Le Crédit commercial de France (CCF) est une banque française fondée en 1894 en tant que Banque suisse et française (BSF).
Le , la Banque suisse et française devient le Crédit commercial de France par la fusion de la Caisse de crédit de Nice, de la Banque suisse et française et de la Maison Aynard et fils. À la fin des années 1920, elle est alors la sixième banque du pays et la deuxième banque du secteur privé.
Rachetée en 2000 par le groupe bancaire britannique HSBC, le CCF a adopté, en , la marque HSBC France, jusqu'en 2023.
Elle a repris son nom initial le , à la suite de son rachat par le fond d'investissements américain Cerberus Capital Management .
Le nouveau groupe bancaire est organisé en plusieurs filiales, d'une part les activités de banque de détail (CCF SA) – reprises à HSBC – et d'autre part les activités de regroupement de crédits et de services financiers issues de My Money Bank, réunies dans une société holding nommée « Groupe CCF » (Promontoria MMB SAS lors du rachat, devenue depuis CCF Holding SAS).
En 2025, après plusieurs plans de licenciements (RCC), un nouveau plan de licenciement (Plan de Sauvegarde des Emplois, ou PSE) s'engage d'une ampleur jamais atteinte dans le secteur bancaire. Il vise la réduction de 40% des effectifs et de 35% des agences . Histoire 1894 : Création de la Banque suisse et française La Banque suisse et française est fondée en 1894, par Ernest Méja et Benjamin Rossier à partir de la succursale parisienne de la Banque fédérale Suisse. L'acte officiel de création est signé le dans l'étude de maitre Charles-Paul Tollu, notaire à Paris au , rue Saint-Lazare.
Ils confient la première présidence à Alexandre Hatet qui siégea jusqu'en 1902. Le premier siège est situé au , rue Laffitte; la banque ne compte alors que dix-huit employés.
La banque a un attrait certain pour le commerce et l'industrie et compte notamment parmi ses clients, Gustave Eiffel au travers de sa société anonyme de la Tour Eiffel, ou encore le groupe Nestlé, qui y ouvrent leur compte en 1899. Elle entretient également un solide partenariat avec les Galeries Lafayette, par le biais de ses fondateurs Alphonse Kahn et Théophile Bader, proches amis de Benjamin Rossier. Elle prend également des parts et actions dans la société des éclairages électriques de Paris ainsi que dans la société du Métropolitain dont elle finance la première ligne.
En 1898, la banque devient la première actionnaire de la Compagnie générale d'électricité, fondée par Pierre Azaria. La Compagnie du gramophone et la Compagnie industrielle des téléphones deviennent clients en 1903. L'année suivante, Adolphe Salles, gendre de Gustave Eiffel, est nommé à la présidence de la banque.
À partir de 1901, la BSF songe à déplacer son siège. Elle loue fugacement de nouveaux bureaux au rue La Fayette, propriété du baron Gustave de Rothschild. Cinq années plus tard, Adolphe Salles et son associé Emile-Louis Roussy, fondent la société immobilière Lafayette et acquiert le terrain du , rue La Fayette, voisin, en vue de construire le tout nouveau siège de la BSF.
Le bâtiment, dont la construction démarre en 1907, est réalisée sous la houlette des architectes Joseph Cassien-Bernard et Paul Friesé et est achevé en 1908. Léon Gaumont, fondateur de la société cinématographique Gaumont, devient client la même année, suivi par la société Pathé en 1911.
1917 : Création du Crédit commercial de France thumb|Affiche du Crédit commercial de France datant de 1918.|223x223pxLe , les actionnaires de la Banque suisse et française approuvent un projet de fusion avec deux banques régionales, la Maison Aynard et fils à Lyon et la Caisse de crédit de Nice. L'entité fusionnée prend le nom de « Crédit Commercial de France ».
En 1922, le CCF décide de déménager ses locaux de la rue La Fayette, dans un espace plus prestigieux. Le choix se porte sur un bâtiment tout juste achevé, l'Elysée Palace, établissement hôtelier ayant fait faillite à la suite de la Première Guerre mondiale, connu pour l'arrestation de la célèbre espionne néerlandaise Mata-Hari, dans la chambre .
Deux ans plus tard, elle acquiert les activités de la Banque de Bordeaux. Le CCF rachète ensuite d'autres banques et devient, à la fin des années 1920, la sixième banque de France.
Dans les années 1960, sous la présidence de Jacques Merlin, le CCF s'engage dans une politique d'expansion, le nombre d'agences passant à plus de 200. C'est également à cette époque que sont créés le service des affaires industrielles et le service international de la banque.
En 1979, Jacques Merlin lance une longue campagne de publicité sous le slogan « La banque de la réussite », qui fait passer le nombre d'actionnaires de à .
En 1982 a lieu la nationalisation de la banque dans le cadre de la loi de nationalisation du 13 février 1982. De 1986 à 1993, son président-directeur général Michel Pébereau mène à bien la privatisation du groupe, puis celle de la Banque nationale de Paris en 1993, qui deviendra BNP Paribas.
À la suite de sa privatisation, le groupe CCF prend le contrôle de la banque Chaix en 1987, cédée en 2008 au groupe français BPCE.
2000 : Disparition du CCF sous le nom d'HSBC France
En , le groupe CCF est racheté par le groupe britannique HSBC et, après un regroupement en 2005 des réseaux et passage sous la marque HSBC, fusionne en 2008 avec l’Union de banques à Paris, la Banque Hervet, et la Banque de Baecque Beau sous le nom d'HSBC France...
Les difficultés de la banque s'accumulent. Celle-ci se sépare des murs de son siège, cédés au royaume du Qatar en 2010, et en reste locataire jusqu'en 2019, année durant laquelle la banque se replie sur son second siège de l'avenue Kléber, jusqu'en 2024.
2023 : Renaissance du CCF En , HSBC Continental Europe annonce la cession (au prix d'un euro) de sa banque de détail française au fonds d'investissement américain Cerberus via sa filiale My Money Group et compte ressusciter la marque Crédit commercial de France. My Money Group (MMG - ancien nom commercial de la holding qui détient notamment My Money Bank et La Banque des Caraïbes) annonce alors sa volonté de , et pour objectif de conserver le portefeuille clients. My Money Bank est issue du rachat en 1995 de la SOVAC, une filiale de la banque Lazardhttps://www.lesechos.fr/1995/10/le-groupe-lazard-pret-a-ceder-la-sovac-a-ge-capital-pour-77-milliards-de-francs-868679 par General Electric et opère sous le nom de My Money Bank. La société mère de My Money Bank, PromontoriaMMB (My Money Group) rachètera les activités de HSBC France via la Banque des Caraïbes, une autre de ses filiales. La banque est recapitalisée à hauteur de d'euros.
Le , le réseau d'agences de banque de détail de HSBC France, structurellement non rentable, intègre la nouvelle entité CCF SA – issue de l'activité Banque des Caraïbes. Par conséquent, My Money Group – nom de l'entité Promontoria MMB SAS – devient le Groupe CCF.
En , CCF annonce la suppression de sur les que compte le groupe, avec la fermeture de 84 agences (en grande partie à Paris) sur les 235 qu'il détient.
En 2025, l'exercice comptable s'est soldé par un résultat d'exploitation de d'euros contre une perte de d'euros pour l'exercice 2024. Le produit net bancaire de 2025 s'affiche à d'euros.
Identité visuelle
Organisation
Structure La structure du Crédit commercial de France et de son groupe au : le « Groupe CCF », anciennement « My Money Group » (ou Promontoria MMB SAS) dont le siège est situé au 20 avenue André Prothin à Paris-La Défense ; CCF SA, regroupant les activités de banque de détail et dont le siège est situé au 103 rue de Grenelle à Paris ; My Money Bank SA, spécialisée dans le regroupement de crédit et le financement des professionnels de l’immobilier dont le siège est situé au 20 avenue André Prothin à Paris-La Défense ; Somafi-Soguafi, spécialisé dans le financement automobile dans les Antilles (Martinique, Guadeloupe et Guyane) ; la Société réunionnaise de financement (Sorefi), spécialisé dans le financement automobile à La Réunion.
Présidents-directeurs généraux Alexandre Halet : 1894-1902 Théodore Faverger : 1902-1904 Adolphe Salles : 1904-1924 Maurice Koechlin : 1925-1926 Georges Siegfried : 1926-1940 Jean Davillier : 1940-1941 Georges-Jean Painvin : 1941-1944 Jean Davillier : 1944-1958 Raymond Merckling : 1958-1960 Jacques Merlin : 1961-1976 Jean-Maxime Lévêque : 1976-1982 Guy Raoul-Duval : 1982 Daniel Deguen : 1982-1984 Claude Jouven : 1984-1985 Gabriel Pallez : 1985-1987 Michel Pébereau : 1987-1993 Charles de Croisset : 1993-2004 Charles-Henri Filippi : 2004-2005 (devient ensuite PDG de HSBC France) Peter Boyles : 2007, Britannique nommé à la direction de HSBC France après le départ de Charles-Henri Filippi
Directeurs généraux Michel Pébereau : 1982-1996 Niccolo Ubertalli : 2024-
Siège social 1894-1908 - , rue Laffitte (premier siège de la BSF) 1908-1922 - , rue La Fayette 1922-2019 - , avenue des Champs-Elysées - Élysée Palace 2019-2024 - , Avenue Kléber (2019-2024 - siège du groupe successeur HSBC Continental Europe) Depuis 2024 - , rue de Grenelle
Références
Voir aussi Articles connexes Chronologie des banques en Europe
Liens externes
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