l'artillerie anti-aérienne mais aussi les moyens de détection, radars et sonars, qui leur faisaient cruellement défaut. Ils constituent dès lors le noyau dur de ce qui reste de la flotte. Dans le cours de 1943, le ralliement de la Force X qui s'était trouvée internée à Alexandrie ou des bâtiments immobilisés aux Antilles depuis 1940, ne concernent que des navires plus anciens, (, , , , ), et certains “hors d'âge” (, ). Leur remise à niveau fut plus succincte. Globalement, cette modernisation n'a pas été aussi complète que le souhaitaient les nouvelles autorités françaises, en particulier en ce qui concernait le cuirassés et le porte-avions, avec le refus d'achever le en cuirassé hybride de porte-avions. La raison principale était que les difficultés de ce travail pour les arsenaux américains s'appliquaient à une flotte française dont le poids au sein des forces alliées avait beaucoup diminué après le sabordage de Toulon et l'énorme effort de construction des marines anglo-saxonnes, en plein développement.

La Libération de la Corse Après que le sous-marin ait effectué une série de missions secrètes pour armer la résistance en Corse, l'amiral Lemonnier organise, en septembre 1943, à l'instigation du général Giraud, le soutien par la Marine française du débarquement qui aboutira à la libération du premier département français métropolitain, sans le concours des forces anglo-américaines engagées dans les débarquements en Italie continentale. Y auront participé, en particulier, outre le , les croiseurs et , et les contre torpilleurs et , reclassés « croiseurs légers », les torpilleurs Forbin et Fortuné.

Au terme de sa modernisation aux États-Unis, le devait opérer en Méditerranée, mais à la suite de la capitulation italienne, il a été jugé plus utile de lui faire rallier la Home Fleet à Scapa Flow. Mais n'ayant pas été doté d'une direction de tir par radar, il n'a pas pu participer à la bataille du cap Nord où a été coulé le .

Au cours de l'hiver 1943-1944, les croiseurs , , , et les croiseurs légers et ont participé à l'escorte des convois entre Alger et Naples, qui ont permis au Corps expéditionnaire français du général Juin de prendre pied en Italie. Les croiseurs légers, constitués en D.C.L., ont effectué également des “raids”, en Méditerranée occidentale, et en Adriatique.

Au premier trimestre 1944, les croiseurs Gloire et , ont effectué des bombardements côtiers, notamment dans le golfe de Gaète en appui des forces terrestres alliées qui piétinaient devant la “ligne Gustav”. Les croiseurs et , rentrés à Dakar, ont repris la chasse aux forceurs de blocus allemands, dans l'Atlantique central.

En Écosse, à partir de , six frégates de la ont renforcé au sein des Forces Navales de Grande-Bretagne les six corvettes restantes de la . Avec des équipages qui ont pour la plupart combattu avec les FNFL, elles vont participer à l'escorte des convois pendant la préparation de l'opération Overlord.

Le débarquement de Normandie Au départ, les Alliés n'envisageaient la participation que d'unités françaises légères. L'utilisation du cuirassé Richelieu pour les bombardements côtiers lors du débarquement prévu en France n'avait pas été retenue, bien que les Britanniques l'eussent doté d'une direction de tir par radar efficace, car il n'avait en dotation que des obus de gros calibre dits « de perforation », et pas d'obus explosifs adaptés à l'action contre la terre. Aussi, en , le cuirassé était-il parti rejoindre l britannique dans l'océan Indien.

Le contre-amiral Lemonnier, qui s'est attaché à la participation de la Marine française au débarquement de Normandie, obtint alors la participation au combat des deux croiseurs et , tandis que le servirait de soutien logistique. Ainsi, la participation au débarquement des forces navales françaises prit des formes différentes. Certains bâtiments apportèrent un soutien direct à l'assaut, par leur feu, tels les deux croiseurs de la précédemment cités, au sein de la Western Task Force américaine devant Omaha Beach, ou le torpilleur (CC Patou), plus à l'est au sein de l'Eastern Task Force britannique. Le vieux cuirassé , quant à lui, a été sacrifié en vue de l'établissement d'un abri artificiel. En escortant les convois de débarquement ou de renfort, les frégates françaises Surprise (CC Levasseur), Aventure (CF Querville) et Escarmouche (CC de Lesquen), les corvettes (LV Le Millier), Renoncule (LV Mithois), Roselys (CF Kolb Bernard) et D'Estienne d'Orves (LV Sabouret) et les chasseurs 10, 11. 12, 13, 14, 15 et 41, ont assuré une protection efficace des liberty ships, cargos ou bâtiments de débarquement, entre leur port d'attache et un point déterminé de la côte française : Aconit, Renoncule vers Utah Beach, Escarmouche, Aventure, Roselys vers Omaha Beach, Surprise, Découverte, D'Estienne d'Orves vers Gold Beach. Deux divisions de dragueurs ont ouvert des chenaux devant Arromanches. Pour la de MTB (CC Auvynet, dit Meurville), le débarquement se marque par une recrudescence des actions offensives menées depuis deux ans contre le trafic côtier ennemi. Les MTB assurent pendant toute cette période leurs reconnaissances offensives en Manche. Dans la nuit du 10 au , ils eurent un engagement assez dur contre trois bâtiments légers au large de Guernesey. Le M.T.B. 98 parvint à mettre une torpille au but, mais subit quelques dommages, et son commandant (EV Lagersie) fut blessé en même temps qu'un autre officierDébarquement 1944 netmarine.net.

Le débarquement de Provence Le contre-amiral Lemonnier va s'impliquer également dans la préparation du débarquement de Provence. Le débarquement a lieu le à l'est des Salins d'Hyères, hors de portée de la batterie côtière du cap Cépet, qui protège, depuis la presqu'île de Saint-Mandrier, l'entrée de la rade de Toulon. Le jour du débarquement, l'amiral Lemonnier est à bord du navire amiral de l'amiral Hewitt, commandant en chef des forces navales, aux côtés du Secrétaire américain à la Marine, James Forrestal, et du général Patch, commandant des forces terrestres. Le cuirassé a participé aux tirs contre la batterie de Cépet que les Allemands ont rééquipée (mise en service en 1930-31, elle a été désarmée en 1940 avec des canons de 340 mm récupérés sur l'épave du cuirassé )), et les croiseurs et vont couvrir la progression des troupes du général de Lattre vers Toulon. Le , le contre-amiral Lemonnier a sa marque sur le Georges Leygues, qui rentre à Toulon, quatre ans après en être parti, sous son commandement1944 Provence institut-strategie.frLes FNFL au débarquement de Provence www.france-libre.net. Il est à bord du Richelieu, lorsque le cuirassé mouille à Toulon, le .

André Lemonnier est promu vice-amiral dans les derniers jours de 1944.

Jusqu'en 1945, la marine française va participer à la Flank force devant la riviera du Ponant italienne, et à la réduction des poches allemandes sur la côte atlantique.

Après guerre